La Voix De Sidi Bel Abbes

17 octobre 1961 : Macron sollicité pour une position « précise » sur les massacres d’Algériens à Paris

Le président Emmanuel Macron a été sollicité par le Collectif du 17 octobre 1961 pour faire connaître sa position « précise » sur les crimes d’Etat et notamment les massacres d’Algériens à Paris dans la nuit du 17 octobre 1961.

« Nous sollicitons de votre bienveillance une audience pour connaitre votre position précise à ce sujet (massacres du 17 octobre 1961), afin de pouvoir en rendre compte lors du rassemblement prévu le 17 octobre 2017 au Pont Saint-Michel à Paris », a écrit le collectif dans une lettre ouverte au chef d’Etat français, dont l’APS a été destinataire d’une copie.

La lettre est signée par Olivier Le Cour Grandmaison (17 Octobre contre l’Oubli), Samia Messaoudi, Mehdi Lallaoui (Au nom de la Mémoire), M’Hamed Kaki (Les Oranges), Gilles Manceron (Historien, LDH- Ligue des droits de l’homme), Renée Le Mignot (MRAP – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), Henri Pouillot (Sortir du Colonialisme).

Dans leur missive, les signataires rappellent au président Macron ses propos de février dernier à Alger, en sa qualité de candidat à la présidentielle, qualifiant la colonisation française de « crime contre l’humanité » et sa promesse du 5 mai, devant la rédaction de Mediapart, de prendre « des actes forts » sur cette période de l’histoire de France.

« Nous pensons donc, qu’à l’occasion de ce 56e anniversaire du crime d’Etat commis en plein Paris, vous pourriez (devriez?) ainsi concrétiser cet engagement », ont-ils affirmé dans leur lettre.

Par ailleurs, une vingtaine d’associations pour la reconnaissance des crimes d’Etat commis par la France durant la colonisation ont souligné, dans un appel, que 56 ans après les massacres, « la vérité est partiellement en marche ».

Cependant, ont-ils relevé, la France « n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961 ».

« Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des +bienfaits de la colonisation+, à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à +honorer+ les criminels de l’OAS », ont réclamé ces associations, parmi elles 4 ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre), 17 octobre 61 contre l’oubli, ACCA (Association contre le colonialisme aujourd’hui), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons et le Parti de gauche (PG).

Elles ont annoncé à cet effet que lors de ce rassemblement du 17 octobre au pont Saint-Michel, une nouvelle plaque sera symboliquement « apposée avec l’inscription A la mémoire des centaines d’Algériens tués lors des manifestations pacifiques du 17 octobre 1961 par des policiers agissant sous l’autorité du préfet Maurice Papon. Reconnaissance de ce crime d’Etat ».

Exigeant « vérité et justice », le collectif demande à Emmanuel Macron de confirmer, au nom de la France, « par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat ».

« Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps. Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens. Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant », a-t-il revendiqué.

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Posté par le Oct 15 2017. inséré dans CE QUE DIT LA PRESSE, HISTOIRE. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez aller à la fin et répondre. Le Ping est actuellement interdit.

20 Commentaires pour “17 octobre 1961 : Macron sollicité pour une position « précise » sur les massacres d’Algériens à Paris”

  1. Mme CH

    « Lettre au président de la république française. »

