La Voix De Sidi Bel Abbes

Bencheikh Zouaoui témoigne : Le CCP ou la grande aventure.

Hebdomadairement, nos lecteurs trouveront un témoignage d’un acteur sur la vie locale. Pour ce début, ou lancement de la rubrique, c’est avec notre grand ami Bencheikh Zouaoui, qui fût président du CCP (Conseil communal provisoire) de la ville de Sidi Bel Abbes dans les années 90,  période très tumultueuse , ou le pays avait besoin de commis de l’état téméraires, pour sauvegarder le service public, en attendant le renouvèlement des APC (Assemblées Populaires Communales). Notons que ce choix est fortuit, et que très peu de commis de l’état, ou élus n’ont pu laisser au niveau des institutions étatiques des archives, et cela est un maillon très regrettable. Passons pour laisser notre source évoquer son premier témoignage.

Kadiri. M

C’est quoi le CCP ? L’instrument qui permet de faire les queues devant les bureaux de poste ? Oh que non !

Il y a vingt ans, mes quatre amis et moi, avions vécu une exceptionnelle expérience, celle de connaître, ou plutôt de subir, la gestion de la commune de Sidi-Bel-Abbès.

C’était l’époque où les nouveaux partis politiques se constituaient encore.

La fin du mandat de la dernière APC–FLN-parti unique arrivait. C’était en décembre 1989.

Les nouvelles formations politiques n’étant pas encore prêtes pour affronter les élections nouvelles, c’est-à-dire pluralistes, cette consultation fut reportée de six mois.

Ainsi, les communes se sont du jour au lendemain retrouvées sans APC.

Mais comment fonctionneront donc ces collectivités durant ce vide? La solution a été vite trouvée. Les CCP (Conseils communaux provisoires) ont été créés pour gérer les affaires courantes des communes et surtout de préparer ces élections  new look.

En ma qualité de membre exécutif de la wilaya, j’avais eu le grand honneur d’être désigné président de ce CCP, épaulé par quatre membres.

Le choix de ces collaborateurs n’était pas le mien.

Il était celui de la wilaya. Mais il fut heureux. D’abord, il s’agissait de quatre bonnes vieilles connaissances, voire des amis. Ensuite, c’étaient quatre baroudeurs et non des moindres, que j’avais à mes côtés.

Je les cite en vrac. Il s’agissait tout bonnement, et tenez vous bien :

– d’un professeur en médecine, chef de service au CHU et professeur à l’Université. De plus courtois, de plus discret et de plus gentil que lui, il n’y en a pas. C’est pourquoi, tout ce qui se rapproche à la Santé lui a été infligé, c’est-à-dire l’hygiène coûte que coûte. De l’assainissement à la lutte contre les moustiques. Du ramassage des poubelles à la remise sur pied des camions-bennes en panne. Y compris le social. Bref, tous les problèmes que rencontre le citoyen dans son quotidien.

– d’un polytechnicien, cadre dans une grande société nationale. Mathématicien et cartésien à souhait, donc plein de logique et de pragmatisme. Ainsi, avec lui, surtout pas de démagogie ou langue de bois. Il avait  été chargé des affaires administratives et financières (gestion des biens de l’APC incluse), ce qui se mariait bien avec son travail professionnel.

– d’un directeur de collège (le vrai Collège), enseignant d’avant l’indépendance et que la nature a doté d’une immense culture. Vraie bibliothèque ambulante. En le côtoyant, j’apprenais toujours quelque chose. Etre directeur de collège, c’est éduquer des adolescents.  Donc,  il connaissait sur le bout de sa belle plume toute la problématique de la jeunesse. Ces qualités l’ont destiné à affronter tout naturellement les problèmes liés  aux affaires culturelles et sportives de la commune.

– d’un ingénieur en génie civil (et directeur de wilaya). Ce dernier était un peu le père de tous les projets que nous avions trouvés. Par conséquent, les infrastructures de la ville, c’était lui et ça ne pouvait être que lui. Bien sûr, sa tâche a été de relancer et d’achever les chantiers existants. Mais la corvée qui lui avait  été collée était  surtout de se débrouiller et de ficeler des nouveaux projets. Et si possible, gratis  pour la commune, c’est-à-dire à partir des sous de l’Etat.

Un dénominateur commun à cette bande de complices: la sagesse. Celle-ci a été souventes fois mise à contribution par mes amis pour tempérer mes ardeurs parfois trop débordantes. Pour moi, ils constituaient  un solide pare-choc.

La répartition des tâches entre les membres n’était également pas la mienne.

Elle fut celle de mes quatre amis, réunis en conclave secret.

En mon absence, ils avaient tout simplement décrété et d’une manière unilatérale de ne m’affecter aucune charge particulière, ce qui était très gentil de leur part.

Le rôle auquel ils m’avaient condamné était tout simplement de représenter la commune au niveau de l’administration et auprès des citoyens. C’est-à-dire affronter la colère de ces. Rien que cela.

Comme nous étions au lendemain d’octobre 1988, ils ne pensaient pas si bien faire, car avec leur répartition, j’en ai vu des vertes et des pas mûres.

