La Voix De Sidi Bel Abbes

Apprendre à bâiller/ Par OULHISSANE Tayeb.

« Au bien, tu répondras par le bien, et si tu ne peux le rendre, honore ton bienfaiteur en lui montrant considération dans ton entourage ». (une sagesse du bled).

Le 3ème trimestre est la dernière ligne droite dans le sprint de l’année scolaire. Les examens pointent à l’horizon, les humeurs s’enthousiasment, les premières inquiétudes apparaissent…Administration, enseignants, parents ; tout le monde est en effervescence, et tout peut se décider promptement, basculer d’un côté ou de l’autre.

Est-ce le moment de bâiller ? On effeuille la marguerite…

Commençons d’abord par définir le verbe « bâiller » :
 » Ouvrir largement la bouche par une contraction involontaire des muscles de la face, due au besoin de dormir, à la faim, à l’ennui, etc. » (Larousse en ligne).
Sauf que chez nous, on bâille aussi après un copieux repas. Ne dit-on pas :  » Il bâille comme un chacal rassasié de raisins » ? Les esprits  » modernes » disaient des gens, après le repas de midi qu’ils  » digèrent « . Cette digestion, avec la chaleur du soleil qui est propre à notre pays, provoquait une grande somnolence chez les élèves pendant les cours de l’après-midi. Un relâchement total de l’attention et des réflexes est observé même chez certains enseignants. Le schéma stimuli-réponses paraissait perturbé. Les bâillements sont fréquents.

Des pédagogues conseillent un horaire de travail continu de 08h à 15h, avec une heure de pause, tout en réservant les séances de l’après-midi aux activités sportives et culturelles (système anglo-saxon). Des essais ont été tentés dans nos écoles dans ce but, mais ont tous échoué. La division de la journée du travail puise ses racines dans la vie culturelle. Le système français partage la journée de travail en deux parties, et c’est lui que nous adoptons d’une manière irréversible. Avons-nous bien réfléchi ?

Wikipedia, de son côté, nous propose une description détaillée de la mécanique du bâillement pour comprendre qu’il est involontaire et facilement transmissible aux autres, presque contagieux.
Mais de tout temps « bâiller » était considéré comme un prélude au sommeil, ou un prologue. Chez l’enfant, surtout.
Lors des veillées en famille, le petit enfant qui bâille est pris en charge par sa mère. Elle ne cessera de le dorloter dans ses bras jusqu’à son endormissement.

La grand-mère dira alors :  » il n’a pas arrêté de courir de toute la journée. Tah chkara ! « Voilà la fatigue physique qui entre en jeu. Bâiller en est une de ses alertes.
On peut toujours bâiller en se réveillant mal le matin. Ce sera alors la trace d’une longue « sahra » devant la tv, d’une insomnie, d’une nuit mouvementée, bref d’un sommeil insuffisant qui pousse à rester encore au lit le temps d’une petite récupération et d’une remise en forme.

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           L’être humain bâille dès les premiers jours de sa naissance

Pour chasser le sommeil, on lave le visage de l’enfant avec de l’eau froide. Même en hiver. » Ça réveille ». Les réprimandes aussi. On lui reprochera d’avoir  » mis sa tête dans celles des gens de la tv qui n’ont rien à faire que parler. » On lui rappelle quelques valeurs du terroir : La nuit est faite pour dormir. Le sommeil est un repos. Vaut mieux dormir que dénigrer…

On importe de l’étranger quelques adages à qui on ajoute notre  » made in Algéria  » : Qui dort dîne ya z Zine ! Mais, le sommeil, hors de ses heures, est considéré comme malsain. Une vraie calamité que l’on combat de toutes ses forces.

Qui se rappelle du livre des sciences naturelles d’Obré des classes de 3ème ? Il y avait cette phrase :  » Le sommeil est l’hygiène du système nerveux. » Ce qui n’était pas le cas chez nous. Notre société vilipendait le sommeil quand il débordait au-delà de ses limites et devenait synonyme de paresse. Surtout quand il s’agissait de jeunes filles.  » Le vent du Sud « , roman de feu A. Benheddouga, en fit allusion. À un certain moment de l’histoire, la mère dira de sa fille :  » Qui voudra d’une fille dormeuse pour épouse ?  »

Nous avions des difficultés à concilier nos leçons en sciences naturelles aux idées fixes de notre société, surtout en milieu rural. Toute une battue, tambour battant, était organisée pour nous réveiller, de bon matin, en toute saison, et des fois, même en vacances.

 » Levez-vous ! « , injonction répétée plusieurs fois, sonnait dans nos oreilles comme un clairon dans une bataille. Se lever le matin et vaincre le sommeil était vraiment un fait de guerre, un acte de bravoure ! « Levez-vous !  » semblait être un chant de ralliement, une réplique aux futurs promoteurs des cités du sommeil, aux bâilleurs sans fonds, aux dormeurs sans lit.

 » Nodho ya ahlel madina !  » (Les années de braises de Lakhdar Hamina). Il fallait se lever ! Quelle lenteur ! Un camarade de classe m’a rapporté que, pour l’inciter à se réveiller le matin, sa mère lui criait :  » Il est temps de te lever ! Nodh ! Sept heures sont écoulées, et il ne reste que six heures !  » C’était le langage propre à la pendule qui rebrousse chemin au lieu de marcher droit devant. Une sirène qui annonce que le temps s’en va. Un jour de plus est en vérité un jour de moins. Il est derrière nous, emportant des heures que nous aurions dû vivre si nous les avions perdues. Quelle belle sagesse des anciens que de dire :  » Je compte mes jours en les additionnant, alors qu’en fait, ils sont ôtés de ma vie. » Ils disaient aussi :  » Le jour qui s’en va ne reviendra jamais. »

Une toute autre philosophie pour vivre pleinement, travailler et se reposer, dormir et se réveiller. Il fallait réveiller les dormeurs.

