La Voix De Sidi Bel Abbes

A vos Plumes :Le mouvement national et la minorité européenne

On avait projeté de faire publier un condensé sur les fertiles confluences de nos amis G Mohamed Memoria Claude B ;un parmi d’autres C Vezon Dennoun A…Régine Tari;Danielle B Marie lopez…..et autres lecteurs qui avaient spontanément réagi lors de la publication de notre papier sur le café du commerce  et son lot de bonnes ‘odeurs envahissantes et de souvenirs. Que nous voila vous inviter a un nouveau débat mais cette fois  ci sur un écrit Historique récent; publié dans le site spécialisé en histoire Memoria…Ce que nous espérons de vous amis lecteurs et a vos plumes……

LA REDACTION

Ceux qui écrivent sur l’Histoire ou en parlent n’arrivent pas toujours à la regarder en face. L’interprétation des faits, parfois leur simple narration, le tri de l’information n’échappent pas à des impératifs d’ordre politique, à des visions partisanes, à l’idéologie portée et affirmée et à celle qui imprègne l’inconscient. Les historiens idéologues ou partisans chercheront les faits qui confirment une vision en écartant ceux qui pourraient la contredire ou la relativiser.

Des écrits et des débats récents nous révèlent une permanence dans l’approche par quelques-uns de la colonisation française en Algérie et la manière de traiter la résistance algérienne et la guerre de libération. Ce qui laisse la place à la perpétuation de certains mythes comme l’a d’ailleurs montré la loi française du 25 février 2005 qui énonçait textuellement: « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre mer, notamment en Afrique du Nord.» Cette approche de la colonisation s’articule autour de quelques points forts :

la colonisation a eu des effets positifs : elle a permis la scolarisation des Algériens et a fait réaliser de grands travaux ;

la guerre de libération a utilisé des moyens moralement condamnables, les méthodes utilisées par la police et l’armée en Algérie n’ont été qu’une réponse au moins justifiable et compréhensible face aux exactions des combattants du FLN ;

les colons européens ont fait de gros sacrifices pour développer le pays. Ils ont tout le temps été exposés à la menace des Algériens qui n’ont jamais accepté leur présence.

Dans un précédent numéro de Mémoria nous avions montré la nature du système colonial en faisant référence aux textes officiels français et en utilisant les statistiques des administrations françaises. Le mythe de la scolarisation des Algériens ne tient pas : au 30 juin 1957, les étudiants algériens étaient 260 sur 4.700, soit 5,5% alors que les Algériens représentaient 89,5% de la population. L’étude des différents textes régissant les droits et les libertés des habitants de l’Algérie montre clairement que les inégalités, les privations de droits ont été le résultat de lois et de règlements librement adoptés par les autorités légales qui sont allées jusqu’à bafouer les dispositions constitutionnelles: droits, libertés, juridictions, peines selon les appartenances confessionnelles des concernés. Il en fut de même des inégalités devant l’impôt, la santé, les emplois publics. Les chiffres officiels des montants des impôts dits « arabes » que les paysans algériens étaient seuls à payer ont montré leur part importante dans le financement de la colonie. Le principe de la laïcité ne fut pas respecté pour l’Islam et l’association des oulémas algériens réclama tout le temps son application.

Nous parlerons ici de la minorité européenne d’Algérie. La guerre de libération a-t-elle été une guerre de religion, menée par des fanatiques qui cherchaient à massacrer et à jeter à la mer les Européens d’Algérie ? Nous ne trouvons dans un aucun texte du mouvement de libération nationale une telle revendication. Même les tendances que l’on a appelées « indépendantistes », qui affirmaient la spécificité du peuple algérien en défendant son identité propre et refusaient son assimilation, ont toujours demandé l’égalité des droits et des devoirs entre tous les habitants de l’Algérie, toutes confessions confondues. Une lecture des textes du mouvement national nous éclaire à ce sujet.

L’émir Khaled en 1927 : des droits égaux

On peut faire remonter les premières expressions d’un mouvement national algérien moderne à 1912 où un regroupement de notables élus se proclamant « comité de défense des intérêts musulmans » remet au président du Conseil, Raymond Poincaré, le 26 juin 1912, une série de revendications en contrepartie de la décision d’imposer la conscription militaire aux « indigènes ». Celles-ci sont modérées et portent sur des aménagements du service militaire pour le rendre plus égalitaire et des compensations politiques pour une meilleure représentation des Algériens dans les assemblées locales et un accès plus étendu à la citoyenneté française. Elles furent contenues dans une note qu’on appellera plus tard « Manifeste du Jeune Algérien ». Après la Première Guerre mondiale, une partie de ce mouvement « Jeune Algérien » se regroupa derrière l’Emir Khaled pour demander une politique d’association avec des revendications restant modestes en matière de droits et de libertés. En 1924, l’Emir Khaled, alors exilé, demanda au Président Herriot, en juillet 1924, une représentation égale entre les deux communautés et la suppression des mesures d’exception. En 1926, se constitue au sein de l’émigration maghrébine en France l’Etoile Nord-africaine, laquelle exposa par son secrétaire général Messali Hadj les « revendications algériennes » au congrès tenu à Bruxelles du 10 au 14 février 1927 par la Ligue contre l’oppression coloniale. Pour la première fois on demandait l’indépendance de l’Algérie, le retrait de l’armée française considérée comme armée d’occupation, la généralisation des assemblées élues au suffrage universel, la levée de toutes les mesures d’exception. Malgré son caractère radical, ce programme restait égalitaire et social et parlait pour les Algériens de « droits politiques et syndicaux égaux à ceux des Français qui sont en Algérie » (Bulletin du Comité de l’Afrique française, 1928)

En 1928, l’Etoile Nord-africaine se fixait comme but fondamental « l’indépendance des trois pays de l’Afrique du Nord ».

La Fédération des élus des musulmans d’Algérie, constituée en juin 1927 par des élus favorables à l’assimilation, réclamait la suppression des lois d’exception, l’égalité de droits entre tous les habitants et demandait une meilleure représentation des Algériens.

Le 22 mai 1931, sont déposés les statuts d’une association dénommée « Association des oulémas d’Algérie » dont l’article 4 précise l’objectif : « Cette association a pour but de combattre les fléaux sociaux, jeux de hasard, paresse, ignorance, ainsi que tout ce qui est, par sa nature, interdit par la religion, réprouvé par la morale et prohibé par les lois et décrets en vigueur. » Le même jour était déclarée la création de l’association « Ezzakat » qui vise à « favoriser l’instruction et l’éducation intellectuelle, économique et sociale des musulmans d’Algérie », domiciliée à la même adresse que la précédente au cercle du Progrès, 9, place du gouvernement.

Abdelhamid Ben Badis

L’Etoile Nord-africaine, dissoute en 1929, est reconstituée le 28 mai 1933 avec comme but déclaré l’indépendance des trois pays du Maghreb. Sa section algérienne adopte un programme radical, le 28 mai 1933, réclamant l’indépendance avec une armée nationale, la généralisation à tous les niveaux des assemblées élues au suffrage universel, la levée de toutes les mesures d’exception avec un contenu social fort avec l’aide aux petits paysans, accompagnant une réforme agraire avec « respect de la petite et moyenne propriété ». Il énonce clairement « le suffrage universel à tous les degrés de l’éligibilité dans toutes les assemblées pour tous les habitants de l’Algérie » (Bulletin du Comité de l’Afrique française, 1934).

La Fédération des élus de musulmans d’Algérie présente au ministre de l’Intérieur une série de revendications, le 5 mars 1935, portant sur la suppression des juridictions et des mesures d’exception, une plus large représentation au sein des assemblées élues, l’égalité d’accès à l’enseignement et aux services publics. Elle résume sa plate-forme ainsi: « L’Algérie étant devenue une province française, les indigènes musulmans français demandent simplement pour eux l’application du droit commun français et le retrait des règlements spéciaux auxquels ils sont assujettis au détriment de leurs intérêts. » (Questions nord-africaines, juin 1935).

