La Voix De Sidi Bel Abbes

Allô ! Police… un travailleur étranger réclame son salaire

Dans les Hauts-de-Seine, un employeur a organisé l’arrestation d’un de ses salariés sans papiers qui revendiquait le paiement de son salaire. Syndicats et associations exigent le rétablissement du travailleur dans ses droits et la condamnation du patron voyou.
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Saliou B est sorti, lundi soir, du centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir (Yvelines). Vendredi dernier, il était convoqué pour un entretien préalable à son licenciement par le patron de l’entreprise de nettoyage pour laquelle il travaille. C’était en fait un guet-apens tendu par l’employeur. Au lieu de se voir signifier une rupture de contrat, Saliou B a été arrêté par la police, placé en garde à vue puis en rétention. « Ils m’ont menotté comme si j’étais un criminel, explique le travailleur. Les mains dans le dos, ils m’ont forcé à m’asseoir comme ça dans leur voiture. C’était pour mon patron le meilleur moyen de me licencier sans me payer les salaires qu’il me doit. » Saliou B est un travailleur sénégalais sans papiers vivant en France depuis 2011. Il est employé en CDI, depuis le mois de janvier 2014, au sein d’une entreprise de nettoyage, à Malakoff (Hauts-de-Seine). Au mois de mai, cumulant des heures supplémentaires, il demande à ce qu’elles lui soient payées. L’employeur, qui, lors de l’embauche, ne lui avait demandé aucun justificatif d’identité ni même un numéro de Sécurité sociale, commence alors à s’intéresser de près à sa situation administrative et le menace de prévenir la police. Le patron voyou va plus loin et stoppe également le versement de son salaire.

« Cet employeur a agi en dehors 
de toute légalité »

Après cinq mois de travail sans rémunération, Saliou B téléphone au dirigeant qui réitère ses menaces. L’employé lui adresse alors un courrier dans lequel il explique qu’il va saisir le conseil de prud’hommes si ses droits ne sont pas rétablis. « J’ai ensuite reçu une convocation, raconte le salarié bafoué. Je me suis rendu au siège de l’entreprise. Pour entrer, il y a une sonnette. Ils verrouillent et déverrouillent la porte de l’intérieur. C’est pareil pour ressortir. Je suis entré. Ils ont directement appelé la police. J’étais pris au piège. Dix minutes après, les forces de l’ordre sont arrivées et m’ont arrêté. » En rétention, Saliou B passe devant le juge des libertés et de la détention qui prolonge dans un premier temps son maintien en CRA. Le travailleur fait appel et obtient finalement sa libération. Libre, mais toujours pas payé. « C’est une situation complètement inédite, commente Maryline Poulain, responsable du secteur immigration à la CGT de Paris. C’est extrêmement grave qu’un employeur puisse appeler la police lorsqu’un salarié veut s’appuyer sur le droit du travail. » D’autant que l’emploi de travailleurs sans papiers est courant. Les syndicats ont conquis, ces dernières années, la mise en place de l’attestation de concordance. Un formulaire, cosigné par un patron et un employé sans-papiers, permet de reconnaître les fiches de paie réalisées, par le passé, au nom d’un autre travailleur. C’est-à-dire avec le titre de séjour d’un tiers. Ce document a été validé par l’État. Dans le cas de Saliou B, lors de la signature du contrat, l’employeur ne s’était pas embarrassé d’une telle procédure. « L’État reconnaît, d’un côté, l’attestation de concordance et le droit au travail des sans-papiers, continue la syndicaliste. De l’autre, il les arrête pour usurpation d’identité. C’est de la schizophrénie ! » Toutes les confédérations syndicales sont indignées. « On va contacter l’inspection du travail, promet un responsable local de l’union syndicale Solidaires. On va aider Saliou B à obtenir sa réintégration dans ses droits. Cet employeur a agi en dehors de toute légalité. » Pour l’heure, le salarié s’inquiète surtout pour son titre de séjour. « La police a conservé le document espagnol avec lequel je suis arrivé en France, explique-t-il. À ma sortie du CRA, ils m’ont dit de retourner en préfecture pour le récupérer. Je ne sais pas ce qu’il va se passer, là-bas. » Les patrons malhonnêtes, irrespectueux du droit du travail, exploiteurs de main-d’œuvre vulnérable, peuvent-ils désormais compter sur la protection de la police ? Les associations de défense des étrangers sont révoltées. « Le procédé est scandaleux, martèle Sylvain Goldstein, président de la fédération 93 du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Les salariés sans papiers n’auraient plus le droit de faire valoir leurs droits devant la justice prud’homale sans être inquiétés par la police… C’est le fonctionnement d’une république bananière. Il ne manque plus que les chaînes aux pieds ! »

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Posté par le Déc 30 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

16 Commentaires pour “Allô ! Police… un travailleur étranger réclame son salaire”

  1. OUERRAD en squatteur

    Plus voyou que moi tu meurs ?

  2. lecteur

    Comdamnable attitude !

  3. gherbi sba

    Rien n’est étonnant dans cette société !

  4. BADISI

    Manger de l herbe dans mon pays que d aller travailler chez ces sauvages

  5. Mme CH

    Mais ça se passe où…tout ça….???? Ne me dites pas en France….??? Ohhhhh…!!!

