La Voix De Sidi Bel Abbes

15 ans déjà : Le destin tragique de l’évêque Pierre Claverie et du Bel Abbesien Mohammed Bouchikhi.

Tout récemment, a-t-on lu sur le journal «La Croix», et ce à la veille du 15e anniversaire de l’assassinat de Pierre Claverie et de Bouchikhi Mohamed, un enfant de Sidi Bel Abbes, dont le destin é été tragique ce premier Aout 1996, un monologue d’Adrien Candiard, a évoqué dans la ville d’Avignon la figure de l’évêque d’Oran. Pour notre part, une source qu Quotidien d’Oran cite ceci :

Le diocèse d’Oran du début des années 80 convient finalement tout à fait à la manière d’être de Pierre Claverie et à sa projection dans l’Algérie de ces années là. Il est à majorité formé de Français mais les coopérants et employés des sociétés étrangères travaillant en Algérie y sont encore fort nombreux Brésiliens, Polonais, Noirs africains, Italiens, Phillipins. « Quelle joie pour un évêque de voir ce que peut faire un Evangile quand il prend corps dans des cultures différentes.

Les fidèles sont suffisamment nombreux et disparates à travers un territoire grand comme un pays, pour l’occuper entièrement à sa nouvelle tache d’évêque; mais en même temps, pour la plupart, très insérés dans la société musulmane pour ne pas l’éloigner de sa réflexion permanente sur la place de l’Eglise dans ce pays et sur son rapport à l’islam. Pierre Claverie développe la même liberté qui lui sied tant lorsqu’il traite du dialogue islamo-chrétien; dans une conférence donnée à Bruxelles, au centre El-Kalima, en février 1988, il déclare notamment à ce propos: « Il faut bien reconnaitre qu’aujourd’hui nous sommes un peu en panne (…).Nous avons plus que jamais besoin d’hommes de réconciliation. Mais une nouvelle alliance ne se conduit pas à n’importe quel prix. Il ne suffit pas de dire: »Aimez-vous les un les autres «et de faire comme si les différences et la peur n’existaient pas. Il ne suffit pas davantage de condamner la violence …Au moment ou la tentation est forte pour chaque groupe humain, chaque culture, chaque religion, en butte à la différence agressive des autres, de se replier sur soi ou de n’exalter que soi contre l’autre « .Lévesque d’Oran veut avancer vers l’autre à visage découvert. Tel qu’il est.IL n’aime pas beaucoup les formules mièvres et convenues du dialogue interreligieux qui ne disent rien de l’essentiel et finalement maintiennent toutes les distances en l’etat. Dès 1981 et sa mémorable homélie à la cathédrale d’Oran, il a situé les repères de la présence chrétienne en Algérie, dans son style si propre: «Oui notre Eglise est envoyée en mission. je ne crains pas de le dire et de dire ma joie d’entrer avec vous dans cette mission». Il explique longuement ce qu’il entend par la mission de l’Eglise: « Nous ne sommes pas les soldats d’une nouvelle croisade, pas ces évangélisateurs prosélytes qui croient honorer l’amour de Dieu par un zèle indiscret et un manque total de respect de l’autre de sa culture, de sa foi … »Plus tard il aura cette formule pour définir la place de l’Eglise, elle « ne cherche pas à récupérer les autres :elle voit en eux l’œuvre de Dieu et se retourne vers eux, comme Jésus, mains ouvertes et bras en croix ».  Son penchant pour « une Eglise confessant » est alors bien consolidé: « La tentation d’annexer les autres ou s’imposer à eux est souvent plus forte que la volonté de servir et d’aimer ».  Cette posture de témoin « sa vie dans sa conviction » va conduire Pierre Claverie à assumer sa vision « d’une Eglise qui donne sa vie». Octobre 1988, le temps des fractures est annoncé en Algérie. Pierre Claverie cette fois n’est surpris dans aucune bulle. Il est un Algérien à part entière et exercera pleinement cette qualité dans le débat qui engage le sort de son pays: »l’Eglise a toutes les raisons de s’obstiner à coexister avec un monde différent; partout dans le monde aujourd’hui le défi du pluralisme est lancé; ce que nous vivons ici avec les Algériens peut être utile à l’avenir de tous ». « Sur les lignes de fractures »
