La Voix De Sidi Bel Abbes

Al adhân,Un véritable patrimoine culturel immatériel de l’humanité

L’appel à la prière du muezzin renferme une dimension historique, sociale et culturelle insoupçonnée…

kamet

– Sur le plan musicologique, a-t-on idée de  l’adhân original ?
Non, pas plus que des hypothèses. La première exécution d’un adhân remonte à l’an 632, elle a été donnée par Bilâl Bnu-Rabâh à Médine. Bilâl était d’origine éthiopienne de par de sa mère, mais de culture arabe de par son vécu comme esclave à la Mecque. On sait qu’il avait des capacités vocales remarquables puisque le Prophète lui-même l’avait désigné plutôt que ceux qui lui ont révélé concurremment comment ils avaient rêvé la façon et les paroles de l’appel à la prière, non encore établis en cette première année de l’Hégire, à savoir Abdullah Bnou-Zayd et Omar Bnou-l-Khattab. Dans cette histoire, relatée à quelques variantes près, par différents témoins du choix de l’appel à la prière et du adhân, le Prophète ne va pas seulement désigner Bilâl comme premier muezzin en Islam, mais il va donner l’argument de son choix : «Innahu (en parlant de Bilâl) andâ sawtan mink» (Ibnu-Majah n° 706), ce qui nous laisser penser qu’il avait une voix, non seulement belle et juste, mais également puissante et largement diffuse. Là, on est face à une réflexion très intéressante, celle de la part de la musique et de l’esthétique dans l’Islam, étant donné que le choix de Bilâl a été notamment établi sur un argument acoustico-vocal.Il se trouve que certaines sources relatent une expérience musicale de Bilâl dans sa vie qoreichite d’avant l’Islam. Quel type de voix avait-il ? Quels modes utilisait-il ? Est-ce du pentatonisme africain hérité de la culture de sa mère éthiopienne ? Est-ce des vocalises dans le style du huda’ des chameliers arabes ? Ou avait-il écouté les chanteurs privilégiés de Qoreich qui souvent se concurrençaient dans l’imitation du style persan, très à la mode à l’époque ? Un tas de questions à creuser, qui pourront nous conduire hypothétiquement à l’esthétique du premier adhân. Une pratique qui serait, à mon avis, très différente de celle de l’appel à la prière d’aujourd’hui, même à la Mecque ou à Médine, et ce, pour une infinité de raisons historiques, politiques, culturelles, urbanistiques, artistiques, organologiques, etc.

 

– Quel est le degré des variations et de similitudes, selon les régions du monde musulman ?
A part les quatre phrases qui ont été rajoutées ultérieurement dans la version chiite, notamment celle qui fait référence à Ali, portant ainsi le nombre total de phrases du adhân à 19 au lieu de 15 comme chez les sunnites (13 chez les malikites) ; à part une adaptation turque et momentanée du texte du adhân sous la réforme kémaliste dans les années 1930 ; et à part quelques rares exceptions touchant à la forme et aux phrases, le texte du adhân est resté inchangé depuis le VIIe siècle. Ce qui n’est pas du tout le cas de la musique, puisque de milliers de mélodies ont orné et embelli al adhân partout dans le monde. On estime au nombre de 2,5 millions les appels du adhân dans diverses interprétations, et ce, rien qu’à Al-Masjid An-Nabawi, la mosquée du Prophète à Médine. En effet, les styles mélodiques et vocaux du adhân sont aussi diversifiés que le sont les musiques des différentes aires islamiques. Par exemple : au Maroc et en Algérie, la tradition fait appel aux ornementations modales du tab‘ et à la technique vocale des chanteurs de la musique arabo-andalouse. Dans le Sahara et dans les steppes du Maghreb allant jusqu’à la Tunisie et la Libye, l’appel à la prière est caractérisé par sa sobriété et son pentatonisme. En Egypte et au Proche-Orient, l’appel des muezzins se manifeste dans le même registre de la voix utilisée dans le tarab, avec des phrases très longues et très riches en mélismes et en glissandi. Pareillement, dans chacun des styles mecquois, iranien, turc… Geste, matériau, vocalité et expression ne seront jamais pareils et reflèteront à chaque fois la langue parlée et l’esthétique musicale spécifiques à chaque région. De ce point de vue, et au-delà de sa dimension religieuse et communautaire — et là, c’est l’idée centrale de la thèse de doctorat que je mène à la Sorbonne au laboratoire «Patrimoines et Langages Musicaux» — al adhân peut être étudié en tant que phénomène sonore urbain reflétant une identité musicale et culturelle locale distincte.

