La Voix De Sidi Bel Abbes

Viande halal : est-on sûr de ce qu’on consomme ?

Pour la première fois en France, un ouvrage dit tout ou presque sur le sujet de la nourriture halal. Economie, respect des rites, stratégies marketing, hystérie politique, mauvaise qualité des charcuteries prétendument halal, tout y passe  sur un thème qui dépasse bien souvent le fait religieux.

Lotfi Bel Hadi, auteur de La Bible du halal, publié aux éditions du Moment, nous dit dans un entretien que «le halal, au-delà de l’aspect religieux, pose deux questions, la question économique qui n’était pas jusque-là traitée, c’est-à-dire le partage du pouvoir économique autour de cette nourriture, d’abord en France entre les autorisations à trois mosquées et pas aux autres ; la deuxième, ce que véhiculait le halal par rapport à la communauté musulmane de France».

Au centre de la consommation halal, il y a en France une confrontation politique qui fait rage dans le pays avec la question de la nourriture dans les écoles pour les petits musulmans et la question de l’abattage décrié par les défenseurs des animaux qui remettent souvent sur le tapis la brutalité de l’égorgement à vif, selon le rite musulman.

Sur le premier point, l’auteur défend le fait que toutes les circulaires officielles permettent aux institutions scolaires de proposer des menus différents. Pour le second, au travers des chapitres parfaitement documentés,Lotfi Bel Hadj avance que pour des raisons de productivité, face à la demande en hausse constante, il faut aller vite. Dans ces conditions, il est rentable d’assommer les bêtes avant de les égorger.

C’est la guerre des producteurs et celle des marques qui sont lancées sur ce marché, ainsi que la grande distribution. «Ce dont les gens parlent», explique Lotfi Bel Hadj à El Watan, «en réalité, c’est quelque chose qu’ils ne connaissent pas, d’où ce livre qui, sans prétention, veut poser le débat. Il veut être pédagogique et démystificateur contre la désinformation».

Bataille mondiale pour l’accaparement des marchés

Alors qu’aujourd’hui toute l’Europe s’est penchée sur le halal, «son marché représenterait 50 milliards d’euros et pourrait atteindre 65 milliards en 2020 ! Rien qu’en Grande-Bretagne, plus de 150 millions d’animaux sont tués chaque année dans le respect du rite halal», écrit-il dans son livre. Plus loin, il note que «les sommes en jeu peuvent tourner la tête et affecter les préceptes de l’islam. Près de la moitié des labels halal admettent l’électronarcose (NDLR étourdissement avant égorgement).

Entre contraintes industrielles et exigences religieuses, l’électronarcose pose de nombreuses questions. Cette technologie a également des conséquences économiques considérables ; elle permet d’abattre environ 15 000 poulets par heure, contre 4000 à 5000 sans décharge électrique». Et de toute façon, si tous les labels ne l’admettent pas, car l’animal doit arriver vivant sous la lame du sacrificateur, «quoi de mieux que l’électronarcose pour obtenir une cadence rapide tout en répondant aux directives européennes en matière d’abattage».

Le livre de Lotfi Bel Hadj remet ainsi en cause la confiance que tout un chacun place dans les boucheries halal. Il est cependant plus précieux encore pour l’exposé qu’il nous fait de la bataille mondiale pour l’accaparement des marchés. A tel point qu’il invoque la nécessité d’une «traçabilité par le consommateur et une transparence accrue qui permettrait d’éliminer les intrus parmi les industriels, certificateurs, distributeurs et politiques».

Ceci est aussi valable pour les pays musulmans qui bien souvent importent sans se soucier de la réalité halal des produits qui finissent dans les assiettes. Ainsi, écrit Lotfi Bel Hadj, «le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord offrent aux sociétés exportatrices des marché à fort potentiel». Voilà qui fait réfléchir, même si on s’affiche végétarien, comme Lotfi Bel Hadj le confie à El Watan.

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Posté par le Fév 6 2015. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, MONDE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

5 Commentaires pour “Viande halal : est-on sûr de ce qu’on consomme ?”

  1. Anonyme

    Au moins c propre.

  2. Belabbesien

    Le fait religieux est un alibi. Des intentions économiques motivant ce monde.

  3. chaibdraa tani djamel

    On dit BISME ALLAH et on mange ,la suite revient aux responsables de l’achat de cette viande

  4. abbes

    on est a leur merci

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