    Monsieur le président de la république française. Quand vous étiez le simple candidat à l’élection présidentielle de votre pays, vous fîtes un voyage éclair à Alger, capitale d’un pays qui a de longues et douloureuses relations historiques avec le vôtre. Ce n’est pas le lieu de philosopher sur les mécanismes des refoulements de l’histoire qui favorisent les dénis de la réalité. C’est d’une journée précise, celle du 17 octobre 1961 dont je veux vous parler. Ce jour-là, c’était un mardi, une partie de l’Algérie en exil sortit de ‘’ses’’ bidonvilles pour défiler dans les rues de Paris. Elle voulait protester contre une décision inique qui limitait sa liberté de circuler et l’obligeait à respecter un couvre-feu dès la tombée de la nuit. Par cette manifestation ; cette Algérie en exil tenait aussi à exprimer son droit de résister à l’oppression, droit inscrit dans la charte de l’ONU, dois-je le rappeler ? Ainsi monsieur le président, je ne vous apprends rien en rappelant que lors de cette tragique journée, des Algériens, manifestants pacifiques, ont été livrés à la hargne de la police de l’Etat français qui agissait sur ordre des plus hautes autorités du pays. Cette précision est importante pour éviter que l’on qualifie les crimes commis ce jour-là de bavures de quelques lampistes de la police française. Ce jour-là donc des Algériens, par milliers furent arrêtés et transportés comme du bétail dans les bus de la RATP vers des camps d’internement. Ce jour-là des centaines furent blessés mais refusèrent de se rendre dans des hôpitaux de peur de se faire arrêter dans ces institutions de soins en principe protégées par les lois de la république. Ils furent secourus dans des pharmacies par des citoyens français, les uns par humanisme, d’autres par solidarité avec leur légitime combat. Enfin des centaines furent ligotés, oui ligotés et jetés, oui jetés dans la Seine.

    Leurs familles à ce jour n’ont pas de lieu pour aller les pleurer et les honorer. Cette journée se solda par un carnage dans la ville des Lumières sous les flashs de journalistes militants dont les photos témoignent de la brutalité subie par ces ‘’invisibles’’ de cette époque. C’est pourquoi, aucun artifice de langage, ni argutie juridique, aucun discours reposant sur le déni de la réalité, ne peut effacer pareil acte que des écrits et des films ont exposé la cruelle réalité au grand public.

    Ainsi monsieur le président, le 17 octobre 1961, les pavées de Paris ont été couverts de sang, pareils à d’autres moments de la riche histoire de votre pays comme le hurle Arthur Rimbaud dans son poème ‘’l’orgie parisienne’’ Ce 17 octobre 1961, une tragédie s’est donc déroulée en plein Paris, au nom de la raison et de la justice, au nom des cris des suppliciés noyés dans la Seine, leurs enfants, des citoyens tout simplement, vous demandent de reconnaître officiellement cet événement comme un crime d’Etat dont les victimes défendaient leur dignité. Vous entrerez dans l’histoire de votre pays comme l’un des hommes politiques qui aurait respecté sa parole publique pour être fidèle à ses nobles convictions.

    Votre déclaration à Alger sur les crimes contre l’humanité durant la colonisation est courageuse et vous honore à un moment où vous sollicitiez le suffrage des Français dont beaucoup se complaisent encore dans une lecture tronquée de l’histoire. Je ne peux croire que vous avez fait ce voyage pour glaner les voix des enfants des manifestants d’octobre 1961 comme le prétendent certains esprits mal intentionnés. Je préfère croire que l’attitude du candidat et futur président d’un grand pays répond à d’autres considérations moins intéressées. Vous feriez alors un geste symbolique de haute portée politique d’un président à la tête d’un pays qui veux nouer des relations solides avec un pays géographiquement voisin mais aussi parce l’histoire continue de labourer leur présent. Un présent encore rongé par le lourd héritage des contentieux du passé. Arracher les rances des ressentiments des uns et les épines de la colère des autres, ne peut qu’accélérer l’ouverture des portes à de fructueuses et amicales relations entre les deux pays. Monsieur le président, la décision que vous prendriez soulagera les descendants de ces victimes.

    Elle effacera le froid de cette nuit-là qui gela l’oasis de leurs rêves d’enfants. Donnez-leur l’opportunité de remplacer les images insupportables de cette noire journée par celles de la danse des vagues de notre commune mer. C’est ainsi que les corps des morts ballottés par la houle de la Seine trouveront le repos de leur âme. Quant aux vivants, leur conscience s’enrichira de cette reconnaissance officielle qui les aidera à s’engager pour que pareils actes ne soient plus possible. Puisse votre stature d’homme d’Etat répondre aux attentes des deux peuples français et algérien dont la frontière n’est autre que cette Méditerranée berceau de tant de civilisations, une Méditerranée qui doit cesser d’être un cimetière des parias de l’Afrique pour devenir un lac de paix tant rêvé par ses habitants.

    (Ali Akika réalisateur du film ‘’enfants d’octobre 61’’.Echo de Jijel, 15 octobre 2017).

