La Voix De Sidi Bel Abbes

Aux Etats-Unis, Internet passe sous l’autorité publique

Le régulateur des télécommunications aux États-Unis vient d’inscrire dans la loi la « neutralité du net ». Il confie au gouvernement l’autorité de réguler les infrastructures Internet, au nom de l’utilité publique.

Les commissaires de la FCC ont adopté par trois voix contre deux de nouvelles règles instaurant la neutralité du Net. Ce principe interdit aux fournisseurs d’accès de ralentir ou de bloquer quelque contenu ou service que ce soit (à condition qu’il soit légal), empêchant l’instauration d’un Internet à deux vitesses. L’idée est de garantir un Internet ouvert, et l’accès à tous aux mêmes services, sans discrimination de vitesse.
Mieux que cela, le régulateur des télécommunications a fait d’Internet un service public, régulé par l’état. Alors qu’auparavant internet relevait aux États-Unis du secteur des « services d’informations », il figure désormais aux côtés de la téléphonie fixe et mobile parmi les « services de télécommunications », permettant à l’autorité public de le contrôler et d’en garantir l’accès, comme un bien commun.

La droite et les FAI en colère

L’opposition républicaine, devrait tenter d’utiliser sa majorité au Congrès pour invalider les nouvelles règles. La droite a aussi accusé la FCC d’avoir cédé aux pressions de la Maison Blanche, après un plaidoyer en novembre de Barak Obama en faveur d’un « internet libre et ouvert ». Le président américain s’est lui félicité de cette décision qui « protègera l’innovation et créera des règles du jeu égales pour tous pour la prochaine génération d’entrepreneurs ».
Les fournisseurs d’accès sont également vent debout contre ce texte. Ils veulent se garder la possibilité de ralentir voire de bloquer un service, pour faire pression financièrement sur les fournisseurs de contenu. On en a eu un bel exemple en France lorsque Free ralentissait sciemment le débit de YouTube pour réclamer de l’argent à Google puisque les vidéos de ce service monopolisaient beaucoup de sa bande passante.

Et en France ?

Concrètement, l’absence d’une neutralité du Net garantie pourrait mener à un Internet segmenté. Bouygues, propriétaire de TF1, pourrait interdire l’accès à tous les services de vidéos à la demande autres que les siens. Orange pourrait s’allier à Google pour offrir l’exclusivité à ses abonnés des services de Youtube, tandis que Free aurait l’exclusivité de Netflix.  Et rien n’empêcherait l’un d’eux de freiner l’accès à un site d’informations qui leur déplairait.  Depuis 2011, des lois garantissant la neutralité du net en France sont déposées, sans suite. Le débat existe mais trop de politiques cèdent face aux intérêts privés. Pour les opérateurs comme pour les publicitaires : il ne faut pas réguler. En en matière de service public, cette semaine l’Europe et la France ont pris du retard sur les États-Unis.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=58856

Posté par le Fév 27 2015. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

6 Commentaires pour “Aux Etats-Unis, Internet passe sous l’autorité publique”

  1. OUERRAD en squatteur

    Et chez nous qu en est il ?
    ARPT ? ne semble pas se soucier de cet aspect .

  2. BENATTOU

    Les algériens s’approprient vite la révolution numérique, les nouvelles technologies nous font gagner du temps,renouvellent nos façons de communiquer, nos façons de travailler. C’est un monde de croissance et de progrès qui est désormais à portée de main.Seulement sommes nous tous égaux dans l’accès au progrès technologique?

  3. Yves44

    M. OUERRAD en squatteur a raison de poser la question « Et en Algérie ou en est Internet ???». Je me permets d’apporter une réponse !!!!!!!!