Merci, chers amis, vous étiez obligés d’agir ainsi, car il n’y avait pas d’autre alternative. Comme vous, le président doit également aller au charbon.

Avec ces gens-là, une chose qui me confortait dans ma position de maire : pas de retrait de confiance, comme maintenant. Donc mandat assuré.

Ceci étant, et comme on le dit chez nous, dans mon village natal, « da3wet el kheir ».

Car, il faut le faire maintenant.

Se retrouver maire et adjoints d’une grande ville sans passer par la dure épreuve des élections, c’est-à-dire sans grenouiller dans les couloirs feutrés des administrations et des partis en distribuant des salamalecs avec un large sourire commercial, sans caresser dans le sens du poil les responsables de partis et leurs adjoints, sans se battre pour figurer sur une liste, sans faire de campagne démagogique, et encore moins, sans sortir, la nuit noire, en catimini, frapper secrètement aux portes des connaissances pour quémander quelques hypothétiques voix….

Alors, qu’appelle-t-on cela, chez nous?

Le seul problème, c’est que nous n’avions pas de secrétaire général, le titulaire du poste étant sorti en retraite le jour même de notre désignation.

Pour pallier cette déficience, l’unique recours était d’amener dans l’arène son second. Et là encore, le choix fut extraordinaire car il s’agissait d’un juriste et d’un vrai. Il connaissait tous les codes, toutes les réglementations, brefs tous les textes nécessaires et indispensables à une bonne gestion communale. Même l’avalanche des nouveaux textes sociaux. Et puis, c’est quelqu’un qui se donnait à fond pour la chose communale.

De plus, de par son statut d’ancien chef du personnel, il connaissait, un à un, les douze ou treize cents agents sur lesquels il possédait un ascendant certain.

Sans nous, il aurait pu diriger la boîte tout seul, tant sa compétence était grande et reconnue.

Et comme le hasard fait bien les choses, il avait la même sagesse et le même doigté que les quatre membres.

Tout le monde étant en place, il fallait commencer. Mais par quoi ?

Gestion des affaires courantes, nous le voulions bien…. Seulement, six mois étaient assez longs pour parer uniquement aux urgences. Et puis, il faut toujours se rappeler que nous étions au lendemain d’octobre 1988.

Il y avait trop de demandes, trop de problèmes à résoudre. La population ne pouvait jamais comprendre que notre rôle consistait en la simple évacuation des affaires dites courantes.

Alors, nous décidâmes de notre leitmotiv: « Achever et compléter ce que nos prédécesseurs ont entamé. Faire également quelle que chose d’autre, selon nos possibilités. Essayer d’améliorer le quotidien des citoyens en attendant les suivants. »

Comme nous avions également la charge d’organiser les premières élections pluralistes, notre devoir était aussi de rester neutre. Cette neutralité, il fallait l’observer et surtout, l’imposer, ce qui n’a guère été facile.

Les débuts furent un peu difficiles car il fallait non seulement parer aux urgences, mais également faire un inventaire de ce qui n’allait pas, chacun dans son secteur.

Alors, chaque membre partit de son côté pour la grande aventure et rendez-vous fut pris tous les jeudi matin pour la réunion hebdomadaire.

Pour ma part, j’avais passé mes trois premiers jours à signer. Pour débloquer les affaires de la commune, je paraphais tout. Mandats, décisions (malheureusement établies en arabe, car là fut mon problème), tout a été expédié.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=4263

Posté par le Mai 15 2011. inséré dans ACTUALITE, MAIRIE, DES ACTEURS TEMOIGNENT. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

9 Commentaires pour “Bencheikh Zouaoui témoigne : Le CCP ou la grande aventure.”

  1. blal

    ya si bencheikh nous avons grandement besoin d’un monde ou l’on n’a pas peur d’etre un homme.belabbesiennement fraternel

  2. lalimi t le rocher

    c la des realites et tout le monde sait que pendant c temps la c difficile bonne idee d’ecouter des acteurs

  3. jilla

    bonjour zouaoui : alors tu t’implique DANS LA VIE PUBLIQUE ?
    c’est bien ET J’en suis très content de te lire . on a tjr besoin d’un homme de ta trempe pour secouer le cocotier .
    Merci

    puis je reproduire ton article sur mon blog privé

  4. jilla

    non je ne ve pas faire de pub içi
    cé pas faisable

  5. abbassia

    hada ould sidibelabbes fils de notre bled qui nous honore et des choses que je ne connaissais pas surtout en90 que dieu vous garde.ces gens de ce site a ma connaissance accetent les remarques et votre passage a la mairie moije ne le savais pas.pourles observations la cuisine la

  6. abbassia de sba

    hada ould sidibelabbes fils de notre bled qui nous honore et des choses que je ne connaissais pas surtout en90 que dieu vous garde.ces gens de ce site a ma connaissance accetent les remarques et votre passage a la mairie moije ne le savais pas.pourles observations la cuisine la femme rurale les vieux retraites pensez y

  7. faraoun tedj

    encourager les enfants du bled et faites bloc contre l »adversite et les faiseurs de blocage

Répondre