Ben Badis en 1936: «Cette patrie algérienne musulmane est pour la France une fidèle amie »

En 1936, le mouvement national algérien avec ses différentes composantes franchit un pas important en réalisant un rassemblement unitaire dont l’initiateur fut le cheikh Ben Badis qui se fixe comme objectif principal la reconnaissance de la personnalité algérienne, qu’il ne va pas considérer comme incompatible avec la coexistence de communautés religieuses différentes au sein d’un même Etat égalitaire. Il affirme dans un appel du 3 janvier 1936: « Il est indispensable qu’un congrès se réunisse de toute urgence dans la capitale ou ailleurs et qu’un large débat soit constitué et clôturé par la formule fixant pour toujours, du point de vue politique, le sort de six millions d’êtres humains qui sont tantôt considérés comme Français sans jouir des droits afférents à cette qualité, tantôt traités en étrangers dans leur propre pays. » Il affirmera dans un article paru dans la revue Echihab d’avril 1936 sa vision d’une Algérie algérienne voulant être une amie de la France : « Cette nation algérienne et musulmane n’est pas la France. Elle ne saurait être la France. Elle ne veut pas devenir la France. Elle ne pourrait pas devenir la France, même si elle le voulait. Elle est même une nation très éloignée de la France, par sa langue, par ses mœurs, par sa religion et elle ne veut pas s’y intégrer. Elle a une patrie limitée, déterminée : la patrie algérienne, dans ses frontières actuellement reconnues, et dont l’administration est confiée à M. le gouverneur général désigné par l’Etat français. De plus cette patrie algérienne musulmane est pour la France une fidèle amie. Sa fidélité est celle du cœur et non point une fidélité apparente. Elle lui offre la sincérité de l’ami pour son ami et non point celle du domestique pour son maître. Dans la paix et la sécurité, elle demande à la France de respecter sa langue et sa religion, de lui aplanir la voie du progrès dans le cadre de sa religion, de sa langue et de sa morale propres. Elle lui demande de la gratifier de la liberté, de la justice et de l’égalité afin de devenir un modèle de progrès, d’égalité et de bien-être, et pour l’administration française et pour la coopération franco algérienne…

Aussi, nous, Algériens musulmans qui vivons dans notre patrie algérienne, à l’ombre du drapeau tricolore français et unis solidement avec les Français, dans une union que n’affectent ni les petits événements ni les crises superficielles, nous vivons avec les Français en amis fidèles. Nous respectons leur gouvernement et leurs lois, nous obtempérons à leurs impératifs et à leurs interdits. Et nous voulons qu’ils respectent notre religion et notre langue, qu’ils protègent notre dignité et qu’ils nous guident dans la voie de la renaissance politique, sociale et économique.» (Ce texte a été repris par Ali Merad dans Le réformisme musulman en Algérie de 1925 à 1940, Paris 1967, texte qu’il a lui-même traduit).

L’initiative de l’association des oulémas aboutit au congrès musulman du 7 juin 1936 à Alger. Un comité exécutif de ce congrès présente le 7 juillet 1936 une « charte revendicative du peuple algérien musulman ». Cette plate-forme propose ce qu’elle considère comme une solution juste : on ne réclame pas l’indépendance, mais le « rattachement pur et simple à la France » avec l’égalité totale des droits, l’abrogation de toutes les lois répressives et discriminatoires, les libertés individuelles et collectives pour tous, le suffrage universel pour toutes les assemblées dans un collège unique. Elle comportait un élément important : affirmation de la spécificité du peuple algérien comme peuple musulman avec maintien du statut personnel et application de la justice musulmane. La charte réclamait textuellement : « La séparation de l’Eglise et de l’Etat. » (Bulletin du Comité de l’Afrique française, 1936).

En fait, les courants politiques qui adhèrent à ce Congrès musulman acceptent l’idée d’une France laïque, multiconfessionnelle, garantissant l’égalité de traitement pour tous ses citoyens. C’était en 1936. L’association des oulémas avait été le moteur de ce congrès, animée par ce qui semblait essentiel pour elle : l’unité des forces politiques algériennes et la proposition d’une sorte de compromis historique qui assurait l’égalité des habitants de l’Algérie en en faisant des citoyens égaux en droits et en devoirs, mais en préservant l’identité musulmane des Algériens.

L’accession au pouvoir du Front populaire avait fait naître de grands espoirs. L’Etoile Nord-Africaine, pourtant hostile au Congrès musulman qu’elle trouvait trop modéré présenta en février 1936 une série de revendication au nouveau gouvernement qu’elle confirma au ministre de l’Intérieur le 20 juin 1936. Dans ce dernier document, le mouvement affirme : « Afin de faire renaître l’espoir dans le cœur des Algériens et de faire revenir le calme dans les esprits, un gouvernement de Front populaire devra s’attacher à renoncer à la politique de la race privilégiée qui a inspiré jusque-là toute la législation et l’organisation administrative en Algérie, source de haines et de vexations. » (El Oumma juillet-août 1936). Il présente une série de revendications portant sur l’égalité totale en droits et en devoirs, l’extension des libertés individuelles, l’abrogation des lois répressives, l’égal accès à l’école et aux services sociaux, l’arrêt de la colonisation. Dans un souci d’unité, le Congrès musulman invita Messali

à s’exprimer au meeting organisé à Alger le 2 août 1936. Celui-ci resta modéré en avançant sa principale revendication : « Un parlement algérien élu au suffrage universel sans distinction de race et de religion. » (El Oumma septembre-octobre 1936). Cette modération n’empêcha pas son parti d’être dissous le 26 janvier 1937.

Les 17 et 18 octobre 1936, la fédération algérienne du Parti communiste français se transforme en Parti communiste algérien. Le manifeste, qui est adopté à cette occasion, avance une série de revendications sociales condamnant la colonisation et les inégalités, les lois répressives dont il demande l’abrogation. Il affirme un ancrage culturel et historique : « Nous sommes les dignes continuateurs des héros nationaux algériens Abdelkader, Mokrani, Khaled.» Il déclare soutenir l’action du Front populaire en France et prône l’union la plus large des habitants de France et d’Algérie.

Le PPA en 1937 : « Ni lutte de race ni lutte de classe »

Le Parti du peuple algérien est constitué le 11 mars 1937 reprenant la suite de l’Etoile Nord-Africaine. Dans sa déclaration d’avril 1937, ce mouvement politique rejette l’assimilation qu’il considère comme une chimère : « Le Parti du peuple algérien défendra tout le peuple algérien, il ne fera aucune distinction entre ses enfants ; il travaillera précisément pour que l’ensemble de la population, sans distinction de rang ni de religion puisse jouir des mêmes droits, des mêmes libertés, en accomplissant les mêmes devoirs. » Il résume ainsi son mot d’ordre : « Ni assimilation ni séparation, mais émancipation. » Il prône une très large autonomie interne de l’Algérie avec l’égalité totale en droits et en devoirs de tous ses habitants, sans pour cela réclamer l’indépendance : « En repoussant l’assimilation, le Parti du peuple algérien travaillera pour l’émancipation totale de l’Algérie, sans pour cela se séparer de la France. L’émancipation de l’Algérie sera l’œuvre de ses enfants et l’aide effective du peuple français qui doivent, tous les deux, collaborer pour le bien-être général des deux pays et pour leur sécurité. » Il insiste à la fois sur la collaboration entre deux pays indépendants qui collaboreront en toute amitié sur la scène internationale et sur le nécessaire rapprochement entre les communautés : « L’action du Parti du peuple algérien ne sera ni lutte de race ni lutte de classe ; aux autres communautés vivant chez nous, il tendra fraternellement la main, sans tenir compte de leur race et de leur religion ; la seule condition qu’il demandera à tous, c’est l’union de tous et la participation de tous à la direction politique, économique et sociale de notre pays .» (El Oumma, avril 1937)

Le Front populaire ne répondra pas aux attentes des différents mouvements politiques algériens dont les plus radicaux étaient prêts à accepter une large autonomie interne en restant liés à la France, avec une totale égalité en droits et en devoirs entre toutes les populations. Le projet Blum Violette, pourtant extrêmement modéré qui prévoyait des améliorations dans le statut des Algériens musulmans, ne fut même pas discuté.

En 1937, l’association des oulémas se recentre sur ce qui lui paraît fondamental : la protection du musulman contre les risques de déviation. Le cheikh Ibn Badis présente le 15 mai 1937 un manifeste en 20 points dans lequel il s’attaque violemment à certaines pratiques qu’il traite de paganisme (points 14 et 15) et s’en prend aux zaouïas (point 16). Il donne aussi une leçon de tolérance en prônant la fraternité entre les populations. Pour lui, l’Islam « …de même qu’il appelle à la fraternité islamique entre tous les musulmans, (…) rappelle aussi et à titre égal le devoir de fraternité humaine à l’égard de tout le genre humain, il établit une égalité absolue au point de vue de la dignité humaine et des droits de la personne entre les gens de toutes races et de toutes couleurs, il impose comme règle absolue la justice entre tous les hommes sans distinction d’aucune sorte, il laisse aux sectateurs de chaque religion leur liberté religieuse et le soin de comprendre et d’appliquer les enseignements de leur foi comme bon leur semble… » (traduction française parue dans Le jeune musulman, juin 1952). Le congrès musulman malgré le refus du Parlement français de discuter du projet Blum Violette, cédant ainsi aux pressions des élus européens d’Algérie qui bloquent toute évolution, maintient cependant sa confiance au gouvernement du Front populaire. Dans sa réunion de juillet 1937, il demande aux autorités de considérer la célébration de la prise de Constantine comme une date qui « clôture un siècle d’adaptations pour ouvrir une ère nouvelle de concorde et de paix entre frères musulmans et français tous égaux et solidaires. » Il regrette que le projet Blum Violette n’ait pas été discuté par l’Assemblée française et rappelle ses demandes d’abolition des lois d’exception d’application de l’égalité de traitement entre tous les habitants de l’Algérie.