  2. EL HANIF

    Votre censure est inadmissible!

  3. Mme CH

    Ce qui est drôle, c’est que le criminel Maurice Papon a été condamné en 1998 à la réclusion criminelle par un tribunal français pour avoir organisé, en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde durant le régime de Vichy, la déportation de 1690 juifs, mais rien sur les algériens jetés vivant dans la Seine…!! Qui gouverne FaFa d’après vous..???

    « Messahel : «Le 17 Octobre 1961 rappelle le lourd tribut payé par la communauté à l’étranger » (AP, 17/10/2017, R.N)

    «Il y a cinquante-six ans, des compatriotes, forts de leur droit à la dignité et nourris à l’école du patriotisme, sont sortis dans la rue pour marquer, de façon pacifique, leur rejet des mesures vexatoires et discriminatoires prises par les forces coloniales contre la communauté algérienne en France», souligne le ministre des Affaires étrangères dans un message rendu public à l’occasion du 56e anniversaire des massacres du 17 Octobre 1961.

    «Sans ménagement aucun et sans nul égard pour les droits attachés à la personne humaine, ils ont été victimes d’une répression autant brutale qu’aveugle et beaucoup d’entre eux devaient y laisser leur vie», note Abdelkader Messahel, pour qui cette journée «demeurera à jamais gravée dans la mémoire de notre nation en ce qu’elle représente, avec d’autres pages écrites du sang de tous ces martyrs tombés au champ d’honneur, le lourd tribut payé par la communauté nationale à l’étranger à la lutte du peuple algérien pour le recouvrement de son indépendance». «Ces évènements dramatiques dont le peuple algérien garde encore les stigmates, ajoute le ministre, sont commémorés chaque année dans la dignité et en hommage à nos compatriotes, hommes, femmes et enfants, emportés par cette violence inhumaine.»

    Abdelkader Messahel estime que «les nouvelles générations sauront, comme celles qui les ont précédées, se rappeler de ce déchaînement de violence et entretenir, dans une trajectoire intergénérationnelle, le souvenir des sacrifices consentis par le peuple algérien pour la réappropriation de sa souveraineté nationale, de tous ces chouhada tombés au champ d’honneur et dont il convient, aujourd’hui, d’honorer la mémoire».

    Des dates à ne pas oublier…!

  4. Mémoria

    Tiens,tiens y a du langage patatouète dans l’air avec des fautes d’orthographe à imputer à une mauvaise maîtrise de la langue française par un indigène !!! Et aussi un langage de professionnel du…logement ! Et puis un cafouillage dans l’énoncé des prénoms …Cette proximité ne nous dérange pas ! Au contraire…C’est un bon signe ! Mais pas au point de blasphémer comme l’écrivain et universitaire Amine Zaoui qui aurait voulu que les juifs ne quittent jamais le Maghreb …après le décret Cremieux !

