La Voix De Sidi Bel Abbes

Act Opinions : Le médecin arabe

Un article de son Excellence l’ancien  Ambassadeur Othmane Saâdi paru dans le quotidien national ElWatan du 17 Janvier 2010 interpelle , dans le paragraphe ‘’ arabisation de la Médecine ‘’, le modeste praticien algérien de la génération Bac 73  qui vous écrit , même si je garde le fier souvenir d’avoir été , cette année à Sidi Bel-Abbès , le plus jeune et le bachelier-major de ma promotion . J’eus l’heureuse chance de fréquenter , pendant l’année scolaire 1972-1973 au lycée Azza ,une classe de terminale d’excellence  où seuls quelques malchanceux ratèrent le bac et où  seul le professeur d’arabe était arabe , un égyptien , surnommé Faliza en raison d’une énorme valise dont il était toujours porteur et qui lui faisait office de cartable ; mes pensées de gratitude vont à ce propos à mes professeurs Savel ( Sciences ) , Hernu ( Maths ) ,     Clavelin  ( Physique ) et Bagouet ( Philo ) .
Je tiens d’abord à rassurer son Excellence qui pourrait être tenté de me suspecter de rouler pour un quelconque lobby que je n’ai jamais adhéré à un parti politique et que mon origine familiale est , je l’espère , au dessus de tout soupçon . Mon grand-père paternel était un imam , mort en 1939 ,  qui nous a légué un somptueux Coran écrit de sa main et que mon grand-père maternel , membre des Oulémas , d’une grande culture bilingue , est peut-être l’un des  plus vieux fusillés  algériens ( exécuté avec son jeune frère  le 14 Janvier 1957 , le village natal porte aujourd’hui son nom ) ; mon père , également membre des Oulémas , ancien détenu , est également d’une culture mixte  .La plupart de mes oncles , paternels et maternels ont été membres de l’ALN dont  un oncle paternel , arabisant ayant fait ses études au Maroc et son  plus jeune frère , francisant , lycéen gréviste meneur en 1956 à Sidi Bel-Abbés avant de rejoindre l’ALN/FLN et enter plus tard dans un gouvernement .
Revenons à notre sujet ; Son Excellence  défend l’idée de l’arabisation de la Médecine parce que , l’enseignement en français génère une médecine à deux vitesses , celle des nantis qui peuvent dialoguer avec le médecin en français et celle des autres !
Mon expérience professionnelle de plus de 30 années d’exercice et mon appartenance à une génération intermédiaire , celle qui pratique aussi bien le français que l’arabe par rapport à votre classification énoncée ( ‘’la génération de médecins qui ne connaît pas l’arabe est à la retraite et en train de s’éteindre . Tous les autres connaissent la langue arabe ‘’ ) m’autorise une lecture du sujet différente .
D’abord , la pratique médicale n’est pas un art du dialogue même si l’anamnèse (l’interrogatoire) est une étape importante de l’examen clinique et la langue arabe classique , celle dans laquelle devrait être alors enseignée la médecine , n’est pas la plus partagée dans la société algérienne pour être  un moyen de dialogue dans les cabinets privés ou les polycliniques et les Hôpitaux . J’ai le souvenir d’une éminente consoeur spécialiste irakienne , collègue à l’Hôpital  Sidi Bel-Abbès , qui avait toutes les peines du monde  pour communiquer ,dans son arabe parfait , avec ses patients ce qui nécessitait souvent l’intervention de l’infirmière pour traduire  .
Ensuite , si un nationalisme linguistique est une idéologie respectable , un certain  pragmatisme réaliste rend improductive , actuellement , l’arabisation de la médecine dans le monde de l’enseignement la médecine contemporaine où toute la littérature et la documentation de pointe existent dans beaucoup de langues , surtout occidentales , mais pas en arabe où depuis le Canon de la Médecine , Kanoun Ettib  d’Ibnou Rochd  , aucune publication  médicale arabe digne de ce nom n’a vu le jour  .