Le Parti communiste algérien rappelle ses exigences dans une déclaration d’août 1937 : application des lois sociales, abrogation des textes discriminatoires, adoption du projet Blum Violette, égalité dans les assemblées élues. Il menace d’appeler au boycott des élections. Le 12 août 1937, le cheikh Ibn Badis lance un appel à l’union des Algériens pour exiger la fin des mesures répressives et l’égalité en étant relativement modéré : « Exigez que tout musulman algérien ayant sa majorité soit électeur et que les musulmans algériens aient le même nombre d’élus que les Français dans chaque assemblée. » Il exprime son amertume devant le refus de reconnaître aux Algériens une identité propre en rappelant ce que Daladier avait affirmé un an auparavant : « Monsieur le ministre Daladier, président du Parti républicain radical et radical socialiste, nous a fait cette déclaration : Je vous dis en toute franchise que je m’opposerai à celle de vos revendications concernant la représentation parlementaire tant que vous conserverez votre statut musulman. » Ibn Badis appelle lui aussi à cesser toute collaboration au sein des différentes assemblées locales : « Décidez de ne plus y retourner sans que l’égalité y soit établie. » (Archives d’outre mer, référence 11.4.47, texte repris par Claude Collot et Jean Robert Henry Le mouvement national algérien, textes 1912-1957, L’Harmattan, 1978)

Le 29 août 1937, le Congrès musulman décide la démission immédiate de ses élus et la suspension de toute collaboration avec les autorités. Le Parti communiste algérien (participant au Congrès musulman) et le Parti du peuple algérien (ayant été toujours à l’extérieur) participent aux élections cantonales d’octobre 1937 en présentant des programmes assez semblables avec des exigences en matière de suppression des lois répressives, d’égalités de droits, de respect des libertés fondamentales et de mesures sociales d’aide. En novembre 1937, le gouvernement expose des projets de réformes pour l’Algérie. La Fédération des élus musulmans de Constantine élabore un projet de réformes qui sera soumis aux autorités françaises le 31 décembre 1937. Celui-ci comporte des mesures d’égalité devant la loi, l’application du suffrage universel dans un collège unique, la suppression des textes répressifs et discriminatoires, des mesures sociales (relèvement des salaires, assurances, aides aux nécessiteux) et des programmes d’équipements des régions déshéritées, des réformes agraires. En matière de représentativité, sa revendication semble modeste puisqu’il accepte une participation majoritaire des Européens dans les assemblées en réclamant : « Dans toutes ces assemblées, porter le nombre des élus musulmans aux deux cinquièmes de l’effectif total. » En décembre 1937, la revue L’Entente franco-musulmane publie un long article de Ferhat Abbas qui annonce une rupture avec les visions du passé. Pour l’auteur, il ne peut y avoir d’émancipation de l’Algérie sans la fin du système colonial qu’une caste de privilégiés cherchera toujours à maintenir, en s’opposant s’il le faut aux mesures prises par le gouvernement français. Il fait référence au professeur Challaye : « Il n’est pas possible d’améliorer le régime colonial. Il faut le transformer profondément, c’est-à-dire le détruire. » Il exprime la déception de l’espoir suscité en 1930 qui aurait pu être le point de départ d’une série de réformes « …qui aboutiraient étape par étape, au droit commun, à l’unification politique et administrative des deux sociétés et à la naissance d’une Algérie française véritable, réconciliée avec elle-même. » Il y a une prise de conscience qu’il ne peut y avoir d’égalité en Algérie parce que la logique de la domination coloniale fait qu’il y aura toujours une société assujettie à l’autre : « Vouloir une colonie sans sujets est une hérésie des démocraties modernes contre laquelle les colons s’élèvent avec juste raison. » Pour lui, les parlementaires européens d’Algérie qui s’opposent au gouvernement de Paris, « restent dans la logique et la tradition coloniale : sociétés juxtaposées, sujétion perpétuée. » Il tire une deuxième leçon de l’expérience vécue en affirmant que l’élu algérien ne doit plus se contenter d’une action individuelle mais privilégier « l’action et la discipline d’un organisme s’appuyant sur la masse et agissant sur elle ». Il affirme même la nécessité d’un mouvement de masse : « Pour vaincre un régime aussi puissant que le régime colonial, le transformer et le détruire, c’est peu des associations d’élus. Il faut une action de masse, de toute la masse. »

Cette évolution des élus modérés a été aussi celle des oulémas qui rejettent les accusations de ceux qui ont vu en elle un danger et une source d’agitation. En février 1938, Ibn Badis signe un manifeste dans lequel il affirme l’identité propre des Algériens en refusant l’assimilation, tout en restant légaliste et respectueux de l’autorité française. Il affirme que le peuple algérien demande le respect de son identité tout en « … jouissant de tous les droits et remplissant tous les devoirs que lui impose la loi, sur la base de la justice et de l’égalité. » Il adresse un appel au peuple français dont il fait l’éloge : « Ton histoire est pleine d’actions d’éclat et de traits d’héroïsme et de générosité qui prouvent qu’en tout temps et en toute circonstance tu as défendu le droit, malmené les tyrans, couru au secours de l’opprimé et pris en pitié le faible…C’est toi qui t’es dressé comme un lion contre tous ceux qui ont attenté à ta liberté ou à celle d’autrui… Entre toi et le peuple algérien, il existe des affinités et des liens consolidés par le sang de ses fils et des tiens sur les champs de bataille. Peux-tu te souvenir de tout cela pour joindre ta voix à la sienne et défendre avec lui son droit méconnu comme il a défendu avec toi le territoire de ta grande patrie ? Nous attendons ta réponse qui ne peut être que : OUI ! » (Archives d’outre mer, référence 11.H.47, texte repris par Claude Collot et Jean Robert Henry Le mouvement national algérien, textes 1912-1957, L’Harmattan, 1978)

Ferhat Abbas en 1938 : « Abolition des privilèges de la race »

A la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les partis politiques algériens dans leur totalité réclament une égalité totale des droits entre tous les habitants de l’Algérie et des mesures pour améliorer la situation sociale des Algériens musulmans. Les maires européens bloquent l’examen des projets de réforme politique, notamment le projet Blum Violette. Ferhat Abbas réclame « un régime d’égalité où les privilèges de la caste, de la naissance et de la race soient abolis » (L’Entente franco-musulmane du 28 juillet 1938) Le Parti du peuple algérien affirme le 17 juin 1939 : « Le peuple français si ardemment attaché au principe de la démocratie, doit tendre une main fraternelle, car il s’agit de ses intérêts et de son prestige, au peuple musulman algérien dans sa lutte contre les privilèges…» (Le Parlement algérien 17 juin 1939). Le 31 mars 1943, des élus algériens présentent au gouverneur général un long mémoire (qu’ils appelleront le Manifeste du peuple algérien) présentant la nature de la domination installée en Algérie et dans lequel ils condamnent la colonisation «c’est-à-dire l’annexion et l’exploitation d’un peuple par un autre peuple » et dans lequel ils présentent leur principale revendication : « La liberté et l’égalité absolue de tous ses habitants, sans distinction de race ou de religion. » Ils remettront le 11 juin 1943 au général Catroux un projet de réformes immédiates (en fait une version assouplie du texte précédent ayant été jugé irrecevable) contenant la création d’un gouvernement algérien avec une représentation égale au sein des assemblées élues, des mesures d’égalité en matière de libertés, d’enseignement et d’accès aux services sociaux, concluant par ces mots : « Et sur la terre algérienne luira une aurore nouvelle, illuminée par le sang généreux de tous les soldats de la liberté, fraternellement unis dans le sacrifice et la victoire. » (Publication du gouvernement général, Imprimerie officielle, citée par Collot et Henry). Ce texte en fait contrôlé de près par une commission où siégèrent des représentants de l’administration fut rejeté par le gouverneur général. Les autorités françaises de la Libération instaurent le 19 décembre 1943 une commission « chargée d’établir un programme de réformes politiques, sociales et économiques en faveur des musulmans français d’Algérie ». Celle-ci entendra différents leaders politiques algériens. Le Parti communiste algérien demandera un élargissement de la citoyenneté à un plus grand nombre de musulmans.