 

– Mais d’où viennent ces variations ?
Du paysage sonore de chaque cité musulmane et qui résulte de l’interaction de multiples paramètres spécifiques à chaque région : la géographie, l’urbanisme, les dialectes et les accents linguistiques, les musiques locales et les modalités utilisées, etc. Jusqu’aux années 1950-1960, chaque ville, parfois chaque quartier, avait, comme une sorte d’empreinte sonore, son propre adhân et son muezzin élu, détenteur d’un style authentiquement local de l’appel à la prière. Personnellement, j’ai pu observer cela durant mon enfance au Sahara, quand les vieilles personnes me parlaient de mon arrière grand-père que je n’ai pas connu et qui était muezzin, tantôt pour louer sa piété, tantôt pour me raconter, non sans orgueil, et dans un récit qui frôlait le fabuleux, les facultés vocales extraordinaires de Si Tahar ben Dada et de sa voix qui pouvait, quand il n’y avait pas de vent à l’aube, réveiller les habitants de Ksar el-Hiran, un village situé à une trentaine de kilomètres de Laghouat.

 

– El adhân a-t-il inspiré des compositeurs ou servi de matériau musical ? Pouvez-vous nous en donner des exemples ?
En tant que phénomène sonore, al adhân a pu influencer, dès le XIXe siècle, les premiers compositeurs orientalistes. En 1850, Ernest Reyer, un compositeur français qui avait passé sa jeunesse en Algérie, a choisi de clôturer son opéra «Sélam» par le tableau d’un muezzin appelant à la prière les pèlerins revenus de la Mecque avant qu’il ne rejoigne ensuite leurs chants et leur fête. Quant au compositeur polonais, Carol Szymanowski, sa fascination pour l’Orient et sa curiosité pour l’Islam l’ont conduit, non seulement à faire un long périple maghrébin mais elles ont été admirablement exprimées dans des œuvres telles que Le chant du Muezzin passionné pour chant et piano (1918, orchestré en 1934) et qui n’est rien d’autre que la réminiscence d’un adhân entendu au ramadhan. Ce thème musical réapparaîtra par la suite dans sa Symphonie n° 3. D’autres exemples de ces influences peuvent être retrouvés dans des pages de Félicien
David, Antonin Dvorak, Henri Tomasi et plein d’autres.

 

– Quel accueil ont reçu ces œuvres dans le monde musulman ?
On a un bel exemple, le film culte Ar-Rissâlah (Mohammad, Messenger of God, 1976) de Moustapha Akkad. Car il détient son succès colossal entre autres grâce à la musique. Signée Maurice Jarre, cette bande originale était basée entièrement sur la mélodie du adhân en mode hijaz, une version fortement pratiquée dans la région homonyme et au Moyen-Orient. Cette même mélodie avait été utilisée auparavant par le compositeur égyptien Rifaat Jarana, en 1962, dans le dernier mouvement de son Concerto pour qanun et orchestre qui est certainement une des premières tentatives dans le monde arabe d’utilisation du matériau musical religieux dans un contexte compositionnel moderne. Ce concerto a été hautement salué au Caire et rapidement enregistré et rediffusé.

