La Voix De Sidi Bel Abbes

Ahmed El Makarri (Tlemcen 1578 – Le Caire 1631) : Nul n’est prophète dans son pays (Première Partie).

Comme nous l’avons annoncé dans la bannière du journal, nous avons le plaisir aujourd’hui de présenter à nos fidèles lecteurs la première partie d’une contribution de notre ami Mohamed Senni portant sur une figure emblématique de l’Histoire de notre Pays. Il s’agit du grand Ahmed El Makarri, prestigieux repère non seulement en Algérie mais dans l’ensemble du Monde musulman.

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عنهم القرباء                       تشذ وتنأى أولو الفضل في أوطانهم غرباء

بو العلاء المعري )

« Les  hommes de mérite sont étrangers dans leurs pays

« Leurs plus proches les bannissent et s’en éloignent. »

Aboul Alaa Al-Maarri 

« Il y avait pas mal de temps déjà que le Maghreb avait perdu en Maqqarî …un philologue et artiste du verbe dont il n’a plus produit d’analogue, peut-être, jusqu’à nos jours ». Jacques Berque in « l’Intérieur du Maghreb au XIVème-XIXème siècle». Editions Gallimard. 1978.

Pour qui connaît Jacques Berque qui a abordé l’Islam et le monde arabe, non comme l’ont fait les plus grands orientalistes mais « de l’intérieur » comme nous l’a si bien expliqué le regretté Professeur Abdelmadjid Meziane, lire cette sentence ô !  combien en est homogène la miscibilité de la pertinence et la justesse, pour ensuite écrire sur El Makarri, peut paraître relever de la prétention pour certains. J’assume, en toute conscience et quiétude, humblement et totalement. Mon unique souhait est de contribuer modestement à participer à restituer non une grande figure algérienne telle qu’elle fut mais, à travers certaines de ses facettes, son itinéraire hors du commun, à tous ceux qui sont imbus par ces pages d’anthologie, très nombreuses et brillantes d’excellence, que recèle notre patrimoine commun.

Je commencerai par signaler que l’œuvre-maîtresse d’El Makarri, écrite au Caire, intitulée :

نفح الطيب من غصن الأندلس الرطيب وأخبار وزيرها لسان الدين بن الخطيب

connue sous le titre abrégé de نفح الطيب : « Exhalaison du parfum  du rameau vert d’Andalousie et mention de son Vizir Lissane Eddine Ibn El Khatib » qui a inspiré sans nul doute, dans une large mesure, le jugement de Jacques Berque,  est la mieux indiquée pour parler de notre auteur, qualifié en dehors d’Algérie, de « génie ». Une seule étude, parmi tant d’autres dont deux par des plumes algériennes, faite sur ce livre a nécessité de son auteur le recours à pas moins de 154 sources : 21 manuscrites, 112 éditées, 7 revues spécialisées et 14 livres publiés par des auteurs non arabes ! Pour l’évoquer, nous avons préféré utiliser, dans un souci de vulgarisation simplifiée, une autre de ses œuvres, la première qu’il ait jamais écrite et qui a l’avantage d’avoir été soigneusement et passionnément  prise en charge à en juger par la remarquable introduction où El Makarri a  été finement restitué. Il s’agit de son œuvre-la première donc qu’il a eu à écrire à Tlemcen alors qu’il avait un peu plus de 24 ans -, intitulée :

روضة ألآس العاطرة الأنفاس في ذكر من لقيته من أعلام الحضرتين مراكش وفاس

(Le jardin des myrtes parfumant les souffles par les récits sur les sommités que j’ai rencontrées dans les cités de Marrakech et Fès).