    Dans un pays sous-dev, j’aurais compris, mais là bas chez nous….c’est incompréhensible…..!!!! Eh bien je crois que la crise bat son plein et les premières victimes, comme toujours, sont les maillons faibles de la chaîne…..!!!!

    Mais pour l’uranium, le diamant, le pétrole, l’or…etc…., ces africains ne réclament que leur dû, et encore, ce n’est pas cher payé…!!!

  6. merabbi

    Madame CH Barkina ya oukhti ! dork hadouk elli ma yabghouch ala franca ye zaafou .
    Bonne Fête du MAWLID ENNABAWI et bonne année grégorienne.
    IN CHALLAH essaha ouel aafia.OUEL imane likoulli al AA ILA

    • Mme CH

      Si merabbi, comment allez-vous….??? Eh bien, dans ce cas là, la Matmoura est très grande et elle peut contenir beaucoup de monde….!!!!! Un coucou à Vieux..!!!

      Merci mon frère, bonnes fêtes à vous aussi, ainsi qu’à toute la famille….!!!! Mais tout dépend de ce que vous allez fêter….!!!!

      Le célèbre astronome Johannes Kepler s’amusait à dire que les protestants préféraient être en désaccord avec le soleil plutôt que d’être d’accord avec le pape, en référence à leur rejet de la réforme du calendrier Julien….!!! Juste pour dire que nul n’est parfait…!!!

      Quant au Mawlid Ennabawi, tout dépend aussi de la manière dont on le fête, si c’est seulement une affaire de bouffe et de pétard, comme tout le reste……???!!!!!

      Portez-vous bien Monsieur….!

  7. brahimi

    UN PUR FERANCAIS DE SOUCHE NE FERA JAMAIS CE TRUC LA…EN PLUS, LA FRANCE A TELLEMENT BESOIN DES IMMIGRES AFIN DE REALISER LES PIRES TRAVAUX QUE LES FRANCAIS BOUDENT…L’ETAT DOIT RECOMPENSER MONSIEUR SALIOU ET REGULARISER SA SITUATION CAR IL EST EXEMPLAIRE ET GAGNE SA VIE AVEC SA SUEUR.MALGRES TOUT ON FAIT COFIANCE A LA FRANCE PAYS DE DROIT PAR EXCELLENCE.LIBERTE..EGALITE..FRATERNITE.

    • OUERRAD en squatteur

      Tout cela n est pas nouveau , juste que depuis un moment les langues se delient ;existe t il encore des Francais de souche ??
      Les vieux Francais sont tous , soit decedes , soit sous d autres cieux plus clements , leur progeniture avait opte pour les filles venues d ailleurs , pays de l est entre autre .

  8. Omar

    Brahimi, la France Pays de doit vous dites ? et mon C…. ce n’est pas du poulet ? de nos jours il y’a des milliers d’immigrés qui travaillent au noir et se font exploités la peur au ventre à savoir si la fin du mois reçoivent leurs salaires parce qu’ils n’ont pas le choix.Ce qu’on peut dire au sujet des mangeurs de cuisses de grenouilles c’est qu’ils sont vénéneux dans leurs gènes je ne dirai pas tous mais ?

  9. merabbi

    Merci à vous et à toute la famille ,pour la fête du MAWLID inchALLAH ce sera avec le DIKR et pour la nouvelle année ,Demain le 1 Janvier c`’est l’échange des voeux de prospérité ,avec les collègues « IKHWANOUNA FIL INSSANIA »

    C oté bouffe comme d’ habitude ouel hamdouliLLAHI .
    Espérons que ce sera de même pour tous et toutes et Attention aux BIDAA

  10. merabbi

    Pardon ,le message était pour Mme CH.

    • Mme CH

      Merci Mr merabbi, oui, un peu de Dikr ne tue pas…et vous avez raison d’attirer notre attention sur le phénomène des « BIDA3″…!!!

      Elle est bonne cette réplique de « IKHWANOUNA FIL INSSANIA »…!!! Pourquoi elle existe encore « EL INSSANIA »…??? Où…sur quelle planète…???

      Fraternellement…!!!

  11. Mohand

    les étrangers seront embauchés d’une manière ou d’une autre, car cette main d’œuvre coute moins cher . Même recruté officiellement, un cadre algérien ou tunisien touchera les 3/4 du salaire d’un français. Pour un salaire de 4000 euros par mois, la France gagne 1000 euros: les occidentaux comptent bien leur sous, et enfin pour ne rien débourser, soit ils te dénoncent , soit ils te mettent de la pression.
    Enfin de tels agissements sont moindres chez les anglo-saxons.

  12. Mohand

    Né de parents algériens en 1962 à Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône, Moussa Nouï est menacé d’expulsion vers l’Algérie. Dans un entretien accordé à La Provence, il affirme pourtant n’avoir jamais quitté la France et ne pas connaître le pays de ses parents. Contrairement à tous ses frères et soeurs, le Tribunal Administratif lui refuse d’accéder à la nationalité française. Il a toujours vécu dans l’Hexagone, mais en tant que ressortissant algérien, bénéficiant de cartes de séjour. Une situation incompréhensible pour lui et sa famille.

    L’EXPRESS

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