 

– Peut-on parler de «musique religieuse» pour désigner l’adhân ?
L’appel à la prière en Islam se pratique continuellement dans chaque mosquée, cinq fois par jour. Il indique aux musulmans les heures de la prière et ceux du jour : subuh à l’aube, duhur à midi, ‘asur l’après-midi, maghrib au crépuscule et ‘ishâ’ pour le début de la nuit. En tant que phénomène social, l’adhân régule l’activité commerçante et ouvrière de la société et crée un contexte de rassemblement régulier pour la communauté. La voix humaine est de ce fait le seul instrument jouissant de cette ordonnance. Les muezzins concurrencent et comparent la force et la beauté de leurs voix, ils excellent dans leurs interprétations afin d’inciter les gens à la prière «Les muezzins auront les plus longs cous le jour du Jugement dernier» (Hadith n° 387, Sahih Muslim).

Bien que l’élément musical soit essentiel dans la technique de l’adhân, l’exercice en soi reste principalement rituel. Pendant plusieurs siècles, la vulnérabilité au changement et à l’influence exogène est restée infime dans cette pratique vocale. Les mutations musicales dans l’adhân sont largement plus lentes que dans les autres pratiques musicales de la société. Dans ma thèse de doctorat, je considère al adhân comme un réservoir immuable d’une modalité séculaire, celle du maqâm. A nos jours, l’adhân reste encore un phénomène sonore culturellement «inclassable» : matière à interprétation pour les musulmans, sujet d’inspiration pour les occidentaux. Remarquons que ces derniers utilisent le mot «chanter» pour désigner la pratique vocale de l’adhân. Le verbe arabe attribué découle de son appellation racine, un muezzin you’addhin. Le verbe (’addhana) n’est jamais employé hors du contexte de l’appel à la prière. Une majeure partie de la complexité de la situation de l’adhân découle de cette sémantisation. Si les cantillations coraniques sont arrêtées «cultuelles» et si on considère les chants de louanges du pèlerinage comme «liturgiques» et les célébrations des fêtes religieuses comme «paraliturgiques», l’adhân, quant à lui, se trouve non seulement dans l’une et dans l’autre des catégories, mais également dans d’autres situations qui relèvent du social (naissance d’un nouveau-né, rassemblement des croyants…) ou de l’artistique (chant soufi, madih,’inshad, compositions musicales…).

 

– Qu’en est-il de l’Algérie ? Peut-on établir une cartographie nationale de l’adhân ?
Il existe plusieurs styles particuliers à chaque région. Parfois, on a des variantes d’interprétation propres à chaque ville. Cependant, aucune cartographie ou typologie de style n’ont été réalisées à nos jours concernant l’adhân en Algérie. Il serait temps de faire ce travail devant la disparition silencieuse des vieux muezzins de la tradition et face à la forte influence exogène que subit le style de l’adhân algérien (radios et télévisions internationales, chaînes numériques, wahhabisme…).

 

– Existe-t-il actuellement en Algérie des cas de muezzins qui pratiquent le chant ou inversement ?
Pareillement, il s’agit d’une autre question qui nécessite un sérieux travail de terrain, une approche prosopographique des muezzins algériens contemporains.

 

