La Voix De Sidi Bel Abbes

Avec Internet en classe, plus rien ne sera comme avant. Que pensent nos lecteurs (ices)?

index   L’école entre dans l’ère Internet progressivement, sans prise de pouvoir intempestive : 425 écoles bientôt raccordées à Internet. Le virage est lent, certes, mais c’est un gage de réussite, car la révolution est de taille et c’est un bon principe de réalité de ne pas chambouler quand on n’est pas prêt. A Teuth, venu lui annoncer l’invention des lettres de l’écriture,  » un remède pour soulager la science et la mémoire « , le roi de Thèbes, Thamous répondit :  » Et c’est ainsi que toi, père de l’écriture, tu lui attribues, par bienveillance, tout le contraire de ce qu’elle peut apporter. Elle ne peut produire dans les âmes, en effet, que l’oubli de ce qu’elles savent en leur faisant négliger la mémoire. Parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans, du fond d’eux-mêmes, que les hommes cherchent à se ressouvenir.  » Le scepticisme du roi, que relate Socrate dans Phèdre de Platon, renvoie à la peur de ce qui nous échappe, à l’extériorisation.  Philippe Quéau, dans  » La Planète des esprits -Pour une politique du cyberespace,  » compare ainsi les nouvelles technologies,  » la révolution en cours « , à tous ces temps forts de l’émergence de nouveaux outils de communication et de connaissance. Telle, bien sûr, l’année 1454 qui vit Jean Gutenberg imprimer le premier livre. Haute technologie en ses débuts qui assura la démocratisation de l’accès aux manuscrits. On pourrait ajouter le tableau noir, qui permit à la leçon de se faire devant tous les élèves et à ceux-ci de réagir. L’incursion du stylobille, qui chassa la plume, une substitution contre laquelle bataillèrent durant dix ans les instituteurs, pronostiquant la mort de l’enseignement de la calligraphie. A raison, mais l’école a survécu et cette facilitation de l’accès à la mécanique de l’écriture a joué un rôle indéniable dans la démocratisation de l’enseignement. Ou encore la calculette, qui a modifié bien sûr le rapport aux savoirs symboliques tel le calcul mental. Mais a-t-elle  » transformé la nécessaire compréhension des opérations ?

Réussir l’entrée d’Internet à l’école

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Comment préparer l’école à prendre, même en marche, le train des nouvelles technologies ? La première chose à faire est de réfléchir aux nouveaux rôles du professeur et de former rapidement les enseignants à la maîtrise de l’outil informatique. A l’école primaire, il s’agit de  » familiariser les élèves « , au collège, de leur faire  » acquérir la maîtrise des outils de base « , au lycée de leur  » faire percevoir les possibilités et les limites « . Parallèlement, l’école doit se donner les moyens pédagogiques de créer des logiciels interactifs attrayants. Les applications des nouvelles technologies sont déjà nombreuses. Elles bouleversent les méthodes de travail, chamboulent les savoirs, remettent en cause l’évaluation. Les procédés sont modifiés en profondeur. En classe, plus rien ne sera comme avant. Et, cette fois-ci, pour tout le monde. On ne compte plus les expérimentations des nouvelles technologies à l’école. Les petits britanniques apprennent la programmation informatique dès cinq ans.  » Madame ! on a réussi, lance à son institutrice Joe, 10 ans, en pointant l’ordinateur sur lequel il est parvenu à programmer son dragon numérique pour qu’il crache du feu sur le héros grec Héraclès.  » Ces scènes de programmation peuvent désormais être observées dans l’ensemble des écoles publiques en Angleterre. Ceux-là éditent un cédérom où ils racontent la vie et l’histoire de leur commune. D’autres créent un site Internet pour publier en ligne un travail collectif. Ailleurs, on a recours aux logiciels spécialisés en mathématiques ou en sciences de la vie. Plus loin, on a créé un réseau avec plusieurs écoles ou collèges pour permettre les échanges entre élèves. Ici, on initie à l’utilisation de la messagerie électronique. Là, on fait un usage quotidien des logiciels de bureautique ou de la recherche sur cédérom. Là-bas, Internet est intégré dans toutes les recherches documentaires. Le foisonnement est incontestable, la diversité des pratiques inévitable. Dans quelle mesure les nouvelles technologies de l’information et de la communication(NTIC) vont-elles modifier la Pédagogie ? Avec quels résultats ? Quelles conséquences sur l’organisation des cours, les habitudes des enseignants, les comportements des élèves ? Autrement dit, sera-t-il encore possible, demain, de faire cours  » comme avant « , c’est-à-dire avant que les NTIC n’entrent dans l’école ? Sans doute. L’histoire de l’éducation est d’ailleurs peuplée d’innovations technologiques censées révolutionner la pédagogie. Et oubliées ou rendues à leur marginalité une fois que l’effet de mode est passé.  » Chaque génération de technologies entre dans le système éducatif porteuse de promesses souvent démesurées mais opportunément oubliées dès que survient la génération suivante. « , signalent ainsi l’observatoire des technologies de l’éducation en Europe. (1)

