La Voix De Sidi Bel Abbes

Art ou ne pas art. Par Mohamed Bendjafar

Certains princes et autres personnes fortunées nous laissent souvent pantois. Ils peuvent s’accorder certains privilèges qui nous semblent inaccessibles (à nous, petites gens). Sauf que parfois des miracles (?) peuvent se produire. Jugez-en, chers amis.

Lundi dernier, j’ai eu envie de regarder le film de Lotfi Bouchouchi, « Le puits », sélectionné pour les Oscars 2017, et auquel on souhaite au passage, bonne chance. Le film est programmé à la cinémathèque, ex cinéma Moksi, durant les mois de novembre et décembre.

La séance devait débuter à quatorze heures, et j’étais là dix minutes avant. Le guichetier, surpris, me demande si je venais pour la projection, et m’apprend que j’étais le seul client, espérant que d’autres arriveraient bientôt, En vain. Il me fait entrer dans la salle. Je retrouvais le climat feutré d’une salle de cinéma, des lumières tamisées, une musique douce d’avant film, et des fauteuils profonds.

Presque une découverte. Il faut dire que le dernier film que j’ai vu dans une salle remonte à une trentaine d’années, et dans un pays étranger. La décennie noire et la décadence de la culture en général sont passées par là. L’émotion était grande.

Quatorze heures, je regarde autour de moi, Personne ! J’étais bien le seul et unique spectateur. La lumière s’éteint et le film commence. L’histoire se passe dans un village du sud algérien, durant la guerre de libération. On y voit la misère, la maladie, la précarité de la population locale et son obstination à lutter pour le recouvrement de sa liberté, d’un côté; et la torture et sévices infligés par l’armée de colonisation de l’autre. Le scénario n’est pas que cela, heureusement, et je laisse le soin aux spectateurs (?) de découvrir cette histoire touchante et émouvante. J’ajouterai seulement que les paysages sont à couper le souffle, sur une musique prenante et des photos sublimes. Le seul bémol reste la sonorisation dans la salle, qui gagnerait, à mon avis, à être corrigée.

Durant les Quatre-vingt-dix minutes qu’a duré ce film, je me suis donc retrouvé, malgré moi, dans la situation de ces gens qui, pour le plaisir ou la frime, s’offrent à prix d’or une projection privée. Moi, cela m’a coûté deux cents dinars, à peine un peu plus qu’un euro, diront certains. Et en plus, c’était un prix spécial pour ce film, les tarifs ordinaires étant de soixante-dix dinars et cinquante dinars pour les scolaires.

Mon but, ici, est de dire combien il est dommage de ne pas redécouvrir ses salles de spectacles, particulièrement la cinémathèque, où des projections de films se font régulièrement. Les réalisateurs organisent des séances suivies de débats, et si les spectateurs ne sont pas au rendez-vous, cela pourrait affecter énormément les budgets de ces salles qui finiront par fermer. Il faudrait que les adultes, ceux de notre génération, épris de culture, s’y mettent et fassent la promotion du septième art, surtout que des salles sont en rénovation à travers la ville.

Certains de nos enfants, adolescents, ignorent tout de ses salles de spectacles. Alors faisons leur découvrir le plaisir d’un film, d’une pièce de théâtre, d’un ballet, ou pourquoi pas d’un opéra, quand cela est possible.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=70086

Posté par le Déc 20 2016. inséré dans ACTUALITE, CULTURE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

35 Commentaires pour “Art ou ne pas art. Par Mohamed Bendjafar”

  1. mohamedDD

    Salem,

    Si Louled, que veut dire Le PUITS et non Le Puit? merci
    Pour la salle de cinéma, on regrette la chaleur sociale et l’ambiance mais le développement technologique et d’autres gens d’autres moeurs obligent, regardez autour de vous!!! Khoulouk tedhabou ma’ra rijal (traris)

    • Mohamed Bendjafar

      Bonsoir Si Mohamed DD.
      Le puits avec un s ,c’est tout simplement EL BIR ou EL HASSI .
      Pour le développement technologique , je préfère de loin une salle de cinéma feutrée, avec des amis et même des inconnus autour de moi , à un écran miniature que nous proposent les  » gadgets  » actuels . Aller voir un film s’accompagne d’un cérémonial que les habitués de cet art , ou tout autre art d’ailleurs , connaissent et apprécient énormément. C’est un plaisir que tous tube ne pourra jamais nous donner .

      • mohamedDD

        Salem,
        Si Mohamed, et le puit sans s, ça veut dire… Vous êtes sérieux dans votre explication par défaut, ma question est sérieuse. Dans les arts de …l’imagination (roman, poésie, cinéma, …), un mot ou expression a plusieurs sens dont seul l’auteur a la réponse.
        Désolé, je voudrais savoir si votre article parle du cinéma ou de la salle de projection seulement – glaces, cacahètes,…-. merci à vous

