La Voix De Sidi Bel Abbes

Après 15 ans de silence hamrouche a enfin parlé.

Il a parlé. Enfin. Après près de 15 ans de silence, Mouloud Hamrouche, l’ancien chef du gouvernement, s’est exprimé, ce lundi 17 février, à travers une déclaration adressée à la presse. Une déclaration qui lève une partie du voile sur les positions de l’homme et peut-être aussi sur ses intentions.

Dans un style alambiqué, Mouloud Hamrouche délivre des messages codés, des interpellations, des jugements et des avertissements. Dans son communiqué, l’ancien chef du gouvernement semble plus s’adresser aux institutions officielles qu’au peuple algérien.

Soutien infaillible à l’armée, réserves sur le projet d’un État civil

Dans sa déclaration, Mouloud Hamrouche se positionne par rapport au débat sur le rôle de l’armée. Pour lui, le moment ne semble pas encore venu pour le retrait de l’armée de la scène politique. Du moins, les conditions de ce retrait ne sont pas réunies. « Faut-il convoquer, aujourd’hui, la promesse d’édifier un État moderne qui survit aux hommes, aux gouvernements et aux crises ? Faut-il rappeler encore l’engagement pris de poursuivre le processus démocratique ? Faut-il invoquer la promesse de continuer la réforme ? » s’interroge Hamrouche.

Avant de renvoyer dos à dos, le président et le DRS : « nos constituants sociaux ne peuvent s’accommoder de pouvoir souverain sans contre-pouvoir. Il ne peut y avoir d’exercice d’un pouvoir d’autorité ou de mission sans habilitation par la loi et sans contrôle. Il y va de l’intérêt et de la sécurité de l’Algérie, de tous les Algériens et de toutes les régions du pays ». C’est à ces conditions que « notre Armée nationale populaire assurera sa mission plus aisément et efficacement et nos institutions constitutionnelles assumeront clairement leurs rôles et fonctions ».

Un message qui semble être également adressé au FLN dont le président n’est autre que le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika. Le FLN depuis l’arrivée à sa tête d’Amar Saâdani  n’a cessé de plaider pour un État civil. Mouloud Hamrouche se démarque ainsi de cette position du FLN. Il exprime et réitère son soutien infaillible à l’institution militaire. Pour  lui, l’Armée a sauvé l’Algérie : « Faut-il rappeler ici et maintenant que la renaissance de notre identité algérienne et notre projet national ont été cristallisés, abrités et défendus, successivement, par l’Armée de Libération Nationale, puis, l’Armée Nationale Populaire ? » Cela n’a été possible, précise-t-il, que grâce aux hommes qui ont su trouver des compromis et élaborer des consensus. A chaque étape et à chaque crise, ces hommes ont su préserver l’unité des rangs, la discipline et transcender tout clivage culturel, tribal, régional en préservant l’identité et le projet national », écrit-il.

Hamrouche contre le quatrième mandat ? 

L’ancien chef du gouvernement ne donne pas de réponse directe à cette question. Mais les opinions qu’il exprime dans sa contribution laissent entendre qu’il n’est pas favorable à un nouveau  mandat pour le président Bouteflika. Selon lui, l’Algérie vit une situation de crise. Il invite, dans ce contexte, les Algériens à éviter « de gâcher ces nouvelles opportunités ou d’avoir de nouvelles victimes ». L’Algérie vit des moments sensibles qui vont conditionner son avenir immédiat « et profiler irrémédiablement son devenir, au-delà de la présidentielle, indépendamment du fait que le Président soit candidat ou pas, par l’arrivée de nouvelles générations aux postes de responsabilité », écrit Mouloud Hamrouche.

Préserver les équilibres

Mouloud Hamrouche, qui connaît bien les rouages du pouvoir, lie la stabilité politique et sociale du pays par le respect « des différents intérêts de groupes, de régions et de minorités ». Ces intérêts doivent  être garantis, selon lui. Si on peut aisément comprendre et admettre que les équilibres régionaux soient  une condition inaliénable dans l’équation politique en Algérie,  des questions s’imposent par contre sur la relation entre cette stabilité et les « intérêts des groupes » donc des personnes et des clans. Qui sont « ces groupes » ? Qui représentent-ils ? Est-il logique de lier le destin de tout un pays à des personnes ? Visiblement, Mouloud Hamrouche, à travers ce message, tente de rassurer des groupes inquiets par la perspective d’un changement politique.

La sortie de Mouloud Hamrouche, qui intervient à moins de trois semaines de la date limite de clôture des candidatures, ressemble à celle d’un candidat qui pose ses conditions et définit les contours de son projet politique.

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Posté par le Fév 17 2014. inséré dans ALGERIE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

9 Commentaires pour “Après 15 ans de silence hamrouche a enfin parlé.”

  1. KERROUCHA

    Vrai il est des rares hommes politiques longtemps muets Fils du systéme un ex militaire reconverti en démocrate pro réformesl

  2. houssine

    le message est clair ne souffrant pas d’équivoque

  3. BADISSI

    les dinosaures se réveillent, a l approche des présidentielle tout le monde parle , a propos quelle age il a ?? il vit ou ? laisser la place aux jeunes

