La Voix De Sidi Bel Abbes

Au cœur de l’Andalousie, ce paradis perdu…Par notre fidéle ami l’ écrivain Khiat Ahmed

  L’Alhambra

Après le franc succès de ses  multiples contributions dans son journal et le votre amis lecteurs Revoila notre prolifique écrivain nous inviter a un voyage en terre d’Andalousie Nous ne dirions pas plus  « Les souvenirs que je souhaite relater ci-après datent de plus de 38 ans. Ils peuvent avoir été altérés par le temps, ce qui ne manquera pas d’affecter leur précision.

Je me trouvais en ce jour du 16 Août 1977, correspondant au 2ème jour de Ramadhan 1397, sur la splendide place de Tolède, juste en face d’une imposante muraille. Me dirigeant d’un pas nonchalant vers une monumentale porte pour admirer de près ses deux Coqs et son Blason impérial, j’entendis mon fils, âgé alors de six ans et demi épeler en arabe : ‘ Al-mas…Almasjed…

Je ne compris d’abord rien, mais, en suivant son index pointu devant lui, je remarquai un grand écriteau sur lequel était écrit en langue arabe المسجد   ainsi qu’une flèche indiquant la direction à prendre éventuellement.

En vérité, je m’attendais à tout, sauf à cette découverte inopinée. Je ne pensais pas que Tolède faisait partie de l’Andalousie, elle qui a été occupée par les Musulmans pendant presque huit siècles    ( 711-1492 ) parce que mes braves Instituteurs et Professeurs Français ne m’ont parlé à l’école et au lycée que de « Nos ancêtres les Gaulois », de « Charles Martel qui écrasa les arabes en 732 » et évidemment du «  Roi Soleil » ou de ses maîtresses Mme Henriette d’Angleterre, Mme de Montespan, et même de Mme de Maintenon qu’il épousera, soit dit en passant, secrètement ! (Tiens ! tiens ! tiens !). En plus de cela, le grand poète Andalou Abou El-Baqaâ Er-Rondi1, dans sa pathétique qasida 2que mon Maître d’Arabe à la Médersa, Si Ahmed Chakroun, nous a fait apprendre en 1958, cite Valence, Murcie, Xativa ( Chatiba ), Jaén, Cordoue, Séville… mais point de Tolède !

Le cœur palpitant, je franchis la «  Puerta de Bisagra »’ pour me retrouver dans la vieille ville de Tolède que des  murailles impressionnantes entourent. Et c’est ainsi que ma visite de l’Andalousie commença. Prématurément.

Je m’engageai dans de véritables labyrinthes de ruelles étroites et sombres me rappelant celles de Fez, où de majestueuses bâtisses de part et d’autre semblent se toucher par le haut. Je marchais devant moi, aidé de temps à autre par des flèches d’orientation, tout curieux de savoir ce qui pouvait se trouver derrière ces gigantesques murs couleur ocre, quand, au détour d’une rue, apparut la Mosquée du Cristo de la Luz.

La Mesquita del Cristo de la Luz, ou pour être plus précis, la Mosquée Bab Mardum, est un édifice de forme carrée d’une dizaine de mètres de côté environ. Elle s’ouvre sur la rue par trois arcatures embellies de motifs géométriques. Elle m’a paru abandonnée car des touristes peu soucieux du respect des valeurs sacrées se sont amusés à  y graver des souvenirs de leur passage.

Quel sacrilège !

En effet, j’éprouvai une vive émotion en remarquant des noms suivis de messages d’amour dans des langues différentes, de caricatures, de dessins de cœurs transpercés de flèches ensanglantées sur les murs intérieurs de ce lieu de culte, et plus particulièrement sur le mur orienté vers la Qibla.  Pendant que je ruminais ma colère devant une telle profanation, un jeune homme d’une tenue vestimentaire impeccable s’approcha de moi, et d’une langue qui semblait s’apparenter à l’espagnol, m’adressa la parole…C’était le « guide », responsable de la « surveillance » du monument !

Comme je lui répondis, en bon Français, que je n’ai rien compris à ses questions, il s’est mis en devoir de me relater dans ma langue l’historique de l’édifice : Mosquée au départ du nom de Bab Mardum, elle fut transformée vers la fin du XIIème siècle en l’Église appelée Cristo de la Luz. Il eut même l’amabilité de me faire une description détaillée de la coupole du centre percée de baies pour laisser passer la lumière et attira mon attention sur des inscriptions en caractères arabes connus sous l’appellation Koufi, qui sont réalisées grâce à la disposition judicieuse des briques. Il termina ainsi : « Voilà amigo, ce que les arabes musulmans nous ont légué, il y a près de dix siècles ».

Sur ce, j’enlève le masque, je me découvre et lui dis avec une pointe de fierté et beaucoup d’amertume : «  Monsieur, ces arabes musulmans dont vous parlez sont mes ancêtres ! »

 La mosquée Tolède

 

Le jeune homme écarquille ses yeux, incrédule, et balbutie : «  Pardon ! A votre teint, je vous ai pris d’abord pour Italien, puis Français à votre accent. En plus, votre petit enfant n’a rien d’un arabe ! Croyez-moi Monsieur, vous êtes le premier musulman que je vois ici. Alors, vous êtes arabe musulman ? »

J’opine de  la tête : «  Oui comme vous dites, et aussi Algérien. C’est pour cette raison que je suis venu me ressourcer. Hélas ! »

Le brave guide, remarquant mon émoi, leva ses deux mains tel un homme impuissant et dit tout simplement : «  Je vous comprends, Monsieur ; ce sont les aléas de l’Histoire. La roue tourne parfois dans le sens inverse. »

Je pris congé de mon fin interlocuteur, répétant pour moi-même des bribes3 de la Qasida d’Er-Rondi que j’essaie de traduire approximativement en Français :

«  Toute chose parvenue à son apogée décline * que personne donc ne se laisse trompé par les fastes de la vie.

«  Ce sont des périodes, bonnes et mauvaises, que j’ai vues s’écouler alternativement * Quiconque a été  égayé un temps, sera affligé par d’autres.

« … Puisque les mosquées ont été converties en églises, ne comportant que cloches et crucifix ;

«  Même les mihrabs4 pleurent quoique figés ; même les chaires se désolent, alors qu’elles sont de bois… »

*

Après un trajet de plus de 300 km en plein cœur de l’Andalousie, une plaque routière attira mon attention. Elle annonce la ville de Médina Azzahra. Ce nom qui sonne bien arabe me réconforta. Je ne me sentis plus étranger. J’étais « chez-moi », bien que la méconnaissance de l’espagnol fût un handicap majeur pour mon intégration rapide dans cette vaste région qui a dû utiliser la langue arabe durant près de 8 siècles5.