  2. Mohamed Ghalouni

    Bonsoir tout le monde

    C’est vraiment dommage , mon cher ami Mohamed Bendjafar , j’aurais aimé vous accompagner si j’étais au courant et si le film « Le Puits » n’a pas drainé une foule nombreuse , je pense qu’il n’y a pas eu une mise en place de structures spécifiques pour véhiculer l’information . Et pourtant ce long métrage « Le puits » du réalisateur algérien Lotfi Bouchouchi n’est pas un navet , il a raflé déjà plusieurs grands prix internationaux et il est choisi pour représenter l’Algérie dans la prestigieuse compétition du meilleur film étranger à la 89e édition des Oscars du cinéma à Hollywood . Un beau film qui relate les affres du colonialisme français d’une localité du Sud algérien durant la glorieuse guerre de libération nationale .
    Hélas mon ami , la culture cinématographique a été saccagée comme pratiquement toutes les salles de cinéma , toute une génération de professionnels a été anéantie , déstructurée . Ce frémissement évoqué dénote que le cinéma est agonisant , c’est regrettable pour des centaines de milliers de filles et garçons qui n’ont jamais connu une salle de cinéma , ce grand écran, cette ambiance collective et conviviale. Les adultes et parents éprouvent quelque part ce sentiment de culpabilité d’avoir privé involontairement nos gavroches de ce plaisir mondain . Par contre , c’était une aubaine pour notre génération d’avoir vécu ces moments de bonheur où le 7ième connaissait ses heures de gloire , je me rappelle qu’avant l’ère du petit écran , le cinéma constituait l’une des principales sources de distraction et dès l’école primaire on nous initiait à la culture cinématographique par des projections de films dans l’enceinte de l’école même , que du bonheur à l’annonce de l’événement que nous attendions avec impatience . En colonne deux par deux , sous l’œil vigilant de nos instituteurs , on rejoignait la salle de cinéma qui faisait office de cantine scolaire qu’on transformait pour l’occasion . A raison de 20 centimes la séance (rab3a douro) raclés sur le modeste budget familial , on s’offrait un après-midi hollywoodien dans une ambiance de joie . La magie d’Hollywood a fasciné plusieurs générations de spectateurs , Sidi Bel-Abbes comptait une dizaine de salles parmi elles de haut standing . Il fut un temps , hélas , où ces temples de la culture rayonnaient à chaque coins de la ville .

  3. Mohamed Bendjafar

    Bonsoir Si Mohamed .
    Heureux de vous retrouver . Le grand cinéphile que je connais en vous à si bien parlé de ce film, que cela devrait inciter beaucoup de gens à aller le voir . Il est à l’affiche jusqu’à la fin du mois de décembre à la cinémathèque ( ex cinéma Moksi , ou encore édité cinéma Rio ) .
    Il est vrai qu’aucune publicité ne se fait pour les évènements culturels . Une foire , appelée à tort quinzaine économique , est annoncée en grandes fanfares de banderoles accrochées à chaque coin de rue . Je ne sais si vous avez lu sur facebook une publication que j’ai posté , concernant une banderole annonçant une foire du livre , et sur laquelle on a accroché une autre banderole vantant une quinzaine économique. Comme quoi …En tout cas à la cinémathèque, il y a toujours quelque chose à voir .Il faut passer par là de temps en temps .
    Il est loin le temps où l’on avait le choix entre une dizaine de films par semaine , toutes catégories confondues , ou une pièce de théâtre , ou encore un ballet venu d’autres pays pour nous émerveiller. Nous avons grandi avec ces représentations , et nous étions obligés d’ afficher un standing à la hauteur de ces manifestations , parce que c’était la culture dans toute sa noblesse et sa grandeur. Elle nous apprenait la courtoisie , la gentillesse , le respect , l’amour de l’autre , l’échange . Grâce à ces spectacles , nous avons appris les bonnes manières , les bonnes tenues . Nous avons vu de beaux décors , de beaux paysages , écouté de l’excellente musique , visité des tas de pays . L’instant d’ un évènement, on s’échappait , nous rêvions et nous étions heureux. Ce qui manque le plus à nos jeunes générations.
    Les salles de cinéma doivent être rénovées . Le Versailles ( rien que d’évoquer ce nom m’ émeut ) est en travaux . Espérant que les responsabiles de la chose culturelle sautent le pas pour faire découvrir à nos enfants ces plaisirs sains et combien bénéfiques pour eux . Prions .

  4. SBA

    De bon matin je lis ces beaux passages. Je trouve qu’il existe une grande faille de vulgarisation et surtout de sensibilisation des jeunes surtout qui sont omnibules comme beaucoup d’adultes d’ailleurs vers le football que vers cela. Dommage !Merci monsieur.

    • Mohamed Bendjafar

      Salem Khayi SBA ?
      Ce que vous dites est vrai . Le football est devenu un phénomène qui draine des milliers de jeunes et de moins jeunes , à tel point que les politiques ont en fait un fonds de commerce. Les subventions allouées à ce sport sont phénoménals , au détriment de la culture , entre autre . Si au moins les résultats étaient à la hauteur des efforts consentis , le mal serait peut-être moindre . C’est dommage comme vous dites . Merci ami .