Parfois, des gifles claquent, selon l’humeur de celui qui les distribue. Des tapotements affectueux sur les joues, suivis de mots tendres, d’une mère qui réveille son petit. Des fois, c’est une vraie torture :  » Comme ça, tu te réveilleras bien !  » et on vous agite avec frénésie, ainsi qu’une tirelire dans laquelle il ne reste qu’une pièce ou deux.

À l’école, l’enfant qui bâille est taxé automatiquement de paresseux. Il est sujet à des qualificatifs moqueurs, à des remarques qui provoquent l’hilarité de ses camarades.
À l’école, bâiller figure sur la liste des lèse-majesté contre l’autorité du maître, sans qu’aucune mention n’y est portée à ce propos dans le règlement scolaire, ou dans les leçons d’éducation civique et morale. C’est impoli de bâiller devant le maître. Pire encore; il est interdit de bâiller pendant le cours.

– C’est une offense au maître ya sahbi !

Ça signifierait que sa leçon suscite l’ennui, que l’ennui appelle au sommeil, et que « bâiller » étant entre l’ennui et le sommeil, est une réponse qui se situe entre deux états psychologiques bien plus déshonorants pour celui qui « pérore » que pour celui qui bâille. Le maître assume l’ennui de sa leçon et ses conséquences sur l’élève. L’élève, n’étant que la preuve concrète de l’existence de l’ennui, ne pourrait être tenu pour responsable de son bâillement.

Ce réflexe physiologique, involontaire, est moralement jugé pour être un geste déplacé, allant, au delà de l’intention de l’élève, jusqu’à ternir l’image du maître. Société et pédagogie énoncent le même verdict : le réflexe de l’élève est déclaré inapproprié et mérite d’être sanctionné. L’élève devait se retenir de bâiller, se  » castrer « , interrompre volontairement un réflexe physiologique qui, lui, est involontaire.

Un éducateur prit la défense de l’enfant, et particulièrement de l’élève. C’est un médecin suisse. Il s’appelle Édouard CLAPARÈDE (1873-1940), père de  » l’éducation fonctionnelle ». Dans son livre éponyme, il décrit l’attitude des précepteurs avec une teinte d’humour.

Voilà ce qu’il a écrit :

Celui qui pérore en veut généralement aux bâilleurs, et il est porté à les réprimander (c’est ainsi que, souvent, en éducation, les punitions dirigées contre autrui sont en réalité des réactions s’adressant à celui qui les inflige ; mais nous n’aimons pas à nous avouer nos fautes, et il est plus aisé de tourner contre celui qui en pâtit le mouvement d’humeur qu’elles provoquent chez nous-mêmes).

L’élève qui bâille est donc, généralement, regardé comme un être frivole qui ne sait pas mettre à ce qu’il fait le sérieux nécessaire.

Pour corriger ce genre de clichés, l’acte pédagogique, selon Claparède, doit se baser sur deux principes essentiels :

Les besoins : ils sont d’ordre biologique et influent directement sur l’équilibre de l’enfant, dans des situations données, par les réactions qu’ils suscitent à leur satisfaction. À cet effet Claparède écrit : tout besoin tend à provoquer les réactions propres à le satisfaire. Il ajoute : Son corollaire est : l’activité est toujours suscité par un besoin.

Les intérêts : ils sont d’ordre psychologique, et  » mobilisent l’activité mentale ». Claparède énonce ce qui suit : toute conduite est dictée par un intérêt.

L’intérêt prend sa valeur à un moment donné. Il est  » l’objet dans sa relation avec le besoin « .

Ainsi le besoin de manger à un moment donné, suscite l’intérêt pour le pain. Cet intérêt cessera une fois le besoin satisfait.

Le Ramadhan, chez nous, est riche en expériences dans ce domaine-là. Les intérêts, qui seront déclassés par notre égo, vont au-delà des besoins non partagés. Ils finissent, tous deux, par être refoulés dans la poubelle.

Une bonne pédagogie apprendrait à l’individu à bien gérer ses relations avec lui-même par le biais de ses besoins, et à bien entretenir des relations avec son entourage par le biais de ses intérêts. Ainsi, les besoins sont mesurés, les intérêts adaptés aux situations d’ensemble. Le physique et le mental se complètent harmonieusement pour que l’intégrité de la personne soit préservée, et son équilibre assuré.

Quand on voit la quantité du pain que les ménages jettent à ceux qui le collectent, on mesure, sur le champ, le degré de l’irréfléchi, l’inadmissible, dans nos actes, nos choix et le tissage de nos relations. Comme si l’on achète le pain pour ne pas le manger, comme si on l’achète pour le jeter. Quel intérêt avons-nous à jeter du pain ?

Un vieillard me posa la question suivante :

– Qui des deux a plus de sacralité ; l’homme ou le pain ?

J’eus le vertige. Je me tus tout en bâillant, la main devant la bouche, car il faisait tard.

Le sage, mesurant le poids de mon silence, poursuivit :

– S’il n’était pas sacré, le pain n’aurait pas tous ces collecteurs qui le ramassent pour sa sacralité partout où on le jette par dégénérescence.

– Et l’homme, demandai-je ?

– Tu entendras parler de lui dans peu de temps.

Il y a bien longtemps que cet échange eut lieu, en 1987.

Il faisait chaud. Je tenais à rester éveillé. La situation, telle que le vieillard l’a décrite, était inversée et méritait réflexion. Je ne bâillais pas pour m’endormir.

Quant au bâillement, Claparède l’appréhende de la façon suivante :Physiologiquement le bâillement est une surconsommation d’oxygène qui a pour but l’activation de la circulation sanguine dans le cerveau. Ce sang nouveau aide à l’éveil plus qu’au sommeil.