Je brûlais de m’arrêter pour visiter cette petite ville dont j’entendis le nom pour la première fois, mais j’estimais que la ville toute proche m’interpelait davantage : Cordoue !

Ô Cordoue ! Ô Cordoba !

Cordoba dont le centre historique vient d’être classé patrimoine mondial de l’UNESCO ! Cordoba, avec ses mille mosquées et ses six cents bains publics, renommée pour le travail du cuir, à telle enseigne que le mot «  cordonnier »’ en dérive6 ! Elle incarnait, à son apogée, presque à elle seule, toute la civilisation musulmane, j’allais dire universelle.

Ma première visite fut réservée à la grande Mosquée. J’eus une agréable petite surprise : Mon entrée coïncida avec celle d’un groupe de touristes français sous la direction d’un guide. Sans complexe, je m’y joignis et profitai gracieusement  des explications données. En écolier assidu, je me suis permis même de prendre des notes.

Notre guide nous fit une description magistrale du chef-d’œuvre : «  La Mosquée, joyau de l’âge d’or arabo-andalou, précisait-il, avec ses dix-neuf nefs, était portée par mille treize ( 1013 ) colonnes en marbre, réparties sur plus de 23 000 m2 ».  Il nous cita deux ou trois fois Abderrahman I° ainsi que l’année 785, puis nous conduisit jusqu’au Mihrab, et après nous avoir invités à nous ranger derrière lui, il dit textuellement : « Regardez Mesdames Messieurs, la grande superficie de cette perle architecturale ! Imaginez un instant le nombre impressionnant de fidèles les vendredis et les autres jours sacrés chez les musulmans. Eh bien ! De cet endroit, l’Imam était entendu parfaitement par l’assistance, même par ceux qui étaient placés tout au fond. Sans recours à d’autres moyens ; d’ailleurs, les haut-parleurs n’existaient pas à cette époque. Il n’avait même pas besoin de mettre les mains en porte-voix… Et si vous m’en demandiez le secret, je vous dirais que ces centaines d’arcades que vous avez devant vous, sont faites de telle manière que les paroles du prêcheur soient véhiculées avec la même intensité partout… Cela prouve que les Andalous passaient maîtres dans l’art ».

Ensuite, il nous mena au centre de l’édifice et nous parla de la Cathédrale bâtie à l’intérieur même de la Mosquée après la reprise de la ville par les chrétiens en 1236. Il reconnaît lui-même qu’un coup dur a été porté à la Grande Mosquée, surtout que la perspective des colonnes a été défigurée par cet ajout inapproprié7.

Le coup dont parlait notre guide, je l’ai ressenti dans mon cœur. J’ai blâmé dans mon for intérieur tous les moulouk at tawaïf, ces 23 roitelets8, responsables en premier lieu de la chute de nombreuses villes pour finir par Cordoue. Alors, je me suis détaché du groupe et j’ai choisi un coin retiré pour faire la prière du salut de la mosquée à même le sol. Je dois affirmer que je ne fus point inquiété. Peut-être que personne ne m’avait vu, car, j’ai su plus tard, que les Services de sécurité expulsaient manu militari tous ceux qui osaient y faire la prière…

Je savais que Cordoba, grâce à sa grande Mosquée et ses Bibliothèques renfermant près de quatre- cent- mille (400 000) ouvrages dans toutes les disciplines, était le point de rencontres de toutes les cultures. Elle comptait une myriade de personnages illustres, et de ce fait, elle fut  l’une des villes les plus cultivées du monde au X° siècle, rivalisant ainsi avec Baghdad ! Notre poète Abou El-Baqaâ en était tellement subjugué qu’il a pleuré sa chute en tant que patrimoine culturel. Dans un élan pathétique, il se demande :

«  Demande à Valence ce qu’est devenue Murcie !* Et où est Xativa ? Ou plutôt, où est Jaén ?

«  Et qu’en est-il de Cordoue, pôle des Cultures ? * Ô combien d’érudits célèbres y ont atteint le sommet de la gloire9 ! »

Oui ! Qu’en est-il de cette ville qui a vu naître Ibn Hazm, Ibn Hayane, Ibn Zeïdoun, Oullada, et même quelques Juifs grandioses tels Moïse Maïmonide10, Hasdaï Ibn Shaprut11, et bien d’autres encore ?

Et sans plus attendre, je me dirige vers l’emplacement où l’un de ces innombrables savants a particulièrement marqué son passage.

Au loin, à plus de 300 m, me reçut une imposante statue. Haute de près de quatre mètres dont la moitié constitue le piédestal. En marbre finement ciselé, un homme avec turban, barbe blanche, tenant un livre et regardant au loin. Je m’approche. Une inscription gravée dans le socle le présente au public en quatre langues : L’Espagnol, l’Arabe, l’Anglais et le Français :

«  La ville de Cordoue est fière de son fils Averroès12 »

Cette reconnaissance, datant d’environ neuf siècles, mit du baume à mon cœur flétri…

 Statue du grand savant Andalous Averroès-Ibn Roch

 

 

Ainsi réconforté, je pris congé de la célèbre Cité, non sans avoir d’abord visité son fameux Château Fort Almodóvar del Rio, distant de 25 km et dominant la région avec ses tours crénelées, et que les Arabes ont édifié au XII° siècle.

 Château Fort Almodóvar

J’avais rendez-vous cette fois-ci avec l’une des villes les plus prestigieuses de l’Andalousie, ne serait-ce que parce qu’elle a résisté aux assauts de la Reconquista, toute seule, plus de deux siècles durant. D’ailleurs, sa chute en 1492 mit fin à la présence arabe dans la péninsule ibérique. Vous l’avez deviné ; il s’agit de Grenade, Gharnata.

Qui dit Grenada, dit l’Alhambra. Je m’abstiens de faire la description de ce chef d’œuvre du génie civil, militaire et artistique islamique. Victor Hugo13, ce géant de la littérature française, le fera mille fois mieux que moi. Ecoutons-nous-le :

« L’Alhambra ! L’Alhambra ! Palais que les génies

Ont doré comme un rêve et rempli d’harmonies.

Forteresse aux créneaux festonnés et croulants

Où l’on entend la nuit de magiques syllabes,

Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes,

Sème les murs de trèfles blancs. »

Je me perdis ce jour-là parmi des centaines de touristes, tous européens ou américains. A ma connaissance, aucun arabe ! Personne ne fit attention à nous, mon fils et moi. Sans doute, comme me l’a signifié le brave guide de Tolède, nous passâmes pour être des leurs.