– Les particularités régionales changent-elles avec le temps ? Assiste-t-on à une uniformisation ?
A partir de la deuxième moitié du XXe siècle, le développement des systèmes de sonorisations électroniques et l’indépendance des pays arabes du colonialisme franco-britannique ont fait que progressivement les mosquées ont adopté la sonorisation. Accrochés aux minarets, des mégaphones électriques servent désormais d’amplificateur «non naturel» de la voix du muezzin, mais également de celle de l’imam lors des prières ou des croyants lors des chants et des louanges dans les fêtes religieuses. Depuis une vingtaine d’années, on assiste à d’autres manifestations qui affectent cette pratique vocale cultuelle : les transmissions télévisées massives des rituels de prière
(La Mecque, Le Caire…), la diffusion de l’adhân enregistré sur les chaînes de télévision, les applications de téléphonie mobile, la gestion numérique de l’adhân par des logiciels, l’unification des appels à la prière et la transmission satellitaire dans les mosquées (Emirats arabes depuis 2004), etc. D’autre part, d’un pays à l’autre, des réactions de résistances ont été manifestées : une razzia radicale dans les mosquées d’Al-Bahah en Arabie Saoudite, ordonnée par le ministre des Affaires islamiques où des centaines d’amplificateurs ont été saisis dans 43 mosquées à cause de leur puissance. Les Emirats ont procédé à des actions en ce sens. Les haut-parleurs ont été tout simplement supprimés des mosquées, sans toutefois interdire leur usage pour un appel à la prière satellitaire (Le Jour d’Algérie, 7 août 2010). En 2004, le ministre des Wakfs, responsable des mosquées en Egypte, avait décidé de mettre en place un adhân unique et centralisé qui sera relayé par des mosquées mises en réseau. Tout cela va avoir des conséquences directes sur la musicalité de l’adhân, sur sa technique vocale, sur la notion de géographie et du paysage sonore dans la cité musulmane contemporaine. On assiste ainsi à une uniformisation et mutation des styles locaux vers un style générique du Hijaz, qui se réfère symboliquement à la Mecque, berceau de l’Islam (construction d’un imaginaire communautaire de la ’umma). De même, sont apparues une dénaturalisation de la voix humaine par l’amplification électrique et une perte de la puissance d’émission et de la technique vocale chez certains muezzins. Enfin, on peut signaler aussi une déshumanisation de la pratique par l’usage des transmetteurs et des horloges électroniques. 

Repères :

Entre le cultuel et le culturel, al adhân est une pratique complexe porteuse d’histoire et de culture. Nombre de grands interprètes de la musique arabo-andalouse (Mahiedine Bachtarzi et Sid Ahmed Serri entre autres) ont largement mis leurs talents au service de l’appel à la prière. Il n’est pas inutile de rappeler par ailleurs que le peintre Omar Racim était aussi l’un des plus talentueux muezzins d’Alger. Cet aspect esthétique d’al adhân ne jouit malheureusement pas d’une considération suffisante sous nos cieux.

Gagnés par la mondialisation et l’influence moyen-orientale, de moins en moins de muezzins algériens perpétuent les particularités nationales de cette pratique. Il existe toutefois de brillantes exceptions à l’image de Mohamed Brinis, dit El Boulaïdi. Premier muezzin de la radio nationale algérienne, son appel à la prière, typique de l’école algéroise, continue de rythmer nos jours sur radio El Bahdja ainsi qu’à la Chaîne III. Cet ancien de l’USMB, qui continue à taquiner le ballon rond, garde la forme à 90 ans passés !

Toujours en activité à la mosquée El Kawthar de Blida, El Boulaïdi a enregistré, en mai 2013, la récitation complète du Saint Coran dans le style algérois.

Mais, faute de formation et d’actions comme un concours national de récitation du Coran, pour sauvegarder les particularités algériennes de l’adhan, c’est un pan de notre identité nationale, mais aussi maghrébine et africaine qui est en péril. Du côté des chercheurs, nous trouvons également peu de travaux autour des caractéristiques esthétiques et musicologiques de l’appel à la prière qui possédait un cachet particulier à chaque région du pays.

Le compositeur et musicologue, Salim Dada, s’atelle justement à mettre en avant al adhân comme le pur témoin des particularités musicales régionales et des modes (maqamate) communs au monde arabo-musulman. Il prépare actuellement une thèse de doctorat à la Sorbonne, à la croisée des disciplines entre musicologie et sociologie, autour de l’évolution de cette pratique en regard de l’évolution des sociétés sur les plans urbanistiques, technologiques, voire idéologiques.