De plus , si l’arabisation de la médecine peut , dans l’optique de votre philosophie , conférer un égal accès des citoyens aux soins car la médecine en français est , selon vous ,à deux vitesses , que faites-vous des millions de citoyens algériens non arabes ; à ce titre , j’aimerais vous faire part d’une intéressante expérience personnelle vécue à Bouira , au printemps de l’année 1981 où , jeune praticien , j’ai eu la chance et l’honneur de remplacer un grand confrère aîné , réputé sur la place de Bouira rappelé au Service National pour une durée de 45 jours ,comme tous les confrères de l’époque  .
Le petit hôpital existant alors à Bouira , chef-lieu de Wilaya ,dépendait de celui de Sour –El-Ghozlane , Aumale , qui comptait une mission bulgare de praticiens spécialistes dont une équipe de chirurgiens et les gardes médicales du service des urgences de Bouira , de même que celles d’une petite maternité locale , étaient assurées par des praticiens publics  associés aux médecins privés et mon tour  survenait tous les dimanches , aussi ce remplacement m’offrait-il la chance d’un exercice mixte , privé et public .
Dans les premiers jours de mon activité , je fus honteux de ne pas pouvoir dialoguer avec mes compatriotes en ce premier anniversaire du printemps berbère, ne parlant pas un mot de kabyle et je dus recourir , peu fier ,à mon infirmier Brahim pour me traduire surtout que j’ai appris qu’un coopérant asiatique , un confrère pakistanais parlait le kabyle.
Mais je mis rapidement un point d’honneur à apprendre ma deuxième langue nationale et j’ai pu me passer de mon interprète  Brahim au bout de quelques jours .
Si l’arabisation de la médecine est un thème sérieux , permettez-moi de détendre le débat pour terminer dans une note plus légère .
Lors de ma première année des études médicales , le tronc commun , en 1973 , l’on s’avisa , directive centrale , de bourrer notre programme déjà saturé d’un douteux module d’arabisation médicale au fallacieux argument que vous brandissez aujourd’hui d’une meilleure proximité du praticien avec le citoyen ,dispensé par une charmante enseignante orientale ; le cours fastidieux qui consistait en une harassante litanie de traduction des termes médicaux en arabe classique , appareil digestif : jihaz hadmi , appareil cardio-vasculaire : jihaz wiaa-i kalbi  , capsule de Bowman : haoussalat Bowman , fit déserter l’amphi la plupart des étudiants et nous sommes restés , faux assidus, quelques gaillards , une quinzaine , plus intéressés par l’enseignante que l’enseignement. Avertie , l’administration exigea une liste des présents , pour sanctionner les absents , à chaque cours ; mais la première liste sonna définitivement le glas pour ce module dont on n’entendit plus parler .
Boute-en-train de la classe , je pris le soin de remplir la liste pour la jolie prof et au lieu d’inscrire , le premier , mon nom , je mis celui de mon idole du football , l’international Henkouche Mohamed qui jouait à l’USMBA  suivi des autres censés être ceux de mes camarades , Hacène Lalmas , Attoui , Melaksou , Seridi ,Betrouni, Kalem , Achour, Djebbar etc…
On ne revit plus  la belle prof orientale qui ne devait jamais se douter un jour qu’elle avait enseigné l’arabe médical à l’équipe nationale algérienne de football .