Il est incontestable que le premier livre cité qui, comme nous le verrons à la fin, a été écrit de manière incroyable, sans le moindre support à l’exception de l’éléphantesque mémoire d’El-Makarri, remarquablement rédigé, brillamment articulé, où le superflu n’a pas de place, est beaucoup plus riche, universellement connu et recèle des précisions ainsi qu’une  foule de détails comme seuls les plus grands peuvent étaler. Mais nous nous limiterons, cette fois, à l’itinéraire exceptionnel d’une famille algérienne – et plus précisément à celui du plus célèbre de ses fils – famille qui s’est distinguée par une œuvre  socioculturelle inégalée, étendue, disons pour le moment, sur six siècles. Cet espace trouve son explication dans plusieurs repères desquels nous ne retiendrons que deux : le premier concerne – et nous le verrons mieux un peu plus loin –  le premier aïeul de notre auteur qui s’installa à Tlemcen, à la fin du 12ème siècle. La seconde est que le Cheïkh Abou-Ras de Mascara (1150/1737 -1328/1823), qui fit une visite au Maroc à la fin du 18ème siècle où il eut sa célèbre rencontre (dont nous avons déjà parlé dans ces mêmes colonnes) avec le Sultan Moulay Slimane – qui gouverna de 1792  à 1822 – raconte dans son autobiographie intitulée : فتح الإله ومنته, pages 107 et 108, (Editions ENAL 1990) que sur son chemin du retour, il s’arrêta à Tlemcen et note que ses savants de cette époque « sont les Benzaghou, les Okbani, les Merzouk et les M’kara ». Cette information prouve, si besoin est, qu’environ deux siècles après la mort de Ahmed El-Makarri, des membres de sa famille continuaient à se distinguer dans les domaines qui nous concernent. Les semences que son ascendance a semées, à travers les siècles, portent leurs fruits jusqu’à nos jours. La sienne nous fait battre le cœur.

Nous avons, pour des besoins conjugués de concision et de précision et, reconnaissons-le sans détour, pour un besoin de facilité surtout, opté pour le second livre cité dont nous connaissons l’histoire frissonnante de l’exhumation. Quelques mots pour éclairer le lecteur sur ce point saisissant ne seraient pas de trop.

C’est à la fin de la première moitié du XXème siècle et, plus précisément au Maroc, que des personnes mues par une ferme volonté de retrouver et sauver tout ce qui peut l’être du patrimoine maghrébin remarquent, à travers certaines lectures de manuscrits mis au grand jour de diverses manières, des passages parlant de ce livre et de son auteur. Son nom faisant unanimité, la traque était lancée et l’hallali sonné. Le Roi Mohamed V ordonna de repérer le maximum de manuscrits et de les inventorier dans un premier temps. Son successeur insista plus que lui. La tâche fut confiée à un regretté ami, le Professeur Abdelouahab Benmansour, originaire des Soulaïmaniyine de Aïn El Hout de Tlemcen, qui reconnaît devoir sa carrière « aux conseils du Cheïkh El Bachir El Ibrahimi prodigués à l’oncle paternel du Professeur et ce à Nédroma pour qu’il libère son neveu de ses activités commerciales et le laisse prendre le chemin de la connaissance et de la science ». Le jugement du Cheïkh allait se confirmer peu de temps après. En effet, désigné comme historiographe du Royaume du Maroc, poste qu’il occupa plus d’un demi-siècle environ sous les trois derniers Rois alaouites, il fut à la tête de l’Imprimerie Royale qui deviendra la Direction des Archives Royales où je le rencontrai pour la première fois en août 1981 grâce à une aimable recommandation du regretté Mahmoud Bouayad, alors Directeur de la Bibliothèque Nationale d’Alger et qui m’avait honoré en me chargeant d’un travail pour le compte du grand professeur Aboul Kacem Saadallah que Dieu lui prête santé et longue vie. En 1989, rendant visite à Si Benmansour en compagnie du Professeur Abdelmadjid Méziane, celui-ci me fit remarquer que l’esplanade avec quelques vestiges (dont la Tour Hassan) qui se trouvent en face de la Direction des Archives Royales sont les restes d’une mosquée construite par un algérien : l’Emir Aboul Hassan El Mérini (1) d’origine zénète dont l’itinéraire a été très bien rendu par Ibn Marzouk, contemporain et ami d’Ibn Khaldoun et de Lissane Ed-Din Ibn El-Khatib. Vieux et grand Maghreb ! devenu un slogan creux, vidé de sa noble substance, manipulé sans vergogne pour les besoins d’exigences politiciennes étriquées et finissant par être rabaissé au rang d’un simple mirage aux yeux de ceux qui tiennent mordicus aux repères authentiques de leur pays en véhiculant, contre vents et marées, les grandes et nobles aspirations de nombre de leurs illustres prédécesseurs !

