La Voix De Sidi Bel Abbes

Roulma,le stack,ces joujoux d’autrefois, nous les façonnions nous mêmes.

De Douar H

De Douar H

Notre ami Douar est venu a point nommé nous faire retourner aux jeux d’enfance. Écoutons le.

« Ce môme qui me hantait, depuis que j’ai effleuré les cinquantaines, ne cesse pas à combler mes lacunes de mémoire et à me faire rappeler des choses d’autrefois, des merveilleuses choses qui défilent de temps à autre devant mes yeux comme un beau film.
Cette fois-ci, l’enfant a réveillé en moi le souvenir de jouets que nous fabriquions nous mêmes.
Le carico , nous l’appelions (Roulma) surement fut pris du mot roulement d’où pour le fabriquer il fallait que nous dénichions d’abord trois vieux roulements à bille mais ce n’était pas facile de trouvés ces précieux (Roulemette),les recherches nous menaient à les démonter des vieilles machines agricoles ensuite les dégripper par un peu de mazout. Les planches et les clous ne posaient aucun problème, une corbeille en bois et le carico sera mis en circulation.

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Pour jouer, nous choisissions une descente qui permettait au carico de se lancer à toute vitesse. A Sidi Brahim les descentes ne manquaient pas, surtout à la cité Marina, la route menant à Zerouala formait une véritable pente de plusieurs centaines de mètres parfaitement bitumée, où nous avions souvent pendant les vacances d’été organisé des parties de courses qui finissaient parfois par un désagrément pour les maladroits,une dégringolade provoquant des égratignures,saupoudrées immédiatement par une pincée de terre.
Le Pitchac,pour le façonner nous nous procurions une chambre à air d’un vélo, Ammi Larbi cycliste ainsi surnommé mais c’était simplement l’unique réparateur de vélo, s’en débarrassait souvent pour ne pas encombrer son petit (Mahal), aprés avoir découpé (la chambrire) en une trentaine de rondelles, l’ensemble de rondelles attachées par une ficelle donnait au Pitchac une souplesse et un effet rebondissant.
Nous avions deux façons de jeu, soit en jonglant par les pieds ou les genoux à tour de rôle, le gagnant celui qui marquait le nombre le plus élevé de jongles, soit en dessinant 2 cercles d’un mètre de rayon, 2 joueurs, chacun se plaçait au milieu du cercle, tirait le pitchac par le pied.,en tentant de le faire tomber dans le cercle de son adversaire.
Le stack que nous prononcions Lestac :Il fallait façonner d’abord une fourche en bois d’olivier en forme de Y que nous l’appelions (El Mango),l’olivier omniprésent dans mon village,nous offrait l’embarras du choix,nous taillions des élastiques à partir d’une chambre à air d’un camion ou d’un tracteur, plus épaisses que celle d’un vélo, mais si on avait quelques centimes, l’épicier, Hanout El Mech vendait de gommes élastiques rectangulaires et finalement un bout de cuir pour façonner le gousset, Ammi El Ouazani le cordonnier pouvait nous procurer un soulier usé.
L’enfant qui me hante, m’a fait aussi savoir que depuis notre très jeune âge nous avions -sans se rendre compte- des notions sur la physique et la mécanique ,nous savions comment extraire des roulements et les équilibrer sous un carico, tenir un marteau, une pince ou une scie et percer des clous, cisailler un fil de fer, dévisser un boulon….Nos enfants n’ont pas ces pratiques comme ils n’ont pas ces jouets ».

DOUAR.

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Posté par le Août 14 2015. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

12 Commentaires pour “Roulma,le stack,ces joujoux d’autrefois, nous les façonnions nous mêmes.”

  1. zlaoui

    bel retrospective Douar
    en voyant les photo j’ai cru que vous avez oubliez l’etentiel
    le pitchac fait aussi khoubiza la mauve et aussi
    nibli …et aussi zarboute…
    par raport au enfants d’aujourdhui l’lagerien d’hier etait plus créatif
    faudra réintroduire cette créativité au niveau des école
    n’est ce pas douar??
    merci

  2. ABBES2

    merci DR DOUAR vous savez toujours choisir vos sujet j’espere que vous n’avez pas oublié le pignole el guourdou tilivri guata3 zit match serdina ect….merci encore

  3. Dr Reffas

    Bonjour mon ami.

    Sincèrement, je souhaite voire vos publications rassemblées autour d’un ouvrage qui sera très utile en classes primaires de l’enseignement. Réfléchissez sérieusement mon ami. Je peux vous orienter en cas de nécessité.
    Amicalement.

  4. .Lecteur sba

    notre enfance simple sans tracas revisitée bravo docteur

  5. .Lecteur sba

    bonne continuité de vos écrits mieux que la stérile boulitique

  6. ABBES2

    vous m’avez rappelé aussi nos jeux d’enfance préférés (les feuilles volantes) (SIWANA) au hammar de sidi yacine c’était vraiment un regroupement d’amateurs de ce jeux pendant l’été après 17heures .q’elle génération magnifique.Aujourd’hui et a ce moment meme je me vois un enfant de de 7a8ans entrain de courir au fameux HAMMAR avec ma (siwana).Ah si le temps pourra faire marche arrière.MERCI encore une fois DR.

  7. eddine

    Bonjour Dr Douar. Vous nous régalez et vous êtes devenu un spécialiste des beaux sujets. A mon avis ,vous devriez écouter Dr Reffas car il en sait quelque chose. Vous êtes certes tous les deux des confrères mais vous êtes aussi et surtout des artistes. Bravo encore une fois

  8. mahmoum

    vraiment un délice de se rappeler toute une enfance tourmentée mais gaie

  9. ABBES2

    Mon ex Ami je vois que voulez me faire pleurer.ayez pitié de moi je suis très sensible sur tout en évoquant de telle sujet.

  10. Baridou

    Roulma, c’est une « caisse à savon » dans la langue de Molière.
    Et lastac, un lance-pierre.

  11. Yakov

    j’ ai 3 fois 25 ans et tous ces jeux de mômes de la campagne je les ais connus

    a mes petits fils, comme a mes enfants, qui sont intrigués quand je leur dis qu enfants nous n’ avions pas de jouets fabriqués, sauf le zarbout et sa ficelle, je réponds en leur ayant fabriqué tous ces petits trésors

    ces jouets de gosses d’ il y a 70 ans dans un petit village proche de Carthage…je leur en ai fait et conservé la mémoire dans une liste…

    les noyaux d’abricots avaient aussi une place prépondérante en les alignant par 4 (7arra)

    jeux également connus a Beer Shéva, en Israel ou ils demeurent pour certains

    prouvant que l’ imagination n’ a aucune limite

    je leur ai appris a capturer des oiseaux avec la « chebka », tout comme le cerceau issu d’ une vieille roue de vélo guidée par un gros fil de fer recourbé

    quand a la « trotinette » il y avait le modèle qui, effectivement ressemblait a une trotinette avec poignée fixée sur une « colonne de direction »

    l’ autre étant la « barrouita », caisse a roulement et « volant » tueur…..quand, mal équilibrée elle versait au milieu de la descente

    plaies et contusions étant soignées par les mères musulmanes ou juives, par une solide paire de baffes d’ abord, puis par un cataplasme d’ oignons pilés, retenu par une bande de tissus

    ces femmes formidables savaient déjà les vertus antibiotiques de l’ oignon….sans avoir fait les moindres études

    merci donc, Monsieur , pour avoir rendu hommage a nos jeux de petits « pauvres » mais si riches de débrouillardise

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