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Posté par le Juil 17 2011. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

38 Commentaires pour “Act Opinions : Le médecin arabe”

  1. lalimi t le rocher

    pas besoin si abdelhamid de cette entree en matiere. ni lobby ni hizb franca il faut admettre l’evidence la langue n’est point un handicap former bien servir s’adapter ou disparaitre doit etre la seule devise du millenaire 3 bravo une fois de plus

  2. semghouni

    le but de cette chronique est clair mais avec l’anecdote de henkouche je mesuis marre.a d’autres

  3. bennabi tedj eddine

    le preambule de l’auteur de cette superbe chronique a bien fait de se situer ce n’est pas son genre le casting pour que lorsque vous lisez ya sadouni reellement des amis vous ont vite reconnu vous n’allez pas a la simple critique.mais comme c’est votre dada vite vous avez sorti vos griffes

  4. Bakary

    Cher Hakim que je ne connais qu’à travers ce média, je vous bravo et merci sans flagornerie.
    Une proximité générationnel me permet d’être en empathie avec vos propos. La question de la langue a été un moyen détourné d’opposer les algériens et une arabisation hâtive et mal préparée representée par des enseignants folkloriques nous a rebutés.
    Après deux années de cours je n’ai pu maîtrise de la déclinaison de verbe faire. Heureusement la rencontre avec des militants palestiniens devenus des amis intimes m’a reconcilé avec mon orient car nous étions tous désorientés. Plus tard, vivant dans le Canada anglophone, j’ai vu les enfants des impérialistes linguistiques arriver et quémander que l’on aide en anglais pour rédiger des thèses sponsorisés par qui vous savez.

  5. sabri r

    felicitations pour cette chronique.nous esperons que la lecture ne nous renvoie pas sur elmoukawimetes valeurs e.t. .c

  6. elhadj abdelhamid

    Le  » terrain  » Algérie-France, même dans la discipline culture, est toujours miné par l’Histoire ; lorsque l’on y rentre, il faut  » baliser » surtout si on vient du  » Bel-Abbèsois  ». Lorsque l’on voyage dans le pays , loisir ou obligation ( travail , Service Militaire ..),on subit un malheureux mais réel  » cliché  » ; pour beaucoup de nos compatriotes, Sidi Bel-Abbès était seulement une grande caserne de la Légion Etrangère centenaire et bon nombre pense , pour peu que l’on ait un teint clair, que nous pouvons être des fils de  » la ligeo  ».
    Deux anecdotes.
    1 – Près de Tindouf, un officier de Oued Souf que les camarades taquinait sur la consommation de la viande de chien dans sa région répondit :
    – Demandez au docteur, à Sidi Bel-Abbès,  » ils » mangent du porc !
    2 – Juin 2006 . Coupe du Monde de Football.
    Mon oncle d’Alger, qui avait quitté le lycée Laperinne en 1956, est l’hôte de la famille à Sidi Bel-Abbès . Il est étonné de la ferveur ici pour l’équipe de France ; lorsque je lui réponds que c’est pour Zidane, il répond :
    – Zidane est un Français mais je crois que la Légion Etrangère a bien travaillé!

    • ancien de l'aln

      monsieur el hadj sidibelabbes nos lecteurs doivent consulter les pages histoire de la region et le prix paye par cette region hier et apres 1990

    • haut les mains

      Zidane est un français, mais je crois que la Légion Etrangère a bien travaillé.
      Ya doctor je n’ai pas compris la formulation de votre oncle que voulait-il insinuer? que nous sommes tous des fils de la ligeo ,nous qui sommes nés en cette époque coloniale .
      WALLAH ILA HCHOUMA

  7. saliha o mascara

    bravo bakary pour ce commentaire simple et precis sur la langue .

  8. El Hadi

    Medecine en arabe ou medecine en arabe?
    Medicine arabe ou medecine islamique?
    Toute civilisation dominante impose sa langue qui devient langue d’enseignement et de commerce.
    Ainsi dans Rabelais il est recommandé d’apprendre l’arabe langue scientifique du moyen-âge ( conseils à Pantagruel)
    Aujourdh’ui , la lingua franca c’esst l’anglais et le ratio des publications dans cette langue parle de lui-même.
    Les chinois qui ont une médecine 5 fois millénaires n’ergotent pas et enseignent et publient en anglais.
    C’est le monde tel qu’il est . Pas tel que nous le rêvons

  9. El Hadi

    Zidane a la nationalité des multi-nationales qui l’emploient. Il est devenu le divin chauve, le tirroir caisse du grand capital qui fait pleuvoir le flousse.
    C’est un homme sandwitch, un mercenaire acharné du fric.
    Chaque apparition est monnayé et même ses contributions caritatives rentrent dans le cadre d’un plan média.
    Un humourististe français Levesque a dit qu’il était écoeurant de cupité.
    Zidane a menacé d’un procès mais il a reculé sur les conseils de son entourage car les critiques étaient fondées.
    Sous des dehors de gentil c’est un rapace et sur le terrain ses nombreux cartons rouges et ses expulsions témoignent de la sauvagerie non encore expurgée. Zidane ne donne même pas à Marseille qui l’a vu naître.