Ecrire «pour de vrai»

Il risque d’en être autrement avec les NTIC. Car, fondamentalement, l’arrivée des nouvelles technologies modifie le rapport avec les élèves. De manière conjoncturelle d’abord : tous les enseignants témoignent du surcroît de motivation chez les enfants lorsque, d’une manière ou d’une autre, le cours intègre les nouvelles technologies.  » Le fait de pouvoir produire quelque chose donne du sens aux activités scolaires « . Pour l’écriture et la lecture, au primaire, l’effet est indéniable, rappelé, par exemple, dans le Livre blanc sur l’opération Graine de multimédia (2) :  » Dans le cas de la production d’écrit, avoir à sa disposition via le web ou la messagerie de vrais lecteurs donne du sens au travail, aux efforts de réécriture.(…) On peut diffuser sur papier ou via un journal d’école traditionnel les productions des classes, mais symboliquement le web élargit la socialisation et favorise les retours. Il y a alors encore plus d’enjeux à écrire  » pour de vrai « , à destination d’authentiques lecteurs.  » De manière structurelle ensuite, et de façon beaucoup plus forte, les nouvelles technologies bousculent le maître qui perd sa place d’unique détenteur des connaissances.  » L’enseignement n’est plus forcément en position d’en savoir plus, et avant les élèves. Il peut savoir en même temps. Le rapport aux savoirs, donc aux élèves, en sortira bouleversé « . La multiplicité des sources de connaissances, l’importance de la recherche et du traitement de l’information modifient la relation pédagogique. Le modèle du cours magistral en ressort fragilisé.  » L’école a toujours considéré qu’il n’existait qu’une seule forme d’enseignement en classe, où un professeur s’adresse à tous les élèves à la fois. Le maître est considéré comme la source essentielle de la connaissance, de la vérité. Sa mission est la transmission des savoirs, beaucoup plus que leur constructeur « .

Liberté, égalité, activité

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Les nouvelles technologies, et en premier lieu Internet, pourront faire évoluer cette conception. Et favoriser le passage de la première forme d’enseignement, traditionnelle, à la seconde, plus proche du modèle anglo-saxon. Il faut alors transmettre les savoirs tout en les construisant, donc donner plus de responsabilités aux élèves dans leur apprentissage « . La modification n’est pas que sémantique. Des travaux conduits aux Etats-Unis à partir d’un échantillon de  » classes branchées  » soulignent l’importance du changement.

 » Dans une classe où l’on pratique la transmission des connaissances, l’activité est plus souvent la prérogative de l’enseignant.

C’est lui qui a la liberté de bouger, d’amorcer des actions et des interactions, de planifier l’emploi du temps et des ressources, et de poser des questions.(…) Les élèves sont, la plupart du temps, des auditeurs passifs « , notent les auteurs de l’étude(3).  » Dans une classe où l’on favorise la construction des connaissances, à l’inverse, l’activité et la liberté sont des privilèges qu’à tout le moins on partage avec les élèves « , ajoutent-ils. On retrouve là le modèle ancien de la pédagogie active. Mais avec une différence majeure : les nouvelles technologies font leur entrée à l’école, soutenues par les parents et une très forte demande sociale, contrairement à la pédagogie active, restée le fait de quelques militants.

Un suivi individualisé facilité

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Cette évolution ne sera pas sans conséquences sur l’organisation du système éducatif, les horaires, la disposition des classes, la répartition des élèves. Faire cours en 50 minutes chrono ? Travailler en classe de 30 élèves et plus? Conserver les mêmes découpages disciplinaires ? Le développement des NTIC modifiera les pratiques quotidiennes. Le travail en groupe prend une autre dimension. L’interdisciplinarité en ressort renforcée. Les possibilités d’expérimentation sont élargies.  » On pense aux sciences de la vie et de la terre. Mais pas uniquement. Prenez l’histoire. Un logiciel retrace les modes de vie historiques. Vous pouvez changer un facteur démographique et observer les effets « . Le suivi individualisé des élèves est aussi facilité.  » Avec les supports numériques, il est possible d’avoir des traces précises du travail des élèves, de leur progression, de leurs difficultés « . Le basculement ne s’opère pas du jour au lendemain.  » Mais il faut s’attendre à une évolution majeure. Ce n’est plus la classe qui sera dominante comme lieu d’enseignement. C’est l’établissement scolaire. « , affirme l’observatoire des technologies de l’éducation en Europe qui rêve d’une école où professeurs et élèves se connecteront sur un même réseau. Ces changements comportent-ils des risques? Et le dit observatoire est convaincu que les NTIC transformeront l’école :  » Le seul danger, c’est de rien faire « . L’école publique a les ressources suffisantes pour amorcer ce tournant. A la condition expresse que ce débat sur les contenus d’enseignement engage tout le monde enseignant et ne soit plus l’affaire de quelques spécialistes.