Il s’explique de la façon suivante :

Mais pourquoi bâillons-nous avant le sommeil, quand nous  » avons sommeil  » ? Ainsi que le remarque très justement Dumpert, nous ne bâillons, dans ce cas, que si nous sommes empêchés de satisfaire immédiatement au besoin de sommeil. Dès l’instant où nous pouvons nous abandonner au sommeil, nous ne bâillons plus. Au contraire, nous bâillons lorsque nous luttons contre le sommeil. Le bâillement représente une réaction de défense contre l’inattention qui guette l’esprit fatigué.

Et nous touchons ici au point important de la théorie, important  au point de vue pratique et pédagogique.

Si les considérations qui précèdent sont justes – et elles ont bien des arguments pour elles – le bâillement ne serait pas un signe d’inattention, mais au contraire une marque d’attention. Le bâillement exprime une lutte contre l’insuffisance d’irrigation sanguine du cerveau – une lutte contre l’inattention.

Cette explication terminée, l’auteur se tourne vers les éducateurs en leur adressant deux conseils quant au comportement à tenir face à des enfants bâilleurs :

On voit combien cette question mérite d’intéresser l’éducateur.

En premier lieu ,celui-ci ne doit pas oublier que le bâillement est un acte réflexe, presque complètement involontaire, surtout chez les enfants, et qu’il ne saurait par conséquent être réprimé par la simple menace d’une punition.

En second lieu, un enfant qui bâille n’est pas nécessairement un enfant inattentif. Ce peut être tout au contraire un enfant qui lutte tant bien que mal contre l’inattention qui l’assiège !

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                                   Les animaux bâillent aussi…

Cette conclusion n’est pas aussi évidente pour certains parents, surtout quand les élèves sont en période de compositions ou d’examens. Le 3ème trimestre est la dernière ligne droite dans le sprint de l’année scolaire. Les examens pointent à l’horizon, les humeurs s’enthousiasment, les premières inquiétudes apparaissent…

Administration, enseignants, élèves, parents ; tout le monde est en effervescence, et tout peut se décider promptement, basculer d’un côté ou de l’autre.

Est-ce le moment de bâiller ?

On effeuille la marguerite…

Les plus exposés aux veillées de révision sont les élèves de 5ème année, ex 6ème.

Par leur âge, ils sont plus fragiles, maniables entre les mains de leurs parents. Ces derniers ne se contentent pas de les voir réussir leur examen, ils veulent aussi les voir occuper les 1ères places du palmarès. Certains n’ont pas réussi leur scolarité. Ce qui explique leur hargne à harceler leurs enfants, à les pousser à aller un peu plus à l’avant que leurs parents. Ils font penser à ceux qui voient que l’équipe adverse ne devrait pas avoir de pieds pour nous marquer des buts.

Avec un 16/20 de moyenne trimestrielle, un enfant fut réprimandé pour ne pas avoir eu au moins un 17/20. Il fut frappé de diabète par la faute de ce maudit 16/20 qui n’a pas réussi à satisfaire ses parents (mère).

L’écart d’un point a été fatal. Il s’en souviendra, toute sa vie, à chaque fois qu’il pique la seringue dans son corps pour injecter l’insuline qui lui manque.Il sait que d’autres maladies guettent leur tour. Elles viendront, une à une, affecteront le cœur, la tension,  l’œil, les reins, les pieds…

Pour un 16/20, une note qui ne les concernait pas, ses parents l’ont détruit, tout en croyant l’aider à mieux réussir. Ils ont fait de sa personne un objet pour pouvoir réaliser leur lubie de petits enfants qui ont raté leur scolarité. Ont-ils vraiment besoin d’un 17/20 à leur âge ? Quel intérêt leur rapporte-il ?

Un jour, en quittant l’établissement, je vis, un peu plus loin de la porte d’entrée, un jeune enseignant, retenu (un autre mot conviendrait mieux) par une dame. De sa mine, je compris qu’elle lui parlait des notes de son enfant, et essayait de  » l’attendrir » un peu, pour bénéficier d’un coup de pouce. Je courus au secours du collègue, en sollicitant de la dame la permission de demander au prof des nouvelles de mon fils qui était son élève. Elle m’autorisa.

Je conclus ma discussion, au sujet de mon fils, par ces mots : – Si au moins il peut acquérir un niveau qui lui permet d’avoir une formation de maçon, de plombier…

La dame, n’en pouvant plus, me coupa la parole et me réprimanda violemment :

– Ne dites pas ça ! Loin de lui cette calamité !

J’eus l’impression bizarre d’avoir été dépossédé de mon fils. Mais, la dame écumait réellement de rage ! Comme si c’était de son propre fils que je parlais !

– Et que voulez-vous qu’il soit fel moustakbel ya Seyyidah ?

– Médecin, ingénieur, professeur d’université…

– Ce sont là des fonctions que vous citez ya Madam, et les postes sont saturés. Mon fils serait un diplômé mais chômeur.

Un pays qui se construit a aussi besoin de métiers. Les chantiers ne manquent pas. Avec un métier, mon fils trouvera bien un travail.

Retranchée dans ses convictions privées, la dame préférait voir son fils docteur chômeur que simple travailleur actif. C’était l’amour maternel qui la faisait parler ainsi, et il n’y avait rien à redire.

Être parent est aussi un métier où certains ne sont pas formés. Si le ministère de la formation professionnelle daignait ouvrir cette branche dans ses centres, je me ferais inscrire sans hésiter.

Je promets de ne pas bâiller pendant les cours.

Les candidats au Bac Impérial (l’appellation Brevet des Études Secondaires serait adéquate) ne devront surtout pas bâiller lors des interminables révisions. On prête au café (un excitant) des qualités de chasseur de sommeil. Que de publicités ! Que de louanges ! Que d’encensements pour la même graine aux appellations différentes.