  5. Amirouche

    Salam

    Que pensez-vous d’un pays qui accueille chaque année le festival du film arabe, alors que le cinéma y est presque inexistant ?
    Si Bendjaffar, je pense que les spectateurs sont aux abonnés absents des salles obscures à cause d’une politique qui voit plus grand que ses yeux, une politique culturelle du « festi ». Festival du cinéma arabe, alors que nous n’avons pas de salles de projection ni leurs équipements ; Festival du livre, alors que nos écrivains n’ont pas de facilité pour éditer en Algérie; festival de la chanson, alors que le chanteur meurt à petit feu; la plus grande mosquée au monde, alors que l’éducation est inexistante…etc.
    Une politique « aveugle » qui a rendu nos salles inexploitables ou tout simplement inexistantes (mis à part quelques une des grandes villes), d’ailleurs elles sont en ruine à Sidi-Bel-Abbès, excepté le Mocsi ou l’Olympia, les autres sont devenues des salles de réception pour les mariages et, où on vend même la Carantica le jour ! La culture en général et le 7eme art en particulier sont inexistants chez nous, et ce depuis les années 80. Comment voulons-nous que des jeunes aillent voir « Le puits », alors qu’une simple banderole était accrochée sur un mur ne répondant strictement pas aux atouts d’une campagne publicitaire digne de ce nom pour ce film ?
    Beaucoup de questions se posent !…. j’ai adoré les photos.
    Merci Mohamed pour cette contribution.
    Bien cordialement

    • Salem mon frère.

      Salem mon frère.
      Ton analyse est des plus pertinentes , et je la partage . Il y a eu , sur la Voix d’ailleurs, une publication de Mr Dib , concernant la dernière foire du livre à Alger .Pour résumer sa contribution, je dirai que ce fût un non événement (la foire , bien sûr) . Y . Khadra , on aime ou on aime pas , à animé le 17 décembre un débat et a signé ses livres . Il a voulu faire pareil à Sidi Bel Abbés, Tlemcen et Mostaganem . On lui a répondu qu’il n’y avait pas de salle adéquate dans aucune de ces trois wilayates . Foutaises !
      La culture va en vrille ,certes . Le reste aussi d’ailleurs. Mais lorsque l’occasion se présente, il ne faut pas la rater . En core faudrait- il que l’on soit informé , me diras-tu. Et là est tout le problème . Nous passons à côté de beaucoup d’événements à cause de Cela . Que nous reste t-il alors ? L’espoir , je dirai .L’espoir de voir un jour des personnes qualifiées prendre en main le destin de ce pays . Pour le bien de nos enfants et petits enfants . Car pour beaucoup d’entre nous, il est sûrement trop tard .
      Continuons à vivre de nos rêves passés. Merci mon ami et frère , et que Dieu te prête santé , à ta maman aussi ,et à nous tous .
      !

  6. Mémoria

    Merci Si Bendjâafar pour cette recherche-action sur le terrain culturel en révélant cet indicateur statistique qui peut être extensible à la plupart des structures des villes de l’intérieur ! Les trois grandes villes des anciens et ex départements français continuent de remplir leurs salles parce que programmées de façon verticale pour justifier les énormes budgets non structurants…mais motivants pour les besoins spécifiques pas forcément culturels pour inviter et côtoyer les personnels et représentants étrangers .Même Annaba l’ancienne Hippone est boudée peut être à cause de son centre culturel et ses réminiscences d’une mise en scène qui ferait rêver Hollywood après les Arènes de Rome…
    Des directions de Wilaya(s) qui ignorent toute démarche transversale parce que trop coincées sur le télex et qui s’ignorent pour le grand dam des élèves et étudiants d’une ville universitaire .Une cinémathèque qui devrait travailler toute l’année de concert avec le secteur de l’éducation , la jeunesse et sports ,la santé publique et les affaires sociales, dans un cadre pédagogique ,InfoCom,médiation sociale avec les associations de la société civile dans un cadre réglementaire banal.Et puis Si Amirouche me rappelle cette »Maison de la Coopération » qui avait squatté pendant deux années le siège d’une organisation de masse bien de chez nous ! Nous n’avions pas oublié les débats très structurants pour nous lycéens et animés par nos anciens professeurs loin …du lycée !

    • Salem mon frère.

      Bonjour Memoria .
      La culture est à l’image de ceux qui la décident et qui ont pour charge de la populatiser . Demandez à ces gens de vous situer sur la carte d’Algerie Hippone , Cirta , Icosium ou Pomaria ; ou encore, plus proche de nous historiquement, Orleanville , Nemours , ou Mercier Lacombe , ils vous répondrons que c’est un « traquenard  » , vous parlerons de la main étrangère . Ils confondont certainement Molière avec Fellini , Cerdan avec Tchaïkovski , le Bolchoï avec un méchoui , ou encore El moutanebbi avec un cheb de chez nous .
      Un jour , j’étais à Lausanne avec un Monsieur de chez nous . Je lui ai proposé que nous allions visiter le Lac Léman , après lui avoir expliqué ce qu’était qu’un lac , il m’a répondu : je ne suis pas venu en Suisse pour aller voir de l’eau. Allez parler à ce personnage de Châteaubriant et de son inspiration. Lever bien haut la main pour un salaire mirobolant , ça , ils savent faire .J ‘ai eu l’occasion d’assister à des manifestations culturelles à Alger ou Oran . L’affiche était tentante . Mais le plaisir n’est jamais total . Des couacs techniques et humains ( organisateurs, spectateurs ) , vous rappellent toujours que vous êtes bien ici et pas ailleurs.
      Alors on fait contre mauvaise fortune bonne foi . Et on prend ce qu’il y a à prendre , à défaut de rien . Et on pense à ce que l’on a déjà vu et vécu , ici ou là bas . Comme dirait sûrement quelqu’un de mes connaissances proches : ça c’était avant .

  7. SBA

    Tout cela a selon moi pour cause la cassure d’une époque avec une autre très différente en tout. Depuis les années 80 à ce jour. Déclin du nombre de projections de films mais avènement d’autres moyens de distraction et de loisirs.. C’est un avis personnel. Merci

  8. Mme CH

    Oui pour le cinéma constructif, Non pour le cinéma destructif…!!!!