Dans l’introduction du livre retenu, Si Benmansour raconte qu’il fut informé, à plusieurs reprises, de la découverte du manuscrit d’El-Makarri. Après une euphorie indicible, son ardeur s’estompa : à chaque fois  le manuscrit concernait un autre auteur. Quelques mois après, nouvelle alerte. Il se déplace lui-même, compulse le manuscrit relégué dans un coin de la bibliothèque de l’un des palais royaux et, malgré toute la discrétion et la timidité qu’on lui connaissait alors, on remarqua sa fébrilité face au précieux document. Le Trésor qu’on croyait à jamais perdu était bien entre ses mains. Il y veillera comme on le fait pour un bébé dont on désespérait de la venue. Après une toilette scientifiquement menée sur le document rédigé de la main-même de son auteur, il se chargea lui-même de sa réécriture et, le 17 Ramadhan 1383 / 2 février 1964, le livre parut. En cette année-là, j’étais lycéen en classe de seconde. J’étais à des années-lumière de me douter que l’historiographe allait me l’adresser, ainsi que nombre de publications de la Bibliothèque Royale, à partir de 1981. L’essentiel du contenu que je livre, s’il est dû essentiellement à notre auteur, il l’est, dans une large mesure, également à cet homme qui a marqué de son empreinte la recherche en général et le patrimoine maghrébin en particulier. Pour ce point précis, je rappelle qu’à la fin des années 1970, Si Benmansour entama une compilation qui n’a point de semblable, sur les grands hommes et femmes du Maghreb depuis que le premier musulman eût foulé l’Ifriqiya jusqu’à nos jours. Trente tomes étaient envisagés, comportant des biographies de 27 000 personnages, issus de tous les domaines de la vie sociale, de toutes les régions de ce qui constitue aujourd’hui le Grand Maghreb, et tous passés au peigne fin. Mais là on aborde un autre sujet.                                                                

1 Origine des Makarri et envol de leur exceptionnelle contribution dans les  domaines scientifiques.

1.1 Origine.

Lorsqu’on prend la rocade qui va de Boughezzoul (dans la Wilaya de Médéa) vers Barika et Batna, dans l’Est du pays, et à quelques kilomètres de l’intersection qui remonte à M’Sila, nous passons par la ville natale des Makarri qui s’appelait, avant la colonisation, Makarra avec le « Kaf » : ق . Comme cette lettre n’a pas de correspondance  dans la langue française le « Kaf » fut tout simplement transcrit par l’administration coloniale par G. Et cette ville continue, jusqu’à nos jours, malgré l’Indépendance recouvrée, à s’appeler « Magra » ! Aussi est-il de toute première nécessité de nous réapproprier tout ce qui a été « déformé » par la colonisation. Mais, faut-il encore que  volonté et foi soient intimement liées d’autant plus que cette réappropriation ne coûte rien-bien que reflétant notre besoin d’autonomie identitaire-et, c’est peut-être là, que réside l’explication du désintéressement de ceux dont la mission première est de veiller à sauvegarder nos repères quand leur tiédeur et leur mutisme ne cachent pas des desseins inavoués. Mais que veut dire repère pour eux ? Là est toute la question.

Par : Mohamed Senni El-M’Haji.

Contact : mohamedsenni@yahoo.fr

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URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=12637

Posté par le Avr 19 2012. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

45 Commentaires pour “Ahmed El Makarri (Tlemcen 1578 – Le Caire 1631) : Nul n’est prophète dans son pays (Première Partie).”