Morphée, qui ne supporterait pas la vue de cette boisson fumante, conseillée pour décrocher le Bac, dirait bien :  » Couvrez-moi cette tasse que je ne saurais boire !  » Ah ! le Tartuffe ! Il ajouterait même, avec tout son sérieux :  » Par de pareils objets, les âmes sont pressées « , c’est à dire  » mises en café-press  » !

Les lauréats, fleurons de toutes les promotions, recevront une pluie de félicitations et de prix, tout un arsenal informatique, et des poignées de mains d’officiels et d’opérateurs économiques. Les journalistes porteront les échos de ces remises de prix dans leurs journaux respectifs. On jubile. L’année scolaire a été sauvée de justesse. Malgré le hic, » derna hac ou hac », et on a eu des bacheliers avec une moyenne de 17/20 et plus. Ils seront l’élite qui dirigera le pays plus tard. À moins que l’appel des sirènes ne les attire au loin.

Les tortues retournent à la terre qui les a vues naître. Elles retournent pour semer la vie. La fleur de nos bacheliers retourne aux pays desquels nous avons copié le système éducatif. L’appel à ce retour est dissimulé, tel un logiciel indétectable, dans les leçons qu’ils ont apprises, les problèmes qu’ils ont résolus.

Avec un 17/20 au Bac, la voie leur est ouverte, et c’est au Nord qu’ils montreront les résultats de  » l’approche par les compétences », ossature de la réforme qu’on a appliquée en 2003, sans nous demander si ces compétences trouveront bien leur emploi dans notre pays. Si au moins nos élites expatriées apporteront au pays qui les a vus naître un grain de leur réussite pour semer encore plus de grains ! Je le souhaite du fond du cœur.

Le pays ; ce n’est pas seulement la façade politique et les disputes de chien et chat. Il y a plus profond que ça, là où germe le grain, là où le citoyen qui a réussi vient semer un grain de sa réussite avec les enfants du bled. La Méduse est ailleurs. Le radeau n’a pu résister à la houle du bac, et des milliers de naufragés furent rejetés par la mer. Le charpentier a abusé de la confiance de ces jeunes, et le mensonge a sombré depuis juillet 1816. Il se répète à chaque année, au même mois, comme si c’était le même voilier.

Des  » Harraga  » s’immolent sur la rive sud du  » bahr errom « , mais ne peuvent ressusciter de leurs cendres que si elles sont déposées sur la rive nord de la Méditerranée. Ils ont perdu le réflexe de bâiller. Ils sont fatigués. Bref, entre interdire de bâiller, et tomber dans la fatigue intellectuelle, il n’y a qu’un pas. Le cerveau, exténué, perd de ses capacités de concentration et de mémorisation. En plus du stress, l’enfant est sujet à des troubles de nutrition, de sommeil, et de trou de mémoire ; véritable drame d’examen, parmi d’autres.

En l’an 2000, à Oran, au premier jour de l’examen du Bac, un candidat après avoir subi les épreuves de la matinée, rejoignit, dans l’après-midi, le centre en retard, bien au-delà de la plage autorisée. Il était définitivement, bêtement, éliminé. Abattu. Allah Ghaleb ! On n’y pouvait rien. Interrogé sur ce qui a pu le retenir d’être à l’heure, il me répondit :

–  Je pensai faire un petit somme, je me suis endormi de vrai.

– Il n’y avait personne à la maison qui puisse te réveiller ?

– Ils étaient tous sortis en ville.

Au lecteur de juger de cette regrettable situation qui fit perdre à ce malheureux lycéen le travail et la préparation de tout un parcours scolaire de 12 ans d’étude.

Arrivé au terme de ce long périple, la fatigue, accumulée au fil des années, eut raison de lui. Il dormit au moment où il devait se tenir éveillé. Ah ! Si on l’avait laissé dormir avant ! Il ne serait pas arrivé à ce point- là !

Si au moins, ce jour-là, il y avait à la maison quelqu’un qui bâillait, il aurait pu le tirer de son profond sommeil, l’extraire du trou noir où se perdit la mémoire du temps, de l’espace, et du hasard.

Pour moi, le grand trou noir auquel nous sommes tous confrontés, est celui où s’entassent des schèmes qui véhiculent des conceptions erronées d’éducation et de pédagogie, de l’analphabétisme fonctionnel qui soustrait notre prise de conscience de la réalité qui est la nôtre, et nous emprisonne dans les dédales de l’autocensure.

Pour nous disculper de ces aberrations, et, étant nos propres complices dans nos actes, nous devrions nous laver le visage avec de l’eau froide au cœur de l’hiver.

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                          La girafe est la seule…. qui ne bâille pas !

Le bâillement en est un tout petit exemple de résurrection, juste une bouffée d’air, pas comme les autres, qui peut nous mener au réveil, ou nous plonger dans la  » jedma », cette pieuvre qui étouffe ses proies avec ses tentacules armées de ventouses. Victor Hugo, dans son roman  » Les travailleurs de la mer « , l’a fabuleusement décrite.Voici l’image terrifiante qu’il donne de cette créature immonde :

La pieuvre n’a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante ou contondante, pas d’ailerons tranchants, pas d’ailerons onglés, pas d’épines, pas d’épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents.

La pieuvre est de toutes les bêtes la plus formidablement armée.