  5. sidi yacine

    En 1830, la France entreprit la conquête de l’Algérie. Le peuple algérien prit les armes pour défendre sa liberté. Après 40 ans de lutte et de sacrifice , il succomba sous le nombre, il dut subir toutes les lois de la force. Des atteintes graves et répétées ont été portées aux personnes, aux biens, au culte et à la langue du vaincu. Le vainqueur lui imposa un régime spécial d’injustice, de violence, d’humiliation et de terreur perpétuelle. Après prés d’un siècle, l’algérien musulman était toujours traité en vaincu, par contre il est soumis à toutes sortes d’obligations, d’aucun droit, d’aucune liberté , par contre il est soumis à toutes sortes d’obligations, y compris l’Impôt du sang. En Algérie le musulman, auquel on a imposé le service militaire, ne jouit pas des droits civils et politiques. Seuls les francisa, les juifs, et les étrangers naturalisés exercent ces droits. Les 500000 français d’Algérie réussissent à condamner les cinq millions d’algériens à un servage perpétuel… 17 Octobre 1961 .La répression policière contre la manifestation initiée à Paris par le FLN aurait fait plus de 300 morts, selon les estimations de l’historien Jean-Luc Einaudi. Pourtant, la République tarde à reconnaître les faits, constate Fabrice Riceputi dans une tribune au « Monde ».LES ARCHIVES DU FIGARO – Quelques mois avant la signature des accords d’Evian qui mirent fin à la guerre d’Algérie, la manifestation initiée par le FLN à Paris fut réprimée dans le sang. 55 ans après de nombreuses zones d’ombre demeurent. Massacre du 17 octobre 1961Les événements généralement qualifiés de massacre du 17 octobre 1961 sont le fait de la répression meurtrière, par la police française, d’une manifestation d’Algériens organisée à Paris par la fédération de France du FLN. Préparée en secret, la manifestation est un boycott du couvre-feu nouvellement appliqué aux seuls Nord-Africains. Alors que les attentats du Front de libération nationale (FLN) frappent les forces de l’ordre depuis plusieurs mois, l’initiative, non déclarée aux autorités, se veut cependant pacifique. Le FLN, qui y voit un moyen d’affirmer sa représentativité, y appelle tous les Algériens, hommes, femmes et enfants, et leur interdit le port d’armes. Les défilés nocturnes sur les grandes artères de la capitale donnent lieu à des affrontements au cours desquels des policiers font feu. La brutalité de la répression, qui se poursuit au-delà de la nuit du 17 dans l’enceinte des centres d’internement, fait plusieurs centaines de blessés et un nombre de morts qui reste discuté, de plusieurs dizaines selon les estimations les moins élevées. Le 17 octobre 1961 et ses suites ne sont longtemps perçus que comme l’un des nombreux épisodes liés à la guerre d’Algérie. À partir des années 1990, ils font l’objet d’un traitement médiatique, puis politique plus important à la suite de la publication d’études historiques, de romans, d’un recueil photographique et surtout du retentissant procès de Maurice Papon — préfet de police de Paris en fonction en 1961 — alors jugé pour ses actes pendant l’Occupation. En 2012, à l’occasion du 51e anniversaire de la manifestation, le président de la République française François Hollande « reconnaît avec lucidité », au nom de la République, la « sanglante répression » au cours de laquelle ont été tués « des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ». Wikipédia .

  6. Mme CH

    « Il y a 56 ans, les médias et le massacre du 17 octobre 1961 » (RI, 19 octobre,2017, Henri Maler)

    Le 17 octobre 1961 la fédération de France du Front de libération nationale (FLN) organise une manifestation à Paris. La répression policière est d’une extrême violence : outre l’internement de milliers de manifestants et l’expulsion de centaines d’entre eux, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’Algériens sont portés disparus – nombre d’entre eux ont été tués et jetés dans la Seine. Comment la presse a-t-elle rendu compte de ce massacre ?

    À notre connaissance, la meilleure étude publiée à ce jour sur le traitement médiatique du 17-Octobre est due à Mogniss H. Abdallah : dans un article paru dans la revue bimestrielle Hommes & migrations de novembre-décembre 2000, sous le titre « Le 17 octobre 1961 et les médias. De la couverture de l’histoire immédiate au “tr….. de mémoire” » . Notre contribution doit être comprise comme une incitation à lire cet article de référence.

    L’auteur examine ce traitement médiatique jusqu’en 2000. Mais qu’a-t-on pu lire dans la presse dans les quelques jours qui ont suivi ?

    De droite…

    « La presse populaire de droite, écrit Mogniss H. Abdalllah, à l’instar du Parisien libéré, de L’Aurore ou de Paris-Jour, reprend la version de la préfecture de police. Elle évoque de “violentes manifestations nord-africaines”, emmenées par des “meneurs” et des “tueurs”, “déferlant vers le centre de la ville” […] »

    Voici, par exemple, la « une » du Parisien libéré du 18 octobre, qui attribue les violences aux manifestants..

    Le 19 octobre, Le Parisien libéré « explique » ainsi les manifestations, et en particulier la manifestation de femmes et d’enfants qui s’est déroulée la veille.

