La Voix De Sidi Bel Abbes

Cela s’est passé un 19 Mars 1962 / Par Amirouche .

50e-anniversaire-du-Cessez-le-feu-en-AlgerieEn lisant la presse de ce matin , j’ai bien aimé partager avec les lecteurs de la VDSBA cet article paru sur le « Journal de Saône-et-Loire » , ……..Deux « regards » de deux personnes (Roland militaire et « Claude » de Sidi-Bel-Abbès sur la date du 19 Mars 1962 .

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19 mars, 5 décembre, toutes les associations d’anciens combattants ou patriotiques ne sont pas d’accord sur la date à retenir pour commémorer la fin des combats et les victimes de la guerre d’Algérie.

Roland Gelet, président départemental de la Fnaca depuis 1977, défend la date du 19-Mars pour commémorer la fin des combats et les victimes des conflits d’Afrique du Nord, en particulier le sanglant conflit algérien. Un choix que conteste vertement Claude Péran, pied noir et président de l’Association chalonnaise des Français d’Afrique du Nord et d’Outre-mer et leurs amis (Acfanoma). Explications :
Leur quotidien pendant la guerre d’Algérie
Roland Gelet :«J’ai été appelé de juin 1954 à décembre 1956 et j’ai passé toute l’année en Algérie, dans les transmissions. On n’allait pas à la bagarre, mais on nous tirait comme des lapins. Nous étions une cible facile et sommes tombés trois ou quatre fois dans des embuscades, dont une fois où j’aurai pu y rester si mon camion n’avait pas eu de portières pour stopper la balle qui m’attendait (NDLR : plusieurs de ses camarades sont morts ou ont été blessés , je suis rentré en France fin 1956, à Chalon. Mais j’ai toujours eu la peur d’y retourner et d’être rappelé jusqu’à la fin du conflit. »
Claude Péran : « Je suis né en Algérie il y a 66 ans, à Sidi Bel Abbés. J’étais donc enfant. Jusqu’en classe de 5e , il y avait des attentats, mais on pouvait suivre une scolarité normale. On se côtoyait normalement avec les musulmans et les israélites. La dernière année, ça s’est très mal passé, avec les grèves, la multiplication des attentats… On se sentait menacé. J’ai perdu une tante, dont le café a été attaqué à la grenade. Elle a reçu des éclats près du cœur et en est décédée en 1964. La fin du conflit a été très dure à vivre car on ne pensait pas partir, mais on n’a pas eu le choix devant les massacres perpétrés après les accords d’Evian. On a tout laissé sur place et on a fui le 17 juillet 1962. C’était la valise ou la mort pour les pieds noirs. »

La façon dont ils ont reçu la nouvelle des accords d’Evian

R. G. : « J’ai appris la nouvelle par la radio et les journaux et j’ai été content. Surtout soulagé. Même si on savait que les combats ne s’étaient pas arrêtés en Algérie avec les accords, cela officialisait le fait que de nombreux jeunes comme moi ne retourneraient pas se battre là-bas. Et nous voulions une solution. Huit ans de guerre, ce n’est pas rien. Surtout cette guerre différente, où il n’y avait pas de front et où l’ennemi pouvait être partout. Ça nous terrorisait. »
C. P. : « Je n’ai pas de souvenir précis de cette date, car les massacres se sont poursuivis malgré les accords. Il y a eu six fois plus de morts après le 19 mars 1962 qu’avant : 150 000 Harkis dans des conditions effroyables, 3 000 à 5 000 pieds noirs, 500 soldats français. Sans parler du million de Français obligés de fuir en laissant tout sur place, comme nous, terrorisés par les massacres de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, ou celui d’Oran, le 5 juillet de la même année, qui fut une boucherie et une chasse aux Européens sous les yeux de l’armée française, qui avait ordre de ne pas tirer. »

