La Voix De Sidi Bel Abbes

A Sidi Bel Abbes : Histoire trés ancienne d’un mariage mixte.

Dans une revue de l’orient et de l’Algérie publiée en 1854 , une histoire sociale m’a sublimé dont sa scène se déroulait entre Alger et Sidi Bel Abbes vers les années 50 du 19eme siècle, c’est l’histoire d’un mariage mixte d’un catholique français–Joseph et d’une musulmane algérienne– Aicha surnommée Oumma, j’ai osé de changer le style de la narration dans un but uniquement d’abréger et d’en faire de Aicha le sujet principal de cette histoire mais sans affecter les détails originaux racontés par un militaire français Mis de Massol.
Aicha était une très belle fille, déscedante de la tribu des ouled Ezzine dans commune mixte de st Lucien, actuellement Zahana (entre Oran et Sidi Bel Abbes) son père Mohamed Mathar Bachi était, en temps des turques, le chef de musique du Bey d’Oran . La jeune Aicha fut mariée à Mascara à Ahmed Boukalikha l’agha de l’Emir Abdelkader, dont elle a eu un fils nommé Abdelkader.
Durant la prise de la Zmala de l’Emir en 1842, Aicha fut prisonnière par les Français avec beaucoup d’autres femmes et enfants, son mari qui commandait les troupes de l’Emir, fut tué sur le champ d’honneur. Ensuite elle a été conduite à Boghar, puis entraînée à Médéa.
La jeune veuve se retrouvait déracinée et seule dans une ville très loin des siens dont elle ignorait totalement l’itinéraire très long du retour à sa région natale, elle avait du accepter les plus dures corvées pour vivre dans l’espoir de retourner un jour chez elle, et c’est ainsi qu’elle avait rencontré un européen qui s’appelait Joseph.
Joseph parvint après de longues difficultés à s’approcher peu à peu de Aicha tout en lui faisant croire qu’il pourrait l’aider à trouver et la ramener dans sa famille. elle suivit son sauveur qui l’a conduisit à Alger .son sauveur amoureux d’elle ne parvint pas à la toucher en dehors du lien sacré du mariage ,et en 1845 Joseph a pu épousé Aicha selon le rite catholique.
Joseph arriva en Algérie en 1833 comme maçon puis ouvrier d’art, devenu, quelques années après, contremaître des travaux du génie à Médéa.
Il possédait alors assez d’argent et une belle maison à la campagne, il chargeait donc un arabe au nom de Mohamed Kharoubi pour la recherche de la famille de son épouse mais ce dernier lui trompa et il ne chercha pas sa belle famille. La crise économique qui vint frapper Alger de 1846 à 1848, a ruiné Joseph et bientôt il tomba gravement malade, et le pauvre malade cessa ses recherches.
Enfin, aux cours de 1852, quelques membres des Ouled Ezzine vinrent à Alger pour des affaires, ils s’informèrent d’Aicha; et parvinrent finalement à découvrir où elle se trouvait. A leur retour la nouvelle se propagea dans toute la région.
L’agha Abdelkader qui résidait aux Ouled-Ali, à quelque km de Sidi-Bel-Abbès,décida alors de reprendre sa nièce ,il envoya à Alger son fils Kaddour et son frère Chaht ,et là ils furent très surpris de trouver Aicha unie à un chrétien,Chaht et son neveu essayèrent de ramener le couple et ses enfants avec eux mais le mari était malade et ne supportait pas l’effort du voyage. A son retour Chaht annonça aux Ouled-Ali qu’il avait retrouvé Aicha.
L’agha Abdelkader chargea alors Ben-Aouda, le propre frère d’Aicha, d’aller convaincre sa sœur à renoncer à un tel mariage qui jetait le plus grand discrédit sur sa famille .Ben-Aouda devait coute que coute ramener sa sœur à la tribu il a pu convaincre Joseph de laisser Aicha et ses enfants rentrer chez eux seuls d’abord, ensuite il les rejoindra dans un second temps, Ben-Aouda lui promit un envoi d’argent comme frais de voyage.
A leur arrivée parmi sa famille, Aicha et ses enfants furent très mal accueillis comme étant femme et fils de chrétien.
Quelques mois après, Ben-Aouda revint à Alger pour remettre à Joseph 300 Fr. comme il a été promis. Il partit en lui disant de le suivre à vingt jours de distance et sa famille viendra le retouver à Oran.
Une déception pour Joseph lorsqu’à Oran il ne trouva personne, continua son voyage pour Sidi Bel Abbes et là il rencontra l’agha dans un café à Graba .il lui annonça son identité : Je suis l’époux d’Aicha, l’agha ordonna à son subordonné de conduire Joseph à l’hôtel de la ville, et qu’il soit bien traité à ses frais.
Toute la famille de Aicha était contre cette union, exigeait impérieusement l’abolition de ce mariage.
Joseph put voir a peine sa femme et ses enfants et après beaucoup d’angoisse et de tribulations, il a sollicité le bureau arabe et les autorités militaires qui lui font restituer sa femme, mais avec des concessions destinées à lui rendre favorable à une famille arabe par un habillement, il adopta un burnous et une amama et dans cette tenue Joseph avait l’air d’un Turc.
Les autorités militaires lui accordèrent des terres à Sidi-Bel-Abbès, exactement à Mouley Abdelkader, connu aussi sous le nom de camp des Spahis ou Campo, actuellement cité Boumlik. Une grande et belle maison se bâtit pour lui par les soins du bureau arabe. Il a eu par la suite la fonction de garde champêtre de Mouley Abdelkader.
Aicha a eu de cette union quatre enfants François, Antoine, Aicha, Marie qui reçurent une éducation mixte.
Cette histoire aura plus de crédibilité en faisant une petite recherche du nom Joseph dans les archives de l’état civil de Sidi Bel Abbes sur le site ANOM:archives nationales d’outre-mer.