Les Amis du Manifeste en 1944 : « Une nationalité algérienne incluant les différentes communautés »

Les autres intervenants considèreront que le projet Blum Violette de 1937 était désormais dépassé. Ferhat Abbas et Abdelkader Saïah au nom des amis du Manifeste affirment : « Il s’agit d’abolir ces privilèges et d’abolir toute dictature en Algérie ». (Commission chargée d’établir un programme de réformes politiques, sociales, économiques en faveur des musulmans français d’Algérie, Imprimerie officielle, Alger 1944). Ils réclament une autonomie politique où la reconnaissance d’une nationalité algérienne incluant les différentes communautés ne s’opposerait pas à un droit de regard de la métropole. Le cheikh El Ibrahimi, au nom de l’association des oulémas, réclame l’application effective du principe de la laïcité : «Comment un gouvernement laïc peut-il inventer un clergé pour une religion démocratique qui n’a pas de clergé ? » Il dénonce l’immixtion de l’administration dans la gestion et le contrôle des lieux de culte et la mise sous tutelle des établissements d’enseignement religieux. Sur le plan politique il avance : «Créer la citoyenneté algérienne, dont bénéficieraient les différents éléments de la population de ce pays, sans discrimination raciale ou religieuse, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits…Libre exercice de tous les cultes et libre disposition par chaque communauté de ses édifices religieux ainsi que de ses fondations pieuses. » Messali Hadj exprime la position du Parti du peuple algérien : « Le musulman algérien demande avec ardeur à jouir de la citoyenneté algérienne, lui garantissant le respect de sa langue, de sa religion, de ses droits politiques, sociaux, et économiques pour son émancipation.» Il réclame un parlement algérien « …élu au suffrage universel sans distinction de races ou de religions. Dans ce parlement trouveront place, sur le même pied d’égalité, Arabes, Européens et Israélites, et tous fraternellement unis travailleront, chacun selon ses capacités, pour une Algérie libre et heureuse. »

Le général de Gaulle promulgua l’ordonnance du 7 mars 1944 qui déçut les attentes de toutes les composantes du mouvement national. En réaction fut créée l’association des « Amis du Manifeste de la Liberté » (AML) à l’initiative de Ferhat Abbas et soutenue par les oulémas et le PPA. Ce regroupement rejeta l’idée de l’assimilation portée par l’ordonnance de 1944, tout en saluant comme positives les mesures d’ordre social. L’Association des oulémas présente le 15 août 1944 un mémoire dans lequel elle réclame l’application effective du décret du 27 septembre 1907 sur la laïcité : « Nous venons aujourd’hui, au nom de la religion et du peuple musulmans, demander avec insistance l’application franche et intégrale du principe de la séparation du culte musulman d l’administration algérienne …» (cité par Collot et Henry). En mars 1945 les AML rappellent leur revendication pour la reconnaissance d’une nationalité algérienne et « l’établissement d’une constitution algérienne démocratique et républicaine ».

Ferhat Abbas en 1946 : « Un Algérien chrétien ou israélite frère d’un Algérien musulman »

La répression s’est accompagnée de l’interdiction des mouvements politiques algériens. Libéré le 16 mars 1946, Ferhat Abbas lance le 1er mai 1946 un appel dans lequel il affirme : « Un Algérien chrétien, israélite doit être le frère d’un Algérien musulman, sans que celui-ci cherche à exclure l’autre de la communauté ou que l’autre se croie obligé de l’assimiler ou de le réduire à l’esclavage. » Dans Combat (numéro daté du 26 juin 1946) il précise ses positions pour un fédéralisme : « Il s’agit de mettre le peuple algérien sur un pied d’égalité avec le peuple de France, pour mieux associer les intérêts qui ne sont pas contradictoires. Cette association trouvera son expression dans un système fédéraliste qui permettra à chacun des peuples groupés au sein d’une vaste et libérale communauté française d’évoluer sans entraves dans son cadre naturel. »

Le gouvernement entame en 1947 une discussion pour un nouveau statut de l’Algérie. Les différents partis politiques algériens avancent leurs propositions dont les moins radicales parlent de personnalité algérienne autonome. Les communistes parlent d’un « territoire associé dans le cadre de l’Union française » où « tous les Algériens et Algériennes, sans distinction d’origine, de race, de langue ni de religion, jouissent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes obligations ». L’Assemblée algérienne serait élue au suffrage universel direct et secret et les auteurs de la proposition de loi acceptent cependant que « à titre transitoire, le corps électoral est réparti en deux collèges distincts ». Les modérés de l’UDMA déposent le 21 mars 1947 une proposition de loi qui affirme que « la République algérienne est membre de l’Union française au titre d’Etat associé. » Selon ce texte, « tous les habitants de l’Algérie, sans distinction de race ou de religion, à l’exclusion des ressortissants étrangers, sont déclarés citoyens algériens et proclamés égaux en droits et en devoirs. » (Egalité mai 1947). Le PPA (qui deviendra officiellement le MTLD créé le 7 septembre 1947) est marginalisé, poussé à une activité semi-clandestine. Le premier conseil national du nouveau parti réclame une Constituante « élue au suffrage universel et direct par un collège unique sans distinction de race ou de religion ». Ce parti se radicalise et devient dominant dans le mouvement national algérien. L’association des oulémas se concentre sur sa tâche principale et réclame le respect de la laïcité par l’application effective de l’égalité de traitement des différents cultes pratiqués en Algérie en respectant la loi du 9 décembre 1905 et le décret du 27 septembre 1907. Elle affirme dans un document de 1950 : « En étendant au culte musulman le bénéfice de la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, vous confondrez les trois cultes dans la même égalité de droits ». (Typo litho et Carbonnel, Alger, 1950).

La répression qui s’aggrave accentue la radicalisation des différentes composantes du mouvement national. L’UDMA, lors de son 3e congrès de septembre 1951 affirme son objectif principal qui est : « La reconnaissance de la personnalité algérienne par l’institution d’une république algérienne démocratique et sociale…accessible à tous les Algériens sans aucune distinction. » Le parti s’affirme même « ouvert à tous les habitants de ce pays quelles que soient leur origine ethnique et leur confession. » (La République algérienne, septembre 1951). Le Parti communiste appelle lors de son congrès de février 1952 à l’élection d’une assemblée nationale souveraine « élue au suffrage universel direct et secret par tous les Algériens sans distinction d’origine. »

Le MTLD en 1951 : « Le droit des Européens de vivre et de travailler paisiblement »

Le MTLD se radicalise et envisage une préparation à l’action militaire. Dans un document de décembre 1951 (principes directeurs de la lutte du mouvement national algérien), il précise ses positions sur les questions du nationalisme à qui il enlève tout contenu extrémiste: « Le nationalisme libérateur dont la nation est le but et le cadre d’existence ne saurait être un principe d’action de nature essentiellement religieuse… Le mouvement national algérien n’en est pas pour cela une organisation religieuse voulant convertir des hommes de religions différentes.» Parlant des Européens d’Algérie, il affirme : « Il n’est nullement question de méconnaître leur droit naturel d’hommes de vivre et de travailler paisiblement… Ces étrangers d’origine européenne et de nationalité française jouiront de la nationalité algérienne dans la mesure où ils s’intégreront dans la communauté nationale,…en un mot dans la mesure où ils se sentiront fils de la patrie algérienne et agiront en tant que tels. » (Réalités algériennes, Alger 1951)

Avec son appel du 11 décembre 1953, le comité central du MTLD publie un projet de programme d’action où il affirme parmi ses principes fondamentaux : « Election d’une assemblée nationale souveraine par tous les Algériens au suffrage universel direct ». (La nation algérienne septembre 1954).