A moins de quarante ans, Salim Dada poursuit également une carrière de compositeur international avec un riche répertoire de quatre-vingts compositions, dont plusieurs pièces pour orchestre symphonique. Après une première expérience de «compositeur en résidence» avec l’Orchestre symphonique national algérien, en 2007, il est actuellement en résidence auprès de l’Orchestre Symphonique Divertimento à Paris. Il nous entretient de l’état de ses recherches autour de cette pratique fascinante de l’adhân qui, en plus de son ancrage culturel arabo-musulman, a inspiré quelques-uns des plus grands compositeurs à travers l’histoire. Un véritable patrimoine culturel immatériel de l’humanité…

 

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Posté par le Jan 10 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

21 Commentaires pour “Al adhân,Un véritable patrimoine culturel immatériel de l’humanité”

  1. fouziaT

    Très instructif je dis voila un bon thème

  2. kerroucha

    Belles photos des mosquées de sidi bel abbes Manquent aide état et apc absente

  3. CHAIBDRAA TANI DJAMEL

    AHAMDOULILLLAH , et cela depuis que ESSAYIDE BILLAL radia allah 3anhou a etait le premier muezzin du monde musulman que l’appel de la priére ne s’arréte jusqu’a la fin du monde (HATA YAOUMOU DINE INCHA ALLAH ) c’est a dire comme exemple en ALGERIE à ANNABA l’heure d’EL ASR est à 16h00 , ETTARF c’est à 16h01,GUELMA 16h02, CONSTANTINE 16H03 et cela jusqu’a MAGHNIA par exemple à 16h30 et cela va dans le globe terrestre tout entier, méme en ce moment il y a un appel à la priére,où et dans quel pays je ne sais pas ALLAH A3LLAM

  4. fethi

    Bien particulier est cet article cela change de la politique

  5. BADISSI

    Quand j’étais e l étranger en vacances ce qui ma le plus manquée c’est le ADHAN

  6. douar

    Muszaphar Shukor, docteur astronaute malaisien,devient le neuvième astronaute musulman à voyager dans l’espace interplanétaire ,raconte :
    « Toute personne qui se rend dans l’espace se sent être privilégié, être un miraculé. Lors de mon voyage dans l’espace qui a eu lieu durant le mois sacré du Ramadan 2011, j’ai d’abord eu la chance d’effectuer un appel à la prière »Adhan » avant de me prosterner dans la Station spatiale » déclaré t’il.
    Pour expliquer le fonctionnement des actes d’adorations, il explique que « les horaires du jeûne et des prières dépendent de l’endroit où vous êtes situé dans l’espace. Pour me retrouver, comme la navette spatiale a été lancée depuis le Kazakhstan, j’ai pris en considération l’heure locale du Kazakhstan. Je priais cinq fois par jour en prenant en considération l’horaire du Kazakhstan. Je tournais mon visage vers la terre pour prier dans la direction de la Mecque. Grâce à Dieu, la Station spatiale se trouvait dans une position où on pouvait voir directement la terre
    « Il est très important de montrer aux musulmans comme aux non-musulmans que l’Islam doit être pratiqué même dans l’espace. L’Islam est un mode de vie que vous devez pratiquer où que vous soyez, que ce soit sur terre ou dans l’espace. J’avais l’intention de montrer comment ce mode de vie pourrait être effectué dans l’espace. » a t-il ajouté. Les autorités religieuses en Malaisie ont également préparées une fatwa (avis religieux islamique) liée à la pratique de l’Islam dans l’espace. La fatwa a été spécialement préparée pour les futurs astronautes souligne le Docteur Shukor.