Les technologies de l’information et de la communication vont-elles magnifier ce qui se trouve déjà dans l’école ?

Elles peuvent aider à débloquer toutes ces pratiques qui ont encore mal à se généraliser : l’interdisciplinarité, le suivi pédagogique individualisé, l’évaluation permanente, l’auto-évaluation, la fin de l’isolationnisme du métier d’enseignant. L’école, plus que toute autre institution, n’a pas le droit de le perdre. Et si l’école publique ratait le train de la modernisation ? Elle risquerait alors d’être, encore un peu plus qu’aujourd’hui, décalée du monde. Elle n’est pas menacée, puisqu’elle sera toujours nécessaire pour apprendre à lire, à écrire et compter, mais tous les autres apprentissages risquent de se faire ailleurs.  » Quoi qu’il arrive, cette transformation aura lieu. Les choses qui doivent arriver dans l’humanité lorsqu’elles sont liées à la technique, si on ne les trouve pas quelque part, on les trouvera ailleurs. Et autrement nous le ferons quand même, mais nous le ferons dans dix ans à la remorque des autres.  »

André Malraux parlait ainsi de l’utilisation de l’ordinateur à l’école en avril 1974.
1-L’école, l’état des savoirs, sous la direction d’Agnès Van Zanten, La découverte.
2-Cette expérience, réalisée à l’initiative de Microsoft, a concerné dix-huit écoles.
3-La classe branchée, David Ower, Judidh Haymore, CNDP

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=56450

Posté par le Nov 20 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

15 Commentaires pour “Avec Internet en classe, plus rien ne sera comme avant. Que pensent nos lecteurs (ices)?”

  1. MADANI

    Réglons d’abord les problèmes de santé, de nutrition ,d’hygiène , de comportements de nos pauvres enfants qui n’ont aucune situation idéale à leur épanouissement dans un milieu fermé et sans foi ni loi après nous penserons à internet qui n’existe que dans la tête des pauvres algériens qui ont la connexion la plus déguelasse du monde et sont mains et pieds liés à leur destin on en parlera dans 50 ans peu être quand les autres habiteront d’autres lieux . il faut aussi régler l’encadrement des employés en charge de l’école algérienne sinistrée et vouée à l’echec permanent la preuve les enfants des maitres du pays étudient à l’étranger laissant les gueux s’entretuer entre eux pour des broutilles , internet ? c’est quoi internet ?

  2. un ami

    @Madani Donc il faut abandonner les projets INTERNET ! mon bonjour.

    • MADANI

      UN AMI bonjour mon frère cet article concerne les pays développés qui malgré leur avance technologique ne sont pas encore arrivé à ce stade quant à nous je l’ai dit réglons d’abord les problèmes les plus faciles ensuite dans l’avenir on en parlera il ne faut pas se tromper de route sinon on est perdu , ce qu’on vit dans ce pays traitre envers ses citoyens est inacceptable ils se moquent de nous pauvre peuple on est encore loin loin derrière ami

  3. Nory

    Aux parents et enseignants d’évaluer cette démarche.

  4. OUERRAD en squatteur

    Encore une connerie du bricolage Algerien , c est comme un PC dans chaque famille un projet qui n a jamais abouti , avant de se connecter a INTERNET , le ministere de l education devrait regler le probleme des surcharges dans les classes sinon ????????????

  5. Mohand

    Il n’y a même pas de toilettes propres dans ces écoles, le garçon peut trouver la solution derrière un arbre, la pauvre fille doit se retenir!