N’ayant pas trouvé où écrire, je m’accroupis près de la Cour des Lions et me mis à rédiger sur mon genou une carte postale destinée à mon ami Djahad Mohamed. J’ai senti la présence de quelqu’un derrière moi, mais je n’en avais cure. J’allais terminer quand une voix aiguë lança : Arabic ! Arabic ! Arabic !

En effet, une belle femme très blonde et bien élancée alerta ses compagnons. De derrière mon dos, elle a dû reconnaître, à la calligraphie, que j’étais bien un arabe. En un laps de temps, je me vis entouré d’une dizaine de touristes. Le cercle grossissait à vue d’œil. D’intéressé, je devins subitement intéressant, un point de mire. Des voix fusèrent de partout :

–          You are Arabic ?

–          Yes Arabic.

–          Arabic, you ?

–          Yes, yes Arabic !

La belle dame qui m’avait dénoncé s’approcha de mon fils et, le contemplant avec surprise, demanda :

–          Arabic also ?

–          Yes  Madam. Arabic also.

Je lis de la stupéfaction sur les visages, et mon enfant devint à son tour le centre d’intérêt : un petit arabe blond aux yeux verts, est-ce possible ? Je pense qu’il a mis en cause ce que ces Suédois et Suédoises savaient déjà sur les arabes, eux qui croyaient sans doute qu’ils sont bruns, peut-être un peu  négros avec des cheveux crépus.

Nos admirateurs  m’ont pris la carte postale. Je la voyais passer d’une main à l’autre. Grâce à elle, ils ont déniché deux Arabes, probablement deux descendants de ceux qui, par leur civilisation, les avaient poussés à parcourir plus de 3500 km pour voir leurs vestiges !  Alors, photo après photo ; flash après flash…

Une semaine après, mon ami reçut la carte postale représentant le Généralife14. Il ne se douta point que des centaines de doigts de touristes européens, en grande partie Nordiques, l’avaient «  tripotée » bien avant lui…

Au centre commercial de Grenade, mon attention fut attirée par une impressionnante gamme d’épées, à lame en acier inoxydable et fourreau décoré minutieusement, toutes longues d’un mètre environ, et se ressemblant plus ou moins. Curieux, je demande ce qu’elles représentent. On me répond qu’il s’agit de modèles de l’épée que Boabdil, le 22° et dernier émir Nasride, avait remise à ses vainqueurs, en même temps que les clés de l’Alhambra.

Du coup, j’entrevois les larmes versées par Abou-Abdallah sur le sommet d’une colline surplombant Grenade avec les Grands de sa Cour avant de prendre la route de l’exil, exactement vers la ville de Fez. Je me remémore que, ce jour du 2 Janvier 1492, sa mère Aicha El-Hurra lui avait dit, en le voyant sangloter :

« Pleure maintenant comme une femme un Royaume que tu n’as pas su défendre comme un homme ! »

Ainsi, avec la capitulation de Boabdil, une page de l’Histoire fut tournée. Pour toujours :

«  Et Royaumes et Rois disparurent * comme si leurs présences n’étaient que pure songe15 ! »

 Cour des Lions

 

Je n’avais pas à chercher dans ma mémoire ce que Abou El-Baqaâ Er-Rondi aurait dit de Grenada  puisque mon poète était mort plus de deux siècles après sa chute définitive. Par contre, il semblait m’interpeler à propos d’une autre ville qui n’avait pas grand-chose à envier à celles déjà visitées : Séville.

Effectivement, après avoir franchi 3 ou 4 fois de longs ponts de la rivière Guadalquivir qui n’est autre que l’appellation déformée de « Oued el-Kébir » ( la Grande Rivière ), rivière ayant contribué à  la prospérité de la région, je me dirigeai tout droit vers le Centre de la ville où m’attendait la somptueuse Mosquée avec son fameux minaret, La Giralda.

Mais hélas, une fois de plus ! Quoique l’imposant édifice me rappelât la grande Mosquée de Tlemcen16, je me trouvais plutôt devant une Cathédrale, le minaret converti en clocher, après que le Croissant eut cédé définitivement sa place à la Croix

Il faut dire que Séville, avec ses jardins luxuriants et ses vergers paradisiaques, a de tout temps séduit les poètes, particulièrement les Andalous. Aussi plaignait-on Er-Rondi qui pleura amèrement sa chute en ces termes :

«  Où est Hims17  et ce qu’elle comprenait comme agréments ? * Et où sa rivière à eau douce pleine et débordante ?

« …

«  Ô toi l’insouciant, alors tu as en le temps un conseiller ! *  Si tu somnoles, (sache) que le temps reste, lui, toujours éveillé.

«  Ô toi qui  vis dans l’aisance, tout occupé par ton pays ! * Y a-t-il, après Hims, d’autres contrées plus séduisantes18 ? »

Le voyage de 4 000 km en voiture m’avait permis également de visiter Malaga et sa jolie Alcazaba, palais arabe du Xème s., Murcie et sa gigantesque Cathédrale, ancienne mosquée, Almeria, la coquette, et d’autres villes andalouses qui furent, sans doute, moins prestigieuses que Séville, Cordoue et Grenade, mais qui renferment tout de même des richesses culturelles non dédaignables et des vestiges d’un passé glorieux.

Ainsi, pendant 15 jours, ce n’était qu’admiration de cette Andalousie féérique, que soupirs sur ce paradis terrestre perdu à jamais, poursuivi par les quatre vers émouvants d’Abou El-Baqaâ Er-Rondi  décrivant la chute inévitable des derniers monarques arabes :

«  Ah ! Quelle humilité pour des gens qui, après qu’ils furent puissants, changèrent de conditions à cause de mécréance et d’injustice!

«  Ils étaient, hier, souverains dans leurs royaumes, et aujourd’hui, ils se retrouvent esclaves chez les adversaires.

«  Si tu avais vu leurs pleurs lors de leur vente, tu aurais été abasourdi, émergé par la tristesse.

«  Tant de disgrâces flétriraient le cœur * s’il s’y trouvait Islam et Foi19 ».

Oui ! Je fus triste ; j’ai versé des larmes sur le passé de mes aïeux! Et je les verse encore parfois !