L’étude des textes du mouvement national avant le déclenchement de la guerre de libération permet de tirer quelques conclusions :

  • à aucun moment, un parti politique n’a affirmé vouloir établir la suprématie de la population algérienne musulmane sur les minorités religieuses chrétienne et israélite ;
  • la revendication unanime a toujours été l’égalité des droits quelles que soient les confessions ;
  • l’association des oulémas a toujours réclamé l’application de la laïcité en rejetant le contrôle du culte musulman par l’administration coloniale. Elle a exprimé une grande tolérance en appelant à la coexistence et au rapprochement des différentes communautés dans une même société sous l’autorité d’un même Etat qui devait être respecté par tous. Elle a même accepté à un certain moment des projets de statuts qui n’étaient pas totalement égalitaires pour les Algériens ;
  • les différents mouvements indépendantistes (ENA, PPA, MTLD) ont toujours demandé une stricte égalité en devoirs et en droits entre tous les habitants de l’Algérie sans distinction de religions. En avril 1937, le PPA avançait son mot d’ordre : « Ni assimilation ni séparation, mais émancipation. »
  • Les mouvements qu’on peut considérer comme «modérés» (Fédération des élus, UDMA) ont évolué lentement de l’assimilation à l’indépendance. En 1937, ils estimaient que le système colonial devait être détruit et ils acceptèrent en 1947 une solution fédérale avec une totale égalité entre les différentes communautés et une république algérienne membre de l’Union française au titre d’Etat associé.
  • Le Parti communiste algérien qui s’autonomisa en 1937 regroupait un grand nombre de citoyens français. Il reprit à son compte les grandes revendications sociales des années trente et de l’après-guerre et avança des propositions égalitaires.

Le FLN : « La ligne de démarcation ne passe pas entre les communautés religieuses »

La position du FLN envers la minorité européenne est clairement affirmée dans deux documents fondamentaux. La proclamation du 1er novembre 1954 réclamait la reconnaissance du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle offrait en contrepartie : « Tous les Français désirant rester en Algérie auront le choix entre leur nationalité et seront de ce fait considérés comme étrangers vis-à-vis des lois en vigueur ou opteront pour la nationalité algérienne et, dans ce cas, seront considérés comme tels en droits et en devoirs. »

Cette position du FLN a été constante. Le Congrès de la Soummam du 20 août 1956 réaffirmait des positions doctrinales : « La Révolution algérienne n’a pas pour but de « jeter à la mer » les Algériens d’origine européenne, mais de détruire le joug colonial inhumain… La Révolution algérienne veut conquérir l’indépendance nationale pour installer une république démocratique et sociale garantissant une véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie… La ligne de démarcation de la Révolution ne passe pas entre les communautés religieuses qui peuplent l’Algérie, mais entre, d’une part, les partisans de la liberté et de la justice, de la dignité humaine et, d’autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelle que soit leur religion ou leur condition sociale. » Mais il ne se contente pas de ces affirmations. La plate-forme est un document qui se veut fixer un objectif stratégique et déterminer les moyens et les démarches pour y arriver. Le FLN ne considère pas la minorité européenne dans son ensemble comme un fait imposé dont il faut tenir compte. Remarquons qu’il utilise le terme « Algériens d’origine européenne » pour désigner la minorité non musulmane dans sa globalité et non de Français ou de minorité chrétienne. Il y cherche des alliés pour son objectif d’indépendance et il ne la voit pas comme un tout homogène : « C’est pourquoi le FLN a entrepris avec succès la mobilisation de toutes les énergies nationales. Mais il ne laissera pas l’ennemi colonialiste s’appuyer sur la totalité de la minorité ethnique en Algérie, dresser contre nous l’opinion en France et nous priver de la solidarité internationale ». Pour la première fois, un mouvement national algérien parle de différences au sein des Algériens d’origine européenne : « Mais en raison de ses privilèges inégaux, du rôle qu’elle joue dans la hiérarchie économique, administrative et politique du système colonialiste, la population d’origine européenne ne constitue pas un bloc indissoluble autour de la grosse colonisation dirigeante. » Le document affirme que la prise de conscience qu’une victoire militaire maintenant le statu quo était impossible, les Algériens d’origine européenne n’avaient pas tous la même attitude. « Ce serait donc une erreur impardonnable que de mettre dans le même sac tous les Algériens d’origine européenne ou juive.» Il consacre une attention particulière aux Algériens juifs : « Sans puiser dans l’histoire de notre pays les preuves de tolérance religieuse, de collaboration dans les plus hauts postes de l’Etat, de cohabitation sincère, la Révolution algérienne a montré, par les actes, qu’elle mérite la confiance de la minorité juive pour lui garantir sa part de bonheur dans l’Algérie indépendante. » Pour le FLN, certains parmi les Algériens d’origine européenne (pour utiliser la même terminologie) peuvent être des alliés de la Révolution algérienne. Il tâchera même d’obtenir la neutralité bienveillante du plus grand nombre en les rassurant. Et la Révolution algérienne eut ses martyrs et ses combattants non musulmans.

Cheikh El Okbi en 1957 : «Appartenance de deux éléments à une patrie commune »

Le 7 janvier 1956, le cheikh Larbi Tébessi s’exprimant au nom de l’association des oulémas déclare approuver les objectifs du FLN et appelle à la création d’un Etat indépendant ouvert à toutes les origines et à toutes les religions.

Le journal Le Monde du 14 novembre 1956 parlait d’un mémorandum du FLN remis à l’Assemblée générale de l’ONU où on pouvait lire : « La pression de l’opinion internationale peut amener la France à accepter des négociations avec les véritables représentants du peuple algérien et une solution pacifique du problème. » Le journal commentait : « Ils veulent en finir avec les discriminations raciales et religieuses de toutes sortes et protégeront les intérêts légitimes de la minorité française. »

Le même journal publie le 19 janvier 1957 un entretien avec cheikh El Okbi où celui-ci donne son avis sur le fait national algérien : « Je partagerais le point de vue du chef du gouvernement indien lorsqu’il déclare que l’Algérie n’appartient pas seulement aux musulmans mais aussi aux Européens qui y ont œuvré de leur mieux depuis des générations et y ont fait souche. Alors je ne vois pas en quoi ni pourquoi l’affirmation de ce « fait national » opposerait ici musulmans et Européens puisque sa reconnaissance ne ferait que consacrer légalement l’appartenance de deux éléments à leur patrie commune. » Dans le même entretien, le cheikh rend un vibrant hommage à l’archevêque d’Alger, Mgr Duval « dont le sermon au lendemain des évènements du 29 décembre est allé droit au cœur des musulmans ». Il continue : « Quand on envisage aujourd’hui d’instaurer une nouvelle armature politique et sociale dans laquelle aucune des deux collectivités ne pourrait dominer l’autre, c’est parce qu’on s’est aperçu – un peu tard – des ravages de tous ordres que ce système, dont les effets persistent, a pu causer. » Dans cet entretien, le cheikh El Okbi, figure marquante du mouvement des oulémas, adoptait une position proche de la déclaration du MTLD de décembre 1951. Sur le plan doctrinal, le mouvement religieux et le parti qui a été le plus indépendantiste d’où sera issu le FLN, n’opposent pas l’appartenance à la nation et l’appartenance confessionnelle.

Le 29 juillet 1957, Ferhat Abbas donne une interview au journal La Gazette de Lausanne où il estime possible une Algérie Nouvelle «… mais après une révolution politique et morale que les Français d’Algérie doivent faire aussi, comme nous, et selon les impératifs du siècle où nous sommes… Nous devons tous être des citoyens comme les autres devant une loi faite pour tous, devant des problèmes que tous ensemble nous résoudrons… Et il est faux de dire qu’il y a deux communautés en Algérie. En réalité, il y a deux camps : celui du colonisé et celui du colonisateur. Colonisés et colonisateurs ne peuvent plus à notre époque cohabiter. »

Krim Belkacem en 1961 : le respect absolu de l’humain

Le 7 août 1957, Ahmed Francis et Abderrahmane Kiouane, émissaires du FLN, déclaraient à Stockholm au sujet des Algériens d’origine européenne : « Nous laissons le choix entre deux statuts : ou la citoyenneté algérienne avec l’égalité totale des droits, ou le statut de Français (les Français étant alors traités en étrangers non privilégiés avec les droits et les devoirs qu’implique ce statut). Nous offrons un choix qui n’existe ni au Maroc ni en Tunisie. »

Le 17 février 1960, Ferhat Abbas, président du GPRA, leur adresse un appel solennel : « L’Algérie aux Algériens. A tous les Algériens quelle que soit leur origine…C’est la terre qui façonne l’homme. Et la terre algérienne nous a façonnés. Elle nous a si bien marqués que nous pouvons vivre ensemble… Nous voulons que vous participiez à cette édification… Ne gâchez plus les chances d’une union riche de promesses… »

Le 1er août 1961, Krim Belkacem chef de la délégation des négociateurs du FLN a eu ce commentaire dans une conférence de presse, après l’échec des premières négociations de Lugrin: « Nous sommes le premier pays colonisé à prendre et à revendiquer la responsabilité d’offrir le droit de cité aux ressortissants de la puissance colonisatrice. En cela nous démontrons que nous ne sommes pas seulement en harmonie avec notre temps mais que notre politique est fondée à la fois sur la raison et le sens des réalités, la justice et le respect absolu de l’humain. »

Les négociations d’Evian n’ont jamais buté sur la question de la minorité chrétienne. On y retrouve la position constamment exprimée par le mouvement national puis par le FLN : égalité de droits et de devoirs entre tous les habitants de l’Algérie, de toutes confessions.