La nature de leur désaccord au sujet de la date du 19-Mars

R. G. : « C’est la date officielle depuis 2012, celle qui correspond à l’acte politique de l’accord de paix, de la rencontre entre les parties. Je sais très bien que des collègues se sont fait tuer après le 19-Mars-1962, il ne faut pas se voiler la face. Mais à quoi bon le célébrer le 5 décembre ou, comme avant, le 16 octobre ? Ces dates n’ont aucune signification. »
C. P. : « Déjà, en France, autant que je sache, on ne commémore ni l’Armistice de juin 1940, ni la défaite à Waterloo. Donc pourquoi commémorer la défaite en Algérie ? C’est une date honteuse, une tâche sur le drapeau français. D’autre part, pourquoi commémorer les victimes à une date après laquelle on a compté six fois plus de morts qu’avant ? Preuve du côté aberrant de la chose, la Fnaca délivre la carte du combattant à ceux qui se sont battus jusqu’en juillet 1964, donc plus de deux ans après les accords ! »……
A la différence de Roland et de Claude , n’existerait-il pas un troisième regard ?! vous avez certes perdu plusieurs de vos camarades( partis faire la guerre donc savaient qu’ils vont tuer ou être tués) pour le premier et votre tente pour le deuxième …….Mais moi , l’indigène dont vous ne dites aucun mot de sa souffrance ,et celle de tout un peuple ,moi aussi j’ai perdu plusieurs membres de ma famille et l’Algérie en a perdu ,en sept ans ,un million et demi de Femmes et d’Hommes ….Mon regard pourrait aller encore plus loin si on compte les morts depuis 1830 . Cette mort que l’algérien n’a pas demandée car il était chez lui  ….

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=59326

Posté par le Mar 19 2015. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

14 Commentaires pour “Cela s’est passé un 19 Mars 1962 / Par Amirouche .”

  1. Lamine

    excellent article ,mais seulement la photos ne cadre pas avec l article , a part monsieur Krim Belkacem et bentobbal , les autres leaders sur la photo n ont pas assister aux négociations.

    • Amirouche

      Lamine
      Bonsoir
      Effectivement cette photo a été prise ultérieurement …..Pour les accords d’Evian , du côté des Français, les pourparlers sont menés par Louis Joxe, R. Buron et J. de Broglie ; du côté algérien par Belkacem Krim, L. Ben Tobbal, S. Dahleb et M. Yazid……..
      Cordialement

  2. Amirouche

    Veuillez lire en introduction ..Deux « regards » de deux personnes (Roland militaire et Claude de Sidi-Bel-Abbès……..

  3. OUERRAD

    Dans cette catastrophe humaine , car s en est une , seul les deux peuples ont payes un lourd tribu . Et tout cela pour RIEN , messieurs les histo RIEN , demandez les archives et dites la verite aux generations futures .Puisque les politiques , en sont incapables .Allez vers ce qui reste des vrais patriotes pour cela , sinon vous serez tout autant responsables de cette HISTOIRE TRONQUEE.
    Maintenant chacun est libre de raconter son HISTOIRE .
    Mais les martyrs ne vous pardonneront pas .
    Des pseudos patriotes nous racontent n importe quoi , et des langues de viperes medisent sur KRIM /BEN TOBBAL /KHIDER et j en passe , SAHBIA ALLAHOU WA NI3MA EL WAKIL …….
    Notre generation , va partir sans connaitre son HISTOIRE , machi HRAM …..

    • Amirouche

      OUERRAD

      Tu as raison Sahbi , personne ne pense aux générations futures ! chaba « histo ..rien »….Twahachteke khayi

      Fraternellement

      • OUERRAD

        HISTO RIEN ? C etait specialement pour toi , je sais que tu aprecies mes conneries .Moi aussi twahachtek , c est la faute au mode rateur , samat ha , on embetait tout le monde et tout le monde nous tirait dessus mais c etait plus rapide ; JE VAIS JE TIRE ET JE REVIENS ..BON WEEK D ICI en attendant celui de la bas ;;;;