    En plus de la mauvaise qualité de beaucoup de films présentés aux spectateurs, il y a le facteur économique (le prix du billet et les revenus) qui reste un principal déterminant de la fréquentation des salles de cinéma, qui peuvent être utilisées pour d’autres activités scientifiques et culturelles….!!!

    D’autre part, on ne peut pas négliger le rôle des concurrents du 7ème art, la télévision qui propose un nombre considérable de films permettant d’économiser de l’argent et du temps ainsi que la vidéo et le net….là aussi il y a du bon, du moins bon, du mauvais et du médiocre..!!!

    N’ayant pas vu le film, je ne pourrai malheureusement pas donner un avis sur « le message » véhiculé par cette réalisation de Mr Bouchouchi qui a aussi travaillé pour les agences TF1, France 24 et AP Television News (APTN)…! Là aussi, il faut regarder entre et derrière les images…!!!

    Merci Mr Bendjafar pour ce partage…..et vous avez eu de la chance d’être Roi dans une salle de cinéma et son climat feutré pendant 90 mn….!!!

    • Mohamed Bendjafar

      Bonsoir Mme CH .
      Comme cela faisait longtemps que je n’avais pas et dans une salle de cinéma , je ne savais pas qu’elle serait l’atmosphère de ces lieux aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai été seul , sinon j’aurais d’abord invité mes enfants et ensuite quelques amis . Mais de l’autre côté , je n’aurai pas vécu ce moment privilégié d’être comme un  » pacha  » .
      À vrai dire, c’est l’affiche qui m’a  » dragué » . Un film proposé aux Oscars , un réalisateur connu , une salle refaite à neuf , et me voilà embarqué pour l’aventure . Je n’ai pas regretté de l’avoir tentée .
      Il est vrai cependant que la toile offre des tas de spectacles , de quoi satisfaire tous les gouts . Seulement , regarder un film sur un écran de tablette n’offre pas le plaisir d’un vrai spectacle . Pour moi , aller voir un film, c’est tout un cérémonial. Choisir le thème, ceux qui l’ont fait, ceux qui l’interprètent , et ceux qui vous accompagnent .
      Prendre un billet , se faufiler le long des fauteuils, attendre la projection sous une musique douce . Les lumières s’éteignent et la magie opère . On rêve et on s’échappe , le temps que dure l’histoire , que l’on fait notre . Des personnages à qui l’on s’identifie , des décors grandioses , de la musique, et le suspens en prime . Et quand l’on se retrouve dehors , on se regarde , on s’interroge, on débat , pour certains un chef d’oeuvre , pour d’autre un navet . Qu’importe, on vient de passer un bon moment, hors du temps , ailleurs. Voilà toute la différence d’avec internet , qui pousse à l’isolement , au manque de communication et de partage . Ceci reste également valable pour la lecture . Rien ne vaut un bon bouquin , des pages que l’on tourne , l’odeur du papier , et les pages que l’on corne pour continuer l’histoire plus tard . Je ne changerai jamais ces plaisirs avec ceux (?) des réseaux sociaux.
      Quant au prix du billet à la cinémathèque , si pour Le Puits , j’ai paye 200 DA , un prix spécial pour ce film , les tarifs sont de 70 da et 50 DA pour les scolaires . Avouez que cela n’affectera en rien une bourse, aussi modeste soit-elle .
      Il faut saisir les rares occasions qui se présentent , sinon on perd tous nos repères, ou du moins ce qui en reste . Nous ne sommes pas gâtés en matière de culture en général , mais il ne faut pas pour autant l’occulter . La culture , même à titre individuel , au risque d’être « roi d’un jour  » doit être notre préoccupation quotidienne, surtout lorsque l’on a une famille qu’il faut inviter à l’art .
      Alors Khiti , finalement , art ou pas art ?
      Respect et salutations ?

      • Mme CH

        Salam Si Bendjafar…!!! Oulà…je constate que vous vous faites facilement « dragué » à votre âge, heureusement qu’il s’agit d’une affiche, sinon…….(Mdrrr…..)….???!!!

        Je dois répondre à votre question « Alors Khiti , finalement , art ou pas art ? » (j’ai bien aimé « Khiti », merci…!

        Tout ce que je peux vous dire, tout n’est pas art et « tout le monde n’est pas artiste »….!!! Chacun de nous a sa vision des choses (l’art y compris)…!!!

        Tenez voici par exemple, ce que certains appellent de l’art , mais l’auteur de cet extrait et je partage son avis, voit les choses sous un autre angle….:

        « En 2007, Guillermo Habacuc Vargas, qui se dit artiste a recueilli un chien errant et l’a exposé dans sa galerie, maintenu à une corde lui donnant peu d’aisance dans le mouvement, il l’a laissé mourir de faim au regard des visiteurs qui ne s’en sont pas émus ! L’art du moment ainsi reconnu fut apprécié par la « Biennal Centro américaine d’Art » et l’expérience reconduite en 2008 …