Les Algériens d’origine européenne ne sont pas tous partis en 1962

Dans un ouvrage tout récent, Pierre Daum parle des Algériens d’origine européenne restés en Algérie après l’indépendance (Ni valise ni cercueil, Actes Sud, Paris 2012). Dans la préface, l’historien Benjamin Stora en souligne l’apport : « De façon érudite et passionnante, l’auteur remet en cause plusieurs idées reçues à propos du départ des Européens d’Algérie… Chiffres à l’appui, tirés de sources nombreuses et pertinentes, Pierre Daum nous livre une autre version, peu connue et dérangeante, mais bien plus conforme à la réalité : deux cent mille pieds-noirs sont restés à l’été 1962, finissant leurs jours dans leur pays, ou partant ensuite progressivement au cours des décennies suivantes…Et voici remise en cause une autre idée : tous les pieds-noirs n’étaient donc pas d’affreux colonialistes, attachés à leurs privilèges. » Pour Benjamin Stora, « un des intérêts du livre de Pierre Daum est de se situer hors des sentiers idéologiques occupés depuis bien longtemps par les partisans de la nostalgérie ».

Dans cet ouvrage, on apprend donc que les Algériens d’origine européenne (pour reprendre la terminologie du Congrès de la Soummam) ne sont pas tous partis à l’indépendance de l’Algérie. Dans de multiples témoignages, il nous parle des relations d’amitié entre des Algériens de différentes confessions partageant un même attachement à l’Algérie. Les départs s’étalèrent surtout à partir de 1966 et l’auteur en donne plusieurs raisons.

On ne peut donc considérer comme objectives les affirmations selon lesquelles la minorité européenne d’Algérie a eu des réactions « compréhensibles » parce qu’elle était visée par le FLN et par les religieux et qu’elle avait été condamnée à quitter précipitamment l’Algérie pour éviter d’être massacrée.

Par Boualem TOUARIGT

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=15972

Posté par le Sep 2 2012. inséré dans ACT OPINIONS, ACTUALITE, EVENEMENTS, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

36 Commentaires pour “A vos Plumes :Le mouvement national et la minorité européenne”

  1. Sokato de AICANTE

    Bonsoir mes amis; je souhaite particuliérement que les spécialisés en histoire de belabbes disent leur avis et bien sur nos amis de toujours les lecteurs .moi j’ai parcouru et Je ne pense pas que l’on va pas s’eterniser a nous taper dessus les peuples doivent s’unir Bonne soirée

  2. Gherbi sba

    gherbi g vous dit allez nos amis a vos plumes le sujet est bien retenu et cela donne a débattre…lisons bien il ya bien des éclairages et cela est bien venu aprés l ‘écrit des cafés ..

  3. abdelkader wahrani

    l´algerie pour les algeriens musulmans. un million cinq cent milles algeriens musulmans chouhadas. Allah yarham chouhadas eldjazairiine el mouslimine. le cheikh abdelhamid ibn-badis rahimah Allah, réside dans son appel a l´union sous le signe de l´islam, de la nationalité, de l´arabisme. A côté de la formule instruisez-vous, c´est celle d´unissez-vous que el imam cheikh abdelhamid ibn badis (rahimah Allah) emploi le plus. les pieds noirs,les ultras, les fascistes qui n´ont jamais admis et n´admetteront jamais que les pauvres bougnouls que nous sommes les ont chasses dehors de notre pays. les pieds noirs fascistes ils ont pas même déclarés! pas de partage eux ou nous ?. 132 ans de colonisation par la france coloniale aux allures fascistes!!! imbecile ne pardonne pas et n´oublie pas, le naif pardonne et oublie, le sage pardonne et n´oublie pas!!!. manensouch listi3mar el adou. vive l´algerie algerienne musulmane.

    • Albarracin deSBA

      Conquêtes!!
      On a tous quelque chose à nous faire pardonner
      !
      A Mr Wahrani
      Je comprends parfaitement les ressentiments du peuple Algérien évoquant l’occupation du Maghreb par la France et les conditions meurtrières et cruelles d’une guerre d’indépendance !
      En revanche, je suis toujours sur mes gardes quand les propos ressemblent à des braises susceptibles d’allumer ou d’entretenir des brasiers de haines perpétuant ces crimes que l’on dénonce par ailleurs !
      La France n’est pas une « individualité personne physique »mais une « entité personne morale! »
      Qui, ni plus ni moins que toutes les entités comparables, charrient au travers de leurs Histoires des pages glorieuses, et misérables !
      La France c’est le meilleur et le pire !

      Tous les pays du Monde ont été conquis et conquérants !
      Le Magrheb envahit l’Espagne ! L’Espagne fait la conquête de l’Amérique du Sud , des iles des Philippines. L’Europe du Nord procède à la conquête de l’Amérique du Nord ! ETC ….
      DE l’Afrique Noir, des Arabes et des Européens organisent le marché des esclaves. La liste est hélas longue pour signifier que peu de Régions du monde peuvent se prévaloir de n’avoir jamais était mêlée à une conquête colonisatrice !
      En rappelant ces faits je n’excuse rien ! Mais je mets en garde fraternellement « mes frères algériens (étant moi même natif de SBA) sur une posture de rappels historiques qui entretiendraient des animosités dommageable aux intérêts « humains » ! L’Histoire doit être dite ! L’oubli n’est pas de mise !
      Les Mouvements de Libération des Peuples, seront de tous les temps ; dans tous les pays et cela jusqu’à la fin des temps !

      Mais il nous reste pour justifier les conquêtes et pardonner les outrances :
      en Espagne « La mosquée merveilleuse de Cordoue, ! et en Algérie « la place Carnot à SBA !
      En toute fraternité !

      • monsieur terkmani gambetta

        Le vif plaisir de vous relire mr ALBARRACCIN.Nous souhaitons vos échanges bien réguliers. Bonne journée le texte en ligne est trés bien agencé levant bien des équivoques et nous rapproche.

        • Albarracin deSBA

          Cher Monsier Terkman, merci de porter un regard bienveillant sur mes rares interventions, la loi du genre voudrait une fidélité plus grande, mais un devoir de réserve
          s’impose tant les sujets que l’on découvre sur le site sont à la fois universels et locaux ;…ce qui fait sa richesse sociale
          Salutations aux équipes animatrices

  4. MIMOUN

    Le musulman ne doit pas garder rancune et doit abandonner ou renoncer à la vengeance IL doit etre excusable et indulgent pour pardonner facilement.IL doit etre bienveillant , bon ,compréhensible et tolérant
    Notre prophète a beaucoup pardonné et nous a dit « faites ce que je fais » donc faisant ce qu’il a fait.

    • abdelkader wahrani

      comment se peut-il que l´on pardonne des crimes,des atroces, torture, exécutions sommaires…ect que Allah lui-même ne pardonne pas? comment peut-il pardonner a ces monstres génocidaires francais, qui ont massacré des centaines de milliers d´algeriens, au nom de la démocratie chrétiene, ca donne la mauvaise conscience pour toute la vie. comment pardonner au boucher de setif,guelma,kherrata…ect le criminel général duval, aider par sous-prefet achiary de guelma, la milice pieds noirs les bataillons sénégalais, les tabors chleuh marocains ect… 40.000 hommes opérationnels pour la répression du mois de mai 1945, le 19em corps criminel dispose en algerie 110.781 hommes, dont 3.543 officiers et 13.616 sous-officiers. dans le constantinois, l´armée criminelle coloniale dispose de moins de 10.000 hommes, bataillon chleuh marocains, goum venant de maroc, un groupe mobile de tunisie, des régiments de cavalerie prélévés en allemagne et d´infantrie FFI de l´atlantique. un commandement criminel sans état d´âme bien rodé!!! guelek smah, makach smah? exécutions sommaires des algeriens femmes,hommes et enfants enterrés dans des fosses communes, incinérés dans les fours a chaux… ect. Alla yarham chouhadas.

      • abdelkader wahrani

        wachmen sujet, kifkif. la france criminelle a laissé les algeriens dans l´ignorence de leur propre religion. elle a infesté l´algerie de milliers d´espions missionnaires qui ont essayé de christianiser son peuple. heureusement, le peuple arabo-berbére algerien, inspiré par une foi ardente, posséde une force morale indestructible, il ne pliera jamais devant la force matérielle!!! les mots humanité et civilisation ne sont aux yeu des chrétiens (kouffar) qu´un prétexte. yan3l bou franca?

