La Voix De Sidi Bel Abbes

60ème anniversaire du déclenchement de la révolution Algérienne le 1er novembre 1954 : Révolution et démocratie.

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Deux grandes idées ont dominé le débat au XXe siècle et continuent de susciter l’intérêt des sociétés : la révolution et la démocratie. L’Algérie ne s’est pas contentée de rester un observateur passif dans ce débat majeur et a été un acteur important.Deux grandes idées ont dominé le débat au XXe siècle et continuent de susciter l’intérêt des sociétés : la révolution et la démocratie. L’Algérie ne s’est pas contentée de rester un observateur passif dans ce débat majeur et a été un acteur important. En déclenchant le 1er novembre 1954 sa révolution armée contre l’occupant français a contribué, de manière décisive, à la destruction de l’ordre colonial, un  système barbare, violent, ségrégationniste, servant ainsi de référence et de modèle à de nombreux peuples sous domination coloniale à travers le monde, notamment au sein du continent africain auquel elle appartient. Il s’agit d’un bouleversement historique à l’issue duquel bien des nations se libérant du colonialisme ont connu une renaissance nationale. Porteuse de liberté, d’égalité, de justice et de solidarité, la Révolution algérienne a donné ainsi un contenu concret à des valeurs universelles. Malgré le legs colonial singulièrement pesant, une fois l’indépendance acquise, l’Algérie est restée fidèle à ses principes et ses idéaux et s’est vite imposée comme le leader d’un tiers-monde à la recherche d’un monde plus juste et plus équilibré. Au niveau interne, les mutations sont profondes. C’est un pays où vivent plus de citadins que de ruraux, où les progrès de l’éducation et de la scolarité sont considérables et conséquemment un net recul de l’analphabétisme, la gent féminine plus présente dans toutes les institutions et les entreprises. Malgré les dures épreuves auxquelles elle a été confrontée durant la tragédie nationale et qu’elle a surmontées en puisant dans ses propres ressources, grâce aussi à des réformes politiques et économiques, la société algérienne est aujourd’hui pleinement engagée dans un large processus de modernisation et de démocratisation. Tout comme la révolution n’a été qu’un moyen pour obtenir l’indépendance nationale, la démocratie n’est qu’un moyen pour instaurer durablement un Etat de droit. 60 ans après le déclenchement de la révolution qui fut le véritable acte fondateur de l’Algérie moderne, la société, avec ses élites, continue de s’inspirer de ses principes et de ses valeurs afin de relever de grands défis : construire une économie productive moins dépendante des ressources des hydrocarbures, assurer davantage d’emplois, de logements et d’infrastructures sociales, une santé de meilleure qualité et une meilleure représentativité au niveau local et national. Ces multiples défis qui relèvent du politique, de l’économique et du social ne peuvent être relevés qu’avec la fédération des énergies, une jeunesse qui s’implique davantage, un mouvement associatif plus actif et une classe politique consciente autant de son rôle, et donc de ses responsabilités, que des enjeux de la mondialisation. Oui, 60 ans après Novembre 54, la société algérienne engagée dans un processus démocratique qu’elle entend mener de manière consensuelle demeure mobilisée pour la consolidation du double rempart patriotique et républicain, soucieuse de ses acquis et de sa stabilité et bien consciente des grands défis qu’elle doit relever en ne comptant que sur elle-même dans le dur et complexe contexte régional et mondial.

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Posté par le Nov 1 2014. inséré dans ACTUALITE, CE QUE DIT LA PRESSE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

14 Commentaires pour “60ème anniversaire du déclenchement de la révolution Algérienne le 1er novembre 1954 : Révolution et démocratie.”

  1. Mémoria

    Pourquoi avoir fermé illico presto la rubrique sur « La reconnaissance de la qualité de membre de l’ALN et du FLN clôturée depuis 2002 » ???

  2. fethi

    Gloire aux martyrs.

  3. Omar

    Pour tous les Algérien-n-e-s qui n’ont pas connue ce cinq Juillet 1962 de l’indépendance cette ferveur, cette joie nuits et jours jusqu’à devenir aphone, ça restera dans mon âme jusqu’à à ma dernière minute impossible d’oublier cette liesse, cette fraternité ces larmes de joies,il m’a fallu presque un mois pour reprendre mon son normal dans ma tête et surtout l’ouïe c’était pratiquement H / 24 ces klaxons,ces youyou on avait l’impression que le ciel nous ait tomber sur la tête.Ah ce mois de juillet, il n’y aura jamais une deuxième fête pareil bien qu’on soi (indépendant) mais c’est d’une tristesse, avec notre mentalité d’aujourd’hui,non merci,à chaque fois que je rentre à S.B.A mon esprit est dans les années soixante deux avec tous les amis d’enfance qui hélas y’en a qui sont à l’au de-delà, et les vivants je ne les reconnais plus tellement Ils portent une tristesse sur leurs corps et leurs visages rien ne les chagrinent tellement dégoûtés de leurs sorts, je ne fait que compatir mais la vie de m……………. continue Ils attendent leurs derniers moment pour partir et ne plus voir ce qu’ils vivent.Les grandes douleurs sont muettes,l’extrême souffrances morale ne fait entendre aucune plainte.