    Le Figaro, de son côté, commence par s’en tenir à une version pro-gouvernementale, en attribuant la violence aux « musulmans algériens ». À la « une », le 18 octobre…

    Mais, dans les jours suivants, Le Figaro (même Le Figaro…) ne peut dissimuler totalement la vérité. Ainsi, relève Mogniss H. Abdallah, « Le Figaro du 23 octobre se départit quant à lui de son soutien initial à la police pour dénoncer des “scènes de violence à froid” dans les centres d’internement, au Palais des sports ou au stade de Coubertin. »

    À France-Soir, qui est alors un grand quotidien populaire qui affecte de n’épouser aucun parti pris, on commence, là aussi, par appuyer la version policière et renvoyer dos à dos « les extrémistes de l’OAS et du FLN »…

    Mais au fil des jours France-Soir recueille également des témoignages sur l’ampleur et la violence de la répression.

    … à gauche

    La presse de gauche sera plus audacieuse. Certes, elle commence par afficher une certaine prudence, qu’elle attribue, non sans raison, à la censure, comme le fait L’Humanité le 18 octobre…

    Les jours suivants, en dépit de cette compréhensible prudence, dans l’ensemble de la presse que l’on peut classer à gauche le ton change et les informations filtrent.

    Changement de ton, avec par exemple, cette « une » de Libération (il s’agit du quotidien issu de la Résistance…), le 20 octobre (extrait)

    Comme le relève encore Mogniss H. Abdallah, « Libération, Témoignage chrétien ou France Observateur publient sous la forme interrogative “est-il vrai que… ?” ou “y a-t-il eu… ?” de multiples informations sur les exactions policières et leur caractère systématique (hommes frappés et jetés à la Seine ou retrouvés pendus dans les bois, décompte du nombre des morts et des disparus qui discrédite le bilan officiel faisant état de 3 morts et 55 blessés…) “Si tout cela est exact, et nous avons de bonnes raisons de le croire, qui sont les auteurs de ces crimes ?” demande Libération du 19 octobre 1961 ».

    Pendant toute la semaine qui suit, les témoignages s’accumulent et convergent. Et le 27 octobre, bien que la grève des cheminots fasse leur principal titre de « une », L’Humanité et Libération interrogent ou, plutôt, interpellent, sur la base de nouveaux témoignages.

    Enfin, des photos d’Élie Kagan (1928-1999), prises lors de manifestation du 17 octobre sont publiées par Témoignage chrétien : elles sont accablantes.

    Les « petits médias »

    Pourtant, comme le souligne Mogniss H. Abdallah, c’est surtout aux « intellectuels-journalistes » (comme Paul Thibaud ou Claude Bourdet) et aux « petits médias » que l’on doit, dès 1961, le combat le plus acharné pour la vérité : outre les exactions en tous genres, c’est un véritable massacre qui a été perpétré :

    « Les “petits” médias, dont la revue Les Temps modernes, les journaux Témoignages et documents ou Vérité-Liberté, ou encore la maison d’édition F. Maspero, publient de multiples documents qui permettront de faire une synthèse sans concession des événements du 17 octobre 1961. Droit et liberté, journal du Mrap, fournit des informations sur d’autres pogroms ailleurs en France (Metz, Nancy). Côté images, le biologiste Jacques Panijel va entreprendre une enquête caméra au poing qui donnera le film “Octobre à Paris”. Beaucoup de ces publications vont être saisies, le film sera interdit, mais paradoxalement, leur contenu diffusé “sous le manteau” va marquer toute une génération, ce qui ne semble pas le cas de la grande presse et son information éphémère, volatile. »

    Mais, en ce mois d’octobre 1961, aucune mobilisation de solidarité ne sera suscitée. Il n’en ira pas de même, quelques mois plus tard, à la suite de la tuerie du 8 février 1962 au métro Charonne. Pis : la mémoire collective et la commémoration de cette tuerie ont longtemps occulté le combat pour la vérité et la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961. Ce combat, qui est d’abord un combat pour l’information, n’est pas fini.

    N.B: la répression sauvage du 8 février 1962 lors de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie

    Et comment, bien sûr que ce n’est pas fini….et ça ne finira jamais…..!!!