        • hami de sba

          c votre opinion ; respectez celle des autres sahbi

          • abdelkader wahrani

            ce n´est pas mon opinion, je parle de mon de pays? histoire de notre pays autant que algeriens, wach men respect? vous ne voulez pas la vérité, on ne cache pas le soleil avec un (ghobel) tamis alors qcq ca veut dire respecter les autres. (echkoun houma les autres) ( mafhemtch el maqsoud enta3k win-rah rayah? mefhemnech maakoum.

  5. Un parmi d'autres

    Slm alykm je n’ai pas l ‘habitude de parler politique je laisse le soins aux politologues ayant fait des études de sciences politique ,mais comme je fus sollicité pour apporter un témoignage sachant que l’on a tous été marqué par cette révolution hélas qui a fait plus de mal que de bien et cela n’est que mon point de vu personnel sachant que ce que nous avions récolté c’est tout simplement l’exile afin de trouver une joie de vivre socialement et intellectuellement pour certains d’entre nous qui avions fait ce choix de partir de notre ville et de notre terre natale .
    Pour revenir au sujet proposé je dirai que le Mouvement Nationaliste Algérien (MNA)a remplacé le MTLD en 1954

    Il fut fondé par le vétéran nationaliste Messali Hadj comme un rival du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance algérienne.

    En France métropolitaine
    Le mouvement eut le plus de soutien parmi les algériens musulmans vivant en France métropolitaine, où Messali résidait, et exerca une influence considérable sur les syndicats algériens dans le pays.
    Donc il ne faut pas oublier que les algériens résidents en France ont toujours aimé leur pays et qu’ils n’aiment toujours malgrès l’éloignement ce qui réfère à dire l’éloignement augmente le prestige .
    Salutations

  6. Un parmi d'autres

    Erratum:lire et qu’ils l’aiment toujours malgrès l’éloignement.

  7. Nasri

    Salam
    S’il est une guerre qui mérite vraiment le qualificatif de « SALE », c’est bien la guerre d’Algérie. La France a commis beaucoup d’atrocité en Algérie, il est facile de lui pardonner, aussi intense que le mal puisse être, mais oublier c’est difficile à faire, car le coeur blessé n’oublie jamais sa blessure. La cicatrice qui y reste la lui fait rappeler constamment les atrocités subies durant cette guerre, les images sont vivantes, et ne s’effaceront jamais de nos mémoires.Personne aujourd’hui ne conteste la réalité de cette sale guerre. Capturer un jeune au maquis blessé, et le fusillé devant ses proches, et éventrer des femmes enceintes pour le plaisir, . Le souvenir est tellement douloureux qu’il est impossible de pardonner, nos parents nous ont transmis le flambeau pour que nul n’oublie. On demande une chose à la France officielle c’est de se repentir et reconnaître ces crimes. Allah yerham chouhada

    • abdelkader wahrani

      ya akhi barak allah oufik. franca darett fe chaab eldjazairi, elghbina wa el-hem. le peuple algerien a beaucoup souffer du colonialisme! les francais les plus grands odieux criminels sur la surface de la terre. manensouch list3mar. jamais, jamais!!!. wa Allah yarham nos glorieux valeureux martyrs.

  8. MIMOUN

    la france pour écarter la turquie de l’union européenne a exige son pardon à l’égard des crimes arméniens et refuse de pardonner ses crimes à l’égard de l’algérie.La politique de la france et comme la politique du père blanc qui dit « fait ce que je te dis et ne fais pas comme moi »

  9. tewfikhayii

    Salam,
    Là, c’est devenu sérieux, et les passions commencent à se faire sentir. La France a fait en Algérie, l’un des plus terrifiant génocide de l’humanité, cela va des premières enfumades au début de la colonisation à la fin du 19 ème siècle au massacre de villages entiers et de dechras, sans parler des grands déplacements de population parquées dans des zones surveillées. Il faut dire aussi que le FLN n’est pas allé avec le dos de la cuillère et que les atrocités qu’il a commise sont difficiles à imaginer. Mais c’était de bonne guerre, bien que l’horreur était quotidienne, à tel poin que certains maquisards ont gardé des séquelles toute leur vie et sont morts dans d’atroces souffrances physiques et psychologiques, et l’exemple existait dans notre quartier, car AAMI O…. a été exterminateur et tortionnaire pendant la guerre de libération, et il nous arrivait de l’entendre hurler et de marcher toute la nuit car il se remémorait les moments atroces qu’il faisait passer à ses victimes.Jusqu’à quand va t on rester comme ça, à attendre des excuses de la France, qu’elle ne fera jamais, et même si elle le faisait, quel bénéfice va t on en tirer puisque le mal est fait et que les blessures resteront béantes. Je n’arrive toujours pas à avaler les superlatifs hypocrites de nos pseudo moudjahidines et des responsables politiques quand ils qualifient la révolution algérienne de révolution  »sacrée », expliquez moi ce qu’elle a de sacré cette sacrée révolution,quand un combattant calomnie son frère d’armes, pour le faire passer en conseil de guerre et le faire fusiller pour se débarasser de lui, pour prendre sa place ou prendre sa femme parce qu’elle était belle et inaccessible; il y en aura qui diront que c’est des bobards, moi j’en ai entendu des histoires de vieux maquisards qui nous ont narré des histoires pareilles en citant les noms des personnes ciblées et dont nous connaissons certains de leurs proches. Expliquez moi comment sont morts, les plus connus de nos valeureux chefs et combattants historiques tels que Si El Haouès, Si Amirouche, Si Ben Boulaid, Si Bougarra,Si Ben Mhidi, Si Abbane (étranglé à Tétouan par Boussouf et ses acolytes, car il n’était pas d’accord sur la façon dont était menée la révolution), et des milliers d’autres, alors pour le qualificatif de sacré, je passe mon tour, pour moi cette révolution a été déclenché par une poignée d’hommes convaincus que leur cause était juste et que le temps était venu à la France de plier bagages. Ce que je n’arrive pas à comprendre, comment nos politiques, tous autant qu’ils sont de leur fantoche de BRIZIDENT aux derniers des valets qui composent l,APN et le Sénat (Les Béni oui oui), passent leurs journées à insulter la France et le lendemain vont demander le visa pour aller passer des visites médicales et plus aux frais du contribuable bien sûr, et d’aller faire des emplettes. Je vous laisse méditer, et de grâce, messieurs les gardiens du temple, ne faites pas de procès d’inquisition pour les personnes qui ne sont pas du même avis que vous, essayez de les convaincre par de l’argumentation, et non par des insultes, ou bien en les taxant de ouled França et de HARKAS. Salam.

    • abdelkader wahrani

      Allah ghaleb, crimes, trahison, erreurs… ils ont agit sur les événemts de histoire, c´est une révolution il y a le bon et le mauvais, ca ne pouvait pas passer autrement. regardez la révolution francaise, la révolution russe, la révolution yougoslave… vous connaissez beaucoup de pays de pays qui ont fait la révolution avec la démocratie? Allah ghaleb. Allah yarham chouhadas.

  10. Bahi

    Salem Tewfik khayi
    Qu’y avait-il de sacré dans cette histoire quand un jeune maquisard du village mis à l’épreuve, assassine un buveur de vin invétéré en prétextant les ordres du FLN pour donner un sens de Jihad au combat et qui sitôt l’indépendance acquise, « Nationalise » sans ambiguïté le premier bar du coin saoulant tout le village pendant des années jusqu’à la disparition totale de ces lieux controversés. L’adepte de Bacchus au sobriquet de « Berratcho » était un pauvre type malade de sa détresse qui au lieu des soins appropriés pour combattre son vice, reçu pour l’exemple une balle froide tirée à bout portant dans une nuit épaisse sans lune qui laissa toute une famille dans le désarroi et dans le déshonneur d’une quelconque traitrise annoncée. Le jeune maquisard dont je terrai le nom par pudeur est toujours en vie, il est devenu un vieux Hadj qui glisse un doigt sur son âge et qui en pensant peut être à son bar dans le virage du temps, radote dix fois que la vie était belle autrefois ! Cordialement.

  11. meradi

    je pense que le mérite de cet articl est son éclairage sur beaucoup de zones sur ce qui est appelé par minorité Européenne ;des données bien éclarcies politiquement.Avec cela on avance…

  12. hanene

    bon sujet, on apprend merci vdsba

  13. kerroum retraité

    La nouveauté dans ce sujet est la lecture politique sans ambiguités partisanes Un texte édifiant.le débat demande certainement un bon niveau.