La première attitude de Pierre Claverie à l’égard du tournant pluraliste d’après octobre 88 est donc plutôt optimiste. Il connait certes bien le fanatisme religieux et l’islamisme radical et en parlait volontiers déjà de son homélie  d’installation à Oran en 1981; il préfère retenir les promesses d’une société plus libre. Contrairement à ce qu’auraient pu laisser penser ses prises de position ultérieures dans le débat sur la crise Algérienne, Pierre Claverie n’était pas effarouché outre mesure par la victoire du FIS en 1991-92 au point d’être favorable à une interruption du vote: »L’Algérie n’est pas l’Iran, écrit-il, tachons d’éviter toute dramatisation qui pourrait conduire à des réactions extrémistes ».  Et il ajoute dans cette déclaration faite au journal marseillais «Le Soir », la veille du 11 janvier 1992, jour ou tout a basculé, «Même si je suis trés pessimiste pour l’avenir de la démocratie en Algérie, je pense qu’il est toujours possible de construire quelque chose ensemble. Beaucoup de musulmans, après le choc des élections sont en train de repenser leur religion« .  Il y a ici une réelle différence de ton avec ceux qui avaient décidé de ne miser que sur le pire et qui engagèrent le pays dans la voie de la dramatisation que redoutait l’évêque d’Oran.  Sa clairvoyance est alors remarquable dans un contexte ou les avis nuancés ont souvent fait défaut laissant la voie aux thuriféraires du barrage armé au danger « fasciste imminent« . « Je n’attends rien de bon d’aucun pouvoir religieux, juif, chrétien ou musulman. Je garde confiance dans le peuple algérien;
même en certains de ceux qui espèrent une solution islamique. Nous ne sommes ni en Iran, ni au soudan, ni en Arabie Saoudite
« .  Pierre Claverie ne se définit pas comme un orientaliste. Pourtant la montée de l’islamisme depuis plusieurs années lui a donné l’occasion d’en approfondir sa connaissance. Il sait soupeser le danger d’une dictature religieuse à  son juste poids. Sans chercher à tout subordonner à son improbable avènement: »…mais le fait est que, pour éviter une dictature religieuse, nous sommes dans une phase (transitoire?) de dictature militaire qui maintient solidement l’ordre établi, avec les mêmes hommes et à leurs profits ».  En fait, Pierre Claverie mise sur les ressorts d’une société qu’il a appris à bien connaitre. Même si mon seigneur Teissier tend à penser que son jugement est surtout influencé par le climat décalé, moins tendu, d’Oran. « La société
plurielle » existe en Algérie. Tout le monde ne veut pas qui se précipitant pour faire allégeance aux islamistes, sorte de réalité culturelle fatale du pays, qui accourant dans le soutien au régime militaire.
Dès lors, son cap de navigation dans la houle algérienne va être à la fois clair
et subtil. Il va consister à éclairer la différence partout ou elle surgit. A témoigner de l’espérance qui vit encore dans ce peuple qui fait naitre des projets tous les jours, qui maintient toutes les activités quotidiennes en signe de résistance à la violace ambiante.  Toutefois, les premiers assassinats de religieux l’ébranlent très fortement. Ce que Pierre Claverie conçoit pour lui, le don de sa vie, il ne le supporte pas pour ses amis. L’attentat meurtrier dans la basse Casbah le 8 mai 1994 contre frère Henri et Sœur Paule-Hélène est « un électrochoc ». Il ne pensait pas qu’on en arriverait là. Il ne contient pas sa réprobation émue dans deux éditoriaux dans le lien: «Ceux qui les ont assassinés les considéraient comme des ennemis de l’islam…Leur islam est-il si fragile qu’ils aient peur d’un homme de soixante-cinq ans, d’une femme de soixante-cinq ans? ». En janvier 1995, l’affaire de Saint Egidio va le pousser à aller un peu plus loin sur la scène publique. Cette communauté chrétienne romaine a pris l’initiative qui va déboucher sur le contrat national sans consulter les évêques d’Algérie. Ceux-ci avaient pourtant introduit quelques années plus tôt Saint Egidio pour ses contacts politiques en Algérie. Cette traitrise, très mal vécue par l’Eglise d’Algérie, a-elle forcé les traits des réserves que vont apporter les évêques d’Algérie au contrat national? Jean-Jacques Pérennes ne le dit pas mais son récit n’interdit pas de le penser. Il reste pas moins que Pierre Claverie se met en avant pour expliquer en quoi les concessions faites aux islamistes à Rome ne sont pas nécessaires après que leur recours à la violence a fait reculer rapidement leur influence dans la société. Ce recul est réel. Est-ce à dire que l’évêque d’Oran était favorable à la poursuite d’une sorte de