    Les problèmes d’accès à Internet en Algérie – HuffPost Maghreb – Par Kader Abderrahim…………….
    Publication: 15/07/2013 18h51 CEST Mis à jour: 15/07/2013 18h52 CEST…………….
    Faible débit, coupures fréquentes, tarifs des abonnements excessifs, Internet en Algérie en est encore aux balbutiements. L’Algérie est le seul des trois pays du Maghreb à ne pas être connecté à la 3G, malgré les promesses formulées à plusieurs reprises, et à un moment où, déjà, certains pays lancent la 4G.
    Si la bande passante algérienne était l’une des plus faibles au monde, elle était en janvier dernier la lanterne rouge mondiale, selon le classement Netindex. En quelques mois l’Algérie n’a guère évoluée elle est passée en juillet 2013 à la 182è sur 186 pays répertoriés.
    Ce classement se base sur la bande passante moyenne des pays. Le nombre de pays indexés est passé de 176, à 186 en quelques mois, et l’Algérie a quand même vu sa position dans le classement baisser de 176ème (0,95 Mbps), à 182ème (1,25 Mbps). Le plus grand pays du continent et l’un des plus riches aussi, continue de flirter avec le drapeau rouge.
    Cette baisse est notamment due à des coupures généralisées, ainsi que des ralentissements constatés au niveau national. La bande passante algérienne est la seule, avec celle du Soudan (0,98 Mbps), à être en deça du mégabit par seconde. Le Luxembourg occupe désormais la tête du classement, suivi du trio: Andorre, Hong Kong, et la Lituanie. La Tunisie a aussi rétrogradé dans le classement à la 164ème position, quant au Maroc, il a progressé en se hissant à la 121ème place.
    La mauvaise connexion au réseau Internet est un sujet de préoccupation nationale, pour les particuliers ou les entreprises, le casse tête est quotidien. En Algérie, l’Internet reste élitiste, et le taux de pénétration actuel est faible, avec seulement 1,6 million d’abonnés individuels (aux différents réseaux d’ADSL) pour 36 millions d’habitants, et 20% seulement des entreprises raccordées au Net.
    Les spécialistes assurent que la question n’est pas technique, elle est liée à la gestion, 80% du territoire de l’Algérie est déjà couvert par la fibre optique. Le problème serait-il humain? En partie, l’Algérie forme 1500 informaticiens par an, la plupart d’entre eux ne possèdent même pas un ordinateur personnel, et la formation permanente est quasiment inexistante. Dans ces circonstances il est difficile de se tenir au courant des évolutions, et elles sont nombreuses et rapides, et des tendances à venir. Par ailleurs les responsables d’Algérie Télécom imputent les problèmes techniques qui seraient généralement dus aux travaux de rénovation du réseau.
    C’est une explication partielle, les vraies raisons sont principalement à rechercher dans l’absence de stratégie, et de planification générale sur l’installation et l’accès à Internet dans le pays. Et, pour compliquer un peu plus la situation plusieurs opérateurs privés accusent l’autorité de régulation du secteur, de bloquer le développement de l’Internet, notamment par des règlements absurdes et des redevances prohibitives, qui donnent en fin de boucle des tarifs individuels de connexion représentant dans certains cas 1/10e du salaire minimum.
    Dans ce domaine comme dans bien d’autres secteurs d’activités économiques, l’absence de projet et de vision globale nuit à l’amélioration et à la mise à niveau de l’Algérie. Les énormes moyens financiers dont dispose le pays ne font pas la politique. A trop penser que l’on peut tout acheter, les dirigeants algériens ont annihilé la créativité et l’inventivité. Sauront-ils, au moins, entendre que l’avenir s’écrit, entre autre, en mode alpha numérique.

    • Tewfik Adda boudjelal

      Il me semble que tout a été dit dans ce commentaire – article-de Mr Yves. J’ajouterais juste une chose, tant que les télécoms détiennent les clefs de l’internet, il ne faut s’attendre à aucune amélioration .Car nous savons tous que sans une compétition loyale entre différents opérateurs et sans une autorité de régulation sans parti pris rien ne bougera .et au final le dindon de la farce restera encore et pour longtemps le pauvre utilisateur .Ce dernier dépend de l’humeur de la connexion. Plus grave encore, même les employés télécoms eux même ne sont pas convaincu de ce qu’ils vendent à leurs clients.
      Et le drame dans toute cette histoire réside dans le fait que « Algérie télécoms » s’octroie le droit de ne pas garantir à ses clients, la connexion pour laquelle ils se sont acquittés à l’avance.
      Les pannes sont fréquentes et leur dada sont le week-end pour vous enlever le plaisir du net à la fin d’une dure semaine de labeur .Et cerise sur le gâteau, les jours où internet fait des siennes, Algérie télécoms ne prend pas en charge cette partie défaillante de sa part et à la minute où votre abonnement expire le « système » qui veille au grain vous rappelle qu’il est le plus fort ….

  4. Imad Mustapha

    L’internet haut débit est très stratégique dans la mesure où l’internet illimité n’aura de sens qu’avec l’accès à haut débit.

  5. Amirouche

    La science est au service de la guerre et de l’avenir …..L’Europe ,y compris la France ,est très loin ; l’Afrique ,y compris l’Algérie ,est très très très très loin des deux ou trois pays au monde déjà à l’ère de l’informatique bionique , la domotique , la nanotechnologie ….etc
    La VDSBA titrait 13 milliards de dollars pour relancer l’industrie publique !! avec cette somme essayons de garder nos hommes et femmes scientifiques qui ,d’année en année , s’éparpillent en Europe et en Amérique, …… ils sont la principale richesse du futur de notre pays .
    A suivre ! ………car ma mitsubishi EMIRAI m’appelle pour faire un tour …
    Sallam

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