  4. Mémoria

    .

    Par Abdelmadjid MAALEM

    «  » » » »…… On ne peut pas évoquer Slimane l’Assaut, sans parler de son Commando de la mort : Le Commando de Souk-Ahras, devenu le Commando de la Base de l’Est, puis organisé en Commando National pour escorter, durant l’été de 1957, le Colonel Amirouche et une Compagnie d’acheminement d’armes jusqu’en Kabylie. Rendre hommage, malgré tout, à ce valeureux combattant qui avait très tôt rejoint les rangs de l’A.L.N, constitue le moindre des devoirs pour les hommes, jeunes et moins jeunes, qu’il a formés et formatés dans le feu du combat libérateur. Le Congrès de la Soummam, tenu le 20 août 1956, avait prévu trois types de combattants : Les Moudjahidines, les Moussebilines et les Fidayïnes.

    Les Moudjahidines étaient les véritables combattants du maquis. Ils étaient le fer de lance de l’A.L.N, organisées dans des unités, avec grades, tenues militaires plus ou moins réglementaire et armes de guerre.
    Les Moussebilines se trouvaient en ville et dans les campagnes, parmi les populations civiles, pour s’occuper de la logistique du combat.

    Les Fidayïnes se trouvaient au sein de la population citadine pour exécuter des actions ponctuelles.