clarification idéologique par la décantation rapide qu’entraine la violence dans les esprits? Le thème de la paix est présent dans son argumentaire à travers son déploiement médiatique du printemps 1995. Le monde titre dans son édition du 29 Juillet 1995: »L’épiscopat algérien est divisé entre son souci de paix et sa loyauté au gouverne- ment algérien ». Dans le cas précis de Pierre Claverie, l’équation est plus complexe. Le dialogue d’appareils risque de sacrifier un autre plus essentiel. Au début des violences, il y faisait référence: «Le débat sur la modernité reprend vigueur sous la pression conjuguée des médias occidentaux et de la régression islamiste. Dans cette mesure,
le débat est plus profond qu’au temps ou l’on s’en tenait aux affirmations de principe». Toutefois définitivement clairvoyant au sujet de l’Algérie chemin de la paix est la négociation politique.
Mais pas à n’importe quel prix ». « Je vous laisse sur cet horizon ouvert »  La dernière année de sa vie, Pierre Claverie dénote un comportement « presque ascétique ». Le frère prêcheur est toujours actif en lui. Mais lui qui prend sa vie en charge accepte un certain « abandon ». La part de l’homme de
la prière qu’il est. Il inhume son père à Toulon en avril puis les moines trappistes et cardinal Duval début juin. Il a continué à dire sa vérité, accepte la publication d’un livre qui regroupe ses écrits de la période « Lettre et messages d’Algérie », affronte les reproches des siens qui trouvent qu’il s’expose trop. Il poursuit sa voie.  Partir ou rester? La question se pose autour de lui. Il a une réponse sublime:
« La dernière raison-de la présence de l’Eglise en Algérie- est pour moi, personnellement, la plus déterminente.
Jésus est mort écartelé entre ciel et terre, bras étendus pour rassembler les enfants de Dieu dispersés par le péché. Il s’est mis sur les lignes de fractures nées de ce péché… En Algérie, nous
sommes sur une des lignes sismiques qui traversent le monde: Islam/Occident, Nord/sud, riches/pauvres, etc. Nous y sommes bien à notre place, car c’est en ce lieu seulement que peut s’entrevoir la lumière et avec elle l’espérance d’un renouvellement de notre monde». A la plénière du conseil pontifical- Rome novembre 95- il fait l’éloge de l’hospitalité de ses voisins musulmans:
« Que de marques d’amitié recevons-nous de personnes proches ou inconnues. Comme s’il fallait affronter ensemble un péril imminent pour se tenir plus simples, plus proches plus humains!… ».
De Mohamed Bouchikhi, ce jeune Belabbésien ami de la communauté chrétienne qui rend tant de service, il confie à René You, « Tu vois, rien que pour un homme comme Mohammed, ça vaut la peine de rester dans ce pays »  La bombe qui explose la nuit du 1er aout 1996 à l’évêché d’Oran les a emportés ensemble. Jean-Jacques Pérennes a choisi de ne pas s’étaler dans son livre sur les circonstances de cet attentat et sur l’enquête et le procès qui s’en sont suivis.
Son objet était ailleurs. Peut être dans cette citation de Mgr Teissier à propos des funérailles de Pierre Claverie: « Une assemblée et probablement jamais vue depuis quatorze siècles qu’existe l’islam; cette assemblée chrétienne ou une majorité de musulmans pleuraient et célébraient un frère évêque dont le ministère avait sens non seulement pour la communauté chrétienne mais pour un grand nombre de personnes dans la communauté musulmane ». A un ami qui lui demandait 17 ans plutôt pourquoi il avait accepté finalement d’être évêque alors qu’il hésitait, il a répondu: « L’attentat contre Jean Paul II (deux jours avant son oui); une Eglise dont le chef peut être tué comme n’importe quel homme, ça m’intéresse ». Pierre Claverie a conclu sa dernière lettre adressée à sa famille le 19 juin 1996 par ses mots: «JE vous laisse sur cet horizon ».