        Il est un art de vivre auquel je ne pourrai jamais, ni m’habituer, ni souscrire . Trois lettres pour constituer un mot qui en vaut un autre, mais sous lequel je classe évidemment des valeurs bien différentes . Fort m’est de constater pourtant que pour certains, le même vocable prend des dimensions qui frisent la démence … S’adonner sous prétexte d’art à l’observation de la souffrance, fut-elle d’un animal, devrait être pénalisé, poursuivi, il est des libertés qu’on ne peut admettre sous aucun prétexte . Je veux bien être interpellée par un tableau blanc, par une boîte de conserve emplie du caca de l’auteur, j’appellerai cela l’art de la provocation, il en faut parfois pour réveiller les consciences, mais la cruauté ne pourra jamais faire partie de tout ce que je peux faire entrer sous la dénomination de ce que j’appelle Art !  » (par Claude Leloire, le 21 avril 2008)………..Ce récit est très pertinent

        j’ajouterais que tout ce qui porte atteinte aux valeurs humaines, à la morale et à la religion n’est pas un art pour moi….c’est clair…quitte à être pointée du doigt par la Smala des gens heureux…..!!!

        J’espère que vous avez calculé mon angle de vue….cher monsieur Bendjafar…!!! Toujours un plaisir de vous lire croyez-moi…!!!

        Mes Respects

        • Imène

          Mme CH : Rebonsoir !
          Force est de constater qu’on ne peut assimiler à l’art toutes les dépravations , le délire , le cynisme , ou la cruauté des uns et des autres de ces soit disant ‎‎« artistes « ! l’art appelle à la beauté , à l’emotion , l’art élève l’esprit et les sens..
          Toujours un plaisir de te lire.

        • Mohamed Bendjafar

          Mme C H
          Bonjour. Vargas n’est pas plus artiste que moi je suis astronome . Attila , Ravaillac , les membres du Klu Klux Klan n’ont jamais briller de par leurs oeuvres morbides . l’art , c’est ce qui provoque une sensation de plaisir , ce qui émeut et fait rêver. L’art est avant tout intelligence . Rêver en vivant l’histoire racontee dans un livre . S’évader en regardant un film . S’extasier en écoutant , les yeux fermés , en battant la mesure , une symphonie de Beethoven . L’art cela peut être aussi voir trébucher un enfant qui s’essaye à la marche , c’est tout ce qui suscite une sensation de bien être et de sérénité . il est immortel , traverse le temps et l’espace . Léonard de Vinci est italien . La Joconde a traversé les terres et les océans . Voilà ,chère amie , par quoi je me laisse draguer , encore à mon âge. La cruauté n’est art que pour celui qui la pratique , jamais pour celui qui la vit .
          Merci pour ces échanges , toujours instructifs de votre part , khiti ou bebti , je ne sais .
          Je vous souhaite une année pleine de bonheur , de bonne santé , à vous et tous ceux que vous aimez . que toux vis voeux se réalisent un chaa Allah . Au grand plaisir de vous relire .

  9. Imène

    M.Benjafar : Bonsoir ! Tlm ..
    Merci pour cette belle contribution.
    Voilà un privilège que bcp vous envierait mon cher Benjafar ! Une salle de cinéma , lumières tamisées, ‎musique douce ,fauteuils profonds , un film ( nommé aux oscars ) ..rien que pour vous ! Un vrai pacha !!‎ Vous auriez du contacter deux ou trois amis pour se joindre à vous..
    Bien entendu , ce qui vous interpelle , ce qui vous navre profondément dans cette situation plutôt inédite et ‎bizarroïde c’est nos salles à l’abandon , c’est l’absence d’engouement de la société dz pour le 7 eme art , pour ‎l’art tout court . La réponse vous la connaissez : la culture , toutes composantes confondues , est à la traîne : ‎‎3mirouche a parfaitement dépeint le tableau la décennie noire a encore enfoncé le secteur , et a boulversé ‎la vie des dz : crise morale , cohésion sociale menacée ,école sinistrée , insécurité et criminalité galopante , ‎‎..plus de 70 % des dz ont moins de 25 avec un niveau scolaire et éducatif des plus controversé : vous auriez ‎projeté un film d’action , de violence , ou d’amour tout simplement et la salle serait comble !!! mais un long ‎métrage , au fin fonds du sud DZ , la colonisation , la misère…( même si les paysages sont sublimes ) ça ne ‎draine pas les foules !( sauf les passionnés du cinéma , de l’histoire , en général d’un certain âge et d’un ‎niveau certain ) ..M, Benjafar : vous vous souvenez des séances de lectures enfantines organisées par notre ‎ami Khiat ?? Combien d’enfants y’ avait-il dans la salle : moins d’une dizaine ( leurs parents compris ) ! et la ‎aussi si c’était un spectacle de clowns par ex , avec musique assourdissante , et tout le boucan ( je n’ai rien contre les ‎clowns )et là vous verrez que enfants et parents se bousculeraient au portillon !! des vrais adeptes de la culture du bruit , du tapage.. Alors art ou pas art ? La réponse est sans ‎ambages : pas art du tout !‎
    Bon courage pour  » le puits  » aux oscars .
    Bien amicalement M. Benjafar.