La Giralda

 

C’est pourquoi, lorsque notre chère lectrice Mme Grâce20 avait fait le 26 Juillet 2013 allusion à  el boukaa 3ala el atlal21 ,  j’ai accepté volontiers son «  mignon »  reproche, bien je me fusse défendu un peu en lui faisant remarquer qu’ « il y a un peu de cela, mais avec un objectif noble: interpeller les jeunes Arabes-Musulmans surtout à abandonner leur « complexe d’infériorité »’, en emboîtant le pas aux nations plus évoluées … »

La roue avait tourné dans le sens inverse, comme avait dit avec raison le Guide de la Mosquée de Tolède. Apogée, puis déclin, comme le dit si bien Ibn Khaldoun. Mais faisons en sorte qu’elle tourne, à l’avenir, dans le bon sens, en travaillant dur, en étudiant mieux, et en nous unissant pour le meilleur et pour le pire ! Et si nous ne rattrapions pas le grand retard par rapport à ceux qui nous devancent énormément, du moins sauverions-nous le peu qui reste encore à sauver…

1 Abou El-Baqaâ Er-Rondi (1204-1285 ) naquit dans la ville de Ronda, au Sud de l’Andalousie, près de Malaga.

2 Poème de 43 vers intitulé ‘ Marthiat El-Andalouse ’ (Éloges funèbres de l’Andalousie) مرثيات الأندلس

                                                                لِكُلِّ شَيْءٍ إِذَا مَا تَمَّ نُقْصَانُ * فَلاَ يُغَرُّ بِطَيْبِ الْعَيْشِ إِنْسَانُ               3

                                                                هِيَ الأَمورُ كَمَا شَاهَدْتهُا دُوَلٌ * مَنْ سَرَّهُ زَمَانٌ سَاءَتْهُ أَزْمَانُ

       …                                                   حَيْثُ الْمَسَاجِدُ قَدْ صَارَتْ كَنَائِسَ * مَا فِيهِنَّ إِلاَّ نَوَاقِيسُ وَصُلْبَانُ

                                               حَتَّى الْمَحَارِبُ تَبْكِي وَهِيَ جَامِدَةٌ  * حَتَّى الْمَنَابِرُ تَرْثِي وَهِيَ عِيدَانُ.

4  El-mihrab ( المحراب ) : Niche réservée à l’Imam présidant la prière.

5 Pour rappel, les arabes musulmans sont restés en Espagne de 711 à 1492, avant d’en être chassés définitivement.

6 Le mot ‘ cordonnier ’ vient de l’ancien français ‘ cordoan ’, cuir de Cordoue. (Larousse)

7 Charles Quint (XVème siècle) aurait dit à propos : «  Vous avez détruit ce qu’on ne voyait nulle part pour construire ce que l’on voit partout ».

8  Le royaume de Cordoue fut, à partir de 1031, partagé entre 23 émirs indépendants.

9      فَاسْأَلْ بُلَنْسِيَة مَا شَأْنُ مُرْسِيَة * وَأَيْنَ شَاطِبَة، بَلْ وَأَيْنَ جِيَانُ

                                                             وَأَيْنَ قُرْطُبَة، دَارُ الْعُلُومِ؟  فَكَمْ * مِنْ عَالِمٍ سَمَا فِيهَا لَهُ شَانُ

10  Moïse Maïmonide : Abou Imran Moussa Ibn Maïmoun (1135-1204) philosophe et grand médecin.

11  Hasdaï Ibn Shaprut : Abu Yussuf Ibn Shaprut ( 915-970 ) Médecin et Conseiller du Roi de Cordoue Abderrahman III.

12 Averroès, Ibn Roch en arabe (1126 – 1198) était philosophe, théologien, mathématicien et médecin. Il est enterré à Marrakech.

13 Voir dans l’Orientale XXXI du Livre III, datées des 3-5 avril 1828.

14 Le Généralife, palais d’été des Nasrides vu depuis l’enceinte de l’Alhambra.

15  وَزَالَ ما كاُنٌّ مِنْ مُلْكٍ وَمِنْ مَلِكٍ* كَمَا حَكَا عَنْهُ خَيَالُ الطَّيْفِ وَسِنَانُ

16 La Grande Mosquée de Séville ( en 1184 – Hauteur 94 m ), ainsi que celles de Tlemcen ( en 1136 – H. 29 m ), de Nédroma ( en 1145 – H. 20 m ), de La Koutoubia de Marrakech ( en 1162 – H. 77 m ) , et de la Tour Hassan de Rabat ( en 1196 – H. 44 m ) ont été construites presque en même temps au XII° siècle. Leurs minarets se ressemblent par leur style architectural.

17  Hims ici est Séville. Elle fut appelée ainsi après la venue des soldats de la ville Hims du Bilad El-cham (Syrie actuellement)

18         وَأَيْنَ حِمْص وَمَا تَحْوِيهِ مِنْ نُزَهٍ * وَنَهْرُهَا الْعَذْبُ فَيَّاضٌ وَمَلآنُ

                                                                      …

                                                       يَا غَافِلاً وَلَهُ فِي الدَّهْرِ مَوْعِظَةٌ * إِنْ كُنْتَ فِي سِنَةٍ فَالدَّهْرُ يَقْضَان

  وَمَاشِياً مَرِحاً يُلْهِيهِ مَوْطِنُهُ * أَبَعْدَ حِمْص تَغُرُّ الْمَرْءَ أَوْطَانُ؟

19        يَا مَنْ لِذِلَّةِ قَوْمٍ بَعْدَ عِزِّهِمْ * أَحَالَ حَالَهُمْ كُفْرٌ وَطُغْيَانُ

                                                                 بِالْأَمْسِ كَانُوا مُلُوكاً فِي مَنَازِلِهِمْ * وَالْيَوْمَ هُمْ فِي دِيَارِ الضِّدِّ عُبْدَان

                                                                 لَوْ رَأَيْتَ بُكَاءَهُمْ عِنْدَ بَيْعِهِمْ * لَهَالَكَ الأَمْرُ وَاسْتَهْوَتْكَ أَحْزَانُ.

                                                                 لِمِثْلِ هَذَا يَذُوبُ الْقَلْبُ مِنْ كَمَدٍ * إِنْ كَانَ فِي الْقَلْبِ إِسْلاَمٌ وَإِيمَانُ.

20 Voir commentaires sur l’interview accordée à la Voix de SBA à propos du ‘ plagiat ’.

21  Traduction littérale : Pleurs sur les vestiges des ancêtres.

 

 

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=34031

Posté par le Oct 21 2013. inséré dans ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

36 Commentaires pour “Au cœur de l’Andalousie, ce paradis perdu…Par notre fidéle ami l’ écrivain Khiat Ahmed”

  1. mourad

    Que celui qui n’a pas visité Cordoba s’empresse de le faire. ..on est pris par une atmosphère particulière. ..celle du grand Khalifa de Cordoue…majestueux. .temple du savoir et de la science. ..lieu de lumière à l’époque pour l’humanité…quand on quitte la ville. .on est triste de voir la déchéance et la décadence de la oumma…un voyage à Cordoue équivaut à une halte sur nous même et à un rappel vers la grandeur et la noblesse de l’islam. ..le vrai islam…en plus la ville est belle et envoûtante. ..