    Les premiers membres du Commando de Slimane l’Assaut étaient tout cela à la fois. Moudjahidines, parce qu’ils étaient sélectionnés parmi les meilleures unités combattantes de l’A.L.N de la Base de l’Est. Moussebilines, parce qu’ils vivaient comme un poisson dans l’eau parmi les populations de Souk-Ahras et de sa région, pour préparer embuscades et harcèlements. Fidayïnes, parce qu’ils opéraient magistralement au cœur de la ville de Souk-Ahras et d’autres agglomérations de la région.
    Le nom de Slimane l’Assaut défraya la chronique avec l’opération d’éclat qu’il exécuta avec son commando d’une dizaine d’hommes, au cœur de la ville de Souk-Ahras, fin 1956. C’était la première opération du genre à la Base de l’Est. Une action spectaculaire totalement réussie, qui fit connaître partout le nom du Commando de Slimane l’Assaut. Personne ne connaissait encore le nom de Guenoune Slimane. Tous les combattants de la Base de l’Est admiraient cet acte de bravoure et rêvaient de faire partie du désormais célébrissime Commando de Slimane l’Assaut.
    J’étais parmi ceux-là, dans mon Markaz-Essoukia, où je ravitaillais les unités combattantes de passage. C’est de là que Slimane a accepté de m’intégrer dans son Commando de la mort, à son retour vers le théâtre des opérations, après avoir fait son rapport au Commandement de la Base de l’Est et reçu ses chaudes félicitations, au lendemain de l’opération spectaculaire de son Commando au cœur de la ville de Souk-Ahras. Il reçut également carte blanche pour organiser et renforcer les capacités de son Commando, qui se renforça en hommes et en armes. Au total, nous étions plus d’une vingtaine d’hommes, originaires de toutes les régions de l’Algérie combattante. Il y avait des hommes de valeur, comme Mimoun(De Ténira? NDLR) et Abdekka d’Oran. Mouloud, Arab ou K’chich de Kabylie. Une vingtaine d’hommes, plus une femme : la vaillante épouse de Tahar Ouentis. Par sa nouvelle composante humaine, le Commando prend une couleur et une envergure nationale. Nous étions tous habillés de blue-jean et de baskets. Armés de mitraillettes et d’un fusil-mitrailleur, nous avions la totale liberté d’exécuter tous types d’opérations sur tout le territoire de la Base de l’Est. Le champ des opérations couvrait théoriquement le triangle allant de la région sud de Souk-Ahras vers la région est de Guelma, jusqu’au secteur sud de la ville de La Calle. Je ne savais pas encore que certains officiers de ces zones ne voyaient pas cette ‘intrusion’ d’un bon œil. Certains autres étaient un peu jaloux des actions opérées par le Commando de Slimane l’Assaut. Les colons de Souk-Ahras, comme le cantonnier Ritzanthaler, étaient quant à eux, absolument furieux contre Slimane l’Assaut et juraient d’avoir sa peau.
    Le P.C du Commando était situé à Kef-Errakhma, dans la forêt d’Ouled- Béchih. A partir de là, Slimane l’Assaut organisa son Commando de la mort en trois groupes de choc et institua une véritable planification hebdomadaire des actions à mener. Embuscades, harcèlements, sabotages, collecte de fonds, actions politiques sur les populations, renseignements, chasse aux traitres.
    Je fus affecté dans l’un des trois groupes de choc qui a attaqué l’aérodrome de Souk-Ahras, la garnison d’Oued-Cheham, du camp retranché de Hammam N’baïel. La voie ferrée électrifiée était régulièrement sabotée. Pendant le ratissage contre le P.C du Commando à Kef-Errakhma, je fus grièvement blessé et laissé pour mort sur le champ de bataille.
    Par la bravoure de son chef et de ses hommes, le Commando de Slimane l’Assaut devint célèbre et prit tout naturellement une envergure nationale. C’est ainsi qu’il fut désigné, en Mai 1957, pour escorter le Colonel Amirouche et la compagnie d’acheminement d’armes qui devait le suivre jusqu’en Wilaya III historique. Avant cela, deux compagnies d’acheminement de la Base de l’Est étaient arrivées en Kabylie, en lambeaux, avec de très lourdes pertes en hommes et en armes, en cours de route. C’est dire la très lourde et très dangereuse mission confiée au Commando de Slimane l’Assaut. Je me suis enfui de l’hôpital, avec ma blessure non encore totalement cicatrisée, pour réintégrer le Commando, en partance imminente pour la Kabylie. J’avais 15 ans.
    Au regard de la malheureuse expérience des deux compagnies d’acheminement précédentes, Slimane organisa, en véritable stratège, l’escorte du Colonel Amirouche et la protection de la Compagnie d’acheminement, lourdement armée, composée de 120 hommes. Des combattants venus pour la plupart de France via la Tunisie, pour rejoindre la Kabylie. La stratégie de Slimane devait d’abord d’assurer la protection et l’escorte du Colonel Amirouche, en l’isolant de la compagnie et du gros de la troupe, afin qu’il puisse rejoindre sain et sauf le P.C de sa Wilaya. Parallèlement, d’encadrer et de protéger la lourde compagnie qui transportait les armes pour la Kabylie. Chaque Djoundi transportait deux fusils et beaucoup de munitions. Une vingtaine de mulets transportait les mortiers 45 et 60, des sacs de munitions de tous calibres et des obus 45 et 60. J’avais la responsabilité de l’un de ces mulets.
    Dès le départ, la tactique de Slimane bouleversa l’ordre établi en la matière par les compagnies d’acheminement précédentes, en désignant d’abord un petit groupe d’hommes, sûrs et aguerris, à la protection rapprochée du Colonel Amirouche, avec une avance de deux ou trois étapes sur le gros de la troupe. Ensuite, en évitant l’itinéraire suivi par les deux compagnies précédentes. Un itinéraire désormais connu de l’ennemi. Enfin, en accélérant le rythme de marche de la colonne.
    Dans le Commando de Slimane l’Assaut, c’est au pas de gymnastique qu’il faut marcher dans les maquis. Et c’est très réellement au pas de gymnastique que Slimane obligea ses hommes à parcourir les 800 kilomètres de l’aller-retour vers la Kabylie. Une vitesse de progression et un itinéraire qui bouleversèrent totalement les prévisions de l’ennemi, qui n’avait jamais réussi à intercepter ni le Colonel Amirouche et la compagnie d’acheminement à l’aller, ni les hommes du Commando au retour.
    Dans mes témoignages, j’ai baptisé l’itinéraire établi par Slimane ‘La Piste Amirouche’. Un itinéraire qui va approximativement d’Aïn-Zana, vers la forêt de Mahbouba, pour ensuite traverser la voie ferrée entre Aïn-Seynour et Souk-Ahras. Avant de se diriger vers Kef Laâkas et Maouna. Après la région de Guelma, on arrive sur la voie ferrée de Smendou et piquer vers la région d’El-Milia. Dans la dense forêt de Mechchate, notre compagnie rencontra en juillet 1957 le Capitaine El-Baraka et son adjoint Azzedine de la Wilaya II. Ce héros tombera au champ d’honneur quelques jours, déchiqueté tout à fait par hasard par un obus perdu de l’artillerie ennemie.
    Le Colonel Amirouche arriva sain et sauf en Kabylie. La compagnie d’acheminement arriva à Serj-El-Ghoul avec armes et bagages, n’ayant subi aucune perte tout au long de son périple. Je peux témoigner que la seule compagnie d’acheminement qui a livré à la Wilaya III l’ensemble de l’armement qu’elle avait ramené de l’Est, c’est celle de Slimane l’Assaut. Le périple du Commando de Slimane l’Assaut, qui a duré quelques trois mois en aller-retour, s’il avait réussi à déjouer et échapper aux opérations de l’ennemi, avait semblait-il suscité des animosités et des zizanies sur son passage. A son retour à la Base de l’Est, Slimane et les hommes de son Commando furent arrêtés et désarmés par le Capitaine Ben Salem, chef du 2ème Bataillon. Après quelques temps, Slimane l’Assaut fut réhabilité et se retrouva, en 1958, à la tête d’un second Commando qui n’atteindra jamais la gloire du Commando de Souk-Ahras.
    Tous les détails de la glorieuse épopée de Guenoune Slimane, alias Slimane l’Assaut, se trouvent dans ma trilogie ‘Les Témoignages de Bézouiche’ que le Moudjahid Abdelaziz Bouteflika, Président de la République a bien voulu préfacer.Pour SOUK AHRAS INFO