  10. Moncef

    la notoriété et l’argent peuvent égarer.
    Ainsi je suis triste de constater qu’un enfant des cadets de la révolution propulsé au rang d’écrivain traduit dans le monde puisse se fourvoyer. Le journalime Belkaid Aram à la plule alerte et à la grande culture économique a raison après Daoud de relever la position honteuse de Yasmina Khadra sur Bahrein.
    Il balaie d’un revers de la main toutes les critiques contre la caste des Al Khalifa et se place aux côtés des oppresseurs.
    Ce serait son droit d’applaudir aux chars saoudiens qui rasent la place de la perle pour emêcher un nouveau tahrir.Le problème est qu’il occupe une fonction officielle à Paris et représente l’Algérie.
    Mes sympathies vont plûtot vers la jeune poétesse Hayet El Garmezi torturé et emprisonné pour avoir déclamé une ode à la liberté des peuples.

  11. ghosne elbane

    Pour ceux qui ont eu le bac en 73 l le cursus scolaire était purement en langue française je parle des sciences, maths, physique matière essentielles.il n’y avait pas d’orientation 9 et 10 de moyenne pouvait choisir de faire médecine (4 années d’études)Pour ceux qui avaient râté le bac il y a eu des petits raccourcis pour d’autres filières (droit) cours du soir et sont aujourd’hui de vieux avocats ils ont bien réussi (ceci est une parenthèse)
    Mais pour ceux qui sont nés en 1973 et 1974 l’enseignement n’était pas le même , arabisation et école fondamentale et je nous dis pas nous avons suer avec nos enfants….Réussite au bac avec de bonnes mentions
    a suivre

  12. sohbi oran

    la langue de la poltique pour rester au pouvoir

  13. fils de badissi

    pourquoi tu dis oulama et pas badissias
    nimporte kel quidam pouvait devenir badissi

  14. Mehtougui sba

    fils de badissi vous etes a cote .ici il est fait directement epart de la langue et de son usage alors badiissi ou ulemas c’est juste un introduction pour entrer dans son sujet.et la on reconnait l’interet de cette chronique

    • fils de badissi

      bonsoir mr mehtougui sba avec tous mes respect ce n’est pas le cas et ce n’est pas le sujet de la langue quand mr elhadj abdelhamid a cité le mot « oulama » c’est en liaison avec ses parents et- grands parents et il a dit qu’ils etaient membres des oulamas et chacun sait que l’association des oulama d’algerie crée par ben badis avec des militants dans toutes les classes musulmanes algeriennes du maçon au docteur et bien sur sont exclus les partisans de l’algerie française et les non musulmans tels que juifs , les chretiens , les harkis et les caids et autres auxiliaires naturalisés de la france

      • fils de badissi

        et pas seulement des oulamas ou fkihs docteuir en théologie .
        c’est çà ma question ! car qui dit « membre oulama » n’est pas forcement savant
        bonne journée et merci de me repondre .

  15. ghosne elbane

    ils passent le bac toutes les matières sont en langue Arabe, arrivé à la faculté des sciences tout l’enseignement est en langue française,pour ceux qui maitrisent c’est bien et les autres….(14 ans pour un medecin spécialiste, je ne parle pas du professeur Le module de pharmaco est en langue française et les molécule mères en langue française.Etre un bon medecin c’est tout bien maîtriser et aimer son métier mais…………
    l’arabisation de la médecine (à suivre)

  16. debbara ain tolba

    un bon sujet ou est la reforme du systeme educatif nos enfants ne maitisent aucune langue

  17. Barakat

    Ce débat est piégé et je donne ma langue au chat

  18. derrar

    barakat proposez autre chose on vous suivra

    • ghosne elbane

      derrar il ne suffit pas de donner des ordres, il faut parler discuter sagement des problèmes que nous vivons dans notre pays et puis sachez que nous sommes tous des trilingues monsieur.