  4. khayi

    Notre pays vit des moments sensibles qui vont conditionner son avenir immédiat et profiler irrémédiablement son devenir, au-delà de la présidentielle, indépendamment du fait que le Président soit candidat ou pas, par l’arrivée de nouvelles générations aux postes de responsabilité.
    Pour que notre pays vive ces échéances dans la cohésion, la sérénité et la discipline légale et sociale, il est primordial que les différents intérêts de groupes, de régions et de minorités soient préservés et garantis.
    De même qu’il est impératif que l’Etat préserve tous les droits et garantisse l’exercice de toutes les libertés. Ceci est essentiel pour assurer la sécurité, renforcer les avancées, corriger les distorsions, et éliminer les failles.
    Faut-il rappeler ici et maintenant que la renaissance de notre identité algérienne et notre projet national ont été cristallisés, abrités et défendus, successivement, par l’Armée de libération nationale, puis, l’Armée nationale populaire ?
    Cela n’a été possible que grâce aux hommes qui ont su trouver des compromis et élaborer des consensus. A chaque étape et à chaque crise, ces hommes ont su préserver l’unité des rangs, la discipline et transcender tout clivage culturel, tribal, régional en préservant l’identité et le projet national.
    Faut-il convoquer aujourd’hui, la promesse d’édifier un Etat moderne qui survit aux hommes, aux gouvernements et aux crises ? Faut-il rappeler encore l’engagement pris de poursuivre le processus démocratique ? Faut-il invoquer la promesse de continuer la réforme ?
    Nos constituants sociaux ne peuvent s’accommoder de pouvoir souverain sans contre-pouvoir. Il ne peut y avoir d’exercice d’un pouvoir d’autorité ou de mission sans habilitation par la loi et sans un contrôle. Il y va de l’intérêt et de la sécurité de l’Algérie, de tous les Algériens et de toutes les régions du pays.
    C’est à ces conditions, que notre Armée nationale populaire assurera sa mission plus aisément et efficacement et nos institutions constitutionnelles assumeront clairement leurs rôles et fonctions.
    C’est à ces conditions aussi que notre peuple persévèrera dans la voie du progrès, de l’équité et de la solidarité entre toutes ses composantes sociales, et appréhendera les enjeux, tous les enjeux et relèvera les défis, tous les défis d’aujourd’hui.
    C’est à ces conditions que notre Etat demeurera crédible, sérieux et fiable pour ses partenaires et ses voisins.
    Chaque crise a ses victimes et ses opportunités.
    Evitons de gâcher ces nouvelles opportunités ou d’avoir de nouvelles victimes.
    Alger le 17/02/2014.

  5. bordji belabbes

    @khayi En parcourant votre commentaire j’ai apprécié Que dieu préserve ce riche et beau pays c’est tout Amine

  6. Karima

    Si il triche une fois le peuple c’est sa faute , si il triche deux fois le peuple c’est la faute du peuple

  7. OUERRAD

    Le joker BENFLIS n a pas semble t il marcher ils nous sortent un autre 10 ans c est peu il fallait sortir celui qui est reste muet plus longtemps .LE MILITANTISME c est tous les jours que DIEU fait pas aux occasions de ressuciter pour plus manger .; ces gens là ma cheb3ouch . TOUS ont oublie le puissant et si d un revers il leur fausse tous leurs reves ;;;;;;;; a mediter et cela vaut pour tout le monde les 85 lascars le roi de la quatrieme moubayaaa et toute sa suite ;;;;;;

  8. Argos

    Le succès électoral du FIS et l’effondrement du FLN sont les deux événements politiques majeurs du pays qui l’un découlant de l’autre ont marqué les années 90 et fait de Mouloud Hamrouche un réformateur de circonstance. La révolte de la jeunesse d’octobre 1988 avait dynamité prés de trente ans de dictature du parti unique, contraignant le président Chadli Bendjedid à promettre des « réformes » qui pensait-il, allaient changer le paysage politique du pays. La première d’entre ces réformes loin d’être approuver par les barons de l’ère Boumédieniste à leur tête Kasdi Merbah l’ex chef de la redoutable SM, fût la promulgation en février 1989 d’une nouvelle constitution entérinant le multipartisme et entrainant des dissensions internes au sein même du pouvoir en place. La poursuite encore maintenant des sempiternelles luttes de pouvoir entre militaires et civils est un débat souvent dérisoire car se déroulant entre des hommes totalement coupés de la masse de ceux qui peuvent voter, se mobiliser, ou même provoquer une explosion comme cela est arrivé malheureusement, elles continuent de miner le paysage politique au regard du futur carnaval des élections présidentielles où le candidat sortant ne s’est même pas encore prononcé officiellement. N’est-il pas grand temps de penser d’abord à la Nation plutôt qu’aux intérêts particuliers de je ne sais quels groupes ou groupuscules régionaux. Dans ce communiqué, l’ancien chef du gouvernement qui semble plus s’adresser aux institutions officielles qu’au peuple algérien, montre qu’il n’a rien retenu de son échec passé à la tête du gouvernement. La nomination de ce technocrate compétent mais ne possédant ni l’autorité ni le soutien du peuple nécessaires pour appliquer les réformes, a été il est vrai la période où l’Algérie s’était engagée dans la voie du libéralisme économique, après trois décennies de socialisme étatique mais il persiste donc à ignorer le peuple algérien, en oubliant que malgré la fameuse « loi sur la monnaie et le crédit » qui ouvrait le pays aux capitaux étrangers et prévoyait l’autonomie des entreprises publiques, malgré la « loi sur les relations du travail» qui autorise les licenciements, malgré la privatisation de l’agriculture, qui en soit sont un bouleversement économique radical, ces lois avaient peu de prise sur la réalité du terrain et peu de chance de réussir par le fait qu’elles ont été élaborées par des technocrates trop rigides, croyant plus aux vertus du texte qu’aux compétences de managers issus de ce même peuple sans qui rien ne peut aboutir. Il n’existe aucune recette universelle pour sortir le pays du marasme socio-économique dans lequel il patauge depuis longtemps, il existe cependant des réformes qui peuvent le combattre à commencer par la restauration des droits politiques et sociaux, d’une dynamique éducative et culturelle sans ambiguïté, pas seulement musulmane mais aussi individuelle et citoyenne.

  9. kaid

    on apprend avec Argos

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