    Alger, le 29 Novembre 2010.

  5. Mémoria

    «  » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » Slimane l’Assaut

    Le troisième lion de Souk Ahras

    Par K-Mel
    .
    Parler d’un héros, un véritable héros de l’envergure de Slimane Guenoune dit l’assaut n’est pas une chose aisée tellement le personnage est singulier par sa bravoure et son courage. Lui rendre cet hommage tardif n’est qu’une justice faite à un homme vaillant et déterminé mais trahi par un système post-colonial ingrat et moralement en faillite.
    Slimane l’assaut le. dernier lion intrépide de Souk Ahras était le prototype même de cet algérien confiant et fonceur que rien ne décourage pour défendre au péril de sa vie une cause juste et loyale comme fut l’indépendante nationale.
    Sa désignation comme « L’unique vrai héros de Souk Ahras » est exemplaire d’une mémoire de la guerre d’Algérie qui s’imposait alors à tous ceux qui l’ont connu ou côtoyé.
    Slimane l’assaut qui fut la bête noire et le fantôme qui hantait au quotidien l’esprit du célébrissime criminel Ritzanthaler, fait trembler par la seule évocation de son nom, les plus hardis des colons. Il était l’incarnation même de la vaillance et de l’hardiesse.
    Par son charisme et son impudence, Slimane l’Assaut avait gagné beaucoup d’admirateurs et de sympathisants parmi ses propres ennemis et adversaires, qui reconnaissaient en lui et à juste titre d’ailleurs, le héros légendaire de Souk Ahras.
    Outre ses ennemis colons, Slimane l’assaut eut dû combattre la jalousie et la haine qui rongeaient beaucoup de ses amis qui ont juré sa perdition. Il fut malgré lui, l’objet concret de la rivalité et du désamour qui existaient entre les officiers de l’ALN (Boumediene et Amirouche).
    Ses détracteurs parmi ses ennemis algériens qui étaient au plus haut du sommet de l’Etat, lui avaient collé l’étiquette de mercenaire et d’ivrogne pour le décrédibiliser et ternir son image de héros. Ce ressentiment persistant même après l’indépendance lui causa sa perte. En effet, Ammi Slimane n’a plus donné signe de vie depuis 1976. Certain disent qu’il a été jeté d’un hélicoptère sur ordre d’un autre souk-ahrassien non moins illustre mais dont le passé révolutionnaire est sans doute beaucoup moins glorieux et enviable.
    Preuve d’ingratitude d’un système oublieux et disgracieux, pas un seul documentaire n’a été réalisé sur lui ou sur le travail héroïque du commando qu’il dirigeait. Pas un seul hommage officiel à sa mémoire lui qui a fait la une du New York Times.
    Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, les plus sensibles louanges viennent n’ont pas de ces anciens camarades d’armes mais de ses pires ennemis : Les militaires et les anciens colons français de Souk Ahras la combattante.