  2. fethi

    un vrai cors d’histoire pratique avec des éléments bien fournis en description narrative Un outil de référence que nous se devons de conserver bravo ousted khiat

  3. Hakem abderrahmane

    Vous avez été un véritable guide (touristique,culturelle,cultuel,politique)avec une conclusion qui nous éclaire et lance le débat sur notre passé et les différentes composantes de notre personnalité!Merci Si Ahmed!

  4. moncef

    Chapeau si khiat

  5. BADISSI

    je ne trouve les mots pour ce récit , simplement extraordinaire cheikh khiat , l’Andalousie ce paradis perdue a cause des derniers rois et sultans médiocre , qui on penser a leurs intérêts personnelle au dépends de celui de Ouma , en abandonnant le vrais Islam , ils ont détruit le travail de leurs ancêtres a leur tête TARIQ IBN ZIYAD le grand Amazigh musulman , retourner vers ALLAH et le vrais ISLAM celui qui oriente vers la science et le travail bien fait , la modération la ,tolérance envers l’humanité , un récit qui nous fait réfléchir sur notre passée glorieux , notre présent médiocre , et un futur que nous devons construire pour récupérer ce passée glorieux INCHA ALLAH

  6. saim

    Merveilleux reportage un e leçon d’histoire

    • ABDELKADER

      Nous avons été à la fois heureux et tristes à la lecture de votre récit. Heureux quand vous nous faites (re)découvrir les merveilles édifiées par nos ancêtres. Tristes à leur abandon par des roitelets qui, malheureusement, n’ont rien compris à l’histoire, perpétuent par un autre comportement, le mauvais chemin.
      Cependant une petite revanche sur l’histoire par le recouvrement de l’indépendance de l’Algérie, où les églises, cathédrales et autres temples ont été transformés en lieux de culte musulman. A ma très limite connaissance, depuis Saladin (Salah Eddine Al Ayyoubi) aucune autorité arabe ou musulmane n’a opéré à cette transformation. Au contraire

  7. H. Mokhtaria

    Votre récit M. Khiat est émouvant et instructif. Le monde arabe musulman a besoin de bilingues et même de trilingues de votre trempe, car ce sont eux qui éclairent leurs concitoyens et les générations futures. Merci

  8. ALBARRACIN de SBA

    Bonjour

    L’Andalousie, un exemple de ce que l’histoire nous enseigne: Aucun peuple ne fut autant colonisateur que le monde arabe! Et la fierté des monuments attestent des deux revers de la médaille ! Artistes et Colonisateurs !
    Je porte les noms de Géa par ma grand père maternelle et Albarracin par mon grand père parternel!
    L’armoirie d’une petite ville de l’Aragon : GEA communauté d’Albarracin!
    a comme emblème la tête enturbannée d’un maure souligné par les deux noms GEA ALBARRACIN.
    Ainsi, les habitants honorent encore aujourd hui un certain passé et n’ignorent rien d’une colonisation forcée!
    Sidi Bel Abbés, nous offre une double approche, fierté du Petit Paris et critique de la France , puissance coloniale! Fierté légitime d’une indépendance acquise au prix des douloureux sacrifices! Personne ne vous le reprochera!
    Les beautés architecturales des monuments , sont des preuves incontestables que le passé nous offre des images qui ravissent notre propension à aimer la beauté , à admirer l’entreprise colossale engagée par le colonisateur et nous enseigne aussi son échec de n’avoir pu effacer de la mémoire collective l’esprit d’appartenance d’un peuple à une histoire, à un passé…
    Cette région de l’Aragon que j’ai beaucoup interrogé, demeure pour moi une source de méditation permanente!

    Cordialement

    • Ahmed Khiat

      @ M. Albarracin de SBA
      Bonjour
       » Aucun peuple ne fut autant colonisateur que le monde arabe! » avez-vous dit. Pourquoi n’avez-vous pas ajouté  » et civilisateur « ? Même si vous vous abstenez de le reconnaître, l’Histoire est là pour le rappeler.
      Et ironie du sort, malgré que les Arabes furent chassés il y a plus de 6 siècles, leur civilisation continue toujours à être exploitée par les ‘ autochtones ‘.
      Je ne vous apprends rien Monsieur si je vous dis que l’Espagne du XXI° s. vit presque du ‘ Tourisme ‘ puisqu’elle occupe le 4° rang mondial en termes de recettes. Or, le tourisme en Espagne sans les vestiges de l’Andalousie arabe musulmane n’est que leurre.
      Cordialement

      • ALBARRACIN de SBA

        @
        Ahmedh Khiat
        Je fais un mea culpa……pour mes manques mais à ma décharge je n’ai pas eu pour ambition d’écrire un mémoire!
        Nous savons l’apport du monde arabe dans les arts, la musique, la poésie etc, de m^me que les juifs en ces temps concernant la médecine ;;;
        Mon propos soulignait si cela se peut que le phénomène colonisateur n’est aucunement et de loin imputable à un peuple en particulier mais toutes les organisations sociales et humaines ont dévelopés des stratégies d’extension! territoriales.Le propre de l’homme n’est pas « le rire, » mais le désir « d’aventure! » Certaines laissent des traces plus ou moins cruelles, plus ou moins indélibiles Les Etats Unis, avec ses grattes ciel et les réserves modestes des indiens sont là pour nous interpeller…;Etc
        L’Alhambra fut laisser à l’abandon par les latins espagnols, c’est le frère de Napoleon à la suite d’une guerre Franco Espagnole qui occupa cette région et restaura ce monument … Ainsi va l’histoire…..
        Cordialement….

        • Hakem abderrahmane

          Mr ALBARRACIN bonsoir!Les peuples arabes n’ont jamais été colonisateurs dévastateurs comme l’ont été les européens vis à vis des autres et notamment vis a vis des africains.Les musulmans qui n’étaient d’ailleurs pas tous arabes ont propagé l’Islam et n’ont pas fait usage de la force car l’Islam nous l’interdit: »Combattez les s’ils vous combattent »LIslam nous fixe aussi les principes et les règles du combat ou du djihad qui sont pour la plupart repris par la convention de Genève(interdiction de massacrer les animaux d’arracher les arbres traitement correct des prisonniers etc)!Tous les peuples qui ont connu le passage des musulmans ont adopté l’Islam par conviction et non par la force(tarik ibn zeyed n’est pas arabe)Quant à la colonisation française a fait beaucoup plus de mal que de bien et la liste est longue(destruction de toutes les casbah (ville) telle la casbah d’Alger qui représentait la civilisation musulmane et la personnalité algérienne!