Une autre source cite le jeune Bel Abbesien Mohammed Bouchikhi qui était conscient du danger que lui faisait courir son amitié pour Monseigneur Pierre Claverie, l’Évêque d’Oran.

Peu avant l’explosion qui les tua tous les deux et les unit à jamais, Mohammed écrivait dans son carnet de souvenirs le texte suivant que l’on peut considérer comme son testament :

« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Avant de lever mon stylo, je vous dis : La Paix soit avec vous. Je remercie celui qui va lire mon carnet de souvenirs, et je dis à chacun de ceux que j’ai connus dans ma vie que je les remercie. Je dis qu’ils seront récompensés par Dieu au dernier jour. Adieu à celui qui me pardonnera au jour du jugement ; et celui à qui j’aurai fait du mal, qu’il me pardonne. Pardon à celui qui aurait entendu de ma bouche une parole méchante, et je demande à tous mes amis de me pardonner en raison de ma jeunesse. Mais, en ce jour où je vous écris, je me souviens de ce que j’ai fait de bien dans ma vie. Que Dieu, dans sa toute-puissance, fasse que je Lui sois soumis et qu’Il m’accorde sa tendresse. »

URL courte: http://lavoixdesidibelabbes.info/?p=6686

Posté par le Juil 30 2011. inséré dans ACTUALITE, EVOCATION. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

32 Commentaires pour “15 ans déjà : Le destin tragique de l’évêque Pierre Claverie et du Bel Abbesien Mohammed Bouchikhi.”

  1. Madjid T( Toulouse)

    Je me souviens très bien du jeune Mohamed Bouchikhi , il habitait près de chez nous (immeuble Vendôme – Petit Vichy) à SBA . c’était un homme sympathique et dynamique.Il est parti jeune comme beaucoup d’Algériens durant cette époque noire .Ce drame n’a jamais été élucidé comme beaucoup d’autres qu’ a connus l’Algérie durant toute son histoire. C’est malheureux .

  2. etienne vosges roubaix

    un collegue belabbesien me parla assez de son journal de province je le lisais episodiquement le lendemain on parlait . ce jour ou cette soiree. suis etonne surpris de cet elan genereux que consacre ce journal a sieur claverie et son chauffeur mohammed sidibelabbes

  3. kebdani universitaire

    tout ce qu’on lit dans ces colonnes reflete le niveau et la vision des redacteurs.sidibelabbes avec l’inteligence sure et mure de ses enfants avance et l’on sortira grandi.aves un kadiri.perseverant affable et les autrescorrespondants la voix de sba rayonnera

  4. arbi zazou p sidi lahc

    une tendre pensee quelle ideevox desidibelabbes l’ignominie la bete immonde la barbarie sanglante qui a tue nos enfants nos jeunes appeles nos soeurs de ain aden nos elites nos moujahidines lespatriotes ce homme d’eglise mohamed bouchikhi hasni alloula liabes…je remercie mon journal mon repere

  5. kessairi oran

    un niveau ce n’est pas du khorti des retraites de la sona.il suffit de croire et non imiter la voix un journal avec une ligne simple j »approuve de jour en jour les efforts soutenus