    Reposes en paix Slimane, les héros de ton gabarit on ne peut les oublier car l’histoire est impitoyable avec ceux que essayent de la travestir. Reposes en Paix héros et sache que les mercenaires de l’écriture de notre histoire ne peuvent déchirer les pages de tes sacrifices écrites avec le sang indélébile de tes vrais amis : Les chouhadas. «  » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »

  6. Ali

    merci monsieur memoria

  7. Mme CH

    A ceux qui demandent la compassion, je leur dédie ces citations:

    « Je vous quitte pour porter, si je le puis, mon concours à la grande oeuvre de civilisation chrétienne qui doit faire surgir des désordres et des ténèbres d’une antique barbarie une France nouvelle » déclarait Mr Lavigerie en 1867 en quittant l’évêché de Nancy pour celui d’Alger. Quelques années plus tard, archevêque d’Alger, il lançait cet Appel aux Alsaciens et Lorrains exilés (1871) :

    « Chrétiennes populations de l’Alsace et de la Lorraine, en ce moment, sur les routes de la France, de la Suisse, de la Belgique, fuyant vos maisons incendiées, vos champs dévastés, l’Algérie, la France africaine, par ma voix d’évêque, vous ouvre ses portes et vous tend ses bras. Ici, vous trouverez pour vous, pour vos enfants, pour vos familles, des terres plus abondantes et plus fertiles que celles que vous avez laissées entre les mains de l’envahisseur.
    […] L’État peut se procurer aisément des millions d’hectares de terres… Venez donc dans notre France nouvelle, plus riche encore que la première et qui ne demande que des bras pour développer une vie qui doublera celle de la mère­patrie. Venez, nous sommes tous prêts à vous accueillir comme des frères, à vous faciliter vos premiers travaux, à vous consoler de vos douleurs. Venez, en contribuant à établir sur ce sol encore infidèle une population laborieuse, morale, chrétienne, vous en serez les vrais apôtres, devant Dieu et devant la patrie. »
    « Il est difficile de faire entendre au colon européen qu’il existe d’autres droits que les siens en pays arabe et que l’indigène n’est pas une race taillable et corvéable à merci [. ..]. Si la violence n’est pas dans les actes, elle est dans le langage et dans les sentiments. On sent qu’il gronde encore, au fond des coeurs, un flot mal apaisé de rancune, de dédain et de craintes. Bien rares sont les colons pénétrés de la mission éducatrice et civilisatrice qui appartient à la race supérieure ; plus rares encore ceux qui croient à une amélioration possible de la race vaincue. Ils la proclament à l’envi incorrigible et non éducable, sans avoir jamais rien tenté cependant, depuis trente années, pour l’arracher à sa misère morale et intellectuelle……… »

    • R.TARI

      Monseigneur LAVIGERIE, Primat d’Afrique

      « …La Tunisie étant devenue protectorat français en 1881, un archevêché de Carthage est créé et confié à Lavigerie le 10 novembre 18841 en plus de celui d’Alger. Le Saint-Siège lui confie en outre une délégation apostolique au Sahara et au Soudan et lui attribue le titre de primat d’Afrique. Il demande alors que les missionnaires s’identifient aux populations locales en adoptant leurs langue, nourriture, vêtements et logement. Cette attitude de respect, qui dépasse largement la mentalité de l’époque, était déjà la sienne lorsque, directeur de l’Œuvre des Écoles d’Orient, il avait découvert l’Islam et rencontré l’Émir Abd El Kader3.
      Confronté à la réalité de l’esclavage qui ravage les régions centrales et orientales du continent africain, Lavigerie se fait l’apôtre de la lutte contre la traite des noirs. Appuyé par le pape Léon XIII, il lance en 1888 une grande campagne anti-esclavagiste en Europe et obtient des gouvernements la signature à Bruxelles, en 1890, d’un acte antiesclavagiste reprenant ses suggestions.
      Le 23 novembre 1925, le résident général de France en Tunisie, Lucien Saint, commémore dans un rassemblement solennel le centenaire du cardinal Lavigerie. Par la même occasion, une statue de lui réalisée par le sculpteur Élie-Jean Vézien est offerte à la municipalité de Tunis, qui décide de l’installer sur la place Bab El Bhar (à l’entrée des souks). Lieux extrêmement importants car faisant partie du quotidien symbolique des autochtones. Elle représente le cardinal brandissant la croix.
      La décision d’installer cette statue suscite le mécontentement des Tunisois d’origine arabe et provoque une manifestation de la part des étudiants de l’université Zitouna qui considèrent ce geste comme une atteinte à leurs croyances religieuses (car elle est placée à proximité de la mosquée Zitouna) et un mépris pour leurs traditions.
      La statue ne sera retirée qu’après l’indépendance de la Tunisie… »

      • Mme CH

        Dr Mbuti, théologien kenyan (Echos d’Afrique, 13 MAI 2011) a écrit:

        « La société des Missionnaires d’Afrique fut fondée par Mgr Lavigerie en 1868, à la suite d’une épouvantable famine qui sévissait en Algérie dès 1867. Ce fléau et la peste qui s’y ajouta firent de nombreuses victimes parmi la population arabe. Plusieurs affamés furent recueillis par Lavigerie dans des asiles et orphelinats. Il lui fallait des hommes dévoués pouvant l’aider à soulager la misère tant matérielle que morale des orphelins, notamment. Trois séminaristes français, décidés à se consacrer totalement à la conversion des « infidèles », se mirent à sa disposition. Lavigerie estima alors le moment venu de réaliser l’occasion et s’attacha à multiplier les recrues. Le chemin à parcourir s’avérait long et jalonné de nombreuses difficultés, mais l’optimisme l’emporta. Il était sûr que la pensée de porter l’évangile et la civilisation jusqu’au centre de l’Afrique trouverait un écho puissant dans une foule d’âmes généreuses.
        L’image que Lavigerie se faisait des Noirs.

