La Voix De Sidi Bel Abbes

Avec Grand-Mère,cette fois, faisons ensemble une balade en Ville. par H.Douar.

Il n’est pas sexagénaire ou plus et n’ayant pas vécu l’époque coloniale, il est né à la même année du cessez-le feu, donc sa nostalgie lui colle aux années 70, aux débuts de l’Algérie indépendante, de Belabbés sans pieds noirs, la preuve… le dernier instituteur français Mr Cerdan est parti peu de temps avant qu’il ait franchi, pour sa première fois, le portail de l’école, l’école de son petit bourg situé à quelques bornes de Sidibelabbès . Ses vacances, il les passais en partie chez son oncle à El M’dina exactement à la cité police, et de là ,ce banlieusard ébahi par un été belabésien d’antan vous décrit l’image d’une cité qui est restée dissimuler dans sa pensée tant d’années. Suivons-le.. Je me souviens quand j’accompagnais grand-maman pour faire ses courses matinales, au marché du centre ville ou à la Printania (Prix-unique ou les Galeries) nous traversions d’abord le boulevard de la Macta agrémentée par des merveilleux jardins puis la fameuse place Carnot, un grand rectangle flanqué d’un coté par le prestigieux palais de justice et de l’autre coté par le théâtre municipal orné par de statuettes sculptées en haut de la façade s’envolant par dessus de l’édifice tout en donnant l’impression de vouloir disparaitre un jour… et au centre le kiosque dit à musique entouré par des bancs en bois et des espaces fleurissants, et croyez-moi, en pensant maintenant à ce parcours j’ai une impression personnelle que j’ai vu jadis une ville qui n’est pas la ville d’aujourd’hui, peu de gens qui baladaient, des rues propres, des trottoirs dégagés seulement quelques voitures stationnés, peu de vitrines ou de cafés, un climat agréable pas très chaud et non pollué, j’ai une nostalgie à cette ville que tout un chacun adore y promener ,y vivre…Toujours l’enfant épaté, guidé par sa grand-mére vous décrit une balade ;nous rentrions à la Printania du coté de la place Carnot, nous pouvions aussi y entrer ou sortir par une autre porte qui s’ouvrait sur un boulevard de l’autre coté. Je me souviens des gâteaux qu’on étalait juste à la vitrine de l’entrée… Je sens encore la saveur des mille-feuilles et des éclairs. Je ne peux pas oublier aussi cette balance qui se dressait tout droit à coté du marché du centre ville que les passants se donnaient le plaisir à se peser contre une pièce de 20 centimes.Un peu plus loin, la verdure fleurissante du ptit Vichy entourait les 3 bassins,le grand Saridj el Houte se trouve au milieu où nageaient avec quiétude des poissons sous un jet d’eau permanent,un aquarium circulaire à ciel ouvert. Au chemin de retour vers la Macta, nous passions par les quatre crémeries et là aussi je sens encore le goût d’un ice-cream que je n’ai pas, me semble t-il, savouré un tel depuis. Aprés un léger repas suivi d’une somme apaisante à l’obscurité de la chambre, ma Grand-mère, pour récompenser mon comportement tranquille et obéissant pendant El Mguil (la sieste) , me proposa alors à sortir .Ben, dis donc ! les Belabbésiens aiment sortir . Au jardin publique, la verdure et les hauts arbres ombrageant les allées ne fascinaient pas un enfant autant que les balançoires et les animaux abrités dans leurs cages. Ah c’était la première fois que je voyais des singes, la femelle nous tendit sa main pour des cacahouètes, elle me parut très moche…dont j’ai su promptement l’origine de l’appellation détestable  » Dayer ki Chadi » (semblable à un singe) qu’on colle habituellement à une personne moche…Hacha Lilah.
Mais Belabbés restera toujours splendide ,allez y,admirez-la quand les activités s’interrompront le vendredi après midi ou bien tôt le matin ou tard le soir..Et puis les singes ne sont pas moches…

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=26917

Posté par le Mai 14 2013. inséré dans ACTUALITE, SBA D’ANTAN, SBA QUAND TU NOUS TIENS. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