N’est-ce pas là, mes amis, la description de l’ignorance, mère de tous les maux qui dévastent les sociétés ; notre ennemie et celle de nos enfants ? Et, comme le héros du roman, nous devons mener contre elle, un combat sans merci pour protéger nos corps de ses huit tentacules «  sous chacune d’elles s’allongent parallèlement deux rangées de pustules décroissantes, les grosses près de la tête, les petites à la pointe. Chaque rangée est de vingt-cinq ; il y a cinquante pustules par antenne, et toute la bête en a quatre cents. Ces pustules sont des ventouses… », des suçoirs par lesquels la bête hideuse se délecte en nous vidant de nos facultés de raisonnement, de compréhension, d’analyse, de discernement, de jugement, d’imagination…

En luttant contre l’ignorance, en tuant la pieuvre, se découvrent à nos yeux décillés les faussetés qui jalonnent le chemin de l’école, dégarnissent les cartables, ferment les classes, noircissent les horizons, répandent les rumeurs.

On prétend qu’on peut récupérer pédagogiquement le retard d’un mois en une semaine de 5 jours, toutes disciplines enseignées confondues, et achever le programme annuel en deux trimestres. Ou, si vous voulez, du point de vue financier, on peut se faire payer un mois d’arrêt de travail en ne bossant qu’une semaine. Et encore…

Est-t-il possible de faire du temps de travail un temps de vacances et vice versa ? De donner à un supposé  » rattrapage  » un effet pédagogique fulgurant sur la préparation des élèves à l’examen, comme les prétendues potions magiques de la Tahtaha d’antan ? (résultats garantis ! jurait le guérisseur). Ou, d’imposer le volontariat aux enseignants pour donner un surplus de cours de  » soutien  » à des élèves qui, par l’assiduité de leurs maîtres, n’ont pas été du tout perturbés dans leurs études durant le trimestre ? Mais, qui aura le courage de venir nous présenter une quelconque réflexion, une étude, sur ce genre de soutien qu’on dispense à tous les élèves, sans discernement de niveaux, dès le premier jour des vacances, et après tout un trimestre de travail ? De quel droit menace-t-on de rogner des points de la prime de rendement des enseignants qui ont été ponctuels, ont fait leur travail et aspirent à des vacances décidées par le ministère ? Quand va-t-on cesser,  au niveau local, d’aller à l’encontre des décisions à portée nationale ? Quand va-t-on comprendre que, dans des conditions de scolarité normales, les vacances sont partie intégrante du programme de l’école ? Que les vacances font partie du temps de la famille ? Que dans d’autres pays elles sont prises en compte dans un plan national qui vise à relancer la consommation de produits et de services répondant à un besoin de loisirs et de détente, surtout chez les jeunes ?

Dans  » L’approche systémique », un livre édité par L’UNESCO, sous la direction de Jacques HALLAK, si mes souvenirs sont bons, il y avait cette formidable apostrophe :  » En Éducation, les bonnes intentions ne suffisent pas. » J’ajouterai de ma part, quelles sont – parfois – un met de choix et de « chwa » pour notre ennemie la pieuvre, qui en raffole de lyrisme et de sensibilisme.

Ne sait-on pas que le bourrage des crânes a été partout décrié ? Que la réussite d’un système scolaire ne dépend pas du poids de ses contenus ? Que l’effort intellectuel est aussi épuisant que l’effort physique ? Pour quel besoin déclencher ce remue-ménage et apprivoiser la pédagogie selon les humeurs personnelles, les velléités de grandeur, comme si elle était un oiseau en cage ? Quel intérêt y a-t-il à priver nos enfants de sommeil ? Ne sait-on pas que certaines nations célèbrent leur journée nationale du sommeil ? Que leurs instituts font des études sur le sommeil et dispensent des conseils à leurs citoyens ? Que, comme il a été dit précédemment  » le sommeil est l’hygiène du système nerveux  » ?

La pédagogie n’a été ni un grade, ni un luxe, ni un ornement. Elle n’a ni képi, ni bâton de maréchal, ni médailles de mérite. Elle est l’ensemble des situations, des prédispositions, des conditions, par lesquelles évolue la relation entre adultes et enfants dans le but de donner à ces derniers les moyens de parfaire leur propre développement physique et mental, au vu de l’histoire, du progrès des hommes, leurs valeurs et leurs lois.

Le développement n’a rien d’un contenu appréhendé uniquement par la somme des connaissances qu’il dispense. Certains doivent réapprendre à bâiller pour découvrir les bienfaits du sommeil sur la santé des enfants. À les voir continuellement les yeux ouverts, rougis, on se demanderait par quel miracle ces adultes ont été enfants ? Par quel chemin sont-ils arrivés à occuper un coin dans une classe ou dans la cour de l’école ?

Au fait, ont-ils entendu la cloche de l’âge sonner la fin de la récréation?

La nullité ne peut engendrer qu’elle-même. Le silence en est son cri perçant. N’est-ce pas là le signe incontestable d’un véritable dysfonctionnement dans les rouages de notre école ? Où se cache ce grain de sable qui crée tous ces blocages ? Où est celui qui veille sur le grain ? Bâille-t-il ? Pour dormir ou pour se réveiller ?

  1. Mialaret, ce défenseur des sciences de l’Éducation, conseillait aux enseignants de s’assurer de trois choses avant d’entamer leur première leçon de la journée, à savoir que :

1- Les élèves ne souffrent pas d’un manque de sommeil.

2 – Ne sont pas malades.

3 – N’ont pas faim.

Les UDS et les cantines scolaires se chargent, tant bien que mal, de satisfaire aux besoins de [2] et [3]. Le sommeil [1] reste du ressort de la famille. C’est son domaine privé.

Jamais l’école, telle que nous l’avions connue, vécue, par ses programmes et ses méthodes d’enseignement, ses processus d’apprentissage et ses modes d’évaluation, son découpage de l’année scolaire, ne s’est permise de venir troubler ce sommeil si essentiel â l’équilibre nerveux et psychologique de nos enfants.

Il y avait un temps pour les études, un autre pour les vacances. Et l’importance que revêt l’un, est celle-là même que revêt l’autre.Quelle est donc cette entreprise infantilisante qui décide pour nous ?