  1. Dekkiche Paris

    Bonsoir les amis. Je lis là un article ou une partie d’une contribution de monsieur senni mohamed qui est inédite et je m’autorise à dire que de tels efforts rehaussent notre journal. Je connais ce monsieur selon les échos recueillis au près de mes parents. Je vois que ce qui est relaté ici en ligne consolide la culture générale surtout qu’il s’agit d’el makarri ahmed.

  2. Smiley

    Frère ami, merci de ne pas déserter!
    Le sang de l’Emir coule dans tes veines. Le bonjour à Chamil et à son frérot fils de feu Maître Boutaleb, un grand de chez grand!
    Le bonjour d’un autentique Zoubairi!

    • mohamed senni

      Cher Smiley.
      Si je suis honoré d’être gratifié de frère et d’ami, ce qui en soi, implique la lourde resposabilité de les mériter, je vous dirai que je n’ai jamais rien déserté. Soyez sûr d’une chose : si d’aventure une idée obsédante venait à me convaicre de déserter mon pays, vous me trouveriez aisément en Algérie.Merci pour vos bonnes paroles.

  3. Smiley

    sorry: authentique, garanti pur algérien et cent pour cent tolérant!

  4. Hadj Dekar SD SBA

    je dois dire que ce sujet est très intéressent et cela valorise davantage notre journal. je suppose que monsieur smiley qui lui aussi honore notre site est d’accord pour sauvegarder la bonne image du journal et le respect mutuel de ses lecteurs qu’ils s’appelent djilali abbassia ou françoise. le plus important est le debat fructueux

  5. mohamed senni

    Veuillez lire :
    أُولَُو الفَضِلٍِ في أَوطَانهم غُرَبَاءُ تُشذُُ وتَََنِأى عنهُمُ القُرَبَاءُ
    ce vers ayant été écrit, tel qu’il apparaît sous le titre, par pure inadvertance. Merci pour la compréhension de tous

  6. benhaddou boubakar

    tres bon sujet mercisi senni pour ce travail elogieux,on attend les autres parties,rabi ijazik

  7. Le nouvel Observateur

    Pour information, les Beni Merine étaient avec les Beni Abdeloued des Beni Ouassines ou autrement dire des Berbères qui vivaient au sud de Tiaret dans les hauts-plateaux juste avant la chute des Almohades. C’étaient des cousins germains et les premiers ont formé une grande dynastie à Fès tandis que les seconds étaient nos souverains de Tlemcen ! Quant à l’origine des Makkari du côté de Medea, permettez moi d’en douter, si vous me le concédez ! Il y a aussi des Makkari à Aïn El Berd et ils y sont implantés depuis bien longtemps ! N’empêche que nos aïeux à Tlemcen avaient développé une très grande civilisation à tel point que Tlemcen comptait, à l’orée de l’invasion espagnole de 1509, plus de cent mille habitants, ce qui était énorme à l’époque.

    • mohamed senni

      Monsieur;’
      Je n’ai nulle part écrit qu’il se trouvait des Makarri à Médéa. J’ai expliqué aux lecteurs qui ne connaissent pas la région que la ville de Makarra, en l’état actuel des connaissances, se trouve sur la rocade qui longe le versant sud de l’Atlas et, pour un belabbésien qui veut s’y rendre, et une fois Tiaret dépassée il tombera sur Bougezzoul avec à sa droite la route qui mène à AïB Oussera et Djelfa et, à sa gauche, celle qui remonte à Ksar EL Boukhari, Berrouagia et Médéa. En continuant tout droit, il arrivera à une importante intersection et aura,à sa droite, la route qui mène à Boussaada et à sa gauche celle qui remonte a Sidi Aïssa, Bir Ghbalou, Bouira et Alger. Après avoir rencontré la route qui remonte à M’sila et, en continuant vers Batna, il passera obligatoirement par Makarra. J’ai fait cet itinéraire une dizaine de fois. Quant aux Mekri de Aïn El Berd, je les connais assez bien pour partager quelques générations avec eux et il se trouve que l’un d’eux est installé, à ce jour, à Médéa ou je l’ai côtoyé pendant plus de vingt ans. Bonne soirée.