  7. Mémoria

    Salam !
    Macron vient de trouver la parade hier en faisant un pied de nez à l’histoire de l’émigration par le déni du massacre du 17 octobre 1961 ! Parjure à la parole donnée à Alger en masquant la reculade par l’annonce de la commémoration…. dans 6 mois des événements de mai 1968 avec comme chef de file le pédophile D.C.B…A ce stade des relation DZ.FR ,Benjamin Stora peut fermer son musée et la précédente ambassadrice des USA reste sollicitée pour revenir à Alger après l’entourloupe de Bernard Émié…Trump a au moins ce mérite d’être franc et mériterait un partenariat stratégique avec l’Algérie comme la Russie,l’Allemagne, la Chine d’ailleurs !

  8. el Hanif

    DEBOUT LES MORTS

    Lille,automne 1991, nous sommes une poignées d’Algériens qui accueillons au train une jeune universitaire français dont la thèse portait sur les massacres du 17 octobre 1961.
    Lors de sa conférence dans une salle de l’université décrochée après une grande bagarre, nous serons à peine une dizaine. La hchouma.

    Ce pogrom anti-algérien, visant à museler la voix d’un peuple aura fait l’objet d’une conspiration du silence qui a fait mourir les victimes une deuxième fois.Le sort d’un match de football est de nature hélas, à mobiliser avec plus de facilité les foules et les moyens de l’Etat.

    Je ne veux pas faire injure à la mémoire de ceux qui ont connu la mort liquide sur La Seine de Crime mais je veux ponter le doigt sur l’instrumentalisation et le cynisme.

  9. el Hanif

    merci de lire ‘un jeune’ et « pointer’

  10. AL HANIF

    Explication de texte:

     » Debout les morts » est une expression pour dénoncer la manipulation à s’emparer des morts glorieuses et à en faire une rente politique.
    Utilisée une première foi après la première guerre mondiale, elle est retombée dans l’oubli duquel je l’ehume.
    Le peuple algérien lui, est debout face à toutes les manipulations et déstabilisations et notre vigilance serait de faire rempart contre les ennemis de l’extérieur et ceux de l’intérieur.

    Salam à Hassan Benchaa pour le combat qu’il mène!

  11. AL HANIF

    pardon  » exhume »

  12. Imène

    Azzul !
    Le collectif  » exige  » justice et vérité sur ce…énième crime d’état.. présomptueux le collectif !
    A l’heure qu’il est on est pas en mesure d’exiger quoi que ce soit ! Demander ça gentiment ou  » bessiassa  » ou ya rabbi ! Macron comme ses prédécesseurs : nie , ment , ne tient pas ses promesses , ne respecte pas ses engagements vis à vis de notre pays..mais est ce vraiment un scoop ?? celui qui a cru , pensé une seconde qu’il en serait autrement est un grand benêt !
    parole d’autruche ( mdrrrrr ) n’est ce pas khayti ???

  13. Imène

    Rabbi yarham echouhadas ..la Seine s’en souviendra..

  14. Mme CH

    Salam Khayti Imènus….!!! Hé oui, les benêts il y en a en pagaille à l’heure actuelle, et pas uniquement dans le rang des Autruches qui sont plus perspicaces et voient les prédateurs de loin, donc, ils sont plus nombreux dans les Pays des Trois Nord puisqu’ils sont dupés par les Néocons, sionistes francs-maçons et illuminati par excellence….!!!
    Mais le danger est toujours là..!!

    « Le colonialisme n’est pas mort » (A.P, 15 avril 2017; R.Toubal).

    Le colonialisme n’est pas mort et enterré avec la vague de décolonisation des années 1960-1970. Il persiste dans les anciennes colonies, mais pas sous sa forme initiale brutale, d’occupation militaire de territoires et d’exploitation de leurs ressources humaines et naturelles. La mondialisation, cette nouvelle supercherie de l’Occident, et ses réseaux d’institutions internationales et régionales destinées à contrôler l’économie et la finance mondiales et la démocratie et ses valeurs libérales, qui profitent aux puissances occidentales dominantes, sont quelques-uns des instruments pour perpétuer la domination coloniale en Afrique, en Asie et en Amérique latine notamment.