          • ALBARRACIN de SBA

            @ hakem abdherrahman
            Monsieur , relisez moi, et soulignez mon propos si un seul mot suggère que les peuples arabes ont été des colonisateurs dévastateurs ????
            Mais vous même vous vous contredisez!!!
            Vous ecrivez  » Combattez les s’ils vous combattent  » Est ce à dire qu’un pays qui voit débarquer des armées musulmanes ou non , se doit de les accueillir avec des fleurs ???
            Enfin l’Espagne, n’est pas l’Afrique;;;; et mon exemple de la ville de Géa d’Albarracin souligne une référence à son passé musulman sans rancune particulière , les armoiries de la ville en sont la preuve!
            C’est ce que j’ai souhaiter transmettre!
            Alors SVP pas de faux procés !
            Sans rancune….. salutations

  9. Hakim

    Quand je lis et je vois ce que nos aïeux nos ancêtres appelez-les comme vous voulez ce qu’ils ont légués au monde à tout point de vue et aujourd’hui nous ne valons même pas un oignon, toute les sciences qu’ont laisser les arabes c’est le monde occidental qui a pris possession et nous autres à l’heure actuelle on s’entretue tout pays confondu (arabe) bien sûr.

  10. senhadri y oran

    LE TEXTE EST MAGNIFIQUE

  11. Mémoria

    Merci de nous rappeler Si Jamil que la nostalgie n’est pas toujours nord africaine,algérianiste et exotique avec Tartarin de Tarascon , Pépé le Moko et Camus;elle peut etre aussi andalouse et arabo berbère et je me rappelle une nuit d »été dans les environs d’Elche avoir ……comme entendu les ruades des pur sang arabes revenant de Poitiers.
    Merci à Si Khiat pour ce voyage rétrospective d’un témoin d’époque,et quel témoin !
    Notre amie Grace devrait comprendre,j’en suis sur,que El Bouka Ala El Atlal est surtout motivé par la splendeur ibérique et la beauté des Andalouses que nous avons récupérées dans nos villes,et qui firent tomber pas mal de nos chevaliers intrépides….!!! Et puis gardons ce consensus que la splendeur des civilisations et la beauté de leurs femmes fatales resteront des invariants du patrimoine de l’Humanité….notre matrice !

  12. azaiza

    Effectivement si khiat que les arabes en ce temps étaient civilisés et puissants et il faut pas oublier qu’ ils ont colonisé le plus grand pays colonisateur qui était l’Espagne et c’est grace aux empreintes historiques arabes que l’Espagne est devenue un grand pays touristique.

  13. Belamri abdelkader

    Quand je lis les témoignages des uns et des autres à travers leurs commentaires,je me dis ,tiens tiens nous sommes bien des arabes et pourquoi nous vivons constamment dans l’abîme au plan social ,culturel et économique et que nous transformons tout le bien en mal et nous nous consolons des vestiges de nos aïeux ,quand notre ego titille notre amour propre ?

  14. Chot

    quand CHOT est censuré l’affaire est grave …

  15. Chot

    les arabes restent et resteront une grande civilisation….les barbares ont tout dénaturés ….les arabes ne s’entre tuent pas ….les barbares sont des barbares et resteront des barbares …tous ce qui haïssent les arabes sont des barbares …les arabes sont des chorfas …des nobles aux grands sentiments qui défendent la veuve et l’orphelin …les arabes sont dignes fiers ,racés ,beaux ,élégants ,raffinés ….tous ceux qui parlent au nom des arabes les « arabisés  » avec des comportements débiles sont des barbares …c’est des traites ,des hypocrites ils se font passer pour des arabes pour les salir ….la musique on l’a connait …les barbares ont détruit la civilisation ….tahia Benbella

    ALLAH EST GRAND

  16. Chot

    les arabes n’ont jamais été des colonisateurs comme certains le suggèrent …les arabes sont porteurs d’un message divin pour toute l’humanité ,un message spirituel qui s’adressent au cœur et à l’esprit .l’ ISLAM…la conquête des cœurs et des esprits est plus importante que la conquête des territoires …la est la nuance capitale avec le système coloniale ,qui ,lui ,soumet les peuples à un dictât ,à une dictature qui commet des génocides en éliminant des peuplades entières dans le seul intérêt de s’accaparer des territoires pour des besoin économiques..L’alhambra en andalousie n’est pas seulement un concept architectural ;mais également un pole spirituel marquant l’empreinte du divin dans la matérialité du temps et de l’espace …c’est pourkoi parler des «  »arabes chassés d’espagne «  » »est un concept purement matérialiste mécanique satanique visant à mettre en parallèle ce qui ressort du divin et les concepts politiques à ras les pâquerettes ..à l heure ou je vous parle ,c’est quand même les princes arabes qui discrètement mais efficacement font vivre l »économie andalouse ….

    ALLAH EST GRAND

    • Hakem abderrahmane

      Chapeau Mr Chot comme toujours votre argumentation est on ne peut plus convaincante !Votre commentaire n’a fait qu’ apporter l’eau à mon moulin s’agissant de l’histoire des musulmans en Espagne et en d’autres terres que les arabes n’ont jamais été des colonisateurs et ceux qui méconnaissent notre religion l’Islam ne peuvent pas comprendre ce que signifie le combat ,le djhad : »Combattez les que s’ils vous combattent » et les musulmans n’ont pas utilisé la force ni brandie leur épée pour porter le message d’Allah pour toute l’humanité car c’est le Dieu de tout l’univers pas uniquement le Dieu des arabes!

  17. K.OUGGAD

    Un véritable récit historique, qui nous a emporté comme si on y était.
    Un grand merci pour cette délectation littéraire

  18. Bensalem

    Bonjour Sid Ahmed,
    mes salutations respectueuses à tout le monde,

    Avec tes interventions et d’autres de la même veine « La Voix de Sidi Bel Abbes  »
    devient progressivement un véritable bouillon de Culture ( avec un grand C )…
    Sous cet aspect, je souhaite à ce site de communion, une longue vie.

    Les splendeurs a

  19. Ahmed Khiat

    Je remercie les lecteurs et lectrices de ce modeste article, et particulièrement ceux et celles qui ont eu l’amabilité de l’enrichir par leurs commentaires instructifs et encourageants.
    Respect et salutations à tous et à toutes.