  8. Mme CH

    Merci Mr Mohamed Senni pour cette bouffée d’oxygène. ça nous change un peu de l’histoire des indigènes et de leurs soi-disant maîtres. On reviens tout simplement, à notre ASSALA, à nos penseurs et écrivains qui ont marqué leurs époques avec une plume d’Or.

    • Mr kerroucha retraité

      MONSIEUR D’abord bravo a vous pour ce travail accompli pour vraiment dégourdir les mémoires oublieuses des grandes pages d’histoire de nos valeureux hommes soumis aux oubliettes et que vous tenté laborieusement de sauvegarder leurs précieux legs averc ce travali pour ne pas dire leur mémoire ancestrale.Encore merci parceque c’est un belabbésien qui le fait avec une rigueur intelectuelle des méhadjis.

      • mohamed senni

        Bien cher Monsieur,
        En quelques lignes vous avez touché le vrai problème pour lequel j’essaie de faire ce que je peux : « les vieux legs et la mémoire ancestrale ». Ce n’est pas une mince affaire et j’y travaille tous les jours. Vous avez parlé de la rigueur intellectuelle des M’haja. Ce n’est pas tombé dans les oreilles d’un sourd et puisse Dieu ne jamais me faire voir la lumière du jour où je risque de la trahir. Merci pour votre encouragement qui me permet de noter qu’il y a, grâce à Dieu, de vrais enfants enfantés par notre chère Patrie qui en veulent. Très bonne fin de soirée.

        • Malika D Prof

          Monsieur je vous souhaite à mon tour un bon courage et beaucoup de persévérance à ce journal qui commence à réunir la crème de notre ville culturelle et militante depuis de longues décennies Bonne soirée à tous

          • mohamed senni

            Merci Madame,
            Si le courage et la persévérance demeurent des atouts, c’est la foi et les convictions intimes qui permettent d’aller de l’avant. Vous avez eu le nez creux en parlant de réunir la crème de notre ville qui existe bel et bien. Mais, face à ce que certains puristes considèrent comme la médiocrité dominante et soutenue par des thuriféraires désignés, les membres de cette élite se sont repliés sur eux-mêmes malgré des connaissances phénoménales qui gagneraient à être portées vers le plus grand nombre. Mais elles savent ceci : malheur à celui qui refuse de plonger dans le bain de la médiocrité. Alors ils optent pour: « Pour vivre heureux,vivons cachés ». Excellente journée et merci encore pour vos encouragements. Et puisque vous êtes professeur, permettez-moi de vous rappeler ce vers de Ahmed Chawki:
            قم للمعلم وفه التبجيلا كاد المعلم أن يكون رسولا

  9. mohamed senni

    Chère Mme CH
    Notre prophète (ç) a dit : » Il n’est pas permis à celui qui sait de taire son savoir ni à celui qui ignore de taire son ignrance ». Plus qualifiés que moi sont en train d’apporter des vues saines, sur divers sujets, exprimées avec autant de sagesse que de rigueur. Ni eux ni moi ne prétendons aux remerciements. Je suis toutefois ravi de vous avoir apporté une bouffée d’oxygène espérant que la prochaine aura plus de volume.Le retour à la Assala est d’une impérieuse nécessité. C’est ce que j’appelle Les Repères. Mais Al-Makarri n’a pas fait que marquer son époque avec une plume en or. Il a fait bien plus avec une intégrité intellectuelle implacable, une vue bien en avance sur son temps le tout dans un style qui coupe court avec ce que nous ont légué les auteurs de la longue nuit décadente. Ajouter à cela que c’était un homme qui ne savait pas caresser dans le sens du poil aux « grands » du moment devenant par là un Rebelle, toujours en harmonie avec lui-même et affichant, presqu’en douce, une propension à servir ses frères, propension à laquelle subitement les sources trop enclines à la claironner sur tous les toits, se sont tues. Bonne fin de soirée.