  7. kaid

    On ne cesse d’apprendre

  8. Condoléances

    L’adminIstration de la VDSBA présente ses condoléances a la famille du doct AZZA;parents et aïeux suite au décès de la fille ZAKIA (60ans)veuve Azzouz décédée a oran et inhumée le huit de ce mois au cimetière Ain beida (oran) le domicile mortuaire Cité 20 aout 55 Canastel selon un message transmis ce jour par notre sœur et amie AMINA R que nos lecteurs connaissent a travers les rencontres du NADI NET….A DIEU NOUS APPARTENONS ET A LUI NOUS RETOURNONS

  9. Fodil

    Salem
    Je vis à l’étranger, mais ma mémoire garde toujours la voix du Muezin de mon enfance de Kayassone (Cal del sol) : Ammi Moulay ALLAH Yermah, il m’arrive de l’imiter avant de faire mes prières et j’ai les larmes aux yeux … comme l’a si bien dit Mr.BADISSI c’est ce qui nous manque.
    Salem

  10. Argos

    Pourquoi musicologie de l’Adhane ? Quand on sait que la musique en générale est interdite dans l’Islam. L’adhane c’est d’abord une « Voix », une voix rythmée du fidèle implorant la miséricorde divine. Une voix douce et influente loin de la voix du pouvoir de l’imam, rude et autoritaire qui invective le musulman du haut de sa chaire. Je relève que l’origine de son institution n’a été qu’effleuré dans le texte, alors qu’elle a son importance puisque ce n’est pas révélation divine. La prière en commun est incontestablement la plus profitable, la ferveur de chaque fidèle se communiquant à l’âme de son voisin, « elle vaut vingt-sept fois la prière isolée » disait le prophète Mohammed Paix et Bénédiction sur Lui. Il importait donc pour la nation musulmane naissante, de rassembler tous les croyants aux mêmes instants de la journée, fixés pour les cinq prières canoniques. Mais comment déterminer l’heure précise qui devait les réunir ? Dispersés dans les différents quartiers de la ville, les uns arrivaient en avance, les autres en retard. Une consultation des notables musulmans à l’instigation du prophète fut alors organisée. Les uns préconisèrent l’emploi du feu comme un signal, allumé sur le point le plus élevé ; d’autres, celui de la trompe ; d’autres enfin, celui d’une cloche, le choix tous ces moyens furent repoussés, car ils étaient empruntés soit aux Persans, soit aux Juifs, soit aux Chrétiens à ne pas imiter absolument. Sur ces entrefaites, arriva Abd Allah Ibn zeïd qui raconta un rêve, à lui survenu la veille. Il dit : « Un homme vêtu de vert passa prés de moi, portant une clochette à la main ; je l’arrêtais, le priant de me vendre cette clochette. Pour quel usage ? Me demanda t-il. Pour appeler les croyants à la prière, dis-je. Mais il est un moyen bien plus préférable à la clochette, me répondit-il : « C’est de proclamer à voix haute la profession de foi de l’Islam ».
    Le prophète, sentant combien les résonances de la voix humaine sont plus communicatives en émotion que celles du plus parfait instrument de métal, déclara aussitôt : « La vérité est dans ton rêve [Ibn Zeïd] ; va trouver Bilal, dont la voix est puissante et harmonieuse, et porte lui mon ordre d’appeler, du haut de la Mosquée, les fidèles à la prière » Et Bilal, le noir affranchi, chargé d’appeler tous les croyants, lança du haut de la terrasse de la mosquée ce cri de l’âme islamique : « Allah est le plus grand ! Il n’y a de Dieu qu’Allah, et Mohammed est le prophète d’Allah ! Venez à la prière ! Venez au salut !… » Telles des senteurs exquises émanant d’un flacon précieux, ces paroles échappées du gosier de Bilal, se répandirent sur toute la ville, et les croyants accoururent aussitôt en rangs, pressés pour aspirer avec délices le parfum vivifiant de la prière. Depuis, disait Étienne Dinet peintre converti à l’Islam et enterré à Boussaâda, chaque jour, à chacun des instants où le soleil change la couleur de ses rayons : à son aube empourpré, à son midi flamboyant, à son déclin doré, à son couché jauni par la tristesse de sa disparition, et à son ensevelissement dans les voiles bleutés de la nuit, tous les musulmans doivent interrompre leurs occupations et même leur pensées à l’appel du Mouedhéne pour glorifier Allah le bienfaiteur. Depuis, vivant en France de longue date, c’est certainement l’une des traditions musulmanes que je regrette le plus parmi celles qui m’ont guidées.