        Au sujet du caractère des Noirs et de leur situation culturelle, religieuse, sociale et politique, Lavigerie partageait les préjugés de son milieu et de son époque. Il s’agit de qualificatifs et expressions correspondant à des stéréotypes qui, au XIXè siècle, justifiait la sujétion des Noirs aux colonisateurs : les Noirs, barbares, sauvages et cruels.

        En 1874, Lavigerie déclarait aux Pères Blancs qu’ils sont destinés par Dieu à être des instruments de ses miséricordes pour tant d’âmes plongées dans les ténèbres les plus affreuses de la barbarie. Il disait encore que « l’Afrique, dans ses profondeurs encore mal connues, est, on le sait néanmoins, le dernier asile des barbaries sans nom, de l’abrutissement en apparence incurable, de l’anthropophagie, du plus infâme esclavage ». Deux ans après, il rappelant aux Pères Blancs qu’ils ont pour mission de sauver ces Noirs qui sont sur « cette mer immense de l’infidélité et de la barbarie où ils sont comme engloutis et perdus ».

        Tout heureux que les missionnaires avaient reçu un excellent accueil à la cour du Buganda, après avoir offert au monarque des cadeaux, constitués d’habits de sénateurs et ministres déchus lors de la révolution française, Lavigerie commenta à propos du roi Mutesa : « Il est vrai que je les avais chargés des présents qui devaient être magnifiques aux yeux d’un Majesté barbare. Le sauvage cherche surtout ce qui brille, sans trop se préoccuper de la forme et de la fraîcheur des objets !»…..Alors là, il s’est moqué d’eux, les pôvres….!!!
        A cela s’ajoute la fameuse malédiction des Noirs, dont la théorie suivant laquelle les Noirs étaient les descendants de Cham le maudit fils de Noé. En 1870, le Vatican souligna l’urgence et les voies de l’évangélisation de l’Afrique noire ainsi qu’à obtenir des Pères conciliaires une faveur : « Que la Sainte-Mère l’Eglise daigne lever le plus ancien anathème du monde, c’est-à-dire celui dont les malheureuses populations noires, issues de Cham et soumises à l’empire de Satan ressentaient durement les effets »

        Selon Lavigerie, l’un des effets de cette colère divine (la malédiction vient de Dieu) est l’esclavage des Noirs. Il ajoute : « J’espère que la lumière de la vérité va se lever sur cette terre autrefois maudite, et qu’après avoir si longtemps senti les effets de la colère divine, les enfants de Cham sentiront, par vous (les Pères missionnaires) ceux de la miséricorde ». [Les citations sont tirées de Gamaliel Mbonimana, L’instauration d’un royaume chrétien au Rwanda (1900-1931), UCL 1981) »

        A méditer…!!

  8. Mme CH

    Je m’excuse, c’est de Jules Ferry, président de la Commission sénatoriale d’enquête – 1892 qui a dit cette citation:« Il est difficile de faire entendre au colon européen qu’il existe d’autres droits que les siens en pays arabe et que l’indigène n’est pas une race taillable et corvéable à merci [. ..]. Si la violence n’est pas dans les actes, elle est dans le langage et dans les sentiments. On sent qu’il gronde encore, au fond des coeurs, un flot mal apaisé de rancune, de dédain et de craintes. Bien rares sont les colons pénétrés de la mission éducatrice et civilisatrice qui appartient à la race supérieure ; plus rares encore ceux qui croient à une amélioration possible de la race vaincue. Ils la proclament à l’envi incorrigible et non éducable, sans avoir jamais rien tenté cependant, depuis trente années, pour l’arracher à sa misère morale et intellectuelle……Le cri d’indignation universel qui a accueilli, d’un bout à l’autre de la colonie, les projets d’écoles indigènes que le Parlement français a pris à coeur, est un curieux témoignage de cet état d’opinion…. »….!!!!

    La compassion me dit-on….???!!!!