  6. kada tessala

    En une journée, ce journal a parlé des imams, puis d’un évêque, ça se vois qu’il est ouvert, différent, on se lasse pas et on se perd pas, il a sa propre boussole,chapeau bas mes fils. Je tiens a remercié deux personnes, sur ce journal, monsieur le créateur de cette merveille Brikci et monsieur Abdelhamid que je lis souvent a haute voix en envoyant valsé tous le monde dans la chambre ou je me connecte, sans oublié le reste de l’équipe que je respecte bien sûr. Allez au lit maintenant, les souvenirs de mon enfance m’attendent. Bonne nuit Bel Abbes

  7. Saladin

    En cette entrée du Ramadan,il y a lieu de ménager la chèvre et le choux…
    L’affaire Pierre Claverie reste étroitement liée(organiquement) à l’affaire des moines de Tibehirine (Médéa) et n’est pas définitivement classée en Algérie.Le film de fiction « Des hommes et des dieux  » qui a fait recette(s) par les bonnes/mauvaises consciences de la nostalgéria en France , a donné un scénario où des feuillets du répertoire manquent…,au détriment de la notoriété du film historique « Hors la loi » de Bouchareb ! L’opinion publique mondiale a été flouée pour un temps mais les spécialistes,historiens et littérateurs ont leur grilles d’investigation…
    Le jeu démocratique appelle au respect de la croyance des autres fut-elle idéologique,religieuse,philosophique et politique !
    N’oublions pas que le regretté Abdelkader Alloula fût « assassiné » par une mauvaise programmation de la pièce d' »Arlequin » par l’ENTV en pleine meïdate Ramadan ….Même les « laïco-non assimiliationnistes » comme moi furent
    choqués et dérangés par ce hors d’oeuvre…
    Quant au jeune Bouchikhi,il reste une victime collatérale,que Dieu sauve son âme !

  8. hamri .gambetta

    je crois que les mots tendres affligent les douleurs atroces.en allant exprimer une pensee pareille le premier aout date de leur ignoble assasinat je devine le reflexe du journaliste du quotidien kadiri.pour bouchikhi ce matin je leur dirai de lire cet article

  9. nehari

    une pensee qui denote le niveau des redacteurs qui n’ecrivent pas n’importe quoije n’aime pas comparer les journalistes en activite sont a cheval les autres nous parlent d’une chibania gawria abbassia ou est l’interet ou bien un reve soyons justes la voix est faite pour inforemer et les dernieres photossur la villedenotent de la recherche

  10. UN LECTEUR

    ya nehari si la voix de sba est là pour informer ,elle fait avec cette personne qui est de sba ou vous etes à coté de la plaque ou vous ne savait pas ce qu’est u ne information ,on ne va pas lire que foot ou le sba tout est bon à l’information ,,vous ne voulez pas qu’on parle litérature ,musique ,religion,de quoi voulez-vou qu’on parle ?

  11. derrar cadre

    mais ce nehari n’arien dit de mal lis je il a bien exprime une opinion sur la bonne qualite des sujets et cette pensee en est a l’origine

  12. Fitna

    Monseigneur La Claverie était algérien depuis quatre générations.
    Chrétien et promoteur du dialogue interreligieux des arborescences chrétiennes et musulmanes, son destin ne pouvait être que tragique.
    Dans une guerre civile qui ne voulait pas dire son nom il représentait un symbole d’ouverture intolérable aux yeux de ceux qui voulait isoler l’Algérie pour orchestrer un massacre à huit-clos.
    Des années après son assassinat il faut retenir qu’il intervient après la tuerie des moines de Tiberghine et surtout après la première visite d’un homme politique français,M. De Charrette, la première en trois ans.
    Certes le vote islamiste a eté spolié mais les plus jeunes d’entre vous ne doivent pas oublier le projet pseudo-religieux visant à naufrager le pays.
    Les enseignants et les intellectuellects étaient ciblés car non Charia compatibles.
    Le pays a été « sauvé » par les éradicateurs en partie, mais surtout par le courage des mères de familles qui bravant l’oukase terroriste de boycotter l’école ont accompagnés leurs enfants en masse pour faire ouvrir les portes des établissement.
    Le peuple réel avait tranché et incarné le bon sens en refusant d’insulter l’avenir.
    Des années plus tard il reste à reconcilier la guerre des mémoires et à honorer les hommes de bonne volonté. L’évèque oranais était de ceux là.