Qui s’empare, sans nous consulter, de nos enfants pendant leurs vacances comme s’ils étaient des « objets » exposés à tout vent dans notre regrettée « Triglartic » ?

Qui s’évertue à prôner 3ataba, istidrak, da3m ; des mots confinés dans des significations déviées de leur contexte, et qui par la fréquence de leur redondance, outrepassent la limite tolérée ? Des termes qui démontent l’école de son socle ? Des vecteurs de virulence, d’échec et autres sujets qui fâchent ?

Qui prive nos enfants d’un sommeil réparateur alors qu’ils en ont besoin pendant leurs vacances ? Qui transforme leurs rêves en cauchemars ? Qui vient jusqu’au seuil de notre porte afficher son  » seuil « , gros comme un intestin ?

Quelle nous ouvre la porte de sa médiathèque, sa bibliothèque, cette école ! Quelle nous fasse connaître ses références et ses maîtres, plutôt que de nous faire part de ses  » bonnes intentions  » ! Quelle tienne des conférences, traite des questions importantes, confronte ses opinions, réponde aux critiques, pour que le public en juge de ses réelles compétences !

– Donner des conférences en pédagogie ? Et, publiquement ?

– Arrêtons, s’il vous plaît ! Je bâille ! Cogitons, si vous le voulez bien : je bâille, donc je vais dormir !

En conclusion je dirais ceci :

Quand un élève bâille en classe, c’est à l’école de se réveiller !

Mais, avant de mettre le point final, vivons ensemble ce moment fort, décisif, où le héros de Victor Hugo, enlacé par cinq tentacules, affronte la pieuvre :

Il regardait la pieuvre, qui le regardait.

Tout à coup la bête détacha du rocher sa sixième antenne, et, la lançant sur Gilliatt, tâcha de lui saisir le bras gauche.

En même temps elle avança vivement la tête.

Une seconde de plus, sa bouche-anus s’appliquait sur la poitrine de Gilliatt. Gilliatt, saigné au flanc, et les deux bras garrottés, était mort.

Mais Gilliatt veillait.

Guetté, il guettait.

Il évita l’antenne, et, au moment où la bête allait mordre sa poitrine, son poing armé s’abattit sur la bête.

Il y eut deux convulsions en sens inverse, celle de la pieuvre et celle de Gilliatt.

Ce fut comme la lutte de deux éclairs.

Gilliatt plongea la pointe de son couteau dans la viscosité plate, et, d’un mouvement giratoire pareil à la torsion d’un coup de fouet, faisant un cercle autour des deux yeux, il arracha la tête comme on arrache une dent.

Ce fut fini.

Toute la bête tomba.

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Posté par le Avr 8 2015. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, ÉDUCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

28 Commentaires pour “Apprendre à bâiller/ Par OULHISSANE Tayeb.”

  1. elhadj abdelhamid

    Bonsoir
    La photo de l’enfant qui baille avec sa légende L’être humain baille dès les premiers jours de sa naissance impose une remarque. L’enfant commence à bailler, dans le ventre de sa mère, dès la 12ème semaine de la gestation.

  2. Mohammed

    Bonjour, très bonne contribution qui a le mérite de jeter l’éclairage sur une thème peu ou rarement abordé. Bonne continuation si Tayeb O

  3. Amirouche

    OULHISSANE

    Merci si Tayeb pour cette contribution

    D’un point de vu médical , un excès de bâillements peut être un symptôme d’une pathologie neurologique lésionnelle ……Il y a 13 ou 14 ans , j’étais avec une famille dont le bébé avait reçu un choc au cerveau, c’était un traumatisme crânien , le médecin chef de service avait décidé de le faire sortir du coma mais le bébé n’arrêtait pas de bailler continuellement ……C’était une erreur médicale grave car il fallait immédiatement le remettre en réa ,chose que le toubib ne l’a pas faite ……
    je suis un peu hors sujet mais j’ai pensé que cette information est très importante .

    Je me permets juste de rajouter que le futur du verbe bâiller est  » je dors  » , que le plus grand bâillement au monde ,à la limite de l’éclatement de sa « gueule » est celui de l’hippopotame et le plus important c’est d’ apprendre à nos enfants de bâiller la bouche fermée (rires)

    Tous mes respects à si Tayeb

    • oulhissane

      Amirouche, salam,

      Votre contribution enrichit le sujet. Elle donne une idée sur les patholohies qui peuvent affecter l’acte  » bâiller ».
      Il m’a été donné de rencontrer des cas où le fonctionnaire de l’éducation réagit avec rudesse et finit par regretter son geste en invoquant la même et sempiternelle excuse : je ne savais pas.

      • Amirouche

        Oulhissane

        Sallam Cheïkh

        ……………Le bébé en question est aujourd’hui un enfant handicapé ……..son handicap pouvait être moins lourd si le médecin l’avait mit en réa sous oxygénation dès les premiers bâillements ,mais « hada el mektoube ». (Allah yahfad wlidatna)
        Bénévole dans le domaine du polyhandicap , je sais que bâiller n’est pas pathologique en général ,mais trop bâiller , avec une fréquence anormale , c’est automatiquement le cerveau qui a un problème et demande à s’oxygéner .La prise de quelques médicaments peuvent en être la cause aussi . L’éducateur ou l’intervenant médical doit tout de suite faire un signalement ( vous le dites si bien dans votre réponse à @ Noré , consulter le dossier médical de l’élève,contacter ses parents …).
        Mais que l’enseignant ne s’inquiète pas si son élève mange « une zlaffa de berkoukess+ litro l’bane » et qu’il rejoint son école à 13 h sous 35°C ,c’est sûr qu’il va bâiller et même ygueyel en plein cours (rires)
        Joumou3a moubaraka

  4. Nore

    Du pain sur la planche aux enseignants pour débattre avec mr oulhissane qui demeure a encourager vivement

  5. chaibdraa tani djamel

    Quand on baille ,on cache la bouche !