    • Mohamed Bendjafar

      Bonsoir Imane .
      Déprime . Déprime et lassitude . C’est ce qui ressort des commentaires de tous les amis . Et je ne suis pas en reste . Je vis dans ce pays et je constate les mêmes désolations que toutes les gens qui ont encore un peu de bon sens . Je me sens agressé du matin au soir . Incivisme, violence , saleté , impolitesse ,et j’en passe . On voudrait que les choses changent , que les jours à venir soient meilleurs . Mais les blocages sont multiples et viennent de loin . Alors , se résigner ? Se plaindre ? À qui et pourquoi ?
      Moi , j’ai choisi une autre solution. Prendre ce qui se présente de positif . Oublier la culture  » collective  » et profiter des opportunités qui se présentent. C’est d’ailleurs de cette manière que je me suis trouvé seul dans une salle de cinéma . Des qu’il y a une occasion , je la saisi .Que l’on soit dix ,vingt ou cent m’inporte peu . Je sais que ceux qui sont là pensent comme moi , et leur nombre me suffit .
      Un écrivain algérien , Youcef Tounsi , est venu depuis Montpellier pour un débat et signature de ses livres . Nous étions à peine quinze personne présentes . Le débat à été chaud et contradictoire , cela a duré longtemps , et je suis sûr que si nous avions été plus nombreux , la rencontre n’aurait pas mieux réussie . J’ai également assisté à la signature de ses livres par Mr Ali Kader , il y a à peine quelques jours . Les gens sont venus , avec leurs enfants ,et nous nous sommes attardés à discuter de cette rupture avec la culture . C’était cordial et sympathique . Entre les retrouvailles et les nouvelles connaissances , nous avons passé un bon moment.
      Je ne sais exactement pourquoi Mr Khiat à arrêté ses rencontres littéraires (on s’y ai peut-être croisé) , mais c’est regrettable .
      Tout cela pour vous dire qu’il ne sert à rien de se priver , sous prétexte que la majorité ne s’intéresse pas à la culture . Il y a toujours quelque chose à prendre . Et surtout essayer d’intéresser les plus jeunes à la lecture , le théâtre, la musique , etc…
      Même si on est minoritaire, ça vaut la peine d’essayer .
      Coluche disait  » ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison » . J’en ai fait un principe.
      Art . Même un peu , mais art toujours .
      Fraternellement . Bonsoir .

      • Imène

        Mr. Bendjafar .M : Bonsoir ! tlm..
        Vous avez opté pour la bonne attitude ! il ne faut pas se laisser abattre par la morosité ambiante , et la médiocrité de nos quotidiens , vaincre la déprime , vivre que diable !! (ne pas se laisser ‎contaminer me paraît plus juste , la morosité chez nous est contagieuse et virale ! ) La majorité n’a pas forcément raison , vous avez raison d’en faire un principe.. saisir les opportunités quand elles se présentent , faire ce que on aime , ce que on a envie de faire ( ‎tant que cela n’empiète pas sur la vie, la liberté d’autrui ) quitte même à se retrouver seul dans une salle de cinéma ! ( ‎bien que pour nous les femmes , il n’est jamais très indiqué de se retrouver « seule « dans n’importe quel ‎endroit , alors le cinéma ???? ) Mais voyez vous M. Bendjafar , le cinéma c’est bien , mais la réalité , notre ‎réalité dépasse la fiction à bien des égards ! Il convient de rappeler que les besoins , les préoccupations des dz ‎sont tellement plus profonds ! Une société où l’incivisme, l’incurie , partout , sont érigés en règle : apathiques ‎on ne réagit plus ! Je ne veux pas m’étaler , mais notre malaise est grand ..A quelques encablures de nos grandes ‎villes bcp de nos enfants ( du primaire je précise ) se rendent à l’école à dos d’âne , ou de camions de ‎fortune ! bcp de salles de classes ne pas dotées de nombre suffisant de tables et chaises, ni même de ‎chauffage ( au pays du gaz !!! )et je vous épargne l’état de nos hopitaux etc.. Alors la culture , le cinéma , l’art dans tout ça ?? des notions élitistes, je crains ‎hélas, que oui ! Je suis peut être à côté de la plaque mais je convaincue que tant ces disparités criantes et ‎honteuses entre nos régions , entre femmes et hommes , entre super -citoyen et sous citoyen ( pour dire ‎comme A.Semmar ) persistent , la culture restera une affaire de nantis , du cinéma , rien que du cinéma !‎
        Salem Sayyidi Bendjafar , mes amitiès à vous .

        • Mohamed Bendjafar

          Bonjour Image .
          Combien la première partie de votre commentaire est juste et pertinente . il ne faut pas suivre la majorité désabusée , mais plutôt essayer de coller à la minorité qui s’accroche , même au risque de l’isolement.
          Oui , la culture , chez nous , hélas, est devenue un domaine réservé à une frange de la société .Une elite intellectuelle ou une population aisée, même si les sensations ne sont pas les mêmes pour les deux catégories . On ne peut regarder un film le ventre creux , ou lire un livre en grelottant de fruit . il ne m’échappe pas que beaucoup de nos concitoyens n’ont pas le minimum requis pour prétendre à une vie décente . Cela est malheureux , surtout lorsque que l’on connait les potentialités de notre riche et beau pays . je suis extrêmement peiné par un enfant allant pieds nus sous la pluit , ou une famille vivant sans chauffage , ni commodités. Les responsables de cette situation sont connus ,et ils voient les malheureux comme des tares à leur environnement , Cachez moi cette laideur que je ne saurais voir , disent-ils . je suis conscient de la chose . Cependant, lire un livre ou écouter un peu de musique , pour ceux qui le peuvent, ne peut pas nuire outre mesure à ces désavantagés.
          Encore une fois , je pense et je dis qu’il ne faut se sentir coupable de la condition des moins nantis . Il faut les aimer comme ils sont , les aider , leur sourire et les aider du mieux qu’on peut . Être un peu dans la culture n’a jamais empêché quelqu’un de sentir la peine des autres , même de la vivre et la partager . l’art est avant tout intelligence . il permet de mieux voir et comprendre et de s’ouvrir à divers horizons .
          Je ne cherche à convaincre personne , mais seulement de partager mes convictions et mes envies avec les autres . Modestement, car nul n’est parfait .
          Sinon , je me réjouis de pouvoir partager des idées avec tous ceux qui acceptent de le faire , et vous n’êtes pas la dernière dans ce créneau .
          Il me reste à vous souhaiter tout le bonheur du monde , à vous et vos proches , pour la nouvelle année qui arrive au galop. Merci à vous .Au plaisir de vous relire .Bonsoir .