    Les méfaits multiples de ce néo-colonialisme pervers, qui n’est pas moins néfaste que le colonialisme, et sa mission «civilisatrice» barbare sont certes critiqués par les peuples des pays du tiers-monde, qui ont considérablement pâti de cet ordre injuste. Mais leurs revendications restent globalement ignorées en ce qui concerne le commerce international, toujours inéquitable, puisque les matières premières dont les uns sont quasi-exclusivement producteurs sont largement sous-évaluées par rapport aux produits finis des autres, aux plus-values mirobolantes.

    Le nouvel ordre économique, préconisé par notre pays dans les années 1970,demeure une utopie irréalisable et a été remplacé, après l’effondrement du bloc soviétique et la chute du mur de Berlin, au début des années 1990, par le concept néo-colonialiste de nouvel ordre mondial, qui profite exclusivement aux pays occidentaux.

    Pour de nombreux politologues, l’inégalité entre les pays du Nord et ceux du Sud a été aggravée par la «colonisation mentale et culturelle», qui a été très peu touchée par la décolonisation politique et constitue un frein sérieux à une véritable émancipation des peuples des pays anciennement colonisés.

    En effet, c’est parce que le colonialisme n’a été battu en brèche que politiquement et diplomatiquement, que ses adeptes ont trouvé les ressources pour le ressusciter, à travers le néocolonialisme. Un néocolonialisme qui n’épargne ni les ressources humaines ni les richesses naturelles non renouvelables des pays où il règne, à travers des régimes corrompus, généralement à la solde des anciennes puissances coloniales, qui ont préservé l’essentiel de leurs intérêts aux dépens de ceux des anciennes colonies, plus vulnérables que jamais, sous le poids de dettes extérieures et des besoins de plus en plus accrus de leurs populations encore majoritairement illettrées et divisées.

    La montée, en Europe et ailleurs, des partis d’extrême-droite xénophobes et favorables à un monde inégal inquiète les opinions publiques nationales et internationales.

    Bonne lecture..!

    Azzulcalement a Weltma.

  15. EL HANIF

    Chronologie du 17 octobre 1961

    Dès le 05 octobre un mot d’ordre fut donné aux algériens de l’agglomération parisienne pour manifester contre la mesure discriminatoire de leur interdire l’accès à la ville de jour comme de nuit
    Des forces de police racistes et chauffées à blanc vont se déchaîner ce 17 octobre et le chiffre réel de morts et de disparus qui oscille entre 200 et 300 morts ou disparus ne peut être évalué avec précision alors que la préfecture de police ne parlera que de 20 décès.

    Quant à la qualification de ces faits en’ crime contre l’humanité’ avec la reconnaissance de la responsabilité l’état français, elle aura à faire face à la tentative de Mitterrand élu en 81 de cacher son implication dans le refus de la grâce aux condamnés à mort et son rôle dans la torture systématique confiée à l’armée coloniale et à sa police.
    Par la suite ni Hollande, ni Macron, accueillis comme des amis de l’Algérie ne se montreront à la hauteur de l’exigence historique.
    Papon, préfet de police sera ensuite ministre et symbole de ces collaborateurs avec le régime vIchyste épargnés par la purge de la libération sur instruction directe de De Gaulle.
    Non inquiété pour son rôle dans les tragiques événements du 17 octobre 1961, il sera impliqué et condamné pour avoir organisé le trépas de ses concitoyens juifs dont des femmes et des enfants.
    Le drame algérien l’a dégradé sans le tourmenter. Si les lois sont le souffle et l’esprit des sociétés alors par refoulement et conspiration du silence,il convient de nommer qui est à bout de souffle.

  16. Mémoria

    Merci El Hanif pour cette rétrospective des événements ! Ne sommes nous pas aussi partie prenante de cette conspiration du silence lorsque tout le monde sait que la société civile de confession juive et sa constellation d’associations en France et dans le monde ont esté et diabolisé le criminel Papon en le traînant devant les tribunaux ? Les nôtres ont brillé par le silence dans les prétoires parisiens alors que l’AAE ou défunte Amicale des Algériens en Europe pouvait représenter les plaintes des ayants droits décédés ou disparus à ce jour .Elle fût bizarrement sacrifiée sur l’autel de la démocratie naissante par Chadli …

  17. Mémoria

    Sous réserve que El Hanif soit Al Hanif ! A défaut il faudra rappeler Smiley pour « nous » retrouver !!!

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