  10. elhadj abdelhamid

    Bonjour;
    Il y a un proverbe bien de chez nous qui dit, en substance: Lorsque l’eau arrive ( lève-toi pour remplir ?, non, je ne veux pas parler de cet adage  » épidémialogique » ), le taïmoum est caduc!
    Maintenant que Si Mohamed Senni parle, à nous tous, les historiens amateurs du dimanche, les fouilleurs assis de l’internet, puisque Mascara est évoquée, je prodigue ce conseil sage:  » Lard Ah El Mahi!.

    • mohamed senni

      Cher Si Abdelhamid.
      Je suis désolé de n’être pas parvenu à saisir l’objet de votre commentaire et un éclairage de votre part serait le bienvenu. Cordialement

      • elhadj abdelhamid

        Cher Si Mohamed Senni,
        En citant l’adage : lorsque l’eau arrive, le taïmoum devient caduc, et l’expression historique  » Lard Ah El Mahi, j’ai voulu exprimer la pensée suivante: Lorsque l’Histoire est entre les mains de ses gens ( moualiha, les historiens comme Si Senni), nous, les amateurs, gagnerons à parler d’autre chose.
        C’était un modeste hommage, à ma façon amicale,à cet article magistral.
        Amitiés.

        • mohamed senni

          Cher Si Abdelhamid.
          Je tiens à vous dire avec la plus grande insistance, que je ne suis pas historien quoique féru d’Histoire et particulièrement celle du Maghreb et des religions. Nous vivons une époque où l’indigence intellectuelle conjuguée à une outrageante infatuation héritée du »copier-coller » nous mettent à l’index parce que nous ne disposons pas du sésame magique (diplôme) dont se targuent ceux qui sont arrimés au milieu du gué du Savoir.
          Merci pour l’hommage que j’ai perçu autant spontané que sincère. J’aurai grand plaisir à reprendre langue avec vous sitôt l’article paru intégralement. Excellente fin de journée.

          • elhadj abdelhamid

            Cher Si Senni,
            La pertinence de votre article m’a fait penser que vous étiez un historien et sa qualité n’a rien à envier,à mon modeste avis,à celle d’un vrai, diplômé.
            Il m’arrive, moi aussi, de contribuer à la VSBA, par des petits textes sur l’histoire de notre région et à un lecteur intéressé qui se demandait si j’étais historien, j’ai répondu non, mais Internet c’est magique.
            Mon dernier article sur Ténira la Romaine m’a valu une interrogation d’un lecteur sur un nom romain et j’ai du recourir au concours grâcieux du Dr Reffas Driss pour y répondre.
            Le diplôme reste, je crois, une balise morale et légale et rien ne nous empêche, nous les férus d’Histoire, malgré notre âge, de rejoindre les bancs de l’Université pour notre passion.
            Pasteur, ce savant qui a sauvé et qui sauve encore des millions de gens avec le vaccin qu’il a  » inventé  », ne pouvait pas faire la petite injection sous la peau du premier enfant  » testé  », geste simple que le premier venu pouvait faire, parce que le génial savant n’en avait pas le droit, il n’était pas médecin.

  11. mohamed senni

    Un article solidement charpenté et très sérieusement construit. Il fait la lumière sur une pensée arabe féconde et admirablement représentée par Al-Makarri qui gagnerait à être universalisé. Personne, à ma connaissance n’en a parlé comme l’a fait Mohamed Senni dans son article abondamment documenté et avec un propos patiemment pédagogique. Sur un autre ordre d’idée, « Tlemcen, Capitale de la Culture Islamique » aurait dû profiter de ses joutes pour illustrer la carrière de l’un de ses plus prestigieux enfants, Monument de la littérature arabo-musulmane, Historien émérite de surcroît. Voila un ancêtre dont Tlemcen peut légitimement s’enorgueillir. L’année « Tlemcen, Capitale de la Culture Islamique » était une opportunité, ses descendants l’ont ignoré. Mais il est toujours temps de glorifier Al-Makarri. Il le mérite plus que tout autre et un monument à sa mémoire n’est pas à écarter lui un enfant totalement du terroir. Un érudit de cette trempe est en lui-même un repère civilisationnel qui dénote qu’en ce temps là, l’Algérie avait la fierté de disposer de savants de renom qui rivalisaient avec leurs confrères du Moyen Orient. Al-Makarri était à mon sens La référence.