    • oulhissane

      Djamel, salam,

      Il parait que c’est pour interdire l’entrée au chaytane. Ce geste a été remarqué chez les musulmans..à ce qu’on dit.

  6. Nore

    @Mr Oulhissane j’avais omis de vous poser une question Quelles solutions en classe face a ces petits ou grands bailleurs Doivent ils être sanctionnés bannis des cours ?Enfin une réponse de pédagogue non administrative est dans mon souhait

    • oulhissane

      Nore, re-salam,
      El haj Abdelhamid nous apprend que l’enfant bâille dès la 12ème semaine de la gestation.
      El haj Amirouche nous apprend de son côté que trop bâiller peut être le signe d’une pathologie neurologique, et il cite un cas vécu pour illustration.
      C’est avec ces deux importantes remarques que l’enseignant décide de son intervention.
      Il devrait consulter le dossier médical de l’élève.
      Il devrait contacter les parents de l’élève.
      Toute intervention pédagogique doit se référer aux lois du developpement physique et mentale de l’enfant.
      Bâiller est un réflexe involontaire qu’on ne peut brimer.

      • ouriachi z

        @Sidi moufatich la voix de belabbes et sa rubrique hôte du journal ou je vous ai agréablement découvert sans avoir pipe un motest intéressante mais ou sont les collègues pouvant dire davantage?Vous vous avez été majestueux avec ce sujet

        • oulhissane

          Ouriachi Z, salam,

          Merci pour votre  » sidi moufatich » , c’était pathétique, pour moi bien sûr.
          En vérité j’étais habitué durant toutes mes années à entendre « cheïkh ».
          Certains préfèrent « oustadhi ».
          Merci.

  7. benattou

    On dit bailler de sommeil,de faim, bailler à se décrocher la mâchoire.
    Ya si Tayeb merci pour cet article .J’ai lu un livre sur l’Émir Abdelkader qui malgré la vie
    mouvementée qu’il menait en luttant contre la colonisation sur tous les fronts, l’Émir
    Abdelkader n’a jamais cessé d’étudier, de lire, d’écrire, de se documenter, il était au courant
    de ce qui se passait aussi bien en Algérie qu’a l’étranger.Il avait toujours avec lui des
    ouvrages ou des manuscrits qu’il consultait à tout moment. »Il y a deux éloquences; celle
    de la langue et celle de l’écriture; celle-ci a la supériorité car ce que fixe la plume a la
    durée du temps , ce que dit la langue s’efface en peu d’année .Bon courage.

  8. ghosne

    Salem, « Tu bâilles Brutus alors que Rome brûle…. » On dit qu’un bon bâilleur en fait bâiller DIX. Bâiller est un réflexe , savoir le faire sans montrer ses dents de sagesse …. certains ont la machoîre qui boque et se retrouve aux urgences ……

  9. Sincère

    Bonne contribution !!

    Il faudra un BAILLEUR de FOND pour pouvoir la traduire en arabe (pour les arabophones) et l’imprimer et distribuer à un large public.

  10. elhadj abdelhamid

    @Oulhissane, Salam
    Merci d’avoir « réhabilité » un réflexe naturel, bâiller, considéré souvent comme une inconvenance au même titre que le rot qui doit être lui aussi masqué, par politesse. Pourtant, il on fait bien « roter » les bébés après un biberon avec une « prise d’air ». Pour les écoliers, le délit de bâiller est souvent punissable d’une petite exclusion de la classe parce qu’il incommode l’enseignant qui peut penser qu’il ennuie ses petits surtout que le bâillement est hautement contagieux. Tousser, ou toussoter, est aussi fortement transmissible en classe. Mais il n’y a pas que les petits qui sont souvent des moutons de Panurge. Vous pouvez en faire l’expérience, dans un cinéma, par exemple. Servez la salle d’une belle petite quinte de toux volontaire au milieu d’un film et vous verrez que, bien avant la fin de la séance, tout le monde, balcon et orchestre, placeuses comprises, aura…toussé quellle que soit la saison !

  11. elhadj abdelhamid

    @Oulhissane, Salam
    Merci d’avoir « réhabilité » un réflexe naturel, bâiller, considéré souvent comme une inconvenance au même titre que le rot qui doit être lui aussi masqué, par politesse. Pourtant, il on fait bien « roter » les bébés après un biberon avec une « prise d’air ». Pour les écoliers, le délit de bâiller est souvent punissable d’une petite exclusion de la classe parce qu’il incommode l’enseignant qui peut penser qu’il ennuie ses petits surtout que le bâillement est hautement contagieux. Tousser, ou toussoter, est aussi fortement transmissible en classe. Mais il n’y a pas que les petits qui sont souvent des moutons de Panurge. Vous pouvez en faire l’expérience, dans un cinéma, par exemple. Servez la salle d’une belle petite quinte de toux volontaire au milieu d’un film et vous verrez que, bien avant la fin de la séance, tout le monde, balcon et orchestre, placeuses comprises, aura…toussé quelle que soit la saison !

  12. OUERRAD

    Un lion qui baille , cela ma rappelle quelqu un ,pas vous @MIROUCHE .Si tu vois qui c est ok sinon je te dirais hors VD SBA , ici je suis personna non grata a ce jeu la , que j affectionne tout autant que toi .
    JOUMOU3A MAKBOULA SAHBI de la bas ,,,,,

  13. oulhissane

    Si OURRED salam,

    Croyez moi, si OURRED, j’ai prié Allah ce vendredi pour que vous disiez cette phrase
    ci-dessus. En effet, c’est trop long, je m’excuse pour cette fois-ci.
    Pour la prochaine fois, je prépare un sujet plus long que celui-ci. Je demanderai donc à LVSBA de le publier en plusieurs parties.
    Si OURRED, merci de votre remarque.