L’auteur de cette histoire concluait :
Mais tous (les enfants de Aicha), plus tard, abandonnèrent la religion catholique et se fondirent dans l’Islam.
Cette conclusion induit à s’interroger : La progéniture de Aicha, existe-t-elle toujours parmi nous ? adopte-t-elle strictement l’Islam ,comme l’a conclu l’auteur ?
Mais la réplique n’a pas trop tardé,venant d’un descendant voici son contenu intégral :
Bonjour, je suis un des descendants français de Joseph qui a eu un fils qui s’appelait Jean et qui a eu une descendance en Algérie, puis en France après l’indépendance. Merci beaucoup au Dr Douar Hadj Benamar d’avoir retrouvé le texte original publié en 1854 que ma famille et moi ne connaissions pas. Et grâce à vous j’ai pu compléter des recherches que je mène avec une de mes cousines depuis de longues années sur mon ancêtre et Aïcha que l’on surnommait Oumma. Joseph et Aïcha ont eu d’autres enfants que ceux que vous citez, dont mon arrière grand-père Jean qui a eu de nombreux enfants et de nombreux petits enfants. Nous sommes tous chrétiens. Cette belle histoire humaine qui est une grande histoire d’amour est, je l’espère, prophétique pour l’union entre nos deux pays. Signé : Gabriel Joseph-Dezaize fils de René fils d’Eugène, fils de Jean fils de Joseph et Aïcha.

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=21050

Posté par le Déc 31 2012. inséré dans ACTUALITE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

19 Commentaires pour “A Sidi Bel Abbes : Histoire trés ancienne d’un mariage mixte.”

  1. Mr ouhibi reda

    De bon matin je viens comme toujours aux nouvelles de la VDSBA et je n’ai pas manqué de lire a deux fois cete belle histoire dec e mariage mixte et la je profite pour remercier le Doct Douar hadj pour sa recherche et surtout la réaction de l’un des descendants du mari catholique Joseph.