          • Mohamed Bendjafar

            Pardon . Imene et non Image . Quoi que …..

            • Imène

              M.Bendjafar : Bonsoir ! tlm..
              Quoique quoi ???? my dear ! Une belle image au moins ( je l’espère ,lol )
              Mon cher Bendjafar : un homme averti en vaut deux ! Pour votre prochaine escapade culturelle que soit au ciné , ‎vernissage ,galerie d’art ( je vous préviens tout de suite vous serez seul a déambuler dans les couloirs de ces galeries !) ‎‎Faîtes vous accompagner ! un ami , (s) voisin , enfant (s ) ( et si votre ado rechigne à vous suivre au ‎musée , ne soyez pas trop déçu parceque ce n’est pas son leur truc ! pour la petite histoire , j’avais emmené mes deux neveux de Zurich 9 et 11 ans au palais des rais , au coeur de la Casbah , une virée dans l’histoire pensai-je..
              le plus jeune n’a pas cessé de baîller ! en soirée mon frère les a emmenés voir le concert d’un rappeur au casif , ils se sont éclatés comme des fous , m’a t-on dit …
              Bon , tant pis pour moi ..Alors mon cher Bendjafar , je vous invite à lire ces citations sur l’art que je trouve particulièrement …parlantes : ‎
               » Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la notre, la colorier avec nos couleurs d’amour et ‎d’espoir.  » M. Chagall ‎
               » Ce qui a vraiment un sens dans l’art, c’est la joie. Vous n’avez pas besoin de comprendre. Ce que vous voyez ‎vous rend heureux ? Tout est la .  » C. Brancusi .‎
              ‎ » Il y a un fil conducteur dans tout mon travail : la solitude l’angoisse. C’est ce que je ressens dans cette societe ‎qui finalement nous rend malades. C’est en tant que peintre, avec mes images, que j’essaie de me liberer « ‎ P. Klasen.
              C’est cette dernière que je préfère , je crois vraiment que chacun doit trouver le bon  » truc  » qui le libère : la peinture , l’écriture , la prière , la lecture , le jardinage , l’aide ( même un sourire suffit ) au plus malheureux que soi , l’activité dans différentes associations , le sport ..bref : être utile , grandir , s’améliorer…
              Merci mon ami , pour vos bons voeux ..recevez mes miens , les meilleurs à vous , à tous ceux que vous aimez..Allah ibarek fik , ou fihoum.
              Oui , idem , au plaisir de vous relire .

  10. James

    L’art est libre et désintéressé parce que notre contemplation est libre. Pour Platon, le beau est équivalent au vrai, et de ce fait, l’art est non plus libre et désintéressé, puisque son but est de dire le vrai.
    Si le rapport à l’oeuvre doit être désintéressé pour que celle-ci le soit, il n’en faut pas moins que l’oeuvre elle-même soit désintéressée. Ainsi, une oeuvre d’art ne peut pas avoir de finalité, elle ne peut pas avoir été produite en vue de quelque chose d’autre que d’elle-même (comme la célébrité, le beau…), sinon elle est liée à un intérêt.

  11. Mohamed Bendjafar

    Bonsoir James .
    À mon avis , un créateur d’art , un artiste donc , n’est jamais désintéressé. Non pas que sa motivation première soit purement financière , mais la recherche de la reconnaissance , par ses paires d’abord , et par la société ensuite , reste l’intérêt primordial . Ue fois achevée , l’oeuvre n’appartient plus à son créateur . Elle devient un bien public , donc sujette au désintéressement et à l’oubli . L’auteur le sait , et il façonne son » bébé  » de tel sorte qu’il soit plaisant , attirant , capable de s’installer dans le temps et les mémoires . Et de là peut venir la célébrité , donc l’intérêt.
    Merci mon ami . C’était mon avis personnel. Bonsoir.