    * Sincères condoléances à la famille AZZA de notre regretté proviseur Abdelkader et à la sympathique Amina ROUAÏ nièce de la défunte je présume. A Allah nous appartenons et c’est à lui que nous retournerons !

  11. mekri mustapha

    chers amis dela VSBA bonjour
    Je voudrai émettre un avis sur l`unicité du temps de l`ADHAN du dhor a travers le territoire national et ses conséquences En effet depuis 1970 ADAN DHOR est a 13H20 pour toute l`ALGERIE de tebessa a tlemcen.Les autorités de l`époque a leur tête le président HOUARI BOUMEDIENE ALLAH YARHMOU étaient taxées de communistes par les monarchies du moyen orient au regard de la préparation des textes de la révolution agraire et des nationalisations .Comme réponse il a été décide la construction de grandes mosquées a constantine (EMIR ABDELKADER) et a oran (IBN BADIS) et un institut islamique a hussein dey (ALGER).De même par souci d`unicité du peuple il a été décide de fixer un horaire unique d`el ADHAN DOHR a 13h20.N`oublions pas que les horaires de travail étaient de 8h a midi et de 14h30 a 18h.Donc la pause couvrait le DHOR sur tout le territoire nationa Mais en 1982,avec l`instauration de l`horaire continu de 8h a 16h avec une pause de midi a 13h ce n`etait plus le cas.Ainsi,par exemple pour la ville de ANNABA le dhor etant a 12h30 c`est a dire une demi-heure apres le ZAOUAL le mouadine ne lance l`appel que vers 13h20,avec l`INTIDAR de 10mn et, le TABATOUE de certains IMAMS les fidèles ne sortent de la mosquée que vers 13h35 pour rejoindre leurs lieux de travail occasionnant ainsi a l`administration un retard très préjudiciable .
    Quand je travaillai a ALGER el imam de la mosquée du centre lançait l`appel a 12h 35 et la priere avait lieu immédiatement apres nous permettant ainsi de rejoindre notre travail dans le respect des horaires.MA CHA`A ALLAH OUA TABARAK ALLAH.
    En conclusion,cette aberration persistera tant que l`ALGERIE serait nourrie par la mamelle du pétrole et du POPULISME`
    PS: le DHOR prend effet une demi-heure environ après le zaoual.
    Le zaoual est le moment de la journee ou l`ombre solaire est la plus courte.
    Pour ALGER le zaoual actuellement est a 12h27 donc le dhor a 12h57 et le ADHAN a 13h20!!!!!!!!

  12. Ahmed Khiat

    @ Benyahia Lakhal
    Vois-tu, cher ami, je ne me suis pas trompé lorsque je t’ai avoué avant-hier que nous apprenons beaucoup avec toi, et que ta participation en articles ou éventuellement en commentaires, est toujours saluée dans ton Journal ‘ La Voix de SBA ‘. Alors ne nous fais trop attendre, lecteurs que nous sommes.
    Amicalement

  13. Benyahia Lakhal

    Badissi, Fodil, Argos.