  4. Amirouche

    les ministres du GPRA présent à Evian, au nombre de neuf, partiront au Maroc en deux groupes. Le premier est composé des Cinq, accompagnés de Benyahia, Boulahrouf, Abdesselam et Redha Malek. Ils voyageront à bord du Boeing de la PANAM spécialement affrété par le roi Hassan II. Les autres prendront un avion de ligne pour la même destination.
    Ce jour-là à midi, le cessez-le-feu devient effectif. Son application est stricte par les deux armées. Une Commission centrale a la tâche de veiller au respect des consignes. Le commandant Mohammed Allahoum y représente le côté algérien.
    Les invités sont acheminés vers une maison d’hôtes pour la nuit. Et le lendemain, Hassan II les invite à son palais du Méchouar, à Rabat, pour un grand dîner en leur honneur. Pendant le festin, Moufdi ZAKARIA, le poète de la Révolution et l’auteur de l’hymne algérien Kassaman, déclamera sa poésie du haut d’une terrasse.
    Mais les quelques mois qui séparent le pays de la véritable grande fête, l’indépendance, ne seront pas de toute joie……….Sources « L’Algérie à Evian….. » de Malek

  5. OUERRAD

    je vois un ALLAHOUM , mais il semble que c est abdelmajid et non MOHAMED .
    Ce dernier est reste un militaire , jusqua il ya trois quand il est decede , par contre abdelmajid , est passe de l autre cote a savoir la politique .

  6. Ali

    Étape historique à connaître. Les événements qui ont précédé cette date et après dans les grandes villes Européennes de notre pays dont la nôtre restent peu médiatisées. La journée est commémorée certes mais le local est évacué cher ami Amirouche. Que de morts des populations déplacées des familles entières décimées .Des hôpitaux de fortune érigés par la population musulmane face aux hordes de l’OAS …

  7. hamdane

    A travers cette date commémorative chacun a voulu raconté ses aventures vécue pendant la révolution, mais avez-vous remarquez que l’histoire est la même ( nous étions une cible facile ; il y avait des attentas ; les massacres perpétrés ;la chasse aux Européens ) Dans ce texte il manque le témoignage d’indigènes qui ont été déraciner , le témoignage des orphelins , le témoignage des veuves , les tortures ;les nuits d’enfer avant et après le 19 mars. Dans tout les cas de figure le France a été obligé de reconnaitre qu’il s’agissait bien de guerre et non d’opérations de maintien d’ordre. On parle des exagérations commises par le FLN après le 19 mars, mais on oubli la barbarie exercée par l’OAS .

  8. Imène

    3mirouche : Bonsoir ! tlm …
    Le dernier négociateur Français à Evian Yves Roland Billecart – encore en vie – impute la responsabilité de la perte de l’Algérie – non pas au Général De Gaulle qui  » a tout bradé  » mais ….aux pieds noirs ! un point de vue à lire .L’article est sur Algérie patriotique.
    Merci 3mirouche pour le partage …le 3 eme regard existe bien sûr ! c’est le plus juste , c’est moi , l’indigène ! c’est mes frères , mes soeurs qui ont tant souffert , qui en sont morts sous la torture , dans les combats , ou les enfumades pour que VIVE L’ALGERIE !
    Mes amitiès ..

  9. Amirouche

    Le 22 octobre 1956 à Rabat, Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mostefa Lacheraf, Mohamed Khider et Mohamed Boudiaf, devaient initialement prendre place à bord de l’avion du sultan du Maroc, Mohammed V. Les cinq hommes doivent se rendre à Tunis pour un sommet organisé par Habib Bourguiba. Les militaires français ne peuvent pas rater une si belle occasion pour détourner l’avion et « décapiter le FLN ».

    Par des informateurs dont les identités n’ont jamais été révélées, les services secrets français du SDECE ont eu connaissance de la date exacte du voyage. Il ne reste plus alors qu’à écouter les échanges radio entre l’avion du sultan et la tour de contrôle de Rabat. À Alger, Michel Gorlin, directeur du cabinet civil, et le lieutenant-colonel Branet, chef du cabinet militaire, sont tenus au courant minute par minute……. L’avion est marocain mais il est immatriculé en France et les lois internationales sont formelles : c’est l’immatriculation qui détermine la nationalité de l’appareil. Les autorités françaises ont donc le droit le plus absolu de détourner cet avion sur Alger84,85.

    Mais si l’opération est parfaitement légale, elle concerne l’avion du sultan du Maroc, ce qui entraînera immanquablement de sérieuses difficultés diplomatiques. Son pilote est français, de même que le mécanicien navigant et l’hôtesse de l’air.