  14. elmatrag

    A mon humble avis je crois qu’il s’agit d’un débat entre historiens . après 50 années d’indépendance il se trouve que l’on ne sait toujours pas se débarrasser de ses « ordures ». Disons toujours gloire à nos martyrs mais ceux qui ont été les acteurs d’hier ont beaucoup sur la conscience pour avoir permis de faux témoignages. Il faut arreter de parler que du passé alors que les défis de l’époque atteste d’un pays sans leader et qui n’arrete pas de glorifié son passé se bandant les yeux sur le présent. Notre président est allé se faire soigner en france pendant trois mois et combien de medecins algériens ont choisi l’exil? le gaspillage des richesses du pays ne s’arretera qu’avec une prise de conscience de tous laquelle suggerera de grandes décisions capables de débarrasser le pays de sangsues insatiables. une frange de la population et sa progéniture s’est accaparé le bled et on veut nous noyer encore dans un débat stérile. Que l’on vienne pas nous dire que le ciel est sous la terre.!! l’histoire on la connait mais qu’a t on fait à ce jour? l’adage dit: celui qui n’avance pas recule, celui qui avance à petits pas fait du sur place. le débat devrait etre dénonciateur sinon…peine perdu y’a qu’ voir le scénario des elections; ces gens là n’ont pas froid aux yeux car le mal vient d’en haut et le compteur semble s’arreter à l’année 1962 qui se perpetue au bonheur de ses gens là!

  15. fethi

    uN SOLIDE COMMENTAIRE de el matrag

  16. Monsieur

    Monsieur Abdelkader El Wahrani c’es n’es pas tous les francais qui ont participer aux massacre de 1.5 millions de Chahid mais c’est la france officielle comme il y avait des francais qui ont ete aux cotés des algeriens et d’autres qui sont mort pour la cause Algerienne alors qu’ils sont Francais en plus l’OAS ce n’etait pas des francais mais un melange d’europeens et meme d’africains pour la Nationalité il y trois sortes la nationalité d’origine ( de pere en fils ) la nationalité aquise par la naissance sur le territoire Algerien ou l’espace Algerien ( jus solus ) et la nationalité aquise par le sang (jus sanguis ) c’est adire de pere ou de mere Algerienne …….. bien sure que c’est notre algerie et nous avons perdu nos parent que que cette algerie soit libre et independante …..

    • abdelkader wahrani

      monsieur. les francais qui ont été côté des algeriens, et les francais morts pour la cause algerienne, on peut les compter sur les doigts d´une main, comme le docteur chollet, maurice audin, jacquue chevalier… et quelques libéraux? le reste la majorité sont ds criminels (gitano) espagnols,portugais, grec,italiens…

  17. MIMOUN

    Nous avons eu des bons et des mauvais PN . Les mauvais ont été les premiers avec les harkis à quitter le pays le plus vite possible de peur de la rancune et la vengeance des 132 années de colonisation.Les bons ont été presque les derniers à partir (1963) mais parmi eux un nombre insignifiant est resté vivre en Algérie indépendante.

  18. abdelkader wahrani

    les traitres harkis supplétifs du colonialisme, les mokhazni les caid, les biyaâ, les bachaghas comme le traitre bachagha boualem sid ahmed belarbi de chlef (mon pays la france). hadouk ihasbhoum wahdah. ouled ahram.

  19. MIMOUN

    Nous les algériens nous aimons pas la diversité des cultures comme les autres pays et on peut pas la faire meme en étant qu’ indépendants Nous voulons vivre et rester seuls sur notre territoire Nous refusons les autres chez nous mais nous aimons bien vivre chez eux. Pourquoi pas accepter les autres et créer une diversité qui sera bénéfique pour nous ou la création d’un ministère de tourisme est plus que nécessaire et faire fonctionner nos hotels qui chomment et dont leur mission a été détourné puisqu’ils
    sont utilisés pour des salles de fetes.

  20. MIMOUN

    Lire utilisés comme des salles des fetes.

  21. MIMOUN

    lire utilisés comme des salles de fetes et je termine pour dire qu’il est temps de penser à l’après pétrole ou notre démographie est la plus galopante au monde

  22. saim

    sujet politique ou se sont terrés les historiens

  23. un parmi d'autres

    Le meilleur aboutissement de l’éducation est la tolérance qui n’est que la charité de l’intelligence car le seul moyen d’apprendre à être tolérent est de voyager d’ou l’expression les voyages forment la jeunesse,et d’arrêter avec ce nationalisme qui ne veut rient dire venant de certains intervenants qui ne cite leur appartenance à la patrie pour semer la zizanie sur ce site qui veut nous réunir.
    Le patriotisme c’est l’amour de la patrie et le nationalisme c’est la haine des autres.
    La culture intellectuelle enrichie l’homme

  24. Anonyme

    La tolérance fait plus de bien d’abord à celui ou celle qui en est pourvue, c’est aussi une forme de grandeur d’âme et de générosité qui permet aux hommes de prétendre à un peu de bien-être et de quiétude….Personne n’est maître de la patrie, chacun est digne ou indigne d’elle en fonction de ses nobles sentiments envers elle et envers autrui …..La diversité des races et des peuples est une richesse inouie que ne savent pas goûter énormément de gens , particulièrement ceux qui se réfèrent à des idées pré-conçues et qui veulent une patrie à leur juste mesure……

  25. Karim10

    Bonjour,
    L’existence de la minorité européenne en Algérie, était évidemment un des aspects fondamentaux du problème Algérien et de sa complicité. Pour débattre un sujet complexe il faut plusieurs approches et méthodes .Le sujet n’est pas seulement Historique mais aussi juridique, économique, sociologique… L’interprétation des faits comme signalée fait partie de l’Histoire écrite. Pour écrire l’Histoire il faut les documents et bien sûr l’amalgame analytique des Historiens. Il n’y a donc pas une « seule HISTOIRE ».
    En effet, l’article à mon avis semble ignorer la position d’ABANE RMDANE sur la question des minorités qui est pourtant un grand « idéologue » du FLN.
    A mon avis il est utile de signalé quelques remarques.
    1-Personne ne peut ignorer que l’Algérie a connue une colonisation de peuplement. Le colon était un élément essentiel de la politique coloniale en Algérie.
    2- Bien sûr « minorité européenne » et non « Française » parce qu’elle n’était pas composée uniquement de français. Une vérité démontrée par un grand nombre d’Historiens. ABANE dans plusieurs occasions (textes à l’appui) à déclaré que : « Pour nous il n’y pas de problème de minorité. Les français, espagnols, italiens, maltais….tous ont été amené en Algérie par le colonialisme français donc c’est a lui de trouvé la solution. ».
    3- Cette minorité était en général attachée à la France. Je vous renvois à la thèse de Bruno Etienne « les minorités en Algérie coloniale ».
    4- Cette minorité avait une situation avantagée (l’instruction par exp).Cet avantage était justement le fait colonial que beaucoup semble oublier déjà !
    Voir le remarquable livre de l’Historien Allemand.
    OPPERMANN (Thomas) : Le Problème Algérien Données historiques, politiques,juridiques,
    les textes à l’appui,Traduit de l’Allemand par j-LECERF ,édition Maspéro,paris,1961, (315 p ).
    5 – Le mouvement national Algérien a laissé certes des traces écrites c’est-à-dire des textes. Mais dans ces textes il y’a ce qu’on appelle le « non-dit ».
    6- En tout état de cause ; avec l’indépendance de l’Algérie en 1962 les privilèges de cette minorité étaient appelés à disparaitre (déjà intolérable pour beaucoup). Oui, beaucoup comme Videl-Naquet,Collot… ont choisit de rester en Algérie. Pour comprendre pourquoi voir : Le livre de l’Historien de l’Algérie coloniale -AGERON (Charles-Robert) ; « Français, juifs et musulmans : L’union impossible », In revue L’Histoire . – n°140, 1991. 7 p. [52-58].
    7- Inutile de dire qu’à coté du statut de la minorité européenne (ou française pour d’autres) il fallait aussi régler la situation de la minorité « Algérienne » en France.
    8- Enfin ! Non seulement « l’assimilation » était un mythe mais aussi une violence et une dépersonnalisation. (…). Bref ! beaucoup de travail reste à faire même après 50 années.
    Merci à toutes et à tous.

  26. hamidi

    Cela aurait été inconcevable que mr KAERIM 10 . NE SE MANIFESTE ET CECI EST BIEN.

Répondre