  12. Al Hanif

    @Salam M. Benjafar
    A la lecture de votre post qui fait état de votre vécu et de celui d’amis proches (déprime, lassitude et option personnelle de résistance) je pousse un ouf de soulagement en lisant quelqu’un qui n’est pas hors sol.
    C’est rassurant de se voir confirmé une perception surtout qu’elle est objectivée par la chance de vivre ailleurs et de poser sur la réalité un regard ‘neutre’, ou cherchant à l’être.
    Un autre combat est à engager: s’ouvrir à autrui, ouvrir à ceux qui transgressent dans les limites de la décence et du droit, ouvrir pour ne pas finir en hamster médiatique qui tourne la même roue et qui finit en Sisyphe malgré lui.
    L’entre-soi émollient les exercices d’auto-promotion sont les plus grands risques pour les sites d’échange qui finissent par se transformer en boite aux lettres numérique ( la proximité a ses vertus et ses limites)
    S’en tenir mordicus au seul consensus finit par produire un mode de pensée propre qui développe une forme d’insularité au fil du temps, en ‘sheepo effect’ ou réflexe clanique qui rassure et met à distance la contradiction argumentée.Vous actez le constat de la mort de la cinémathèque et le fait d’être le seul téléspectateur. En logique économique pure, le personnel , caissier et projectionniste+ pompiers) seraient qualifiés d’emplois fictifs et la cinémathèque serait fermée au regard de la désaffection d’un public qui n’a aucune attirance pour cette forme de culture.
    La sauvegarder est déjà une forme de résistance comme lieu de mémoire d’un endroit qui a éduqué tous les cinéphiles de la région.
    Programmer des séances pour des sorties pédagogiques des écoles, constituerait tout de suite un marché et un vivier de futurs cinéphiles auquel sera présenté des supports de qualité et la conscience d’une autre offre.
    Le drame en Algérie est que beaucoup pensent que la légitimité consiste à flatter les instincts de ce qu’ils définissent par ‘peuple’ et à acter une déroute intellectuelle et une faillite morale.
    Bonne journée à vous et soyez visibles et nous serons lecteurs.

    • Mohamed Bendjafar

      Bonsoir ami El Hanif .
      Heureux de savoir que vous partagez mon point de vue sur l’État de la culture chez nous , et la réaction de certains face à cet état de fait .
      J’ai toujours été pour LR verre à moitié plein plutôt que pour celui à moitié vide . La positive attitude comme aurait dit un premier ministre d’un pays encore plus  » cultivé et civilisé  » que nous . Il faut vivre avec son temps , ne jamais occulter la réalité. Et celle qui nous entoure est amère . Faut- il pour autant se plier à la règle et se laisser emporter par cette vague destructrice et néfaste qui risque de nous engloutir? Je dis non . Il faut regarder ce qu’il y a de positif autour de nous , et essayer d’en faire un tropisme pour les autres . Et le positif existe , sous différentes formes , pour peu que l’on se donne la peine d’y prêter attention . Restons optimistes et tout ira pour le mieux .
      Merci cher ami . Bonne année , pleine de jouie et de santé à vous et ceux qui vous entourent . Toujours une joie de vous lire . A bientôt et bonsoir

  13. Al Hanif

    pardon d’avoir mal orthographié votre nom; M.Bendjafar

  14. James

    L’histoire du cinéma dans les pays arabes, hormis l’Égypte, est donc plutôt courte (une cinquantaine d’année) mais les cinéastes sont nombreux et très différents d’un pays à l’autre. Les occasions de voir leurs films étant rares, le foisonnement des oeuvres et des mouvements cinématographiques qui ont existé dans les pays arabes reste cependant assez peu connu du public et même des cinéphiles. De plus, faute de cinémathèques dans la plupart des pays, les films qui témoignent de cette histoire sont en danger. Un danger d’oubli qui pèse même sur les cinéastes de la génération intermédiaire, celle des soixantenaires qui, non sans mal, avaient réussi à trouver leur place avec des expressions cinématographiques moins contraintes, dégagées du passé militant et des combats de leurs aînés.

  15. James

    Quant au théâtre arabe, il est le miroir de lui même.

  16. Mohamed Bendjafar

    Bonsoir James .
    L’art ne peut prospérer que par les amoureux de cette pratique . un créateur répond souvent à une demande des consommateurs . Bien sur , il y a les indépendants , ceux qui croient en leur génie et qui produisent en fonction de leur état d’ame . Ceux la connaissent rarement la consécration . S’il n’y a pas de mélomanes , il n’y aura pas de musiciens .Il en va de même pour tous les autres matière d’art . Ou peut- on voir un film s’il n’y a pas de salles ? Acteurs et réalisateur tomberont dans l’oubli , si leur travail n’est pas visionné , même si c’est un chef d’oeuvre . Et , comme vous le soulignés , c’est l’inculture qui s’installe .
    Mais quand le minimum existe , alors il ne faut pas faire la fine bouche . Il reste à se précipiter vers l’évasion et l’enchantement que procure une oeuvre d’art .
    Ce qui est prometteur, à Sidi Bel Abbés , c’est l’existence de cette belle cinémathèque , et la réfection des autres salles de cinéma . Reste a voir de quelle manière elles seront exploitées et par qui .
    Merci James . ça été un plaisir . Bonne année , plein de bonnes à venir . Bonsoirb

  17. Mourad Salim HOUSSINE

    [CITATION] – Statuscope
    statuscope.co/fr/Statut-Editions-du-Seuil?id=2ed07e4

    Mourad Salim Houssine

    « La littérature reste une projection très phénoménologique de « notre » existence ! Et comme la vie dépasse toutes les dimensions que les mécanismes de pensée ne peuvent appréhender,structurer et formaliser,l’art reste sublimation de la « Création »…! »

    16/07/2015 14:13:11

    @Aux lecteurs,contributeurs,administrateur et Amis de la Voix De Sidi bel Abbès ,

    Meilleurs voeux de prospérité pour l’année 2017 !

  18. Mourad Salim HOUSSINE

    Additif avec mes excuses aux lecteurs et à Si Mohamed Bendjafar :

    http://statuscope.co/fr/Statut-Editions-du-Seuil?id=2ed07e4

Répondre