    • OUERRAD en squatteur

      Merci Mohand , de le rappeller je n osais pas parler de WC ??? CECI POUR NE PARLER QUE DES ELEVES ??? QUANT AUX ENSEIGNANTS LES POVRES ??????? RABI M3AHOUM ???? KADA EL MOU3ALIMOU EN YAKOUNA RASSOULAH ??? Hier encore un ecolier a ete fauche a sa sortie de l ecole ,,, ne faut il pas remettre un flic devant chaque et ecole , materialiser les passages cloutes devant les ecoles ???? Non demain il y aura des dos d ane devant l ecole de TESSALAH …

  6. Hamid

    Ah cela s’anime avec Ourrad.m

  7. LVLP.

    L’education commence à l »ecole avec de tres bon enseignants connaissant le civisme pour l’enseigner à nos enfants tous les matins et cette instruction civique eveillera nos enfants et quand tout sera clair propre et net alors on l’education nationale devra d’abord former les enseignant a ce nouvel outil de travail qu l’ordinateur dans les ecoles.ou les professeur passeront leurs cours et ou les parents auront acces à ces cours et au resultat et aux notes de leurs enfant .
    il sert aussi de lien entre l’ecole et la famille .
    alors pour un pays riche c’est sûr qu’il a les moyen de fournir a chaque eleves un ordinateur portable pour la durée de ses etude et cela à partir dela premiere anneedu college.
    enfin tout cela n’est pas pres pour demain.
    car les vautours auront la main mise pour empocher le pactol et devenir aussi milliardaires en si peu de temps .
    tout le monde a le droit de rever sauf que le reve n’a jamais ete en couleur.

  8. Marwa

    l’internet a fait son entrée dans beaucoup de lycées

  9. LVLP.

    Bledi hiya el djazair
    Ou aliha ou rani hayer
    Bghit rohelha zaier
    Ouelfek kif sahel ou feraqik ma Q’dert

    Walah ma n’ssit annaba el ghalia
    Constantina ou setef el alia
    Bledi narha fi gualbi guadia
    Ouelfek kif sahel ou feraqik ma Q’dert

    Wahran zinet el bouldani
    Oueli gh’ramha rechani
    Ouela Saida ouli li rabatni
    Ouelfek kif sahel ou feraqik ma Q’dert

    Ah! Ma ma pauvre algerie .

    Je m’entend bien par le quaificatif « pauvre »qui n’est nullement faire reference à

    l’economie financiere qui est rellement parallèle aux banques mais essentiellement

    à la societe qui se meurt.alors Abdelkader Chaou avait chanté unetres belle
    chanson  » Chehilet Laayani « et qui fut reprise par cheb mami avec d’autres paroles et c’etait Bladi hia el djazair. Nous en sommes ecoeure par les agissement anti sociaus qui perdurent et qui profitent à la junte issu du FLN au detriment du peuple à qui on lui a colle des oeilleres pour qu’il ne puisse voir qu’à zero degre.Quel domage pour un si beau pays qui a souffert pendant des siecles et des siecles et qui continu à souffrir malgré une liberte si cher payée et une independence qui n’est autre qu’une dependance puisque tout le monde sait que l’algeriene depend xde ceux qui on pris le pouvoir et sui ne veulent plus le lacher comme s’ ils vont l’emmener avec eux et le mette sous leur linceul. Allah ijib el hafd wa ijib el kheir.

  10. chaibdraa tani djamel

    NAGUATBOU LARDE KHIRANA

  11. Mohand

    Et puis pour éviter le copiage et la fraude avec toutes ces technologies, il faut que le
    Jour de l’examen soit decdéclaré chômé et payé pour les PTT, djezzy,ooreedoo……

  12. révolté

    Les nouvelles générations l’ignorent sans doute, mais il fut un temps où le téléphone était un véritable luxe dans notre pays, ou de notre époque.
    Si la plupart des villes ont été dotées de ce moyen de communication à partir des années 1970, les régions rurales ont, quant à elles, dû attendre le début des années 80 pour sortir de leur isolement à la faveur de l’introduction du téléphone sans fil, communément appelé le WLL, . Comme la ruralité était la règle à l’époque, de nombreux Algériens étaient, de fait, privés de téléphone.
    Pour communiquer avec leurs proches, ils devaient parcourir des dizaines de kilomètres. Les seules cabines téléphoniques qui existaient étaient installées au niveau des centres-villes. Dans certaines régions du pays, les autorités avaient pensé à doter chaque douar ou village d’un téléphone. «C’était la politique à l’époque»
    Très souvent, c’est l’épicier du village qui est choisi pour accueillir le fameux appareil noir pour des considérations pratiques. Mais il y avait aussi d’autres privilégiés qui se comptaient principalement parmi les employés des ex-PTT (Poste, télégraphe et téléphone) et leurs proches.
    Aujourd’hui Je suis convaincu que les nouvelles technologies de l’information constituent un vecteur d’apprentissage du savoir et d’accès à la culture. Si ce savoir nouveau n’est pas donné à l’école, le fossé se creusera entre les jeunes dont les parents peuvent acheter un ordinateur et ceux qui n’ont pas cette chance.
    bonsoir

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