    • OUERRAD

      MERCI , OUSTADH , de le prendre de ce cote la , j avais peur que vous le preniez a mal .
      C est vrai , je suis venu a la VD SBA pour me distraire et SAHBI @MIROUCHE le sais tres bien , on a meme tous deux demander la creation d une rubrique detente que l on attend toujours .Maintenant , s il faut vse documenter j y vais sur GOOGLE .
      Sinon une anecdot BEL ABBESIENNE en passant :quand je tenais le kiosque familial avant la librairie BENAOUDA ould EL MRENAKH RABI YARHMOU EL YOUM EL JOUMOU3A , venait tout temps lire des romans policiers chez moi .Comment , simple il lisait lesdeux ou trois p^remiere pages , puis les trois ou quatre dernieres et me disait / C EST BON J AI TOUT COMPRIS .
      Par contre , il y avait un gars qui avait fait l URSS pour devenir officier dans la marine dont j ai oublie le nom , son prenom c est KOUIDER ; il lisait mes bouquins en 15 ;20 minutes mais totalement , chose incroyable pour moi le jeune ado que j etais , le gars etait de BARRYALTO ? SI QUELQU UN LE CONNAIT .
      Je continuerais quand meme a vous lire , meme en baillant sur trois ou quatre pages
      KHAYICALEMENT , en souvenir des annees aux lycees LAPERRINE , el DJALA puis AZZA .
      Mais , je ne pourrais pas venir le samedi 25 Avril , our raisons perso .

  14. Votre ancien élève

    Très cher professeur, ce thème mérite un séminaire au profit des enseignants ( primaire, moyen, secondaire) J’ai compris certains points, mais je n’ai pas compris d’autres, ce qui est apparant ( est clair ) mais ce qui est caché ( entre les lignes) (est sombre), je n’ai pas pu l’assimiler. Par exemple: qui est fautif ? l’élève qui baîlle ou le professeur qui le punit? Pourquoi tout le monde a le droit de baîller sauf la giraffe? Qui est la pieuvre ? Qui sont ses tentacules? Vous avez touché à des points qui paraîssent ne pas avoir de points communs mais au fond tout est lié et c’est ça qui m’intrigue, ça mérite d’être éxplicité encore plus ( surtout ce qui est entre les lignes)
    Je m’éxcuse, c’est ce que je pense.
    Que pensez – vous de? :
    Un éducateur a pu dire: « Décrivez – moi les examens, et je vous décrirai le processus scolaire. »

  15. oulhissane

    Mon ancien élève, salam…

    Vos questions nécessitent un débat. Elles sont pertinentes, du genre ouvertes, où chaque réponse a droit de cité. L’éducation est une affaire de tous.
    Il est vrai qu’elle se discute en circuit fermé. C’est vrai aussi qu’elle est astreignante.
    Voilà la réponse de Claparède :
     » C’est justement pour préparer à la vie que l’éducation doit être une vie. Et si l’éducation se propose d’être une préparation à la vie, sans être elle-même une vie… elle ne prépare pas à la vie. »
    Soyons cléments et disons : il faut de la vie pour qu’il y ait de l’éducation.
    Bonne lecture.

  16. Imène

    Mr. Oulhissane : Bonsoir ! tlm ..
    Merci pour cette contribution trés intéressante , fructueuse qui nous apprend un peu plus sur ce reflexe -somme toute anodin -( du moins en apparence ) que celui d’ouvrir la bouche à s’en décrocher la mâchoire !! pas si simple..néanmoins le récit est long , chargé de digressions – ingénieuses certes – même si par endroit je n’arrive pas toujours à saisir ( aisément ) le rapport avec le thème principal.
    Comment apprendre à baîller ? ou comment réprimer le baîllement ? ( sans trop se faire de mal ) that ‘s the question ?? On nous a toujours appris que baîller en public est  » trés mal élevé  » qu’il faut savoir réprimer ce reflexe en mettant la main devant la bouche ..surtout qu’un baîllement peut en cacher une salve ! une série d’autres longs et prononcés jusqu’aux larmes !et que c’est terriblement contagieux .. Reprimer telle est la règle de la bonne conduite sociale même si votre ( vos ) interlocuteur vous ennuie à mourir , que votre estomac gargouille et crie à la faim , ou que vous vous emm…grave ! ( ds tel ou tel endroit ou situation ) réprimer ! j’ai lu qu’on pouvait interrompre le baîllement en se pinçant le nez , en grinçant les dents ( c pas élégant non plus ! ) ou en se rafraîchissant le front d’eau froide ..
    enfin.. les  » baîlleurs  » peuvent s’estimer heureux comparés à ceux qui ont des gazs intestinaux qu’ils ne peuvent pas  » contrôler ou dissimuler  » ou encore ceux qui éructent fréquemment ..parceque les flatulences et éructations peuvent être des motifs de licenciement ! considérés comme des  » perturbations sonores  » pouvant générer des problèmes , des tensions au sein d’un collectif de travail..!
    Mr Oulhissane , la prochaine fois – in chAllah – écrivez vos articles en  » halakat  » l’idée est géniale , c »est un tel plaisir de vous lire ! Salem Oulhissane , Tous !

  17. oulhissane

    Imène, salam, à tlm…

    En Éducation, j’apprends,moi aussi, en lisant les avis des autres. C’est fort utile pour arriver à un consensus où les intérêts des enfants et leurs droits seront préservés.
    Et puis il y a cette maxime de Socrate qu’on nous a apprise en première leçon : « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien. »
    En éducation, on apprend toujours. Et c’est un plaisir de vous lire, ainsi que ceux qui enrichissent le sujet.
    C’est une bonne idée de présenter les sujets en halakates. J’en ferai la proposition à LVSBA.
    Merci de votre lecture.

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