  20. Bensalem

    Re bonjour Sid Ahmed, je te livre ci-après la suite de mon message incomplet qui est « parti » suite à une mauvaise  » manoeuvre  » de ma part sur le clavier .
    .Je m’en excuse …

    Les splendeurs architecturales de l’Andalousie qui ont fait vibrer au plus profond
    tes convictions, ne sont que la partie visible de l’iceberg constitué par la civilisation
    andalouse dont la quintessence et sève nourricière est constituée par la cohabitation harmonieuse exceptionnelle entre les trois religions monothéiste, Islam, Judaïsme et Christianisme.

    En ces temps, El Andalous, n’était pas  » un paradis perdu  » mais une réalité prouvant que les hommes de convictions religieuses différentes mais souvent parallèles pouvaient vivre ensemble en paix et s’enrichir par la mise en commun
    de valeurs et principes universels puisés dans les patrimoines de chaque Culture.

    Cette cohabitation qui a duré plusieurs siècles s’est réalisée grâce à la tolérance
    de l’Islam à une époque où les religions étaient les causes principales des conflits
    armés.

    Malheureusement, comme toutes les civilisations , l’épopée séculaire andalouse
    après avoir connu une apogée exceptionnelle , a connu un déclin . Ce dernier
    a commencé avec l’arrivée en Andalousie des Mourabitine puis des Mouwahidine
    porteurs d’idées rigoristes prétendument purificatrices qui n’ont pu résister à l’alliance colossale de tous les pays chrétiens d’Europe guidée par une Eglise
    profondément hostile .
    Et c’est ces mêmes idées rigoristes qui, de nos jours, cherchent à se réapproprier le terrain .dans les pays arabes.

    Comme toujours, tu termines ton discours par une morale ..Tu as raison, il faut
    « faire tourner la roue dans le bon sens », une bonne formule pour dire que le temps
    n’est plus à la complainte . En d’autres termes :concevoir une nouvelle Andalousie où que ce soit est une pure utopie; mais construire un Etat démocratique dans le respect des droits humains des citoyens, voilà une entreprise à notre portée, pour peu qu’on le décide.

    Je suis tenté de te dire : encore! encore !

    Amitiés

    • Arachaz

      Personnellement, je ne comprends pas quelle mouche a piqué Mr Jamil pour déverser son fiel sur une personne qui n’a pas cherché à susciter une quelconque polémique. Le sujet traité n’a rien à voir avec une prétendue opération laudative de la civilisation islamique. Mr khiat a eu le mérite de recoller des souvenirs qui datent de près de 40 ans. Il raconte ses pérégrinations avec force, avec nostalgie, avec l’amour qu’il voue à la civilisation des ses ancêtres. Son récit était simple, sincère et sans prétention. Alors pourquoi lui prêter une intention que seul Mr Jamil a pu percevoir.
      Si Mr Jamil veut susciter un débat sur la civilisation islamique, ou sur la période andalouse, s’il veut discuter du statut de Dhimmi ou autre, il n’a qu’à ouvrir un nouveau fil, et je suis prêt en ce qui me concerne à y contribuer.

      Arachaz

  21. BADISSI

    Les juifs que vous défendez n ont jamais vécue dans la sérénité que sous le règne des musulmans , et la ‘djizya’ et un principe de notre religion , relisez l’histoire pour comprendre , et pour pouvoir dialoguer avec votre cheikh Ahmed KHIAT on vous connait JAMIL vous voulez provoquer cessez de changer de pseudos