    Pierre Vidal-Naquet dans – La torture dans la République a dit:  » Dans l’ensemble impérial français tel qu’il est constitué en 1954, l’Algérie tient une place à part [. ..]. L’Algérie, les enfants français l’ont appris à l’école et au lycée, n’est qu’un prolongement de la métropole ; et il est d’ailleurs vrai que le million de « Français d’Algérie », Français d’origine, naturalisés et israélites francisés par le décret Crémieux en 1870, constituent en Algérie comme une société complète, indiscutablement française. A côté d’eux, les neuf millions de musulmans ne sont au mieux que des demi-citoyens. Entre cette société coloniale et l’État français, les relations sont extrêmement complexes. Les Français d’Algérie n’attendent guère autre chose de la métropole que le maintien pur et simple de leurs privilèges établis par la force et maintenus par des techniques policières, y compris éventuellement par la torture. « Pour l’Afrique du Nord, c’est l’heure du gendarme », écrivait l’Écho d’Alger. principal organe des colons, après le début d’insurrection du 8 mai 1945, qui fut d’ailleurs réprimée selon leurs désirs. Au besoin, dans la mesure où ils se sentent aptes à faire leur police eux-mêmes, ils se passeraient volontiers de la métropole. Certains d’entre eux, et non des moindres, ont à plusieurs reprises menacé de former un État indépendant. Cette tentation se retrouvera à la fin de la guerre d’Algérie pendant la période O. A. S. »

    Jean Planchais – Le Monde – Dossiers et Documents – octobre 1992 a dit: « l’histoire de l’Algérie et son statut sous la domination française forment une suite d’incertitudes et d’ambiguïtés . Alger a été prise en 1830 pour tenter de rehausser le prestige d’une monarchie à bout de souffle sous le prétexte d’une affaire d’honneur… La mainmise sur l’ensemble du pays n’est pas le résultat d’une politique à long terme. Les militaires, laissés – déjà – par Paris à leur seule logique, ne répliquent aux soulèvements que par une occupation progressive. La colonisation des meilleures terres est conduite aux dépens d’une population autochtone exclue des responsabilités politiques et économiques. Sous-administrés, sous-scolarisés, les Algériens sont les victimes d’une oligarchie coloniale qui joue des fantasmes du petit peuple européen aussi bien que de l’indifférence de la métropole
    Après la révolte de Sétif, durement réprimée, en 1945, la mise en oeuvre du statut de 1947, ultime chance d’évolution sans révolution, est sabotée. Le 1er novembre 1954 commence une guerre de sept ans. L’Algérie gagne son indépendance dans le sang au prix du départ massif des Européens. »

    Raymond Aron – La tragédie algérienne – Plon 1957 a dit « De tous les côtés, on justifie par des arguments rationnels des prises de position passionnelles. Le sort de l’Algérie soulève les passions des Français installés en Algérie, il soulève aussi celles des Français de la métropole. Les passions des Français d’Algérie sont compréhensibles, légitimes, elles ne sont pas nécessairement clairvoyantes [. ..]. Quant aux Français de France, leurs passions sont multiples, contradictoires. Le slogan « Algérie française » dérive de l’enseignement historique reçu dans les écoles, entretenu par la presse. L’amour-propre se crispe sur la possession de l’Algérie comme si la richesse, la grandeur, l’avenir de la France étaient en jeu. »

    Nous attendons toujours votre compassion…!!!!

  9. Mme CH

    Rachid Mimouni – in L’Histoire – janvier 1991 a dit: « « Ce qui reste de la France en Algérie ? D’abord quelques faits historiquesqui ont durablement marqué la conscience collective. Il y eut d’abord le choc du débarquement, en 1830, lorsque les tribus algériennes, qui sommeillaient derrière le bras fallacieusement protecteur de la Sublime Porte, durent se réveiller pour affronter l’une des plus formi­dables armées du monde, encadrée par un corps d’offi­ciers parfaitement aguerris par les campagnes napoléoniennes. On n’allait pas non plus oublier la férocité de la conquête qui dura plus de vingt ans, avec les exécutions collectives, les enfumades de réfugiés dans les grottes, les incendies des champs de blé et l’abattage systématique des troupeaux de bétail. »

    L’historien Benjamin Stora -La Guerre d’Algérie expliquée à tous- a écrit:
    – Dès le mois de janvier 1955, c’est-à-dire deux mois seulement après le
    début de la guerre, la torture est dénoncée publiquement. L’écrivain
    François Mauriac publie un article à ce sujet dans le journal L’Express.
    Toujours en 1955, des rapports sont rédigés et adressés aux plus hauts
    responsables politiques. La torture est donc connue. Elle n’est pas employée
    pour la première fois, loin de là, au moment de la bataille d’Alger. Mais son utilisation courante durant cette année 1957 va provoquer une prise de conscience. Plusieurs soldats font paraître leur témoignage. Je cite l’un d’eux :
    «Nous sommes désespérés de voir jusqu’à quel point peut s’abaisser la nature humaine et de voir des Français employer des procédés qui relèvent de
    la barbarie nazie.».