  12. mohamed senni

    Le précédent commentaire est de notre ami Hamid qui m’a chargé de l’adresser à la VSBA. Comme le nom de l’expéditeur s’affiche automatiquement, je n’ai pas pris la précaution de mettre le nom du commentateur. Mes excuses aux lecteurs et à l’intéressé.

  13. madame mostefaoui sab

    je tiens a vous dire monsieur bonne continuation moi j’ai appris et il aucune honte j’entendais ce nom sans plus

    • mohamed senni

      Merci Madame pour votre encouragement qui constitue un stimulant non négligeable pour tout être qui s’attelle à ce genre d’exercice. Bonne fin de soirée. Respectueusement.

  14. Senhadji Tlemcen

    Fidéle lecteur de la voix je dois d’abord dire que.Tout le monde autour de moi ne me parle que de l’usmba avec ses 2matchs désisifs portant depuis 30 ans je ne vois pas de match au stade.Pourtant avec la voix je suis bien belabbes et ce jour je suis encore agréablement surpris de la publication enrichissante de monsieur d’Ahmed Elmakkari.et la je dis que je compléte mes données et je suis entiérement d’accord avec ce titre qui veut tout dire.j’atendrais inchaalah la 2 iéme partie

  15. سيد المرابط بن علي

    شكرا استاذ على ا البحث الذي كنت في امس الحاجة له و خاصة في مجال البحث و اتطلع الى المزيد اذا استاذب الكربم نحن في انتظار بحوتكم النيرة مع الشكر الجزيل عني و عن اصدقائي طلبة قسم التاريخ.

  16. nabila t de sba

    je vous remercie je n’ai jamais entendu de cet illustre personnage parler j’attends la suite monsieur Senni mohamed .

    • mohamed senni

      Chère Nabila,
      La publication de la suite dépend du plan de charge de la VSBA. Je pense que votre soif ne va pas tarder à être étanchée.Bonne fin de soirée.

  17. Karim10

    Bonjour Mr Senni Mohamed.
    Un Article hautement satisfaisant. Merci pour cette mise en œuvre concrète et très ordonnée. Nous aurons bientôt la deuxième partie (la suite). Excellent, je m’en réjouis !
    Le sujet est très intéressant. On ne pouvait mieux choisir. Ahmed El-Makkari.(On peut dire que c’est l’un des trois illustres savants de la famille El-Makkari,c’est-à-dire Abi Abdellah ben Mohammed ben Ahmed , Abou Saïd Med et Abou Abbes Ahmed).
    L’Histoire culturelle particulièrement littéraire du Maghreb centrale de Tlemcen à Bejaia ou autres est très riche. Elle compte des noms qui ont brillé tels les Makaris, Marazekas, les Merzougs,les Okbanis et bien d’autres érudits qui ont donné naissance à une activité intellectuelle permanente archivée dans les manuscrits d’une civilisation Zianides qui a foisonnée et proliférer plus de 4400 savants de l’époque. (En lisant les « autres » commentaires il faut aussi rappeler que El-Makkari n’a nullement était ignoré par les festivités de Tlemcen capitale Islamique. Oh ! que ! Non .Pourtant la ville d’Oran est peut être la seule ou l’on trouve un quartier nommé « El-Makkari » . Mais qui a intérêt à ignorer ce grand savant connu au Machrek et au Maghreb, mais aussi à Tonbouctou (Ami du grand Ahmed-Baba) ?
    Mr Senni, permettez moi de vous adresser ici un témoignage de reconnaissance de la manière spécifique et particulièrement remarquable de pouvoir cité habillement dans un même texte des personnalités remarquables tels que El-Makkari, Cheikh Abi Rass , El-Ibrahimi,Abd Majid Meziane,Mahmoud Bouayad,Benmansour,Abou-kacem Saad Allah .. que de grands Mrs ! Bravo.
    Mr Senni, par un simple commentaire permettez moi aussi de poser deux petites questions pour ajouter une Nlle signification au débat déjà instructif et enrichissant par nos Amis de VDSBA.
    1- Et-il vrai que l’éminent professeur AOB/Benmansour (Un de vos sources) à évoqué dans son ouvrage que Lalla Oum El Feth est la mère de Ahmed El-Makkari ? (…) ? Il est sans doute utile de rappeler que Lalla Oum El Feth est souvent citée comme une sainte femme de la région de Tlemcen en plus de Lalla Setti et Lalla Maghnia.
    2- En parlant de repères et de toponymie (Science auxiliaire de l’Histoire) de « Magra » dans la wilaya de m’sila (Kalaâ Béni_Hamad). Vous dites que le nom Magra date de l’époque coloniale. Comment donc expliquer l’originalité de la dernière découverte de vestiges romains trouvés dans cette ville. Ces vestiges encore mal étudiés. Selon les dernières conclusions d’une équipe de recherche : Magra est un « nom romain » d’autres archéologues ajoutent que ce nom est proche du mot olive (zeytoune !).Vous pouvez vérifier en revisitant la ville de Magra. (Réf-Voir : le site de BadrEddine près du cimetière de Debabha dans la ville de Magra). Le débat reste ouvert.
    Monsieur Senni, en attendant de vous lire .Acceptez mes salutations respectueuses.
    Merci à toutes et à tous.