  19. Barakat

    J’ai poursuivi des études mais je ne les ai jamais rattrapées.
    Je suis ce que l’on appelle un analphabête trilingue.
    Ma langue fourche mais je peux m’exprimer sur tout en ne sachant presque rien.

    • derrar faycal c ville s.b.a

      cela est une fuite en avant.vous pouvez pas vous asseoir..et debattre dommage.notre doct elhadj a ecrit de la discussion jaillit la lumiere je respecte votre opinion mais jeter l’eponge vite…

  20. derrar faycal c ville s.b.a

    il est souvent facile de placer un comentaire sans propose rune alternative judicieues alors barakat ou voyez vous que le debat est piege des arguments vous font direcela on attend et respectons votre anonymat vous n’etes pas le seul.

  21. Barakat

    cher derrar, c’était de l’humour ce que j’entends par débat piégé c’est une situation que nous ne voulons reconnaître. notre système d’éducation est en lambeaux et les classements internationaux nous placent presque au dernier rang.
    Le niveau de nos universitaires est si bas que même les paquerettes le dominent.
    Certes nous avons appris à jargonner et à faire les perroquets. Celà ne veut pas dire une incapacité de l’algérien mais une dérive du système et des choix suicidaires

  22. laradji s ali beny

    une reponse d’un intellectuel le journal que nous lisons s’enrichit avec ce genre de commentaires et les lecteurs ne seront que ravis barakat qui ne s’est pas arrete tant mieux

  23. laradji s ali beny

    une question barakat pourquoi cette baisse de niveau tres curieux je pose cele aujourdhui moi simple detenteur d’un cep j’attends vous ou autre lecteur merci

    • haut les mains

      Mr Laradji ,cette baisse de niveau est dûe à la non clairvoyance de ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez .
      Le CEP était un certificat honorifique en son temps et pour nos parents ce fut une fieté de voir leurs enfants acquérirent ce beau Certificat.Et aujourd’hui c’est le master,magister et les majestueux fils de flene ou flene et pleine la gouffa

  24. Amazigh

    Il ne faudrait pas monopoliser cet espace de partage mais je peux tenter une réponse qui de toute manière serait incomplète.
    La politique d’arabisation n’a pas tenu compte de la réalité linguistique de l’algérie et a poursuivi un double objectif.
    Reléguer le français au rang de langue étrangére.
    Arrimer le pays au machrek arabisant.
    Refuser le statut de langues premières à l’amazigh et au dialectal.
    Par ailleurs qui dit massification de l’enseignement dit baisse de qualité surtout quand l’encadrement est médiocre et les moyens limités.
    En outre, tous les intellectuels ont voté avec leurs pieds, c’est-à-dire qu’ils sont partis exercer à l’etranger et voir leur compétence connue et reconnue

  25. Mourad d'Aïn-El-Turck

    Cher ami,
    Votre participation au débat sur la problèmatique de l’élite en Algérie ou ce que d’autres appellent l' »Intelligentsia » ne peut être que bénéfique et pédagogique.On ne peut que respecter la légitimité de la réappropriation de la langue natale (amazigh) par un partie importante de la population algérienne,et à ma connaissance plusieurs wilayas ont des classes de langue berbère.De là à vouloir faire l’erreur d’une berbèrisation obligatoire comme la première opération d’arabisation à l’égyptienne(les résultats sont connus),le péril est en la demeure…De là à renier notre descendance amazigh qui n’a jamais été le monopole de Tizi Ouzou ou de Khanget Sidi Naji dans les Némemchas,notre génétique tribale veille ! Avec une mondialisation par satellites qui nous surprend tous les jours,nos experts(ceux qui sont restés) devraient prioriser les générations « montantes » pourqu’elles soient performantes sur les marchés du travail avec les langues qui sont les plus opportunes et les plus rentables ! L’Histoire est sévère avec les peuples qui se sont assoupis pendant des décennies et n’ont pas su relever le flambeau de leurs héros de pères et grands pères…
    Et si l’Algérie a perdu son élite,les meilleurs,il n’y a pas lieu de focaliser sur les responsabilités de l’état.L’état algérien ne pouvait porter atteinte à la liberté de circulation de ses « cadres »et leur retirer leurs passeports.On ne peut emprisonner une mentalité ou mettre une « idée » en bouteille…! C’est pour cela que je m’avance à accuser l' »élite » de désertion à l’étranger…et d’avoir fait le lit de la voyou/médiocratie qui perturbe le processus de normalisation démocratique en Algérie !