16 Commentaires pour “Avec Grand-Mère,cette fois, faisons ensemble une balade en Ville. par H.Douar.”

  1. BENHADDOU B

    salam si Douar: vous m’avez rappelè un jour ,j’ètais chez ma grand-mère maternelle qui habitait à sidi yassine (rue de la fontaine),j’ètais encore en primaire,elle voulait me racampagner chez nous au fg thiers,on devait passer par le centre ville,une vitrine m’a attirè l’attention,j’ai vu de belles voitures pour jouer! j’ai dit à « DADA ZOHRA » de m’acheter une;elle m’a dit :lorsque j’aurais touchè ma paye je t’en acheterais nchallah!(elle ètait veuve du chahid)! en effetj’ai eu une petite voiture en plastique apres quelques jours! nous allions à pied en me tenant par la main,passer par le grand boulevard de la rèpublique jusqu’au jardin publiquequi ètait encore d’antan!!! il faut le dire c’ètait bon de marcher et surtout que ma grand-mère (allah yarhamha) me tenait toujours par la main!

  2. Mohammed.G..

    Bonjour tout le monde,

    Encore une autre ‘khardja’ nostalgique de notre ami ,le sympathique Docteur Douar . Sur la photo en noir et blanc, il me semble que tu as oublié de porter le porte-clé qu’on confectionnait en scoubidou (rires).

    • BENHADDOU B

      je crois ya si Mohammed G, que mème pour les photos,on prenait tous la mème pose comme le montre cette belle photo de notre cher ami Douar!

  3. Kadiri mohamed VDSBA

    Nous attendons de pied ferme le reportage photos et naturellement le résumé de la première rencontre de Nadi net.et un salut a notre ami DOUAR H.

  4. Salam si Benhadou,
    j’ai une question à vous poser ainsi qu’aux anciens de SBA, si quelqu’un pourra me dire comment qu’on appelait les singes du jardin ,ils avaient des noms .allez faites travailler vos mémoires

    • BENHADDOU B

      je crois que RZIGA non ???vous voulez nous faire travailler les mèninges ya si Douar !!! notre ami Ghalouni va surement vous rèpondre

  5. belamri abdelkader

    Quand la laideur du présent nous aveugle,l’ échappatoire du passé peut venir à notre secours , nous consoler et nous sortir de notre torpeur.Notre ami Douar s’est spécialisé par ces khargettes authentiques et presque communes à toutes les personnes de notre age.Il les raconte bien et juste;il nous replonge dans passé relativement lointain mais présent ,compte tenu d’un actuel vide et taciturne.Merci pour cette évocation pleine d’enseignements pour les grands et les petits.

  6. Lecteur fidèle de la vsba

    Le docteur nous fait revisiter notre enfance et il le fait le plus simplement du monde

  7. BADISSIE

    le petit vichy d’autre fois simple et beau , et surtout pas de circulation , pas de pollution , a bel abbés ville plate ont peut marcher alors pourquoi utiliser la voiture des fois pour quelque mètres , peut étre pour frimer , merci docteur pour ce voyage dans le passé

  8. HakemA

    Le rond point de la patte d’oie(les espaces verts ont la forme de la patte d’oie) a été dénaturé! Avant il offrait une visibilité parfaite il permettait du mamelon de voir ce qui s’y passait ! Je ne sais pas si vous avez remarqué que c’est le rond point le plus parfait !Merci Dr DOUAR pour la photo!

  9. ghosne

    La patte d’Oie était jadis le nombril du centre ville et tous les jeunes se croisaient Lycéens, enseignants,veillards ,bébés dans les poussettes, c’est devenu moche et pour celui qui ne connait pas la ville on se croirait à Ouargla cette peinture qui dégouline des larmes de chagrin !!! il faut tout raser c’est mieux!!!! et contruire les 4 portes GRABA,FILADJ ERRIH,SIDI,YACINE,CENTRE VILLE, de hautes et fines colonnes avec des voutes un endroit aéré et la VUE à partir du site avec un éclairage discret pour la nuit.Merci Si DOUAR