  2. Kharoub Bladi

    Cette histoire est touchante, et émotionnelle à la fois elle est bien racontée par l’auteur, merci si Douar pour l’inquisition

  3. Hamidi

    MONSIEUR Douar a été trés imaginatif et laborieux en allant nous faire découvrir cel

  4. Claude .B

    Bonjour ,
    Certains articles précédemment en ligne ont montré à quel point l’homme peut être capable du pire ,celui ci est une bouffée d’air pur ,car il témoigne que l’homme est aussi capable du meilleur quand il laisse son coeur parler .
    Cette magnifique histoire de deux êtres que tout semblait séparer,la religion ,la famille ,les usages etc….,illustre à merveille que l’amour sincère balaie tous les préjugés ,et triomphe des idées rétrogrades .L’amour ne connait aucunes frontières , il puise sa force dans la pureté et la sincérite des sentiments ,qui lui permettent de s’imposer à tous .
    Au moment ou l’on parle tant de réconciliation ,et ou certains tentent de saboter le processus enclenché ,il est bon de raconter ces belles histoires d’amour qui ont toujours existé entre nos deux communautés ,et qui existeront toujours ,car il y a plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous divisent .
    Certains penseront que je suis une incorrigible optimiste ,que je suis trop « fleur bleue « ,j’assume ,au risque d’être raillée ,car c’est le fond de ma pensée.
    Merci pour ce beau témoignage d’une vraie histoire d’amour .
    Cordialement .

  5. CHAIBDRAA TANI DJAMEL

    Dr DOUAR tu nous régales avec ce histoires et tes recherches merci milles fois

  6. Benhaddou Boubakar

    une bonne histoire d’un mariage mixte qui a fait couler beaucoup d’encre! un bon recit en perspective de notre ami DOUAR qui est à remercier et à qui je lui souhaite une bonne annèe 2013 ;bonne continuation dans ce domaine de recherches!

  7. DOUAR

    En ce moment à 21 h et qu’il ne reste que 3 h pour l’achevement de 2012 et le commencement d’une nouvelle année dont je souhaite à tout les lecteurs et lectrices de notre journal et à mes amis et leur proches sans distinction une bonne année pleine de joie et de santé .

  8. T.Benhaddou

    Bonne et heureuse année 2013 cousin Boubakar ainsi que la petite famille.

  9. Merci mon ami cette histoire m a très touchée ,vraiment tu fais du beau travail,je te souhaite une bonne continuité et bon courage.

  10. BRAHIM

    C’est l’amour sans frontière car lorsqu’on aime on s’en fou du reste ,de notre identité ,de notre religion ,de notre famille, L’amour c’est la bonne et meilleure communication des coeurs et des sentiments . Malgres l’interdiction des parents qui sont contre ces mariages mixtes on constate souvent ces types de mariages se réaliser à travers les deux cotés de la rive.

  11. SAIM

    Remercions et placons des encouragements les plumes de la voix de sba comme mr Douar.ON VOIT DU NOUVEAU ET PRESQUE DE L’INEDIT

  12. abbes megherbi

    rien n’arrete les sentiments.tres beau sujet du DR DOUAR.merci encore une fois .

  13. benali

    un gentleman qui aime la vie ou la chedda est éternelle c’est abbes megherbi

  14. OMAR

    Actuellement je ne crois pas à cet amour sans frontières et ce genre d’histoire n’existe pas parce que le monde a changé et est devenu matérialiste et le profit a remplacé les sentiments sincères . j’ai vu beaucoup de nos jeunes ramener des vielles dames européennes ici chez nous pour se marier uniquement pour une question de papiers.Généralement je crois à l’amour fou ou à ce genre d’histoire que lorsque la différence d’age est minime entre le couple

  15. Kharoub Bladi

    C’est une vérité si Omar, bonne année 2013.

  16. OMAR

    SI Kharoub bladi Je vous souhaite à vous aussi une bonne année 2013 pleine de bonheur et de santé

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