    Mohamed Belouizdad était le coordinateur de l’état-major national de l’Organisation Spéciale, le bras armé clandestin du PPA-MTLD (Parti du peuple algérien-Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques). Cet organe, les irréductibles du Mouvement National avaient décidé de le créer, au congrès du 15 février 1947, au lendemain de la répression sanglante du 8 mai 1945. Les massacres du 8 mai 1945 avaient raffermi et exalté l’opinion de ceux des militants qui privilégiaient de passer aux actions violentes pour l’indépendance de l’Algérie.
    A cette structure, ses pères fondateurs avaient confié comme mission d’organiser, sur le territoire national, des actions militaires, des attentats, des coups de main pour la collecte de fonds, l’acquisition d’armes, l’entrainement à la guérilla. En somme, la préparation de cadres et militants en vue de l’insurrection générale à déclencher au moment choisi.
    Des épisodes violents comme l’attaque de la poste d’Oran, le 4 avril 1949, amènent les autorités françaises à prendre la mesure de la menace indépendantiste. L’Organisation Spéciale découverte fut démantelée par la police française en 1950 et plusieurs de ses membres arrêtés et jugés pour les chefs d’inculpation retenus contre eux : association de malfaiteurs, atteinte à la sureté extérieure de l’Etat et détention illégale d’armes, de munitions de guerre et d’explosifs. Certains, en fuite, sont condamnés par contumace.

    Mohamed Belouizdad est l’un des fondateurs et premier responsable de l’Organisation Spéciale.
    C’est dire la stature et l’envergure de Mohamed Belouizdad et l’estime et le respect que lui portaient ses frères d’armes parmi les plus déterminés des « historiques ».

    Les éléments qui ont été versés dans l’Organisation Spéciale ont été préalablement sélectionnés parmi les militants du PPA-MTLD qui devaient répondre à des critères rigoureux et satisfaire à des conditions strictes, telles que conviction, discrétion, courage, stabilité, endurance physique.
    Mohamed Belouizdad fut arrêté et embastillé dans une prison de haute sécurité en France. Durant sa détention et périodiquement, il recevait, au parloir, la visite de ses compagnons de lutte, couverts sous de fausses identités. Bien évidemment, ils s’empressaient de lui demander ce qui lui ferait plaisir, s’il ne manquait de rien. Invariablement, il déclinait poliment. Avec leur fougue et leur impétuosité, alliées à leur jeunesse, ils auraient déboulonné la tour Eiffel et l’auraient déposée à ses pieds, s’il l’avait souhaité. Ce rituel se répétait toutes les fois qu’ils se rendaient auprès de lui pour s’entretenir avec lui et prendre de ses nouvelles.
    Et un jour, après leur offre d’usage, il leur dit :
    « Une seule chose me manque dont j’ai effectivement une grande envie, un besoin pressant, mais qui est malheureusement hors de votre portée, hors de notre portée, mes frères ;
    – dis-nous vite de quoi s’agit-il et tu l’auras immédiatement, leur répondirent-ils à l’unisson, déterminés et excités; ils auraient déplacé des montagnes pour le satisfaire ;
    – impossible mes frères, car ce qui me manque aujourd’hui plus que tout, terriblement, c’est el-adhan (toua7acht el –adhan ya khaouti). »
    Frappé par la tuberculose pendant les longues années consacrées à la cause nationale, il meurt le 14 janvier 1952 à Paris, emporté par la maladie à l’âge de 28 ans. Il repose au cimetière de Sidi M’hamed dans le quartier populaire de Belcourt qui l’a vu naitre et qui porte son nom.
    Mohamed Belouizdad avait terminé sa Révolution avant que d’autres ne la débutent ! En 1952 ! A une date où nombre de ceux qui dirigent aujourd’hui le pays n’étaient pas encore nés. Puisse Dieu faire en sorte qu’ils le mènent à bon port, celui ardemment voulu par nos chouhadas. Gloire à nos martyrs.

  14. un ancien ami

    Haram de nous avoir tant privé de vos commentaires

    • Benyahia Lakhal

      Divine coïncidence. J’ai posté le commentaire dévoilant une facette de l’immense personnalité de Mohamed Belouizdad et son rapport à la religion musulmane, à la suite d’un article consacré à l’ « adhan » ce 14 janvier, jour anniversaire de sa mort en 1952.
      Opportunité bénie pour s’incliner à sa mémoire et à celle de tous les chouhadas combattants de la liberté.

  15. mohamed

    Si benyahia dieu fait bien les choses

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