    Pour détourner l’avion ,Pierre Chaussade contacte aussitôt Max Lejeune, secrétaire d’État à la Défense. Celui-ci donne son accord sans avertir Guy Mollet le président du conseil, ni apparemment Robert Lacoste, ministre résident en Algérie. Il s’agit de faire vite, car l’interception doit s’effectuer avant que le DC-3 ne pénètre dans l’espace aérien tunisien.

    Déjà, l’armée de l’air a fait décoller des chasseurs pour surveiller le DC-3 puis, avant même d’avoir reçu le feu vert des autorités, le commandant de la 5 région aérienne donne l’ordre de faire décoller un MD-315 Flamant, équipé d’armes de bord.
    À Oran un B-26N Invader (version chasseur de nuit) et deux patrouilles de- 535 Mistral sont en alerte renforcés. Ils pourraient, le cas échéant, intervenir pour empêcher le DC-3 de retourner au Maroc.

    Il est 20h45 lorsqu’un MD-315 Flamant armé décolle de Blida. Soudain, le pilote du Flamant aperçoit un avion qui vole 500 pieds (environ 152 m) plus haut en direction de l’ouest. Par radio, le contrôleur aérien confirme qu’il s’agit bien de l’objectif. « Obligez-le, dit-il, à se poser par tous les moyens. S’il refuse, ouvrez le feu! »

    À bord du DC-3, les passagers ne se sont aperçus de rien mais le pilote craint qu’ils ne se posent des questions en voyant la lune passer d’un bord à l’autre. L’hôtesse sauve la situation en tirant les rideaux devant les hublots, « pour vous permettre de prendre un peu de repos »… Le navigateur du Flamant n’est toujours pas parvenu à Contacter le DC-3 par radio et comme après avoir survolé Alger celui-ci poursuit sa route vers l’ouest, il est à craindre qu’il ne cherche à regagner le Maroc. À la verticale de Boufarik, le pilote du Flamant appelle le contrôle-radar. « Objectif à portée. Demandons confirmation ordre de tir. »
    Stand-by (attendez), répond le contrôleur. »

    Puis, quelques secondes plus tard, il indique :
    Précédé de la Jeep et suivi par plusieurs véhicules de l’armée, le DC-3 rejoint le parking militaire où se trouvent déjà les photographes chargés d’immortaliser l’événement. Dès l’arrêt des moteurs, un mécanicien place un escabeau et ouvre la porte d’accès. Les chefs du FLN se présentent à la coupée, stupéfaits de ne pas être à Tunis. « ON NE PEUT FAIRE CONFIANCE AUX FRANCAIS », s’exclame Ben Bella avec colère. Une longue captivité commence pour lui et ses compagnons.

    Avec les chefs du FLN, les autorités saisissent des documents apportant la preuve formelle de l’aide égyptienne au FLN.
    Habib Bourguiba adopte une position analogue et, dans le monde arabe, la France est sévèrement jugée. La presse française de gauche est d’une extrême virulence, Alain Savary secrétaire d’État aux Affaires marocaines et tunisiennes démissionne. Bruno de Leusse, ambassadeur de France à Tunis, quitte lui aussi ses fonctions……….

    Pour le FLN, la capture de Ben Bella et de ses compagnons n’est pas une perte irrémédiable, car les cinq hommes sont des politiques qui peuvent être assez facilement remplacés. Ben Bella a d’ailleurs dit au moment de son arrestation: « Cela ne changera rien! » et, quarante-huit heures plus tard, le FLN répand dans Alger un tract sur lequel on peut lire : « Cinq de nos dirigeants sont donc arrêtés, mais la machine reste en place ».

    Peut-on considérer ce contenu avec précaution ?!!!

  10. Amirouche

    @MM

    A cette période ,Je n’étais pas encore né …….. , c’est la raison pour laquelle que je pose toujours une question à la fin de mes annotations à un témoin de cette partie de l’histoire de notre pays pour nous dire qu’elle a été la situation après Mars1962 à SBA ……

  11. bouatra

    l’équation a étés résolue dans les accords ,exterminer tous les braves a l’intérieur du pays qui ont combat tuent plus de dix ans,et les remplacés par les « négociateurs » de tunis et du maroc .ALLAH YERHAM A CHOUHADA ouyakhzi el khoubatha

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