    Quant à D Gaulle – 4 mai 1962 – cité par Alain Peyrefitte, il a dit: « Les pieds-noirs continuent à clamer Algérie française ! Comme si cette formule magique allait les sauver ! Mais l’Algérie française, ce n’est pas la solution, c’est le problème ! Ce n’est pas le remède, c’est le mal ! Comment a-t-on pu laisser croître sans contrôle cette immigration européenne au milieu d’une population radicalement différente, dans un pays hostile ? »

    Au fait qui avait raison De Gaulle ou les Corneilles noires….??? Nos Martyrs, bien évidemment….!!!!

  10. Mme CH

    Je dédie ce passage de Benjamen Stora à Mr Albarracin, en lui disant que je peux, tout de même, comprendre la douleur de ceux qui n’ont ni de près ni de loin participé aux massacres des algériens….!

    « Au total, pendant toute la guerre, près d’un million et demi de jeunes
    français, de toutes origines sociales, iront en Algérie. Ce qui signifie que la
    plupart des hommes nés entre 1932 et 1943 y ont été envoyés.

    C’est toute une génération, parmi lesquels de futurs hommes politiques comme Jacques Chirac (président de la République de 1995 à 2007),
    Michel Rocard (Premier ministre de 1988 à1991). Mais aussi de futures personnalités du spectacle, de la chanson ou du cinéma comme le chanteur Eddy Mitchell et le réalisateur Claude Lelouch. Ou encore des sportifs comme le cycliste Raymond Poulidor. Ces hommes jeunes forment ce que l’on appelle le «contingent».

    C’est l’une des grandes différences entre la guerre d’Indochine et la guerre
    d’Algérie. En Indochine, la guerre a été menée par un corps expéditionnaire,
    c’est-à-dire des soldats professionnels. En Algérie, tous les hommes français
    appartenant à certaines classes d’âge ont été mobilisés….. »

    Ah! Cordon ombilical quand tu nous tiens…!!!!

    • MADANI

      A peine rentré de Tunisie, où l’attendait un comité d’accueil hostile, Bernard-Henri Lévy a tenu à donner sa version des faits. Il ne s’est pas passé «grand chose» à l’aéroport de Tunis Carthage, affirme le philosophe ce dimanche sur le site Internet du Point.

      @ mme C.H
      Arrivé dans la nuit de vendredi à samedi dans la capitale tunisienne, où il devait rencontrer des personnalités libyennes, l’intellectuel français avait eu la surprise d’être attendu par des manifestants hostiles à sa venue. Des dizaines de Tunisiens scandaient «BHL dégage» et «Non aux intérêts sionistes en Tunisie», le contraignant à sortir de l’aéroport par une porte dérobée.

      Il s’agissait «d’islamistes ou peut-être d’exilés kadhafistes», affirme ce dimanche Bernard-Henri Lévy, qui préfère y voir un non-événement. «L’événement, s’il y en a un», note-t-il «c’est ce qui a suivi. Et c’est ce vent de haine et de folie qui s’est mis à souffler dans les rédactions, sur la Toile, sur les réseaux sociaux. En quelques heures, j’étais devenu, dans le meilleur des cas, je veux dire dans les journaux convenables, un « intellectuel juif », ou un « agent sioniste », venu semer le désordre et déstabiliser, à moi tout seul, la jeune démocratie tunisienne».

      Et l’écrivain dément avoir eu l’intention de rencontrer, comme l’assurait Rue 89, «le Libyen Abdelhakim Belhadj et l’islamiste tunisien Rached Ghannouchi » – c’est-à-dire, si je peux me permettre, ce qu’il y a de moins fréquentable sur les scènes politiques libyenne d’un côté, tunisienne de l’autre». Il dément également avoir été expulsé du pays, comme le rapportait une partie de la presse tunisienne samedi. «Vous imaginez un citoyen français expulsé comme ça, sans raison, par un pays ami et, de surcroît, démocratique ? Et où en serions nous si les autorités tunisiennes […] cédaient à la pression, je ne dis même pas de la rue, mais de quelques poignées de fanatiques drogués à l’antisémitisme le plus enragé ? Non. Tout cela est grotesque. Je suis parti quand ma réunion libyenne s’est terminée. Et les autorités tunisiennes, pour ce que j’en ai vu et su, se sont comportées de façon parfaitement normale».

  11. fethi

    C’est vraiment ce qu’il faut dans le forum comme forme de discussion sans gueguerre. Merci

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