    • Mémoria,

      N-‘oublions pas d’honorer le jeune Mohamed Bouchikhi qui,incontestablement,fût le plus innocent …de ces martyrs ! Il était le plus jeune et le plus vulnérable à tout ce qui arriva par la faute de ces adultes….endoctrinés de par et d’autre…A ce stade le jeune Bouchikhi est redevable de réparations de la part des états algérien,français et même du Vatican.Il a été victime de son poste de travail et de son devoir d’accompagnateur !
      Ma compassion à toute la famille Bouchikhi.

      • Christian Vezon

        Monseigneur Pierre Claverie meurt assassiné à Oran, le 1er août 1996, mêlant son propre sang avec celui de son fidèle chauffeur Mohammed dont il avait confié à un proche : « Tu vois, rien que pour un homme comme Mohammed, ça vaut la peine de rester dans ce pays, même au risque de sa vie. »

  13. Informatik

    Jadis nos parents nous fustigeaient si l’on s’avisait d’imiter l’accent métropole. Je repense à mon oncle,assigné à résidence en France pour activités « subversives » qui avait accroché son drapeau algérien à la manière dont il prononçait le ‘r’. Le fameux re guttural et viril de chez nous.
    Je repense à Alloula, vu pour la dernière fois en 1986 qui répondait à une amie journaliste française qu’il ne pouvait s’exiler et qu’il n’y avait que l’Algérie qui donnait un sens à sa vie.
    Une fetwa nébuleuse a confié à un obscur coiffeur le soin de le tuer pour anéantir l’espoir.
    J’étais alors au Canada et un ami qui l’avait accompagné à sa dernière demeure m’avait confié que la peur et les intimidations n’avaient pas empêché son peuple de lui rendre hommage.
    En visite au pays j’ai essayé de prendre langue avec ceux qui savent et qui ne parlent pour connaître le fin mot de l’histoire.
    La réponse de ce repenti avec pignon sur rue ne s’est pas fait attendre.
    Alloula était notre ennemi de plume.
    Les commanditaires nous faisaent l’honneur d’une explication de texte. Coupable de ne penser de concert. Fermez le ban.
    Je lie La Claverie à l’hommage de Kader et à tous ceux qui le jour de leur mort ont fait le deuil d’une certaine Algérie

  14. HASSANI ABDELILLEH

    Vous êtes en train d’honorer la presse électronique avec ce journal qui nous rapproche.ce matin j’ai lu un autre article dans le journal el WATAN sur cet évêque assassiné a Oran avec notre voisin Mohammed bouchikhi menace mais croyait au destin.issu d’une famille nombreuse.remercions de coeur la voix qui offre une voie aux lecteurs de SBA et de partout vois je de donner leurs avis