  18. mohamed senni

    Chers commentateurs.
    Agréablement surpris par l’intérêt qu’a suscité en vous ma modeste contribution et, sachant qu’il reste deux parties à publier, je souhaite avoir votre adhésion pour élaborer mes réponses une fois ces deux parties publiées et vos commentaires éventuels envoyés. En effet, il est très probable que des questions affichent le même fond, voire la même forme. D’autres seront empreintes de spécifités particulières et exigeront des réponses appropriées. Mon seul souhait est que ces questions cadrent avec le sujet. De même que des réponses seront rédigées en arabe classique comme ce sera le cas pour notre ami Sid El M’Rabet Benali. Remerciements anticipés pour votre aimable compréhension

  19. Ahmed Khiat

    J’apprécie à sa juste valeur l’effort consenti pour l’écriture de ce bel article, ô combien édifiant!
    Tous mes compliments à son auteur, mon ami Si Mohamed Senni

    • mohamed senni

      Très cher Monsieur.
      Connaissant votre rigueur, votre brillant itinéraire dans la formation de centaines de jeunes, les louables efforts que vous fournissez pour mettre à leur disposition des écrits que j’ai tous dévorés et votre inflexibilité à défendre notre belle langue, je sens tout l’honneur qui m’échoit venant d’un homme de haute culture et de large instruction qui ne s’accommodent ni l’une ni l’autre de fioritures plates. Sincèrement touché parce que je sais que vous n’écrivez jamais ce qui ne s’imbibe pas avec vos intimes convictions.Croyez en la coutumière estime que j’ai pour vous.

      • GHERBI ABBES enseignant

        Sabah el kheir monsieur haj.Senni.
        On attends de vous une réponse breve aux deux questions posés par monsieur krim10 et aussi la 2 partie.
        la débat devient interressant.merci d’avance elhadj.

        • mohamed senni

          Cher Monsieur Abbès Gherbi.
          Je ne suis pas responsable de la publication des deux suites de mon article. Comme je l’ai déjà écrit,seule la VSBA détient l’autorité de le faire ou de ne pas le faire. Pour l’instant, je renvoie les nombreuses personnes intéressées à « La Voix de l’Oranie de cejour 22/04 et jours suivants.
          Quand aux réponses que je me dois de donner aux uns et aux autres, j’ai lancé un appel aux commentateurs pour leur demander d’accéder à mon désir sitôt les deux parties publiées et les questions posées. Cordialement.
          .

  20. sekkoum warda

    bon sujet nouveau pour moi et vraiment instructif

  21. Layachi-universitaire

    Salam Warda.
    Le sujet sur WIKIPEDIA est consistant et sans erreurs.

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