  10. Mohammed.G..

    Bonjour tout le monde,

    Merci mon ami Douar ,de nous faire plonger de temps en temps dans nos beaux souvenirs d’enfance et de jouvence, si la nostalgie est une maladie, je suis déjà une victime et à un stade avancé. On se ressource par le rappel de notre passé qui demeure ancré dans nos pensées , on vit avec tous ces événements qu’ils soient heureux ou douloureux d’autant plus que c’est du vécu, car il faut le dire, peut-être qu’on a eu cette chance de passer par les années sixties et seventies, une époque avec beaucoup moins de stress et difficultés sociales encore moins de maladies et de chômage , une constance du grand respect mutuel et d’éducation , une atmosphère moins polluante …c’était la fureur de vivre !!!
    El-Hadj Douar a évoqué dans son texte le Printania ou le Prisunic ou Les Galeries Algériennes, il y a eu des hauts et des bas dans ce grand magasin qui n’était pas tout à fait une grande surface mais faisait quand même la fierté des bel-abbésiens lors des années 60-70 , cet espace commercial très illuminé surtout le soir nous incitait à y accéder , non pas spécialement pour faire nos achats mais plutôt c’était, pour nous adolescents, un centre de loisir,de distraction du fait qu’on diffusait de la musique non stop ce qui nous permettait d’être à jours avec les nouveautés et les tubes en vogue , tout en sillonnant les stands on profitait pour écouter avec concentration le maximum de chansons….!!! J’ai toujours en mémoire cette belle mélodie des ‘ The Moody Blues’ avec ‘Nights in White Satin’ et dans la même période surgissait les ‘ The procol Harum’ avec leur tube qui avait cassé la baraque de l’époque ‘A Whiter Shade Of Pale’ (que j’écoute même à cet instant en rédigeant) et voilà que ça coïncidait avec mes premières années d’anglais au lycée El-Djala , donc ça me permettait de déchiffrer un peu les paroles car à cet époque là ,heureusement pour nous, le rai commerciale n’existait pas encore…!!!
    Cependant Les Galeries Algériennes nous rappellent aussi , un peu plus tard, les années des pénuries des denrées alimentaires de premières nécessités tel : l’huile, le café, le beurre, le concentré de tomate en passant par les œufs, les bananes…etc….où de longues chaines interminables se dessinaient dès les premières heures de la journée devant la porte principale, dans l’attente et l’espoir d’acquérir ces précieux produits…!!! Sans oublier la crise et l’indisponibilité des articles ménagers comme les réfrigérateurs, cuisinières, chauffage, chauffe-eau…etc…pour parvenir à obtenir ce luxe , nous étions obligé de nous inscrire et parfois même de faire une demande écrite , puis attendre de longs mois , souvent sans aucune suite…et c’est comme ça qu’on a survécu les débuts des années 80 !!! En dépit de tout cela , la pression n’était pas aussi forte comme celle de nos jours où l’hypertension et le diabète sont en vogue !!!!

    Mes amitiés à tout le monde !!!

  11. Belamri abdelkader

    Merci Mr Ghalouni pour ce récit authentique qui reflete aussi ma réalité d’adolescent et le début de ma majorité;mais tu as oublié la salle « la joyeuse » qui nous permettait d’aller danser le jerk et le croisé sur les chansons improvisées des blacks ‘stars avec les freres djelloulli ,krour hachemi et consorts.Il fallait user de stratagemes pour assister à leurs répétitions.Ah quelle époque d’insouciance matérielle ou seul l’esprit avait droit à sa ration.

  12. Salam
    Quand j’évoque par mes récits le temps passé c’est pas uniquement pour vous plongez dans des souvenirs nostalgiques mais aussi pour vous incitez à faire une comparaison et réveiller les bonnes âmes que vous êtes afin de dénoncer cette situation que connaitrait nos sites comme le jardin publique..allez y voir le vendredi matin.. le petit vichy…les enclos des espaces verts de la ville ,… ou sont les responsables ?

  13. ghosne

    Vous avez raison si Douar, voilà par le biais de ce grand Site très visité, justement des Nadi.Net Hygiene,ecologie et environnement il faut agir et surtout sans commentaires ,tout est depareillé dans la Ville.

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