  15. Smiley

    Alloula dans une adaptation du journal d’un fou de Gogol avait traité de l’aveuglement volontaire et de la distorsion dans la perception du réel.
    Il nous manque comme nous manque son oeil de clinicien du corps social.
    Qu’aurait dit ou écrit sur les évènements qui agitent le monde arabe?
    Sans vouloir faire une fixette sur Warin qui joue au panneau indicateur fléché pour nous indiquer le chemin de l’agora, j’ai envie de tester votre patience de lecteur.
    Je démarre du constat que nous sommes tous des nains juchés sur les épaules des géants qui nous ont précédés.
    Cette position, à priori avantageuse permettrait de voir au loin. Cela serait le cas si au lieu de contempler l’astre on limite son horizon au doigt qui le montre.
    Le plus petit dénominateur commun (je n’incluerai pas le cas lybien) à l’origine du tsunami politique qui a terrassé deux tyrans kleptocrates dans leurs versions tunisienne et egypte recoupe un mouvement plus large, celui des indignés et prend acte d’une fracture totale et irrémédiable du peuple avec les élites censées le représenter.
    Ce mouvement dépasse le caractère de la culture de l’émeute sporadique qui prévaut chez nous et s’incrit dans un mouvement plus signifiant.
    C’est l’acte de naissance de la démocratie participative directe avec le corps social dans son hétérogéneité,qui prend en charge l’expression de ses doléances et entend imposer son calendrier politique.
    Dans tous ces pays, il y a la réalisation que la représentation politique traditionnelle est inopérante et que les parlements sont au mieux des coquilles vides ou au pire des annexes du pouvoir ou simples chambres d’enregistrement.
    Le printemps n’est pas seulement arabe puisqu’il faut s’accommoder de cette appelation, il est planétaire et a pris acte que les nantis ne protestent pas et ne s’indignent pas des lois qu’ils votent car ils les font.
    La désaffiliation politique a certes des raisons protéiformes et qui résultent de facteurs complexes mais elle est la réponse du rejet d’un personnel politique qui se reproduit à l’identique.
    Le mouvement des indignés qui convergent avec des formes plus violentes est unecontre-désaffiliation et le signal que les structures politiques qui ne se réforment pas mênent vers des impasses sociétales.
    Nous sommes bien placés pour le savoir.
    L’Etat dans sa forme politique actuelle ou semi-consensuelle de l’occident ne peut être garant et arbitre de la conflictualité sociale.
    A l’évidence il faut éviter le piege de réduire l’expression politique à son equation immédiate, le gouvernement et la dichotomie entre nous et eux, ceux d’en haut..
    Les mouvements qui se déroulent signale l’attrait pour une forme d’action nouvelle et ancienne à la fois qui entend mettre fin au monopole des professionnels de la politique et se saisir des questions de la cité.
    Devant cet état d’anomie social, le cadavre bouge encore. Donc tout n’est pas perdu.
    Merci pour votre réception à mon post

  16. Smiley

    errata:
    les mouvement signalent et l’anomie est sociale

  17. senhadji tlemcen

    un haute vue de ce journal de province j’ai admire presque tous vos .articles

  18. Brikci Salim

    Salam Alikoum ;
    Bouchikhi Mohamed était un ami que je voyais tous les jours sauf le vendredi, il travaillait pour la bibliothèque paroissiale La Chapelle, qui est dirigée par Mr René You que je salue. Mohamed était un mec souriant et vivant. J’ai connu et je connais toujours sa famille, du plus jeune à la merveilleuse maman.
    Pour Pierre Claverie, je l’ai vu et même parlé avec à plusieurs reprises, car ma sœur travaillait dans cette bibliothèque, et j’étais et je le suis toujours, très proche de Mr René You, je peux vous dire que j’ai grandi dans ce lieu culte.
    Je me souviens aussi de la Peugeot 205 dans laquelle Pierre et Mohamed ont trouvés le bout de leurs chemins. Le lendemain du drame, son frère Abbes, a pris sa relève, en travaillant pour la bibliothèque, lui aussi il a eu la même voiture de la même couleur (Blanche), dans cette période qui était plus que noire, plus sombre que l’obscurité surtout pour lui qui travaillait avec les chrétiens, mais Abbes, me disait : je continuerais à faire la même chose, j’ai pas peur.
    J’étais avec Mohamed le jour de son décès, je vous laisse deviner le mal que j’ai eu quand j’ai entendu la triste nouvelle.

  19. A.Dennoun

    Triste sort pour ces 2 hommes lachement assassines.
    J’ai jamais entendu parler de ce douloureux evenement.
    Je suppose qu’il s’agit de la chapelle de la rue de la PAIX.
    A,D.

  20. ALGERIEN

    A QUI S ADRESSE CETTE PERTINENTE QUESTION AUX LECTEURS VOUS PARLEZ DE RAPPORTS LESQUELS

  21. guerdoubi aicha oran

    honnetement bravo ce journal qui observe une pensee a la memoire de l’eveque claverie mon voisin a saint eugene oran il etait bon devrais je le rappeler son chauffeur discret est belabbesien les barbares sont partot en norveg dans le monde pronons les belles paroles la paix et le savoir pour tous

  22. Rezaiguia Samira

    C’est malheureux .

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