  26. Amazigh

    Cher ami d’Ain el turk
    La toponymie de votre lieu de résidence est une véritable raccourci de l’histoire d’Agérie. La première forme étatique était le Beylik ou administration turque de la Régence d’Alger.
    De cette histoire les indigènes ont developpé une attitude non civile par rapport à un état dont ils sentaient qu’il leur était étranger.
    Voler l’état c’est donc voler le beylik et donc sans conséquence morale.
    Vous dédouanez aisément des dirigeants d’un système qui ont tout fait pour desespérer leurs élites, y compris en jouant sur le ressoort d’une instrumentalisation du religieux pour masquer le manque de participation démocratique.
    La violence politique est paradoxale car nos ulémas n’ont jamais produits un corpus doctrinal musulman de haute portée.
    Ils ont retenu le déferlement de la violence mimétique et la phobie de l’altérité.
    L’embrigadement, le prêt-à-penser, l’esprist phillistin méprisant envers les intellectuels ont privé les forces vives d’oxygène.
    Les plus progressistes se sont épuisés dans des combats perdus d’avance et les plus opportunistes servent de caution et d’agent d’ambiance idéoligique.
    Bien à vous

  27. fils de badissi

    cher mr amazigh
    nos oulamas ont failli dans le congrés musulman
    tout comme les communistes
    il a fallut des desesperados pour liberer le pays mais la revolution fut detournée par la 5eme COLONNE des auxiliaires de fafa
    le reste tout le mondee connait et le subit l
    bonne soirée à toutes et tous et à plus .

  28. beka

    el hadj abdelhamaid , Monsieur Hernu n’était il pas prof de physique plutot ? Je me souvien d’un prof de maths « Barbu » et bourru … J’ai eu aussi Bagouet en philo . Il faisait son service « militaire » sous forme de coopération . Il jouait de la guitare . On l’a souvent vu en ville avec sa copine algérienne en « HAIK » , mais ça ne le génait pas , il l’a tenait par l’epaule en marchant et parfois meme par la hanche .. un vrai « baba -cool » .
    Merci pour cet article qui nous revele quelques « perles » intellectuelles parmi les lecteurs de ce journal

  29. Smiley

    Amis de SBA ne jetons pas le bébé à éduquer avec l’eau du bain. Ne soyons pas maximaliste.
    Le fardeau démographique (nous sommes passés de 9 millions en 62 à plus de 35) et la démocratisation de l’enseignement aujourdh’ui accessible à tous pèsent pèsent sur les ressources et recettes du pays.
    Il y a plus de 1.5 d’étudiants et les cycles inférieurs accueillent plus de millions d’élèves.
    Face à cette pression démographique et ses dommages collatéraux ( ouvertures d’institutions universitaires dans tous les coins et recrutement par co-optation) la qualité scientifique de l’enseignement ne peut être toujours garantie.
    En outre le manque de maîtrise linguistique et conceptuelle des langues d’enseignement nuit à l’idéation c’est-à-dire à la capacité d’utiliser des concepts clairement définis.
    Structurellement nous sommes donc dans les frontières de l’approximation.
    Cependant la vitalité et l’intelligence atavique des algériens leur permet de s’adapter dès que l’environnement pédagogique devient rigoureux et exigeant.
    Au bled il y a du pétrole et des cerveaux en devenir.
    Donnons leur leur chance

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