  22. Mohamed Senni

    @ Jamil
    Outré par cette liberté irrévérencieuse et le style péremptoire qui domine mettant à nu ce qui, chez certains, s’apparente à une chronique ratée comme celles qu’on nous fait avaler de temps en temps, je me questionne : quelle est cette sensation que d’aucuns ressentent à s’entêter à éluder l’âme du récit pour entrer de manière impudique, pédante et péremptoire dans l’étalage de demi-savoirs, tous hors sujet ? Si je devais épouser cette non-innocente manière de faire, je commencerais par reprocher à Monsieur Khiat de ne pas nous avoir parlé de l’état des routes, du traitement des ordures faites essentiellement de restes de poissons, de la mode qui prévalait à l’époque de son voyage et que sais-je encore ? Or, il se trouve que Monsieur Khiat a narré un séjour qu’il a été, jadis, amené à faire en terre ibérique en compagnie de son fils. Rien de plus. Et que fait Jamil, trop transparent derrière cet énième pseudo qu’il utilise ? Par une infatuation démesurée qui lui a valu pourtant déjà une cinglante leçon, il lui reproche de ne pas avoir abordé un aspect historique – sur les Visigoths- pour, semble-t-il, mieux restituer aux lecteurs son séjour. Une telle attitude ne fait émarger son auteur qu’au ridicule qu’il nous est imposé d’admettre qu’il ne tue point. Il pousse le bouchon à un tel point où il « enfonce » le clou, outré qu’il (M.Khiat) n’ait pas abordé la situation des Dhimmis ce qui lui permet d’étaler ce qui se trouve disséminé dans la très discutable Wikipedia. Les sceptiques qui pourraient être amenés à en douter peuvent faire une petite comparaison. Quelle déchéance et quelle prétention tellement trop terre à terre pour être aisément mis à nu. La compréhension de « Dhimmi » exige deux approches : celle édictée par l’Islam et c’est une chose bien circonscrite et celle confectionnée par des orientalistes utilisés par les grandes puissances pour un ternissement programmé de notre religion depuis belle lurette et c’est une tout autre chose. Et si Jamil ne les a pas abordées c’est tout simplement parce qu’il se plie à l’une d’elle maîtrisant piètrement ce qu’il doit ignorer et ignorant totalement ce qu’il doit savoir, ce qui est blâmable si l’on doit faire état en absence totale du b et a ba nécessaire en l’occasion. Les connaissant parfaitement toutes les deux, l’espace est aujourd’hui non indiqué pour en parler et ce n’est que partie remise… peut-être. Et avant d’aborder ce sujet, pourquoi s’entête-t-on à ne jamais se rappeler que les Américains ont dû exterminer presque tous les Indiens dont certaines Nations ont totalement disparu et ont assassiné 90 000 000 d’Africains pour mettre à l’esclavage 10 000 000 ? Pour spolier notre pays, au nom d’une discutable mission civilisatrice, la France a tué 10 000 000 d’Algériens en 132 ans et 2 000 000 de Rwandais en quelques semaines et presque autant si ce n’est plus de vietnamiens ! Les pogroms russes ont fait des centaines de milliers de victimes juives obligeant beaucoup d’autres à s’expatrier aux Etats-Unis et former le terreau de ce qui deviendra le lobby qui mène aujourd’hui le monde. L’antisémitisme européen, épidermique à ce jour, a fait plus de 6 000 000 de morts juifs sur les 25 000 000 de morts de la deuxième guerre mondiale. Plus près de nous- et nous le vivons toujours- des centaines de milliers d’Irakiens sont exterminés dans l’indifférence totale du monde et de leurs soi-disant « frères ». Comment peut-on se permettre de parler de l’injustice envers les Dhimmis, vus sous le prisme occidental, et ne pas parler de Torquemada et de son œuvre, d’Ignace de Loyola, juif d’origine, converti au Christianisme et exigeant de ses adeptes d’être Chrétiens sur un minimum de trois générations pour ne rester qu’en Andalousie et ne citer que ces deux cas,? Jamil aura sûrement la délicatesse d’éclairer les lecteurs.
    Je rappelle que les Dhimmis en Islam étaient sous l’entière protection des Musulmans et sous la responsabilité des divers pouvoirs. Même le simple citoyen était obligé d’y veiller. Une mode occidentale, non dénuée d’arrière-pensées, fait que seuls les Juifs et les Chrétiens sont concernés par l’état de Dhimmi alors que d’autres le sont autant qu’eux : les Sabéens, les Zoroastriens et les Mazdéens entre autres. De petites divergences existent chez les chefs de file des Rites orthodoxes le malékite étant le plus ferme.
    Moyennant un impôt dit de « capitation » Jizya, de loin inférieur à la Zakat, les Dhimmis jouissent de la protection totale des Musulmans, s’occupent librement de leurs affaires, y prospèrent autant qu’ils le peuvent et pratiquent librement leur(s) culte(s). Sont totalement exonérés de l’impôt de capitation les femmes, les enfants, les vieillards, les hommes de culte, les handicapés physiques et mentaux, les aveugles, ceux qui ont des revenus leur permettant tous juste de vivre et les pauvres. Les sans ressources et les personnes âgées sont pris en charge par Beït El Mal. De plus le Dhimmi qui accepte, de son plein gré, de se battre aux cotés des Musulmans en est exonéré. Il est même arrivé des situations où, les Musulmans ne pouvant assurer la sécurité des Dhimmis, leur ont remboursé intégralement leurs impôts de capitation. Quelques exemples sur la pratique originelle sont bons à citer.
    Tout d’abord, une Tradition rapporte que notre Prophète (ç) a dit :
    مَنْ آذَى ذِمِّيًا فَأَنَا خَصْمُهُ وَمَنْ كُنْتُ خَصْمَهُ، خَصَمْتُهُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ.
    مَنْ قَتَلَ مُعَاهِدًا لَمْ يَرِحْ رَائِحَةَ الْجَنَّةِ
    Après l’invasion des Mongols qui avaient fait main basse sur nombre de villes syriennes beaucoup, parmi leurs habitants, furent faits prisonniers. L’Imam Ibn Taymiyya fut désigné pour négocier leur libération. Les Mongols acceptent et libèrent les prisonniers musulmans. L’Imam proteste et demande prioritairement la libération d’abord des Chrétiens et des Juifs et enfin celle des Musulmans disant :
    أَهْلُ الذِّمَّةِ قَبْلَ أَهْلِ الْمِلَّةِ
    A la même période les Juifs vivaient les pires exactions dans toutes les contrées qu’ils habitaient. J’ai rapporté ce que l’Islam impose en matière de dhimma ce qui n’exclut point qu’il y ait des dépassements dont la Religion n’est point coupable. Je termine en rappelant cette sublime image donnée par le Khalife Omar Bnou Abdelaziz qui gouverna seulement trois années de 98 à 101 un espace qui s’étendait de l’Indus au Portugal. Durant l’accomplissement de sa charge, le monde musulman connut une stabilité sociale comme il n’en connaîtra jamais après lui. Il arriva ceci : après une moisson il ne se trouva personne parmi les huit destinataires de la Zakat qui la réclamait. Ses divers responsables lui posèrent le problème. Il leur ordonna d’acheter des esclaves et de les affranchir, sans conditions, de suite formulant simplement le vœu qu’il puisse se trouver parmi eux certains dont les cœurs s’épancheraient pour l’Islam.
    Enfin, faut-il rappeler qu’Athènes, cinq siècles avant notre ère, pratiquait l’impôt de capitation aux populations d’Asie Mineure vivant alors sous la menace des Phéniciens ? Que les Perses l’imposaient à leurs propres citoyens et que dans l’Ancien Testament, il est rapporté que cette pratique était courante à l’époque de David et de Salomon ?

  23. Hakem abderrahmane

    Barak allah oufik ya Si Mohamed Senni!Permettez moi de vous dire que votre commentaire est tellement brillant !Point à la ligne!

    • BADISSI

      @Mohamed Senni
      quelle niveaux ,JAZAK ALLAH KHEIR , on souhaite vous lire souvent , voila un commentaire très instructif ( ya jamil) , commentez souvent monsieur Senni , mes amitiés

  24. hamid

    Je n »ai pas eu le temps de lire ce commentaire de monsieur mohamed Senni m qui recadre les sorties malintentionnées Cela est plus qu’utile

  25. H. Mokhtaria

    Qui dit mieux?
    Une réponse d’un érudit connu à un dénigreur se cachant de surcroît sous un nouveau pseudonyme.
    Quand une personne sait qu’elle ne peut pas relever le défi, elle a tout intérêt à cesser de provoquer les gens de plume qui désirent nous éclairer par leur savoir . Mes profonds respects Monsieur M. Senni

  26. Ahmed Khiat

    @ M. Mohamed Senni
    Permettez-moi de vous dire que votre commentaire est sublime. Non seulement parce qu’il est une réponse convaincante, mais parce qu’il renferme aussi des éclaircissements et des informations que j’ignorais en grande partie. C’est l’avis également des chers lecteurs qui l’ont commenté à leur tour: Hakem Abderrahmane, Badissi, Hamid, Arachaz, H. Mokhtaria , et sans doute celui de tous ceux qui ont l’occasion d’en prendre connaissance.
    Je ne vous cache pas, cher Monsieur, que j’apprécie toujours vos articles et commentaires – qui nous manquent beaucoup ces derniers temps. Je ne les lis pas, je les déguste, je m’en régale.
    Mes remerciements, une fois de plus, à tous et toutes.

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